A NOS TRÈS HONORÉS SEIGNEURS, MESSIEURS LES ESCHETINS
» DE LA VILLE ET CITÉ d'AmIENS,.
» Très honorés seigneurs, nous nous recommandons à vous » tant plus que povons et vous plaise savoir que jeudy dernier le » roy arriva à Compiègne, auquel nous parlâmes «t nous recheut » très bénignement de sa grâce et nous dit et déclaira comment » il avoit treuves l'espace de ix ans avec les Bourguignons, et » qu^il voloit que durant iceulx ix ans, nous trouvissions manière » de nous garder de nous-mesmes sans avoir aucune garnison et » que meissions tèle police et provision entre nous que par notre » faulte ou négligence, aucun dangier ou inconvénient ne s'en » puist ensuivre et nous semble par ce que nous avons oy de lui, » que son bon plaisir est de deschargier du tout sa ville d'Amiens » de gens de guerre, et pour ce, Messeigneurs, que la chose » touche à ung chacun, nous vous prions que veuillez aviser par » delà quelque bon expédient et la manière comment nous y » porrions parvenir de nous-meismes et nous rescripre votre avis, » le plus brief que faire porroit. Le roy se délogea hier dudit
» Compiègne et s'en ala à Senlis et nous commanda que le âuis- » sions et que illec ils nous expédieroit et à nous intencion que » Mons' de Saint-Pierre et Mons' Du Bouchage retournent par » deçà, il nous expédiera. Nos très honorez seigneurs, notre sei- » gneur soit garde de vous et vous doint accomplissement de vos » bons désirs, bonne vie et longue et Paradis enfin. Ëscript à » Paris^ce samedy vii* jour d'octobre. Etau-dessoux estoit escript: » leurs tous vostres : Anthoine Clabault, Aubert Fauvel, Jaque » Groul. »
Au retour de ce voyage Clabault fit connaître que l'intention du roi était que la ville fût bien et diligemment gardée et que les plus grands et notables s'entretinssent ensemble pour la garde d'icelle et l'entretènement de la loi. Le maire avait répondu à ce prince que la loi ne permettait pas de mettre dans l'échevinage deux frères, deux cousins-germains, l'oncle et le neveu ensemble, ni le gendre d'un échevin avec son beau-père, et ainsi de lignage en lignage. Mais Louis XI avait alors déclaré qu'il n'entendait plus que cette ordonnance fût continuée en cette manière, mais bien que tous les gens notables de la ville fussent de la loi, autant que ladite loi pourrait monter, sans avoir égard au lignage en quelque manière que ce fût, qu'il voulait que sa ville fût bien gardée, et que les gens de bien commis pour la gouverner fussent « chacun jour ensemble à boire et manger comme estoient ceux de Metz en Lorraine qui chaque jour buvaient et mangeaient ensemble, et par ainsi ils savoient quelles nouvelles venroit en ville. »
En conséquence de ce désir furent choisis pour échevins sire Philippe de Morviller, sire Jacques Clabault, sires Fremin et Jean Lenormant, Jehan Murgale l'aîné, Aubert Fauvel, M» Jehan Leclerc, Jehan du Gard, receveur, Nicole de LuUy, Riquier de Saint-Fussien, Simon Pertrisel, Jehan Warnier et Jehan Crochet. Jacques Clabault est le cousin germain et Aubert Fauvel le beaupère du maîeur.
Par lettres datées du Plessis^du-Parcq-lès-Tours, le 24 janvier 1475, Louis XI reconnaissant, pour l'avoir vu à l'œtl et de l'avis
de sfis chefs de guerre, que les vieilles murailles et les vieux fossés de la ville étaient préjudiciables et dommageables à sa sûreté, en ordonna la démolition et le comblement, « et confiant dans leur sens, loyauté, grant diligence et expérience en pareille matière, » commit le maire Antoine Clabault et le greffier Pierre de Machy pour l'exécution de cette décision et M. Jehan de Machy pour faire le paiement des deniers nécessaires pour ces travaux* Etienne Chambellan, sieur de la Millandres, conseiller du roi et contrôleur général de son argenterie, fut bientôt envoyé à Amiens, porteur dé lettres missives à ce sujet.
^ Antoine Clabault mena à bonne fin la démolition de la vieille forteresse et Ton poussa activement les travaux de la nouvelle enceinte qui n'avaient été qu'ébauchés en 1346. Aussi un poète anonyme du xvi" siècle, célébrant les vertus de la fanâille Clabault, a-t-il pu dire avec raison :
Par leur songneuze cure Se dressa la ceynture Qui enferme dedans Celte ville fronlyère Notre beau cymelière Et les trois mandians.
Voir pour cet agrandissement d'Amiens : La Morlière, Daire, Goze, Dusevel et A. Thierry, T. II, p. 368 et suiv.
(224) Robert Auxcousteaux était docteur en médecine. (Voir mes Cylahault] p. 204).
(225) Le 20 octobre 1479, les trois candidats pour là mairie étaient Clabault, Lenormant et Caignet, mais on vint dire aux électeurs de la part de Jehan Harlé, lieutenant du bailli, et des gens du roi qu'ils ne procédassent pas plus avant à l'élection. Ces officiers descendus des Halles étaient venus avec plusieurs habitants à la Malemaison. Là, par la bouche de maître Jehan Vilain, avocat et conseiller du roi notre sire en ladite ville d'Amiens, « fut dit parlant audit sire Anthoine Clabault comment ledit jour » ils avoient esté assemblés avec lesdits habitants en ladite haUe
» pour procéder au renouvellement de ladite loy comme il estoif }) accoustumé faire chacun an, là où de Tadvis et consentement » de tous lesdits habitants pour le bien et honneur de sa personne » et aussy pour le bon et louable service qu'il avoit fait au roy en » ladite ville ou gouvernement et bonne police de la chose publi- » que d'icelle ville l'année de ladite mairie dernière et paravant » en autres années qu'il avoit esté maire, ils avoient continué » icelluy sire Anthoine Clabault maïeur d'icelle ville pour un an » commençant ledit jour Saint-Simon-Saint-Jude, aussi lesdits » prévôt, eschevins, le grant compteur, le receveur de rentes et » le maître des ouvrages qui y avoient esté ladite année passée, » en requérant audit sire Anthoine que ce il volsist accepter, ce » que par iuy après aucunes remonstrances et excusation fut fait y> et fist le serment en tel cas accoustumé comme pareillement » firent lesdits eschevins et officiers et au lieu de feu Jehan Héren- » gier qui estoit eschevin en ladite année passée fut nommé ï> Nicolas le Rendu bourgeois de ladite ville, mais comme pour » ce qu'il estoit proche parent et de lignage dudit Godefroy de )> Chaulnes eschevin, il fut dit que mesdits sieurs en feraient un » autre en leur échevinage. » (Reg. aux Délib.).
(226) Jean Dugard, dit petit Gard, licencié ès-lois, élu pour le roi, maître du Puy, en 1484, donna le tableau portant pour devise : Isle de mer, d'aménité remplie. Il portait d'azur chargé de trois jars d'argent, becqués et membres de gueules, 2 et 1, à la bordure componée d'argent et de gueules.
(227) « Ledit jour en procédant par mesdis sieurs oudit esche- » vinage à Tellection de ceulx qui en icelluy eschevinage auroient » esté portez pour de l'ung d'iceulx estre fait maieur ceste année » présente et ainsy qu'on regardoit les brifnefs baillés en la ma- )) nière accoustumée lesquels desdits portés ausdis avoient le plus » de voix est assavoir sur sire Anthoine Clabault, sire Jehan » Lenormant et sire Fremin Lenorraant, sire Jehan de May et » sire Anthoine Caignet qui estoient ceulx qui avoient le plus » grand nombre de voix pour les trois d'iceulx estre portez en la
*» halle ainsi qu'il est accoustumé faire, Jehan Harlé lieutenant de » Mons' le bailly d'Amiens, maistre Jehan de Saint-Delis licencié » es loix, avocat, et plusieurs autres, vinrent oudit eschevinage » par devers mesdits sieurs par lequel lieutenant fust, dit et » remonstré parlant oudit sieur Anthoine, comment ledit jour, » mondit sieur le bailly d'Amiens, les avocats et conseillers du » roy et les bourgeois, manans et habitans de lad. ville en grant «nombre, avoient esté assemblez en la Halle d'icelle ville en la » manière accoustumée pour par icelluy mons"^ le bailly procéder » au renouvellement de la loy, et que par l'advis et du consente- » ment de tous lesd, habitans, led. sieur Anthoine Glabault pour » le bien et honneur de sa personne, et aussy pour le bon et loable » service qu'il avoit fait au roy notre dit seigneur et à lad. ville » et habitans, au gouvernement et bonne police de la chose public- » que d'icelle ville l'année de sa mairie dernière et paravant en » autres années qu'il avoit esté maïeur, avoit esté continué maïeur » d'icelle ville avec lesd. prévost, échevins, le grant compteur, le » receveur des rentes, le maistre des ouvrages, ainsy qu'ils avoient )> esté Tannée passée, en requérant audit s"^ Anthoine que ce il » volsist accepter et aler en lad. halle pour faire avec lesdits offi- » ciers les sermens que tel cas requiert. A quoy par icelluy sire » Anthoine a esté respondu qu'il remerchioit mondit sieur le bailly, » lesdits lieutenant, officiers du roy et lesd. habitans de l'honneur » qu'ils lui faisoient et avoient fait, mais toutes voies pour ce qu'il » avoit esté oudit office de maïeur par trois années continuelles, » où il avoit eu de grandes peines et travaux et aussy qu'il y avoit » de gens notables oudit eschevinage qui porroient estre oudit » office comme il avoit esté, il n'estoit point délibéré de accepter » ne emprendre lad. mairie et en ceste estât se sont lesdis lieu- » tenant, maïeur et eschevins, partis dud. eschevinage et aies en » lad. Halle où estoit led. mons' le bailly, lesdits gens du roy et h lesdits habitans en grand nombre, et eulx îllecq venus ont esté )> faits audit sire Anthoine Glabault maïeur, par mondit sieuf le » bailly et lesdits gens du roy autelles remonstrances que faites » avoient esté oud. eschevinage par ledit lieutenant aux quelles
» ledit sire ne s'est volu condeschendre en faisant autelles refus » et excusacions que fait avoit oudit lieutenant, mais néanmoins » depuis et assez tost après aux remonstrances de rechief à luy » faites touchant ceste matière par lesd. habitans, icelluy sire » Anthoine Clabault s'est condeschendu de accepter et a accepté » lad. mairie, pour ledit an et a fait en lad. halle, le serment en » tel cas accoustumé comme pareillement ont fait lesd. e^chevins, >) grant compteur, receveur des rentes et maistre des ouvraiges. » (Reg. aux délib., t. XIV, f«» 70-71).
