‹ Littérature orale de la PicardieChapitre 29 sur 67 · SAINT SÉVERIN ET LES US BLEUS · texte numérisé non relu

SAINT SÉVERIN ET LES US BLEUS

AiNT Séverin, apôtre du nord de la Gaule, n'aimait que trois choses après Dieu :

son prochain, les oiseaux — particulier rement les rossignols — et les belles fleurs des

DE LA PICABDIE 1}$

champs et des bois. Il vint un jour s'établir dans la vallée de la Somme, au beau milieu de^ païens, bâtit sa hutte dans les marais, convertit les habitants et se fit aimer de tout le monde.

Mais une chose manquait à son bonheur : il était surtout peiné de ne voir aucun rossignol 4lans le pa3fs où il s'était établi. Comment les rossignols y auraient-ils vécu du reste ? Ces oiseaux ne vivent que dans le pays où l'homme prend plaisir à les écouter, et les pauvres gens des alentours, minés par les fièvres de marais, ne songeaient aucunement aux chants pourtant si doux des rossignols.

Saint Séverin pria la bonne sainte Vierge d'envoyer une jolie fleur qui pût assainir les marais, guérir les hommes, et par là pennettre à ces derniers de se rejouir du chant des oiseaux.

Le lendemain, à son réveil, saint Séverin trouvait le marais tout couvert d'un tapis bleu de ciel, formé par une innombrable quantité de lis bleus ; le marais cessait de corrompre l'air et des nuées de rossignols, de pinsons, de fauvettes, venaient s'établir dans la vallée de la Somme, accomplissant ainsi le vœu du bon ermite.

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