CHANSON DE LA PEUR
En passant par le village,
Tous les coqs chantions.
Us disaient dans leur joli chant :
Coquiacou, coquiacou I Moi je pensais qu'ils disaient :
G>upez mon cou I coupez mon cou I Moi je m'enfuyas, moi je m'enfuyas !
En passant par une église,
Tous les curés chantions.
Ils disaient dans leur joli chant :
Alhîuia, Alléluia I Moi je pensais qu'ils disaient :
Le voilà I Le voilà !
Moi je m'enfuyas, moi je m'enfîiyas !
En passant par les moulins, Tous les moulins chantions.
Ils disaient dans leur joli chant :
Cric, crac, tic tac I Moi je pensais qu'ils disaient :
Attrappe, attrappe!
Moi je m'enfuyas, moi je m'enfiiyas 1
En passant par le marais,
Tous les baudets chantions.
Ils disaient dans leur j.oli chant :
Hi! hanîhi! han!
Moi je croyais qu'ils disaient :
Attends ! Attends \ Moi je m'enfuyas, moi je m'enfiiyasl
En passant par la rivière,
Toutes les canes chantions.
Ils disaient dans leur joU chaut :
Gm, can I Can, can !
Moi je pensais qu'ils disaient :
Je t'prends I Je t'prends I Moi je m'enfuyas, moi je m'enfuyas l
(Chanii n mai 1879, par M. Auguste Gourdin, ancien meunier, d Warloy-BaiUon ISommeJ).
Cf. Milusine col. $38 et 539, des fragments d'une chanson populaire du pays de la Hague (Normandie), publiée par M. Jean Fleury, lecteur à 1* Université de Saint-Pétersbourg .