(228) Sire Nicolas Le Rendu portait d'azur au chevron d'argent accompagné en chef de deux étoiles d'or et en pointe d'une rose d'argent. (Villers de Rousseville).
(229) Jean Delattre, procureur, maître du Puy en 1476, avait donné le tableau portant pour devise : Du feu d'amour, colonne lumineuse.
(230) Robert Faverel, marchand, maître du Puy en 1473; son tableau représentant Moïse faisant jaillir l'eau du rocher portait la devise : Pierre au désert produisant iaue vive,
(231) Sire Nicolas Fauvel, fils d'Aubert Fauvel, seigneur d'Estrées, de Lannoy et Villers-Bocage, licencié ès-lois. Il portait d'azur à la croix d'argent cantonnée de quatre étoiles d'or. Ces armoiries se voient encore sculptées sur la maison du Blanc Pignon, connue aujourd'hui sous le nom de passage Gossart, rue des Chaudronniers. (Voir les planches II et II his de mes Clabault), Il avait épousé D"® N. Levasseur d'une famille municipale d'Abbeville.
(232) Peredieu portait d'or à cinq fasces ondées de sable, à uii cottice d'argent brochant sur le tout. (Pages). — Suivant de Rousseville, d'or à quatre fasces ondées d'azur à iin cottice de gueules brochant sur le tout.
% (233) Jean Dugard mourut en 1493 et fut enterré dans l'église de Saint-Firmin-en-Oastillon.
(234) Robert de Fontaines, maître du Puy en 1498, donna le tableau : Au genre humain consolahle fontaine. Il était licencié
ès-lois, seigneur dé Montrelet, conseiller du roi et bailli temporel de révèché d'Amiens ; il portait d'or à la fasce ondée de sable, aceompagnée d'une merlette de même, posée en cœur et de trois étoiles de gueules, deux et un.
(235) Maître du Puy en 1487, donateur du tableau: Vierge assenech du vray saiilveur espeuse,
(236) Saisseval portait d'azur à deux bars adossés d'argent. Maître du Puy en 1486. Tableau : Lavoir rendant par f aide purité,
(237) Vincent Lecat, marchand, maître du Puy, avait donné le tableau : Plaisant Rester {sic) du roy des cieulx eslute,
(238) Martin Martin, marchand, maître du Puy en .1478, donateur du tableau portant pour refrain palînodial : Terre portant fruict de grâce et de gloire. Il était neveu d'Alphonse Lemire.
(239) Etienne le Vasseur, marchand, maître du Puy en 1489. La devise de son tableau était : Le jardin clos où crust le vray laurier. Il portait d'argent à trois oiseaux de sinople becqués et membres de gueules.
(240) Antoine Louvel, marchand, maître du Puy en 1515. Tableau : Mère de grâce et de miséricorde. Il portait d'or à trois têtes de louve de sable posées deux et une.
(241) Pierre de May portait d'or à un chevron d'azur. Il avait épousé Marguerite Ducaurel.
(242) Jean Bertin, maître de la confrérie de N.-D. du Puy en 1480, avait donné le tableau : Grenier rempli du sel de sapience. Il portait d'azur au chevron de gueules accompagné de trois étoiles de même, deux et une, et avait épousé D"® Marie Lenormant. (Villers de Rousseville).
(243) Louis Dequen avait épousé Marie Pèredieu, fille de Pierre Pèredieu et d'Isabelle de Morviller, veuve de sire Pierre Clabault.
(244) M® Pierre Vilain portait d'azur à trois fasces de sable accompagnées en chef de trois merlettes de même. (Goze). — Suivant Villers de Rousseville, les fasces seraient de gueules.
(245) Avocat, bailly du Chapitre, Pierre Vilain fut maître du
Puy en 1503. Son tableau portait comme devise : Cour souveraine administrant justice. Il était alors conseiller du roi, juge et garde de la prévôté de Beauvaisis.
(246) Les Sacquespée portaient de sinople à un aigle d'or chargé sur Testomac d'une épée d'argent en bande qu'il tirait du fourreau avec le bec par la poignée.
(247) Jean Matissart, marchand, maitre du Puy en 1 482. Tableau : Mont auquel Dieu s'apparut aux humains.
(248) Antoine de Saint-Delis, seigneur d'Heucourt et d'Havernas, lieutenant général du bailliage d'Amiens et conseiller du roi en 1517, année de sa maîtrise du Puy. Son tableau avait pour devise : Humble ancelle du Haut Seigneur prévue. Il portait de sinople à l'aigle d'argent becqué et membre de gueules, tenant un perroquet d'or dans ses serres, becqué et membre de même. Il avait épousé Marie de May, fille de Pierre de May et de Marguerite Ducaurel.
(249) Le 28 octobre 1503, lors du renouvellement de la loi, les procureurs et conseillers de ville, au nom des magistrats municipaux, requérirentle lieutenant du bailli, Nicolas le Rendu, seigneur de Quiry, de faire mettre à exécution dans les élections qui allaient avoir lieu, un édit royal donné à Màcon au mois de septembre 1503 rappelant de n'appeler à l'échevinage que des gens ayant loisir, commodité et faculté de bien et loyaument conduire les affaires de la ville, et blâmant comme préjudiciable et contraire à la bonne administration de la justice, l'introduction de certains officiers royaux dans le corps municipal décidait que dorénavant aucun de ces officiers ne serait et ne pourrait être nommé maïeur, ni échevin de la ville et cité d'Amiens, « mais seront yceulx maire et eschevins prins, nommez et esleuz de gens suffisans et ydoines qui ne soient abstraintz ni occupez en aucuns offices royaulx ni autres charges qui les puisse empêcher de vaquer et entendre aux affiaires et police de la ville, ainsy qu'ilz ont esté le temps passé par les octrois et ordonnances sur ce faictes par nos prédéces-
seurs. » (Reg. aux Chartes E, 224 à 226; A. Thierry, II, 495 et suiv.).
Le même jour, Nicolas le Rendu déclarait par une autre ordonnance que dorénavant le maire et les échevins jureraient, à leur entrée en charge, d'élire trois personnes au nombre desquelles ne serait point le maire actuel et dont Tune serait promue par une autre élection aux fonctions de maire Tannée suivante. (Ibid.).
On le voit, le vieil esprit municipal tend à réagir contre l'absorption que Louis XI a voulu faire par les prorogations de pouvoir accordées à Philippe de Morvillers et à Antoine Clabault. Continuer un maire était effectivement fermer les portes de la mairie à un autre candidat. Les oligarchies comme les démocraties recherchent le pouvoir. Louis XI, monarque absolu, aimait les oligarques, Louis XII avait des vues politiques moins élevées.
Élu encore une fois maire, Antoine Clabault présida pour la dernière fois l'échevinage le 13 juin 1504 et mourut quelques jours après. Les registres aux délibérations donnent ainsi le procès-verbal de ses obsèques :
« Ouquel hostel a esté mis en termes par ledit sire Nicolas » Fauvel qui étoit lieutenant de feu sire Anthoine Clabault, com- » ment le jourd'huy environ heures de huit heures du soir ledit » sire Anthoine estoit allé de vie à trespas, qui avoit ordonné j> estre inhumé et porté en terre en habit de cordelier par lesd. » cordeliers au couvent des frères mineurs oudit Amiens et savoir » comment mesdits s" pour l'honneur de la ville et aussy dudit » feu estoit à faire en ceste partie, et sur ce eu conseil et advis, » ont ordoimé et advisé de faire tout l'honneur que possible sera » audit feu qui représentoit la personne du roy, chef de mairie et » justice d'icelle ville et cyté d'Amiens et que il y ara douze torses » nœufves à chacune desquelles aura ung escusson armoyé des » armes de lad. ville que porteront autour du corps dudit feu les » sergents de nuyt de lad. ville. Et seront mesdis sieurs qui yront » audit enterrement vestus de noir et sera mis ung drap noir » autour dudit corps et lesdits sire Nicolas le Rendu, sire Pierre » de May, sire Jehan Bertin et «ire Richier de Saint-Fuscien
» assisteront ledit corps et tiendront les quatre cornets dudit drap » noir et yront les sergens à mâche et Jehan de Fourdrinoy héraiult » au devant dudit corps aprez les torses et Jehan Ostien sergent » à vergue yra et suivra aprez ledit corps sa vergue bas et au » surplus ledit sire Nicolas Fauvel et mondit sieur le prévôt méne- >> ront le dueil aprez ledit corps et mesdits sieurs les esohevius et » partiront ensemble de Vhostel de la ville pour aller jusques à » Tostel dudit feu en la rue au Lin où il estoit demourans. Du » second jour de juillet l'an mil cinq cens et quatre en Tostel de » la ville où estoient sire Nicolas Fauvel, sire Nicolas le Rendu, » sire Pierre de May, sire Jehan Bertin, sire Richier de Saint- » Fuscien, Pierre le Senescal prévôt, maistre Anthoine Leclerc, » Anthoine l'Orfèvre, Anthoine Lomme, Nicole de Rocourt, Hue » de Canesson, Jehan de Cesseval, maistre François Fasconnel, » maistre Jehan le Rendu, Guille Le Mattre, Jehan le Chirier, » Raoul Sacquespée, Fremin Parmentier, Colart d'Ain val esche- » vins, maistre Jehan du Gard, maistre Loys Scourion advocatz, » Anne d'Ainval, Liénard lé Clerc et Andrieu de Machy procu- » réurs et conseillers de la ville. »
Amiens perdait ce jour-là un grand citoyen, car Antoine Clabault, seize fois maire, fut le plus brillant représentant de cette grande famille municipale qui, entrée aux affaires dès 1368, devait disparaître, trente-cinq ans à peine après sa mort, de la haute position qu'elle avait si longtemps occupée.
Son beau-frère, Nicolas Fauvel, le remplaça suivant la décision de l'échevinage prise le 4® jour de juillet 1504.
X (250) Jean D'ardre, conseiller en la cour du roi, bailli de la chatellenie et baronie de Picquigny, maître du Puy en 1493, avait donné le tableau : Aube du jour qui le monde illumine. Il portait d'azur au chevron d'or accompagné de deux glands aussi d'or posés en chef et d'un limaçon d'argent aux cornes de gueules posé en pointe.
(251) Dans une des séances de l'échevinage une vive discussion s'éleva entre le maire Pierre de May- et l'échevin Nicolas Fauvel.
Celui-ci ayant proféré des paroles injurieuses à rencontre du maire, M® Raoul Lecouvreur, avocat de la ville, fut délégué pour obtenir condamnation de ce dernier à déclarer en échevinage qu'il avait eu tort et à désavouer ses paroles, sous peine d'être privé de Téchevinage et condamné en 200 livres parisis d'amende à employer aux fortifications de la ville. (Reg. aux délib. T, 1508-1513). C'est par erreur que La Morlière et Daire appellent le maire de cette année Jacques de May.
(252) Jean de Saisseval, seigneur de Pissy, portait d'azur à deux bars adossés d'argent, (Lamorlière, Daire).
