GLOIRE A JÉSUS, AD TRÈS-SAINT SACREMENT
Ce 15 avril 1657.
Je vous demande très-humblement pardon si j'ai diffénsi longtemps à vous rendre compte de la manière doni j'agis avec les enfans K Ce qui m'a empêché de le faire dè^ la première parole que vous m'en avez dite, a été que j»' croyois que vous me demandiez que je misse par écri/ h
' Jacqueline s'adresse à son directeur, M. Singlin.
manière dont il les falloil conduire, ce que je ne jùgeois pas pouvoir entreprendre sans une très-grande témérité , ayant si peu de lumière pour un emploi si difficile. Car jp vous puis assurer qu'il n'y a que la seule obéissance qui soit capable de m'y faire faire la moindre chose, et que si j»* n'y gâte pas tout, cela se peut attribuer à l'efficace des proies de notre mère qui me dit, en m'en donnant le ^in, que je ne me misse en peine de rien et que Dieu î^ul feroit tout : ce qui appaisa tellement le trouble dans lequel jnon impuissance m'avoit mise que je demeurai pleine de confiance et avec un aussi grand repos que si Dieu même m'avoit fait celte promesse ; et j'avoue à ma confusion que, quand je me regarde moi-même et que j'entre dans le découragement, comme vous savez que je îais assez souvent, ces seules paroles, Dieu fera tout, proîioncées avec confiance, rendent la paix à mon âme. Mais fpqui m'a ôté de peine, c'est que vous m'avez dit depuis que vous ne me demandiez pas que j'écrivisse comme il W^ falloit conduire, mais seulement comme je les condui- ^^is, afin de remarquer les fautes que j'y commets, qui ^^ détruisent pas seulement ce que Dieu y fait par moi, 'nais apportent même de grands obstacles aux grâces qu'il ï^et dans ces âmes.
Pour garder donc quelque ordre dans cette reddition de ^'"rapte, je commencerai premièrement à vous dire com- '"^nt j*ai distribué les heures de la journée, et en second li^u ce que je fais pour leur conduite spirituelle et corporelle.
PUEMIÉRE PARTIE.