II. — LA BIQJJE A JACQ.UES ANDRÉ
Chansonnette paisante (i)-, Voul'ous la ouï chanter :
C*est d'une bique blanche, ; La bique à Jacques André, Depès qu'olle est chez nous, La pauvre bique blanche, Depès qu'olle est sez nous, O n'a point zeu de chance.
Le pâtous qui la mène Se nomme Nicolas,
(i) Faisante n'a que trois syllabes ; plusieurs poètes du seizième siècle ne comptaient que deux syllabes dans paysan.
La mène et la ramène Tout à l'entour du bois :
Tout à Tentour du bois, La pauvre bique blanche, Depès qu'oUe est sez nous, O n'a point zeu de chance.
Quand c'fut au matin jour, Not' femme o s'y leva; O mit son cotillon, A Tétab'e elle s'en va. La pirouitte pirouinnée Est morte entre deux vaches ; Elle s'en va tout dret Conter ça à son Jacque.
— T'en souvient-i', mon Jacque, T'en souvient-i', qu'un saï, Not' chieuve était malade.
Tu t'y moquis de mai ?
Olle est morte à matin Sur une poignée de fieurre :
Te v'ia bien couyonné Ta qu'aimas tant son bieurre.
— Va-t'en, ma pauvre femme, Va-t'en chez l'écorchous ; Dis-li : Not' pauvre chieuve Est morte par malhoû,
Est morte par malhoû, La pauvre bique blanche; Depès qu'elle est sez nous,
n'a point zeu de chance.
1 tint de ses hannes (i) Un grand vilain coutiau, Li dit : Ma pauvre chieuve.
Il faut que j'aie ta piau.
Il faut que j'aie ta piau, Ma pauvre bique blanche, Pour en faire un mantiau, A ma grand' tante Jeanne.
La chieuve dont je vous parle
Avait de bons parents ;
C'est la cousine germaine
Du bouc à Trémaudan (2)»
Le d'funt Biquet
Était son feu grand-père ;
La chieuve Margot
Était sa d'funte grand'mère.
(Dinan, Combourg.')
(i) Culottes.
(2) Il est plusieurs fois parlé dans les chansons galaises du bouc À Trémaudan. Cf. ci-aprés la Chieuve de Trémaudan. Je ne sais A quel fait local attribuer cette allusion : il y a aux environs de Lamballe une famille de Trémaudan.