(253) Jean Leprévost, procureur et conseiller à la cour du roi à Amiens, fut maître du Puy en 1504. Son tableau a pour devise: Au souverain Moyse humble fiscelle. Il portait d'azur à la bande d'or accompagnée d'une étoile de même posée au côté senestre du chef et d'une coquille d'argent au côté dextre de la pointe, d'or suivant de Rousseville.
(254) Philippe Clabault, fils du maire de 1465, et Pierre de May prétendaient chacun avoir été appelé à remplir cette fonction. Louis XII, qui se trouvait à Corbie, s'émut de cette contestation inopportune, Pierre de May avait été maire en 1504, 1507, 1508, 1511, Philippe Clabault n'avait encore exercé aucune fonction publique. François d'Aligre, seigneur de Précy, Pierre de Saint- André, premier président du parlement de Toulouse, Pierre Legendre, trésorier de France et Jean Marnac, conseiller au grand conseil, furent immédiatement envoyés à Amiens pour procéder à une enquête que nécessitait le point délictueux de l'élection faussée du 28 octobre. Les commissaires s'acquittèrent en hâte de l'exécution de leur mandat, et quatre jours après le renouvellement de la loi, le 1®' novembre 1513, le roi « pour le bien de » nous et seureté de ladite ville attendu la disposition du temps » et émynent péril qui porroit estre par tel différend, il n'est pas » requis que icellui différend tombe en langueur mais qu'il y soit » promptement pourveu », décidait que Philippe Clabault serait investi pour l'année des fonctions de maire à l'exclusion de Pierre
de May; « nonobstant opposidons ou appellacions quelconquez, » et prêterait serment en cette qualité entre les mains des com- » missaires qui nommeraient ensuite aux fonctions d'échevins, en » présence de Philippe Clabault et après avoir soumis les noms >} et s'ilz sont agréables auxdis habitans et par eulx acceptés, six » personnes de la ville pour remplacer les six échevins que le » lieutenant du bailli, d'accord avec Pierre de May son beau-père, » avait illégalement institués, sans les avoir fait agréer par Tas- » semblée électorale comme il est requis. » Pierre de May cité à comparaître le 2 novembre, deux heures de l'après-midi, en l'auditoire du bailliage royal devant les commissaires, répondit que ce délai était bien court et qu'il se rendrait au bailliage s'il le pouvait. Renvoyé une seconde fois auprès de lui, François Desbarres, huissier ordinaire du grand conseil, le somma cette fois, au nom du roi, sous peine de mille marcs d'argent et d'être déclaré traître et rebelle, de restituer les sceaux de la mairie qu'il avait entre ses mains. Devant cette injonction formelle, Pierre de May dut se rendre et les sceaux, remis entre les mains de Jean Marnac, furent donnés au maire comme seul représentant légal de la mairie, en vertu des lettres royales. (Reg. aux Chartes E, 236-237; A. Thierry, II, 553 et suiv.).
(255) Laurent Judas avait épousé M"« Marie le Sénescal. (Daire, HisL lut, de la ville d'Amiens, p. 65). — De cette union naquit le R. P. Jean Judas qui devint procureur général de l'ordre des Minimes. Au mois de janvier 1564, étant venu à Amiens, le corps de ville résolut de lui rendre honneur en défiaschant, dit La Morlière, le canoa de dessus les remparts à son entrée ; ce qu'ils ne faisaient guère qu'aux princes ou gouverneurs du pays.
(256) Antoine Louvel, marchand, maître du Puy en 1515, donateur du tableau : Mère de grâce et de miséricorde. Il portait d'or à trois têtes de louve de sable, deux et une.
/c (257) Voir ses armoiries, note 253. En 1530 il fonda quatre messes hautes dans la chapelle Saint-Jacques du cimetière Saint- Denis. (Daire, I, p, 80).
(258) Jean de Saînt-Fuscien, sieur de Gouy. (La Morlière). Voir plus haut ses armoiries, note 199.
(259) Gille Damourettes, marchand, receveur de Rubempré, maître du Puy en 1510, avait donné le tableau : Seur bonlevert contre tous ennemis. Dans les Monnaies inconnues des Evêques des innocents, le D' Rigollot a donné la reproduction d'un méréau représentant: d'un côté la Vierge portant son enfant, auprès d'elle un puits ; de Fautre, une enseigne de marchand où Ton distingue les lettres G D et la légende Gille Damourette, maître du Puis. Le savant antiquaire a donc à tort, suivant nous, classé dans ce qu'il appelle les monnaies des évoques des innocents, une pièce appartenant à la confrérie de N.-D. du Puy. (V. ci-après note 266).
(260) Des désordres et des confusions ayant occasionné plusieurs séditions, divisions et discortz, dont nous ignorons les causes, François I", après une enquête faite à ce sujet par Louis de Hangest, seigneur de Monmort, gouverneur de Mouson, et Jehan Hurault, sieur de Vibraye, maistre des requêtes ordinaires de son hostel, réglementa à nouveau, par un édit rendu le 23 octobre 1520 à Milly-en-Gastinois, le mode des élections municipales d'Amiens, en substituant à la plus grande et saine partie du commun des habitans que nous voyons figurer dans les élections antérieures, un nouveau corps électoral composé des portiers, au nombre desquels étaient compris les gentilshommes et officiers tant du roi que de la ville et marchands avec les trois compagnies d'archers, d'arbalétriers et de couleuvriniers et pour le commun peuple seulement les diziniers.
Le maire sortant et six échevins désignés par le sort présentèrent seuls, dorénavant, les trois candidats à la charge de maire. (Reg.^aux Chartes E; A. Thierry, II, 565 et suiv.).
(261) François Bidare, licencié ès-lois, avocat, maître du Puy en 1533. Tableau : Du vrai amant la toute belle amie,
(262) Hugues de la Rue, avocat au siège du bailliage, écuyer, seigneur de la Motte-en-Beauvaisis, portait écartelé au 1"' et 4" de gueules à trois fasces d'argent, au 2« et 3* d'azur, chargé de
six boucles d'or, 3, 2 iet 1. Maître du Puy en 1524. Tableau : Rets sans fracture au fils de Dieu propice.
(263) Philippe de Conty, licencié ès-lois, seigneur du Forestel, du Quesnoy, de Damery, capitaine des arbalétriers d'Amiens, maître du Puy, en 1525, Tableau: Pour notre loy militante comtesse. Il portait d'or au lion de gueules, non rampant, comme le dit Pages, mais debout comme dans les armes de Guillaume de Conty. Son tableau est encore conservé à l'évêché d'Amiens. Il a été reproduit par Du Sommerard, planche ix de son Album des Arts au moyen âge. Une bonne copie faite par les soins et aux frais de M"** Auguste Breuil a été donnée par elle au Musée de Picardie.
(264) La famille de Rély portait d'or à trois chevrons d'azur.
(265) Voir ses armoiries ci-dessus, note 242.
(266) Pierre Vilain, avocat, bailli du chapitre, puis conseiller du roi et garde de la prévôté de Beauvaisis, dont les notes 244 et 245 ont déjà fait mention, était, on l'a vu, maître du Puy. Le comte De Marsy, président de la Société française d'archéologie, possède une médaille de plomb à ses armes, c'est sans doute un méréau de sa maîtrise.
(267) Jean le Caron, seigneur de Bouillancourt-sur-Miannay, receveur des aides, maître du Puy en 1501, donateur du tableau : Sacrée ampoule à Vonction royale. Les deux volets de ce tryptique, représentant le sacre de David et celui de Louis XII, font aujourd'hui partie du Musée de Cluny. (Breuil, les Œuvres d'art de N,'B du Puy, p. 52 et suiv.). Il portait d'argent au chevron de gueules accompagné d'un trèfle dé sinople posé en pointe.
(268) Nicolas Leroy avait épousé D"® Marie Judas. (Grand Nobiliaire de Picardie).
(269) Voir ci-dessus les notes 244-45 et 266.
(270) Simon, fils de Jacques Glabault et de Marie Truquet ou Turquette, neveu de sire Antoine Glabault, épousa Jacqueline de Soissons, sœur de Jean de Soissons, seigneur de Bellegarde, qui fut aussi maire d'Amiens en 1536.
(271) Pierre Louvel portait d'or à trois hures de sanglier de sable à la dent d'argent.
(272) Laurent Boulanger, maître du Puy en 1521. Tableau: Le vrai support de toute créature. Suivant Breuîl, op. citât, c'est la même personne que Laurent Georges qu'on a vu figurer dans la liste de 1518.
(273) Bernard d'Aut, sieur de Francière et de Franque ville, portait de sable à trois gerbes d'or. (La Morlière).
(274) Voir la note ci-dessus.
(275) Pierre de Sacquespée portait de sinople à l'aigle d'or becqué et membre de gueules, àl'épée, posée en bande, d'argent, la garde d'or, le fourreau de sable, que l'aigle dégaine avec son bec. Suivant Villers, il était seigneur de Selincourt.
(276) Jean de Soissons, sieur de Bellegarde-lès-BougainvîUe. (La Morlière; Villers). — Il portait d'or au lion de gueules. (Voir mes Clabault, p. 265).
(277) GuillaumeLemattre,sieurd'Oméricourt, époux de Jeanne Leberquier, dame d'Hédicourt, fille de Jean Leberquier, seigneur de Verneuil près Breteuil, et de Jacqueline Glabault. (Voir mes Clabault, p. 266).
(278) Plusieurs officiers royaux, au mépris de l'édit de 1503, avaient cherché à se faire nommer maire ou échevins le 28 octobre 1538; le procureur du roi au bailliage d'Amiens dut rappeler à l'exécution de cet édit. (Reg. aux délib., T. XXIII; A. Thierry, II, 601).
X (279) Aubert Fauvel avait épousé D"* Marie Judas. (Reg. aux délib., T. XXVI, année 1549).
A (280) Gaudefroy Ledieu mourut en 1565, à l'âge de 88 ans. Le P. Daire a reproduit son épitaphe au cinaetière Saint-Denis.
{Hist. litt., p. 452).
(281) Adrien Vilain, sieur de Quiry, (La Morlière.) fils de Pierre Vilain.
(282) J'ai déjà parlé, sous la note 99, de cette famille nombreuse
qui, au xvi® siècle, de 1500 à 1541, fournit encore à l'échevinage les médecins Robert et Jean Auxcousteaux, Tavocat du même nom, Pierre, François et Simon Auxcousteaux, dont les noms figurent vingt-deux fois en quarante ans sur les listes municipales et dont l'un des membres arrivera en 1569 à la mairie.
