‹ Littérature orale de la PicardieChapitre 65 sur 67 · CHANSON DE LA PEUR · texte numérisé non relu

CHANSON DE LA PEUR

En passant par le village,

Tous les coqs chantions.

Us disaient dans leur joli chant :

Coquiacou, coquiacou I Moi je pensais qu'ils disaient :

G>upez mon cou I coupez mon cou I Moi je m'enfuyas, moi je m'enfuyas !

En passant par une église,

Tous les curés chantions.

Ils disaient dans leur joli chant :

Alhîuia, Alléluia I Moi je pensais qu'ils disaient :

Le voilà I Le voilà !

Moi je m'enfuyas, moi je m'enfîiyas !

En passant par les moulins, Tous les moulins chantions.

Ils disaient dans leur joli chant :

Cric, crac, tic tac I Moi je pensais qu'ils disaient :

Attrappe, attrappe!

Moi je m'enfuyas, moi je m'enfiiyas 1

En passant par le marais,

Tous les baudets chantions.

Ils disaient dans leur j.oli chant :

Hi! hanîhi! han!

Moi je croyais qu'ils disaient :

Attends ! Attends \ Moi je m'enfuyas, moi je m'enfiiyasl

En passant par la rivière,

Toutes les canes chantions.

Ils disaient dans leur joU chaut :

Gm, can I Can, can !

Moi je pensais qu'ils disaient :

Je t'prends I Je t'prends I Moi je m'enfuyas, moi je m'enfuyas l

(Chanii n mai 1879, par M. Auguste Gourdin, ancien meunier, d Warloy-BaiUon ISommeJ).

Cf. Milusine col. $38 et 539, des fragments d'une chanson populaire du pays de la Hague (Normandie), publiée par M. Jean Fleury, lecteur à 1* Université de Saint-Pétersbourg .

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