(283) Malgré les prescriptions défendant aux officiers royaux l'entrée des fonctions municipales, Adrien Vilain, procureur du roi, avait été élu maire d'Amiens. Le 5 octobre 1542 le duc de Vendôme, gouverneur de Picardie, rappela en vain à l'exécution de l'édit de 1503. Les nouvelles élections qui suivirent furent l'occasion de scènes tumultueuses. Sans avoir égard aux lettres du gouverneur, plusieurs bourgeois crièrent à haute voix le nom de Vilain qu'ils voulaient, malgré son incapacité légale, faire continuer dans ses fonctions. Cinq des plus turbulents furent à cette occasion arrêtés et mis en prison et, le 15 novembre 1542, le duc de Vendôme condamna les coupables, Adrien le Berquier à 20 livres parisis d'amende au profit du couvent des Saintesr Claires, Jehan Daine, Thomas Prévost et François De la ville à chacun 100 sols parisis pour être aumônes par égale portion aux mendiants de la ville (c'est-à-dire aux trois ordres mendiants). Quant au cinquième, Huchon Voùltdieu, il fut relaxé faute de charge relevée contre lui. (Reg. aux délib., T. XIV; A. Thierry, II, 615 et suiv.).
Le 4 février 1542, François I",par un édit donné à Paris « aians bonne et parfaite confiance du bon ordre et pollice qui se tient en la ville d'Amiens, » confirme les maire, prévôt et échevins dans la juridiction, connaissance, regard et supérintendance du fait de la police et garde d'Amiens. L'écljevinage, d'après certaines rumeurs, s'étant cru menacé dans la jouissance paisible de ce droit, avait demandé au pouvoir royal de le consacrer à nouveau par une déclaration solennelle. (Reg. aux Chartes P, f°" 11-12; A. Thierry, II, 618 et suiv.).
(284) Jean de Rely, sieur de Rochefort et de Framicourt-en- Santerre. (La Morlière; Daire). — Au lieu de Rochefort il faut
lire Rollepot. Il portait d'or à trois chevrons d'azur et avait épousé D"* Marie Forestier. (Grand Nobiliaire de Picardie).
(285) Jean Du Gard, sieur de Fresmeville (La Morlière), avait épousé, le 8 octobre 1533, Catherine Lefèvre de Gaumartin, suivant Villers.
(286) François Louvel, sieur de Glisy. (La Morlière ; Daire),
(287) En 1554, on trouve comme maître du Puy, Michel Laloyer le jçune, bourgeois et marchand, donateur du tableau ; Vierge honorée en majesté royale.
(288) Jean Forestier, sieur de Saissemont (La Morlière), portait d'argent à trois tourteaux de gueules. D'or à trois tourteaux cl'azur, d'après le manuscrit de Yillers, qui le dit seigneur de Frettemeuleen- Vimeu et époux de Marie Gauguier.
(289) Claude Dainval, seigneur de Domfront, le Cauroy et Pronier-Val, fils de Nicolas Dainval et d'Antoiaette de Berv. II portait d'argent à la bande d'azur, accostée de deux cottices de même, au chef emmanché de gueules, à une molette d'azur aiccompagnant la bande vers ledit chef. (La Morlière). Villers ne mentionne pas cette molette. Il avait épousé M"« Marguerite de Wallon. (Grand Nobiliaire).
(290) Antoine Louvel, seigneur de Fontaine-sur-Maye. (La Morlière).
(291) Claude de Fontaine, sieur de Montrelet. (La Morlière). Il portait d'or à la fasce vivrée de sable, accompagnée de trois étoiles à six rayons de gueules, 2 et 1 .
(292) Louis Dufresne, marchand drapier, maître du Puy en 1539. Tableau : Dame de paix où toute joie abonde,
(293) Firmin Lecat, sieur de Fontaines. (La Morlière). Il portait d'argent à trois merlettes de sable.
(294) Jean De Mons avait épousé D"« Antoinette Lemattre. (G. N.).
(295) François de Canteleu, sieur d'Orbendas, receveur général des finances en Picardie. (La Morlière). Il portait d'argent à la fasce de gueules chargée d'une gerbe d'avoine d'or, liée de gueules.
(Pages). Dans son Catalogue des Maires, Dairc lui donne par erreur le prénom de Firmin.
(296) Vincent Leroy avait épousé Madeleine Lequien, (G. N.).
(297) Un édit de Henri II en date de Châlons, du 8 mai 1552, considérant que les maire et échevins choisis exclusivement paa*mi les marchands et autres gens de robe courte, manquaient de la connaissance des lettres, droits et coutumes nécessaires pour l'administration de la justice, permet de les choisir dorénavant de tous états honorables, tant officiers, gens dejustice, gentilshommes, marchands ou autres indifféremment. (Voir A. Thierry, II, 632).
(298) Nicolas le Boulanger, bourgeois et marchand, maître du Puy en 1538. Tableau : Trône excellent pour le roi pacifique. Il portait d'or au chevron de sable accompagné de trois marteaux de même, deux et un.
(299) Adrien Vilain était procureur du roi. (La Morlière). — Bien que l'édit du 8 mai 1552 eût été enregistré, le lieutenai^t général du bailliage, Jean de Térouane, fit opposition à l'élection d'Adrien Vilain et fit appel au parlement. Le conseil du roi évoqua l'affaire et, le 16 avril 1554, cassa la nomination, condamna l«s échevins à une amende et à des dommages intérêts envers le lieutenant général qu'ils avaient cité à comparaître devant eux et même fait emprisonner. Malgré la résistance des échevins, cet arrêt reçut enfin son exécution le 8 mai par la désignation de Firmin le Cat, écuyer, s'^ de Fontaines, pour remplir les fonctions de maire. Seulement, comme on craignait des troubles, l'on ne sonna pas la grosse cloche et le peuple ne fut pas convoqué à la Halle. (A. Thierry, II, 638 et suiv.).
(300) Robert Delattre avait épousé D"° Françoise Boitel. (Comptes de la ville).
(301) Raoul Forestier, seigneur de Saisemont, époux en 1555 de Marie Tarisel. (Villers).
(302) Pierre Daiz, procureur et notaire.
(303) Grégoire Le Sellier, bourgeois et marchand brasseur, donna en 1551, comme maître du Piry, le tableau dont la devise
fait alhisîon à sa profession : Bras seur et fort pour défense et victoire,
(304) Mathieu Ledoux, bourgeois, maître de la même confrérie en 1564. Tableau : Le doux issu du fort pour nourriture,
(305) Hiérosrae Dainval, fils puîné de Claude d'Ainval, sieur du Cauroy et de Quesnel près Outrebois. (La Morlière). Il avait épousé Marguerite de Canteleu. (G. N.).
(306) Les élections de 1557 offrent une nouvelle preuve du peu de fixité du bon plaisir royal et de la jurisprudence du conseil. Le roi ayant manifesté le désir de voir Jérôme d'Ainval maintenu dans ses fonctions de maire, il avait été porté lé premier des trois candidats soumis aux sufi'rages des électeurs. Mais depuis sa nomination en 1556, étant devenu garde du scel royal, le procureur du roi condamna les échevins à l'amende et raya son nom de la liste, présentant à sa place Antoine Louvel. Un arrêt du conseil privé, du 4 novembre 1557, ratifia cette élection, bien que, par une contradiction qu'il est impossible d'expliquer, il reconnût que r intention du roi était que la ville d'Amiens pût élire tant officiers royaux que autres, ratifiant ainsil'édit de 1552. (A.Thierry, 11,652).
(307) Seigneur de Nieulemont. (La Morlière). François de Biencourt portait de sable au lion d'argent.
(308) Le 29 octobre 1559, le procureur général au présidial d'Amiens déclara s'opposer à ce qu'on fit entrer dans le corps municipal des officiers comptables ou des membres de la même famille, ajoutant que depuis douze ans des échevins avaient été indûment continués en fonctions. Après lecture et vérification des anciens règlements sur la matière, l'échevinage statua qu'ils seraient observés de point en point, touchant l'exclusion des officiers comptables et des membres d'une même famille, mais que, aucun statut ne s'opposant àl a continuation des échevins, on laisserait au peuple, comme par le passé, la faculté d'élire qui lui conviendrait. (Reg. auxdélib., T. 33).
(309) Jean Dippre, écuyer, sieur de Fluy, époux de D"* Marie de Revelois. Il portait de gueules à trois lions d'or, à Torle de
huit fleurs de lys de même, supports deux sauvages, cimier un sauvage naissant. (G. N.).
(310) Une délibération du 29 octobre 1560 fait défense aux échevins d'entrer à Téchevinage où à la chambre du conseil avec leurs épécs; ils devront les laisser à la porte. Déjà les discussions religieuses qui existaient dans la ville paraissaient avoir dicté cette mesure de prudence ; ce n'était plus le temps où les registres municipaux qualifiaient nos édiles de frères et compaignons d'échevinage. (Voir Reg. aux Comptes, année 1517).
% (311) Pierre Dugard, seigneur de Maucreux et de Fosse Bluet, prévôt du Beauvaisis. (La Morlière), Armes des Du Gard avec un lambel d'argent.
La déclaration suivante, du 29 octobre 1560, modifie celle de Tannée précédente : « L'ordonnance portant que nulz frères, serouges, pères et fils, gendres ne cousins germains ne poeuvent estre eschevins en une année, paraissant fort rigoureuse pour ce que à grand difficulté, on pourroit trouver par chacun an, pour gouverner la ville d'Amiens 24 eschevins du moins que deux d'yceulx ne soyent des parents dessus ditz, on décida qu'elle ne sera pas observée quant à présent, et se observera seulement en ce que les pères, fils et gendres et les frères germains ne poulront estre eschevins ensemble en une année. (Reg. aux délib. , T. XXXIV; A. Thierry, II, 667).
(312) Le roi, se méfiant de Firmin Lecat qu'il soupçonnait de favoriser les hérétiques, ordonna que la garde des clefs de la ville lui fût retirée et qu'elles fussent confiées à François de Ganteleu. (La Morlière; Pages; Daire).
Le 5 mai 1562 il lui écrivait pour lui enjoindre de continuer cette charge et d'exercer celle de maire de la ville en attendant qu'il ait été ordonné sur les faits de Firmin Lecat et, attendu que lé prévôt Guillaume Legrand était allé, sans congé ni licence, retrouver les protestants réunis à Grléans après la surprise de cette ville par le prince de Gondé, confiait sa charge à Antoine Dardre.
Là ne devaient pas s'arrêter les mesures prises par la: royauté. Un édit rendu à Vincennes le 3 juin 1562, « considérant les grands charges et empêchements qui étaient alors en Téchevinage d'Amiens et voulant pourvoir au souUagement des habitans dïcelle, à la sureuté et bien de nous et transquilité de ladite ville ordonna qu'entre le maire et les vingt-quatre échevins il y en aurait dix autres qu'il désignait : Jacques le Caron, conseiller au siège présidial, Antoine Louvel, seigneur de Fontaines, Jean Dippre, sg' de Fluy, Jean Flameng, sg' de Poulainville, Nicolas Groquoison, sg*" de la Court, Charles Garyn, sg' de Bourdon, Jean Ledieu, Jean Erart, Pierre Roussel et Jean Lëbourgeois investis des mêmes pouvoirs, voix et opinion délibérative et élective et ce par provision seulement et sans tirer à conséquence et préjudicier pour l'avenir aux droits, privilèges et libertés de la ville. » (Reg. aux Chartes E ; A. Thierry, II, 716).
La situation d'Amiens en 1562 était grave en effet et le protestantisme y levait hautement la tête. La surprise d'Orléans par le prince de Condé avait eu lieu le 2 avril. Le 23, aucun des nouveaux échevins ne voulut, suivant l'antique usage, porter la châsse de saint Firmin. On en proposa deux, Antoine Louvel et Jean Dippre, il en fallait huit. Jean de Saisseval fut l'un des refusants et opina qu'il valait mieux ne pas la porter. (Dom Grenier). — Le roi fait enjoindre dans les premiers jours de mai « de souffrir aucuns ministres et prédîcans, presches, assemblées ni administration de sacrements. » Le 17, l'échevinage défend aux habitants de s'injurier en se traitant de huguenots ou de papistes, de s'assembler tumultueusement après les processions. Le 22, l'on chasse sous trois jours les ministres et l'on défend aux maîtres d'école d'enseigner aux enfants la nouvelle doctrine. Enfin l'on en vient aux mains à l'occasion des processions et du refus des religionnaires de tendre les maisons sur leur passage. Il y a mort d'homme, blessures, maisons saccagées et même démolies. Au mois de juillet le cardinal de Bourbon fut nommé à la place de son frère, le roi de Navarre, comme gouverneur de Picardie, et Aqtdne d'Estourmel remplaça Philippe de Morviller comme capitaine de la
ville. Sous le gouvernement du futur roi de la Ligue, les persécutions reprirent de plus belle contre les religionnaires. {Histoire d'Amiens, Dom Grenier; A. Thierry, II, 711 et suiv.).
Si l'incendie qui consuma le beffroi d'Amiens le 13 août 1562 ne fut pas allumé par la malveillance, cet événement fut l'objet d'actes de cruauté qui montrent bien jusqu'à quels excès peuvent conduire les passions politiques et religieuses. Quelques malheureux prisonniers détenus sous l'inculpation d'un meurtre commis à Conty sur la personne d'un religieux cordelier, s'étant réfugiés sur une des gargouilles de cet édifice, y furent arquebuses sans pitié par de trop zélés catholiques.
(313) Guy Pingre, licencié ès-lois, conseiller au siège présidial, époux de Jeanne de Raincheval.
(314) Antoine Dardre, écuyer, licencié ès-lois, seigneur de Pissy et du Quesnoy, portait d'azur au chevron d'or accompagné de trois glands ou pommes de pin aussi d'or.
(315) Dès le 20 octobre 1562, le procureur du roi au bailliage avait présenté requête que, depuis quelque temps, des brigues avaient lieu dans les élections, qu'on s'était habitué à nommer les candidats avec clamace par certains gens atitrez, privant ainsi plusieurs citoyens de leur droit de vote. L'échevinage émet l'avis qu'à l'avenir, sous peine de cent sols parisis d'amende, les chefs des portes, maîtres des compagnies privilégiées et plus anciens dizainiers de chaque paroisse, assembleraient chacun de leur côté et sans communication entre ces diverses assemblées, leurs portiers, compagnons et dizainiers Tavant-veille de la Saint-Simon Saint-Jude pour procéder à l'élection de douze échevins, gens notables, n'exerçant pas de profession mécanique et non suspects d'hérésie, apporteraient les résultats le lendemain à midi à l'hôtel de ville où ils seraient renfermés dans un coffre fermant à trois clefs et qu'après la nomination du maire, du receveur du domaine des aides et du maître des ouvrages, il serait procédé à la proclamation des douze échevins élus qui prêteraient alors le serment entre les mains du bailli et le lendemain éliraient les douze autres.
Qu'en cas de partage le bailli déciderait et que, conformément aux anciens statuts, les règles pour la consanguinité seraient strictement appliquées.
Cet avis fut adopté le 27 mai 1563 par l'échevinage et ratifié de nouveau le 3 juin, malgré l'opposition de quelques intéressés. Le 6 juillet, le bailli Guillaume Du Caurel rendit un arrêté presque entièrement conforme aux vues de l'échevinage, mais des difficultés de détail, oiseuses chicanes d'amour-propre, s'étant élevées, le bailli ayant refusé d'y faire droit, il y eut appel au parlement qui, le 6 octobre, mit l'appel à néant et régla les détails objet du litige. (A. Thierry, T. II, 728 et suiv.; Reg. aux délib. T. 1561-1563).
(316) Mathieu Ostren, marchand, maître du Puy en 1561. Tableau : De mère et fils sibylles ont prédit,
(317) Les élections de 1564 méritent de s'y arrêter un instant à raison de leur singularité. Le 11 octobre le roi Charles IX écrivait d'Avignon au bailli d'Amiens pour lui enjoindre de veiller à la stricte exécution de la sentence ^u 6 juillet et de l'arrêt du 6 octobre 1563. Le 27, veille des élections, le bailli était absent, par une singulière coïncidence le lieutenant général était malade. Elles furent donc, sur la demande de l'échevinage et du procureur du roi, renvoyées au 29. Ce jour-là, au lieu de désigner comme d'habitude trois candidats, on en présenta six sur lesquels le peuple en choisit deux. Le lendemain les vingt-quatre échevins, à leur tour, nommèrent vingt-quatre autres personnes afin que le roi choisit entre les quarante-huit élus. Enfin les magistrats municipaux dressèrent une liste de six personnes chargées d'exercer la justice de la prévôté, le roi se réservant de nommer aux fonctions de prévôt celui des deux qui aurait le plus de suffrages. (Reg. aux délib., T. XXXVII).
Le 25 janvier 1564 l'on reçut du prince de Condé, lieutenant général de la province et pays de Picardie, des lettres royales, datées de Tarascon du 8 décembre précédent, contenant la désignation des personnes que Charles IX avait choisies pour remplir les fonctions municipales : « Vous priant fort, disait Louis de
Bourbon, d'advertir les dénommez en ladite élection, chacun en son regard et en sa charge, de faire si bien leur debvoir, qu'en allant en mon gouvernement, je n'y trouve point de plaintes, ains que j'en puisse recevoir contentement, et que les affections qu'ils peuvent avoir ne les transportent point à faire chose qui contrevienne en rien àl'édit de paciffication, vous asseurant que je suis bien résolu de closturer ceux qui yront au contraire et en faire punition exemplaire, sans en espargner aucun. » (A. Thierry, II). Ce mode électoral qui dura peu, puisque l'année suivante l'on revint aux anciens errements, était le résultat de la déclaration de Crémieu, du 14 juillet 1564, portant que dans les villes sièges d'archevêchés et d'évêchés ou de cours de parlement l'élection des prévôts des marchands, mayeurs, échevins et autres officiers municipaux serait double à l'avenir. (Isambert, T. XIV, p. 172).
;i (318) Etienne Cardon, sieur d'Argenlieu. (La Morhère). Il portait d'argent à trois chardons tiges au naturel. Il mourut le 24 août 1574. L'épitaphier manuscrit de Picardie mentionne sa sépulture au cimetière Saint-Denis.
(319) Malgré les édits, les officiers royaux s'infiltrent dans l'échevinage, un acte en date du 12 octobre 1566 affirme qu'ils font la moitié de ce corps. Dans un nouvel édit, rendu à Boulognelès-Paris, Charles IX arrête que les dispositions de celui de 1547 recevront plein et entier effet en ce qui concerne leur exclusion. Un mois après à peine, le 8 novembre, à Saint-Maur-les-Fossés, un arrêt du conseil revient sur cette inhibition et sur les réclamations des maires, prévôt et échevins de la ville, les modifie en statuant qu'on ne pourrait nommer à ces fonctions plus d'un ou deux officiers de justice ou gens de longue robe, les comptables n'ayant pas rendu leurs comptes et soldé leurs reliquats, exercer du delà de deux ans, qu'enfin l'administration des deniers communs appartiendrait dorénavant à des receveurs qui rendraient compte devant le bailli d'Amiens ou les gens de la chambre des comptes à Paris. (A. Thierry, II, 762 et suiv.).
>c (320) Charles Gorain mourut le 6 janvier et fut inhumé dans le
cimetière Saint-Denis. (Epitaphier de Picardie). Charles de Louvencourt, prévôt royal, paracheva Tannée. Gorain portait écartelé au 1" d'argent à trois croissants de sable contournés, au 2* d'argent à une hure de sanglier, au 3« de Créqui, au 4® d'argent à une anille de sable. Il laissa, pour distribuer des petits draps aux pauvres, le jour de la Saint-Pierre, un écu vingt sols à prendre annuellement sur la maison de Jehan Machuart, boulanger, rue de la Hautoie.
(321) Pierre Boitel, bourgeois et marchand, maître du Puy en 1571. Tableau: Du peuple serf Ventière délivrance. Il portait d'azur à une patte de griffon d'or posée en chef et à une croix recroisetée aussi d'or posée en pointe, àlafasce d'argent chargée de trois merlettes de sable.
(322) Charles Lenormant. C'est une erreur de copie, il faut lire Charles de Louvencourt, comme le disent les listes de La Morlière et de Daire. Charles de Louvencourt portait d'or à trois têtes de louve de sable.
(323) Antoine Pingre, bourgeois et marchand, maître du Puy en 1574. Tableau : Victoire en main d'une forte pucelle,
(324) Voir note 321 ci-dessus.
(325) Le 14 octobre 1567, Charles IX écrivait à la mairie d'Amiens que la ville étant dépourvue de chef et de conduite, il y envoyait Charles d'Halewyn, s' de Piennes, chevalier de ses ordres, avec sa compagnie d'ordonnance pour la mettre à l'abri des tentatives qu'on pourrait faire sur elle. La ville réclama énergiquement contre cette infraction au privilège qu'elle avait de se garder elle-même. Guillaume Delesseau, avocat de la ville, chargé de porter en cour cette réclamation, revint bientôt avec une réponse favorable, et Charles IX, par une autre lettre du 19 du même mois, déclara qu'il voulait qu'elle demeurât sous la garde de ses habitants, n'ayant d'autre envie que de les conserver dans leurs privilèges et autorité. (Reg. aux délib., T. XXXVIII; A. Thierry, II, 273).
(326) Nicolas Croquoîson portait d'azur à une oie d'argent surmontée d'un croc de même. Il avait épousé M"« Marie de Louvencourt. Il mourut au mois d'octobre 1578 et fut inhumé au cimetière Saint-Denis. (Epitaphier de Picardie).
(327) Les élections de 1568 avaient donné lieu à une scission entre les membres de l'échevinage. Le prévôt et six échevins, arguant de l'obscurité de l'édit de 1566, demandèrent au bailli d'interpréter cette ordannance avant le renouvellement de la loi. Obtempérant à cette requête, ce magistrat demanda communication de l'ordonnance de François I" en 1520 et des anciens statuts d'élection. Par contre, leurs collègues et le maire répondirent qu'ils savaient fort bien se régler pour la prochaine élection du maire. Nous ignorons quelles suites eut ce désaccord, mais le 19 octobre 1567 un arrêt du conseil privé, contradictoire de celui du 8 novembre 1566, décida que pour cette fois et sans tirer à conséquence les échevins seraient libres d'élire d'anciens maires, même ayant siégé deux années entières dans le corps municipal. (A. Thierry, II, 779).
(328) Nicolas Auxcousteaux, sieur de Pierreville. (La Morlière). Voir ses armoiries note 99.
(329) François Bigant, sieur de Festonval et de Carroix, époux de D"* Jehanne de Camousson. (Comptes de 1595-1596). Il portait d'azur à la fasce d'argent chargée de trois coquilles de sable et accompagnée de trois besans d'or.
(330) Brunel, marchand, maître du Puy en 1565 ou 1566 nouveau style. Tableau : Brune je suis, toutefois douce et belle.
(331) Jean de Collemont, bourgeois et marchand, deux fois maître du Puy en 1563 et 1592, donna les tableaux: Des deux rosée en toison descendue et le Mont prévu du sage avant tout âge. Il s'était fait représenter dans ce dernier en robe de maïeur avec l'écu de ses armes au bas. Il portait d'azur à trois coquilles d'or, à la fasce d'argent chargée de trois tourteaux de sable, supports deux licornes, au cimier de son casque une demi-licorne. (Pages). — Villers fait les tourteaux d'or et les coquilles de sable.
— Jean de Colleraont avait épousé D"« Louise Piugré. (Comptes de 1595-96)
(332) Raoul Guebin était marchand drapier, maître du Puy en 1572. Tableau : Vigne plantée au mont de sauvegarde,
(333) Le 6 octobre 1573, la paix de la Rochelle mit une trêve entre les catholiques et les protestants. Charles IX, pour fermer les plaies de la guerre civile, indiqua une réunion des Etats à Compiègne et ordonna une enquête dans les provinces. Le 6 décembre l'échevinage arrêta le cahier des doléances qu'il se proposait d'adresser. Au nombre des desiderata très intéressants de ce document figure la question de l'introduction des officiers royaux et gens de robe longue dans l'échevinage, se plaignant des arrêts du conseil privé « donné, dit-il, au pourchas d'aucuns de la prétendue religion réformée et durant les troubles qui limitaient leur présence à deux au plus, ce qui était incommode et dommageable au public. Suppliant lesdits habitans qu'il plaise au roy qu'ils demeurent en liberté de nommer pour eschevins telles personnes que bon leur semblera, gens de justice, bourgeois, marchands ou aultres, pourvu qu'ils ne soient mécaniques, du moins jusqu'à six de longue robe et de justice, attendu qu'il y a vingt-quatre eschevins dudit corps de ville et que ceulx qui seront plus nommez par les habitans y demeureront anchoires qu'ils aient été audit eschevinage les années précédentes et nonobstant ledit arrêt. (A. Thierry, II, 816 et suiv. ; Dom Grenier, XIV« paquet, n^ 8).
Les Etats projetés à Compiègne n'eurent pas lieu. La guerre civile recommençait le mardi-gras de 1574. Un arrêt du 25 mars de cette année maintint les décisions du conseil privé sans tenir compte des vœux du cahier de doléances; puis en 1575 des actes émanés de l'autorité royale facilitèrent de nouveau l'entrée des officiers royaux jusqu'à ce qu'un nouvel arrêt du 27 mars 1577 replaça les élections sous le régime de celui de 1566.
(334) François Gauguier, licencié ès-lois, avocat au bailliage et siège présidial, portait des armes parlantes : d'or au noyer de
sinople (en picard gauguier). Il avait épousé Anne Lefranc. (Villers de Rousse ville). — Il possédait la belle maison renaissance de la rue des Vergeaux, connue sous le nom de Maison du Sagittaire.
(335) Gaspard Fouache portait d'azur au lion d'or, armé et lampassé de gueules, accompagné de trois étoiles d'or à six raies.
(336) Jean Thierry avait épousé une D"® Forestier. (Reg. Y, 3, 249).
(337) Pierre Gonnet, bourgeois et marchand, maître du Puy en 1615. Tableau : D'un tel trespas, parangon n'est au monde. Il portait d'argent à trois fasces ondées de gueules. Breuil l'appelle Jean et le qualifie d'ancien échevin. Il n'y a pas d'autre échevin du nom de Gonnet que Pierre.
(338) Philippe de Gueully, époux de M*** Jeanne Lesellier. (Grand Nobiliaire).
(339) La Morlière, Daire et Villers qui le copient, indiquent comme maire en 1575 Nicolas de Nibat. C'est une erreur. (Voir A. Thierry, II, 851, délibération du 30 août 1576).
(340) Voir ci-dessus note 300.
(341) Nicolas de Nibat, écuyer, licencié ès-lois, avocat au bailliage et siège présidial, sieur de Bellevilers, avait épousé D"® Marie Leroy. (Comptes de 1596, Y, 3). — Il portait de gueules à trois épées, la pointe en bas, d'argent à la garde d'or, rangées en face et posées en pal. (La Morlière et Daire indiquent comme maire Jean Dippre).
(342) Jean Pécoul, bourgeois et marchand, maître du Puy en 1585. Tableau : Sujet certain de la foi toujours vive.
(343) La Morlière et Daire font encore François Gauguier maire en 1577, au lieu de Jean Dippre.
(344) Robert de Sachy, sieur de Haudvillers, bourgeois, marchand drapier, maître du Puy en 1568. Tableau : Châssis où luit le soleil de justice.
(345) Guichard Forestier, époux de D'^*» Marie Judas. (Comptes de 1596)
(346) Philippe Du Béguin portait d'azur à un chevron d'or, accompagné en chef de deux étoiles et en pointe d'un lion d'or.
(347) Jean Dubois portait d'argent au lion de sable armé et lampassé d'azur. — Suivant Villers, d'argent à trois arbres de sinople sur une terrasse de même, mouvant de la pointe, accompagnés en chef de deux étoiles de gueules.
/. (348) Un Philippe Matissart, son père? marchand de vins aux Verts cercles, sur le grand Marché, avait été maître du Puy en 1526. Tableau : Cercle au vaisseau de vin de sapience.
f^ (349) Jacques Le couvreur, écuyer, seigneur de Vraignes, époux de dame Marie De Mons, mort des suites de ses blessures à la surprise d'Amiens par les Espagnols. Il fut inhumé dans le cimetière Saint-Denis.
(350) François Caslelet, époux de Jeanne de Louvencourt.
(351) L'édit de Nemours, du 7 juillet, consacra la prépondérance de la Ligue et l'abaissement du parti protestant. En vertu de cet édit, les religionnaires furent expulsés d'Amiens et le 4 octobre Henri III écrivit aux habitants pour leur recommander de n'élire pour maire et échevins que les plus anciens, les plus sages et les plus avisés citoyens, bons catholiques, agréables au peuple et pouvant s'acquitter dignement de ces charges pour le repos et utilité de cette ville et pour le bien de son service. (Reg. aux délib. T, 47, 248 5is; A. Thierry, II, 941 et suiv.).
(352) Auteur des Ordonnances politiques imprimées en Î586, dit Daire dans son Hist. littéraire, p. 72. C'est une erreur ou tout au moins une étrange confusion. Sous la mairie de Du Béguin, en effet, fut fait le cartulaire R, dit le Livre Noir, de la couleur de sa reliure, mais qui ne fut imprimé qu'en 1658, comme nous le dirons plus loin à cette date. Dusevel, qui a suivi Daire, avoue lui-même n'avoir jamais rencontré un exemplaire de ces Ordonnances.
(353) Jean Dufresne, bourgeois et marchand, maître du Puy en 1581. Tableau : Fresne élevé par dessus toute plante.
(354) Le 19 décembre 1586, un nouvel arrêt du conseil d^Etat prescrit Tentière exécution du règlement de 1566 au bailli d'Amiens qui, aux élections, avait reçu par provision un troisième échêvin de robe longue qui est une ouverture pour admettre indéfiniment toute personne de justice et de robe longue. (A. Thierry, II, 950).
(355) Robert Fournel, époux de D^^® Marguerite Gorin. (Comptes Y, 3, 250).
(356) En raison de la situation des esprits, Henri III avait écrit le 16 octobre 1587, pour enjoindre de nommer pour maire Tune des trois personnes qu'il désignait et de faire élire d'une seule fois, par le peuple, les vingt-quatre échevins. Pour obéir au roi et sauvegarder les intérêts de la ville, on arrêta que les six échevins électeurs présenteraient les sujets choisis parle roi. L'élection se fit ainsi et Jean de CoUemont fut proclamé maire. Quant à celle des échevins, comme moyen de conciliation, on convint de faire ratifier par les douze premiers les douze autres élus par le peuple à condition qu'ils prêteraient serment devant le maire et non devant le lieutenant général comme les premiers. Le 8 novembre suivant, de son camp de Jargeau, le roi se déclara satisfait de ce qui avait été fait, toujours sans préjudicier en rien pour l'avenir aux privilèges de la ville (Reg. aux délib., T. 48; A. Thierry, II, 952 et suiv.).
(357) Le 29 mai 1588, dans une assemblée tenue à l'hôtel de ville, sous la présidence de Jean de Collemont, Amiens avait fait adhésion solennelle à la Ligue. (A. Thierry, II, 956 et suiv.). — Toutefois ce fut contre l'opinion de ce magistrat, car il désapprouvait cette mesure. Cette conduite modérée lui aliéna son ancienne popularité ; après l'assassinat des Guises, on se défia de lui et les clefs des portes de la ville lui furent retirées et déposées à l'hôtel de ville, tout le reste de sa mairie, où cinq ou six échevins allaient tous les jours les garder à tour de rôle. (Pages).
(358) Toutefois, en octobre 1588, Jean de Collemont fut continué comme maire par la volonté du peuple. Avant de procéder au renouvellement de la loi, le procureur fiscal de la ville avait
reçu mission, au cas où le lieutenant criminel procéderait à ce renouvellement, de déclarer que le maire ne prêterait serment devant lui en tant qu'il ne serait question que de crime, et que si le bailli voulait faire prêter serment aux échevins électeurs, lorsque les élus lui seraient présentés, de s'y opposer formellement, attendu que ces électeurs prêtent serment sur les saints évangiles devant M. le Maire.
Quand les noms des trois candidats proposés : Jean Dippre, Nicolas Auxcousteaux et Gaspard Fouache furent présentés « le peuple n'a voulu passer pour porter sa ballote en la manière accoustumée et aurait crié plusieurs fois : rien, rien et aprez continué, tellement que ledit sieur bailly d'Amiens, pour éviter sédition et tumulte du poeuple, auroit decretté que sire Jehan de Collemont seroit continué maieur pour cette année, et ce sans tirer à conséquence et sans préjudicier aux privilèges de ladite ville, lequel de Collemont a faict le serment par devant led. bailly d'Amiens. (Reg. aux délib., T. XLIX, 28 octobre 1588; A. Thierry, II, 974).
Par lettres du 15 septembre 1588, Henri III avait conféré la noblesse à Jean de Collemont pour le récompenser de ses services et l'engager à les continuer. (Bibl. Nat., collection Béthune, vol. 8914).
Au f® 133 de ce volume se trouve un très curieux mémoire sur les moyens à pratiquer pour amener des choix favorables à la cause de la royauté, en un mot pour fair^ triompher ce qu'on nomme aujourd'hui les candidatures officielles, et sur la conduite du lieutenant général Vincent Leroy, l'un des plus fougueux ligueurs de la ville. Ce manuscrit est des plus intéressants pour l'histoire d'Amiens à cette époque. On y trouve le complément de ce que taisent les documents officiels. On y voit les progrès de la Ligue, l'agitation des populations, le trouble des esprits, les bravades des uns, les terreurs des autres. Déjà la capitale a absorbé l'esprit provincial; que fait-on- à Paris? tel est le cri général à chaque incident de cette vie troublée par les passions politiques et religieuses. Au f^ 138 se trouve un mémoire pour instruire le
roi de ses bons et fidèles serviteurs dans la ville d'Amiens : Jean de Collemont, représenté comme l'instrument du fanatique curé de Saint-Leu Wyart, François Bigant, Vincent Leroy, Gaudefroy de Bâillon, Scourion, François Gauguier, Gaspard Fouache tous ligueurs. Le portrait de ce dernier est assez plaisamment tracé : « Homme aimant à demeurer audict eschevinage pour y faire ses affaires, qui néantmoins en parolles se promect bon serviteur de sa majesté. Je ne scay si a Teffaict il se rendroit tel, estant homme assez aisé à persuader, » etc. Les feuillets précédents donnent la liste des élus de 1587-1588 et y constatent que sept échevins seulement : Fouache, Lenormant, Lenglès, Matissart, Goureux, Bernard et Lecaron sont fort affectionnés au service du roi; ils n'arrivent sur la liste qu'aux 10% 12*, 13% 15*, 16% 21* et 22* rangs.
(359) Claude Lemattre, conseiller au bailliage, est l'auteur de divers mémoires présentés à l'échevinage, dans lesquels il indique minutieusement les précautions à observer pour mettre la ville d'Amiens à l'abri des surprises de l'ennemi. Ses sages avis ne furent pas écoutés, et il fut du petit nombre des courageux citoyens qui, le 18 mars 1597, tentèrent de défendre la cité contre les soldats d'Hernan Tello. « Les ennemis étant venus en son quartier, raconte Pages, il vint avec ses armes sur la porte de sa maison et s'y estant deffendu durant quelque temps il y fut tué par les ennemis, durant que Madame son épouse, digne d'un tel mary, estoit dans la rue criant : aux armes ! aux armes ! chers amis, que ceux qui n'en ont pas viennent chez nous et nous en fournirons pour se deffendre. »
Les manuscrits de Lemattre sont aujourd'hui en la possession de la Société des Antiquaires de Picardie.
(360) On trouve en 1546, un bourgeois, Jean Ponné, maître du Puy, donateur du tableau : Reine régnante en liesse éternelle. Il portait d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux oiseaux et en pointe d'un trèfle de même. Un autre Jean Ponée,/ vicaire de la collégiale de Saint-Firmin-le-Confesseur, est égale-
ment maître en 1558 et donne le tableau : Vierge fleurie à Joseph espousée,
(361) En 1589 les ligueurs avaient bien pris leurs précautions pour qu'aucun choix ne tombât sur des gens hostiles à TUnion. Le lieutenant général Vincent Leroy présida lui-même à toutes les opérations. Les bornes de ce travail ne nous permettent pas de publier le curieux procès- verbal de ces curieuses élections. Qu'il nous suffise de dire que le 27 octobre on vota pour les échevins, que les bulletins déposés dans un coffre furent dépouillés le lendemain à midi, qu'on procéda au préalable à la nomination des receveurs du domaine, des aides et du maître des ouvrages, puis à celle du maire, et le lieutenant général ayant nommé les douze premiers échevins en statuant sur tous les cas de réclamations qui s'étaient présentés au sujet des gens de robe longue, de Jean de CoUemont, naguère maïeur, et de Robert Delattre et Antoine Henry, marchands de vins en détail qui était chose mécanique, qui s'étaient présentés, admit, nonobstant la jurisprudence, les gens de longue robe qui y figuraient en grand nombre « et leur fit faire le serment en tel cas requis et accoustumé et pour la deffense de la cause de Dieu et de la relligion catholique, apostolique et romaine, suivant la saincte unyon qui a esté jurée, et de nommer par chacun d'euk un eschevin non suspect à la cause et qu'ils jugeront en leur conscience estre ydoines et capables de ladicte charge d'eschevins, ce qu'ils ont juré, et plus avant n'a esté procédé. » L'histoire des dissensions politiques et religieuses sur laquelle nos historiens ont glissé légèrement est encore à faire ; puisse-t-elle trouver la plume judicieuse d'un Dupont- White qui a si bien décrit la Ligue à Beauvais.
(362) Antoine Gougier, seigneur de 8eux(LaMorlière), annobli en 1594. Il portait d'azur au chevron d'or accompagné de trois étoiles de même soutenues chacune d'un croissant d'argent. Il avait épousé Isabeau Auxcousteaux.
(363) Adrien de Mareuil. La Morlière et Daire le nomment Antoine. Il portait d'azur à la fasce d'argent accompagnée de trois
étoiles d'or suivant Villers, d'argent suivant Haudicquier de Blancourt. Il fui ànnobli en 1594.
(364) François Castelet, sieur de Thérouenne. (La Morlière). Il portait d'or au castel de gueules accompagné en chef de deux étoiles d'azur ; suivant Villers, de deux roses d'aznr. Il avait épousé Jeanne de Louvencourt.
(365) Louis Devillers avait épousé Marie Dufresne.
(366) Le journal de Jacques Cornet, bourgeois d'Amiens, donne une idée des élections de 1593. En violation de la loi municipale, une partie des habitants demanda tumultueusement la continuation de Antoine Gougier, maire en charge, qui fut assez subitement mené dans l'auditoire du bailliage par le lieutenant général Vincent Leroy qui lui fit immédiatement prêter serment. Mais la majorité des habitants ayant réclamé l'élection d'un des trois candidats proposés suivant l'usage, et étant allé trouver en sa maison le duc d'Aumale pour le prier de conserver les privilèges de la ville, « celui-ci se transporta aux halles sur les onze heures à midy, commanda de sonner la cloche, disant qu'il ne partirait que l'un des trois ne fut nommé, ce qui fut fait sans délai et Antoine de Berny ayant obtenu la majorité fut mené prêter le serment de maieur. Est icy à noter (nous copions Jacques Cornet) » que le sieur Gougier qui jà l'avoit pretté au matin ne mit aucun » empêchement à la réception dudit de Berny, afin qu'il n'en vint » à naître aucune sédition qui jà paroissoit fort, laquelle par ce » moyen fut assoupie. A raison de ces troubles lesdits douze » eschevins qui doivent être créés par la nomination du poeuple, » par les billets qui pour cet efl'et sont baillés par chacune porte » pour estre lus ledit jour, furent différés au lendemain. Au nombre » desquels Jacques Cornet fut admis, non pour être désiré par lui, » la charge ny autre employ pour y parvenir, mais par le moyen » de ses amis qui lui avoient fait nommer. Or d'autant qu'exerçant » ladite charge pendant ladite année, il a reconnu infinies parti- » cularités très dangereuses qui seroient trop longues à réciter, )> il prie ses enfans se donner garda surtout d'aspirer jamais aux.
» charges publiques et se contenter de négocier tout doulcement » leurs petites affaires, sans chérir ni caresser Tambition quelque » offre qui leur soient présentées par les premiers et grands ou » bien par un publicq et communauté, se souvenir aussi qu'un » poeuple est merveilleusement sujet à Tinconstance et variété, » lorsqu'il se voit affligé et privé de quelque vain espoir. » A. Thierry, T. II, 1041.
Ces conseils de Jacques Cornet à ses enfants peuvent être taxés de pusillanimité, mais il faut reconnaître que ce sont ceux d'un homme honnête et sensé, connaissant bien le cœur humain, et surtout la versatilité des masses et Tinconstance de la popularité.
(367) De Berny portait d'argent à trois bandes de gueules chargées chacune de trois roses d'or, annobli en 1594, époux de D»« Catherine de Bailly, décédé le 16 juin 1626, inhumé au cimetière Saint-Denis. (Epitaphier de Picardie).
y (368) Mathieu Certain, marchand drapier, rue des Vergeaux, à l'enseigne de Saint-Chistophe, fut blessé d'une arquebusade à l'épaule dans l'émotion populaire du 25 juin 1594. Il succomba onze jours après et fut inhumé dans le cimetière Saint-Denis, où son épitaphe se voyait encore en 1825, dit une note de l'éditeur de Pages. Il avait épousé Jeanne Scellier. (Epitaphier de Picardie).
(369) Pierre de Famechon, procureur du roi, seigneur d'Estouvy, époux de Marguerite Carette. (G. N.). Il portait d'azur au chevron d'or accompagné de trois trèfles de même, surmonté d'un cornet lié aussi d'or. Dans Villers il porte : écartelé au 2® et 3® de Canteleu, au 1" et 4" d'azur, au chevron d'or surmonté d'un oiseau de même, accompagné de trois fleurs de lys d'or, deux et une.
(370) Vincent Voiture, époux de Jeanne de Collemont, père du célèbre Vincent Voiture le littérateur.
(371) Maître du Puy en 1595. Tableau : Toujours la Vierge on loue en cour céleste. Il y était représenté avec son épouse, Barbe Gamin.
(372) Les élections de 1596 ne se firent pas non plus sans agi- ' tation. Les lettres du 19 octobre portaient que le roi voulait le
maiDtien des échevins en charge, laissant aux habitants la faculté de proroger ou de remplacer le maire actuel. Mais à la lecture qu'en fit le lieutenant général au bailliage, le corps municipal déclara qu'il n'avait pas sollicité cette continuation de pouvoir et qu'il était prêt à se démettre si Sa Majesté le permettait. Le pro-* cureur fiscal démontra que les lettres royales étaient subreptices et sollicitées seulement par quelques amiénois, au mépris des règlements et privilèges de la ville, et requit le lieutenant général de surseoir à leur exécution, jusqu'à ce qu'on se fût assuré de la volonté royale. Il fut décidé que les échevins seraient provisoirement maintenus et que l'élection du maire et des trois receveurs et maître des ouvrages aurait lieu suivant la forme accoutumée. Cette élection fut tumultueuse; des placards injurieux contre les magistrats et officiers du roi avaient été affichés dans les carrefours. Le lieutenant général, malgré l'opposition du fiscal qui demandait le vote pour les échevins, ordonna la continuation de leur exercice. Le peuple, criant les noms de Famechon et de Correux, suivant ses préférences particulières, avait envahi la salle ; il fallut mettre des gardes aux portes et procéder à quelques arrestations. Enfm les échevins électeurs apportèrent les noms des trois candidats présentés au sufl'rage du peuple, et Pierre de Famechon ayant réuni la pluralité des voix, fut élu et prêta serment.
Le procureur fiscal de la ville, rappelant ses protestations contre le maintien de l'échevinage, se présenta devant, lui pour obtenir les pièces nécessaires et l'argent de son voyage pour aller en cour faire des remontrances au roi et soutenir l'appel de la ville ; les échevins le chargèrent de porter au roi la déclaration que nous avons mentionnée plus haut de leur intention de se démettre s'il lui plaisait.
(373) Pierre de Famechon, procureur du roi au bailliage d'Amiens en 1595, seigneur d'Estouvy, annobli par Henri IV le 8 octobre 1594, ne parait pas s'être montré à la hauteur de ses fonctions de maire lors de la surprise de la ville par les Espagnols. Il fut accusé alors d'avoir été de connivence avec l'ennemi et
d'avoir salué le vainqueur en ces termes : Desiderio desideravi hoc PsLScha manducare tecum. Une tradition veut toutefois qu'il se soit, à la nouvelle de l'entrée des Espagnols, enfui précipitamment à cheval jusqu'à Clermont, emportant avec lui les clefs de la ville; mais quelques mois après sa reprise par Henri IV, étant revenu à Amiens, sa présence y fut mal vue des habitants qui rejetaient sur lui les causes de leur malheur, et le 24 janvier 1599 l'échevinage présenta une requête au roi pour qu'il lui plût lui interdire d'y résider.
« Sire,
» Ayant plu à votre Majesté permettre à M* Pierre Famechon naguères mayeur de votre ville d'Amiens d'y rentrer et séjourner pour quelque temps, plusieurs habitans, vos très humbles sujets et serviteurs, l'ayant vu se promener par les rues et en la grande église prendre hardiment dans le chœur l'un des lieux plus éminens et honorables, ont reçu un renouvellement de douleur, non qu'ils ne soient entièrement disposés d'obéir à la volonté de voire Majesté, mais le principal souvenir de leurs misères passées et de voir à leurs yeux le sujet principal de leur désastre, dont s'en est presque ensuivi celui de toute la France, est la seule cause, Sire, qu'eux et nous vous supplions très humblement si tant est qu'il plaise à votre Majesté que ledit Famechon participe au bien que nous recevons de votre grâce et clémence, au moins il soit tenu se retirer ailleurs et non point dans votre dite ville d'Amiens afin que sa présence n'altère le repos de vos sujets, protestans néanmoins. Sire, que nous sommes préparés d'exécuter votre commandement et plutôt souffrir la mort que de jamais penser à faire chose désagréable à votre Majesté. Sur cette vérité, nous allons prier Dieu, Sire, qu'il lui plaise conserver en longues années Votre Mayesté en tous heur, prospérité et santé.
» De votre ville d'Amiens ce 24 janvier 1599,
» Vos très humbles, très obéissans et très fidèles sujets les
échevins de votre ville d'Amiens.
)/ De Lesseau. »
(Daire, I, 557).
Malgré cette démarche, il fut maintenu dans sa charge d6 procureur du roi le 20 septembre 1599, pour avoir, disent les manuscrits du temps, suivant le P. Daire, prêté 6,000 livres au roi. Le 8 août ce prince écrivait encore cette lettre au comte de Saint-Pol, raconte le même auteur : « Au reste il y a longtemps que je suis importuné de Famechon pour le remettre en l'état de mon procureur à Amiens, ce que j'ai différé de faire tant que la vérité de ses actions auroit été connue, maintenant qu'il ne s'est trouvé aucune perfidie en lui et que j'ai scu que son rétablissement ne peut apporter aucun préjudice à mon service, je veux qu'il soit rétabli en ladite charge n'est que ceux de ma justice, lesquels vous ferez appeler, ne le voulussent accuser de quelque acte indigne d'un sujet envers son prince, qui ne fut encore venu à ma connaissance. » En conséquence le parlement le réhabilita le i®"" février 1600, et le bailliage d'Amiens le déclara innocent le 17. (Daire, I, 399). L'on verra plus loin sa famille figurer encore dans les charges municipales.
Elle portait d'azur au chevron d'or accompagné de trois trèfles de même, surmonté d'un cor de chasse aussi d'or, supports deux lions, cimier un mufle de lion. (G. N.).
(374) Cordelois, époux de D"® Barbe Sagnier.
(375) Guillaume Cadot périt le 10 mars 1597 en défendant la ville contre les Espagnols. Les historiens d'Amiens citent encore parmi les morts de cette journée François de Blairye, échevin en charge. C'est une erreur, quant à la qualité. Son nom ne figure pas dans la liste de 1597, il ne fut échevin qu'une seule année en 1582. Je ferai la même observation à propos de Claude Lemattre que Pages qualifie du titre d'échevin bien qu'il n'ait jamais été tjue receveur de la ville. François de Blairye avait épousé une D"* Jacqueline d'Achery de Saint-Quentin. Il fut inhumé au cimetière Saint-Denis. (Epitaphier de Picardie).
(376) Claude Pécoul portait d'azur à trois chevrons de vair. Les Espagnols, maîtres de la ville, en renouvelèrent la loi le 18 mars. Suivant la coutume, on présenta trois candidats pour la
mairie : Charles Gorguette, élu en Télection, François Gauguier, ancien maïeur et Claude Pécoul. Ce dernier, qui avait obtenu la majorité, fut élu. Avocat au bailliage et siège présidial, bailli du chapitre de la cathédrale, il Tétait encore de la seigneurie de Boves appartenant au duc d'Aumale. La Morlière, par patriotisme, n'a pas inscrit le nom de ce maire agent de l'étranger, et dans Villers de Rousseville son écusson figure renversé.
(377) Delattre fut nommé prévôt en remplacement de Charles de Suin.
(378) Michel Randon avait épousé D"® Françoise Gauguier, fille de l'ancien maïeur. Il avait été député aux Etats de Blois en 1588.
(379) Robert Coureux ou Correur annobli par Henri IV à l'occasion des services qu'il avait rendus durant les troubles de la Ligue, époux de D"* Marie Carpentier. Il portait d'azur au chevron d'or accompagné de trois étoiles de même, surmonté d'un soleil aussi d'or, supports deux cygnes, cimier un soleil (G.N.). — Il fut inhumé dans l'église Saint-Séverin de Paris. (Bibl. Nat., Epitaphier de Picardie).
(380) Le 15 mai 1598 le comte de Saint-Pol, gouverneur de Picardie, pour décorer les magistrats politiques de la ville d'Amiens et faire qu'ils soient reconnus et respectés ainsi que le service du roi et la dignité du magistrat le méritent, ordonna que les échevins assistant aux processions et assemblées publiques porteraient une robe de drap noir garnie de velours, avec chacun un bonnet de velours ras pour les distinguer du premier échevin qui &a aurait un de velours plein, et mettant aux dépenses de la ville la fourniture de ce costume délivré à chacun de ceux appelés à remplir cette charge. Le 18 février 1614 la cour des comptes fixa les robes et bonnets à 60 livres pour chaque échevin. (A. Thierry, II, 1 102).
(381) Adrien de Mareuil avait été annobh par Henri IV en 1594. Lors de l'occupation espagnole en 1597, il dirigea le complot du capitaine Sireuil, mais il put s'échapper de la ville et se réfugier au camp de Henri IV lorsque la conspiration fut découverte à
Hernan Tello par deux traîtres, le poissonnier Hugues Leroux et le religieux Augustin Louis de Laboulle.
(38:2) Antoine Pingre, s"" de Genouville, portait d'argent au pin de sinople fruité d'or et sommé d'une grive de sable.
(383) Moreau portait d'or à la tête humaine de sable bandée d'argent. Il avait épousé Claire Pécoul. (Pages).
(384) Jean Démons, sieur d'Hédicourt, époux en secondes noces d'Honorée de Villers. (G. N.).
(385) Robert de Sachy, époux de Madeleine Mouret, décédé le 31 mars 1612, inhumé au cimetière Saint-Denis. (Epitaphier de Picardie).
(386) Jean Thierry, sieur du Gandas. Il portait d'azur au chevron d'or, accompagné de trois étoiles de même, et avait épousé Marie Pingre, fille unique d'Antoine Pingre. (Villers).
(387) Louis Dufresne, bourgeois et marchand, maître du Puy en 1613. Tableau : Don de Vépoux qui Vépouse console. Il portait d'or au frêne arraché de sable.
(388) Jacques Cornet, seigneur de l'Angle, de Coupel et du fief d'Ynval en Artois, époux d'Anne Rabâche. La famille Cornet portait d'azur au chevron d'or accompagné d'un cornet d'or lié de même posé en pointe et deux étoiles d'or en chef. (Pages). — Cornet d'argent Hé d'or. (Villers). — Jacques Cornet a laissé un registre, mémorial de famille, qui renferme des particularités intéressantes sur la surprise d'Amiens. Le P. Daire en a donné un fragmeit dans &on Histoire littéraire. Il est le père de Nicolas Cornet, grand maître du collège de Navarre à Paris, né de son union avec Anne Rabâche.
(389) Louis Artus, marchand teinturier, maître du Puy en 1609. Tableau : Portrait (lui rend celui qui le voit chaste,
(390) François le Séneschal portait d'azur au chevron et à trois trèfles d'or. Décédé en 1623, âgé de soixante-cinq ans. (Villers de Rousseville).
(391) François Fauquel, bourgeois et marchand, maître du Puy en 1610. Tableau : Fleur la beauté des célestes campagnes,
(392) Baptiste Roche portaitd'azur au chevron d'or, accompagné de trois poissons (roches) d'argent.
(393) Voir ses armoiries ci-dessus, note 367.
(394) a Le jour de saint Firmin le Martir xxv* jour de septembre mil six cent quatorze, à la nomination des habitans de ceste ville, joinct la retenue de deux eschevins de Tan passé Antoine Pingre, M. Antoine Dippre, M. Florens de Louvencourt, M. François le Séneschal, M. Jacques Vacquette, Jehan Lucas et M. Jehan de Herte trésorier de France ont esté reçus eschevins de )ad. ville pour la présente année. Lesquels comparans, ledit jour ont faict le serment en tel cas requis et accoustumé pardevant Monseigneur le lieutenant général, sauf ledit sieur de Herte qui n'y est comparu et lequel n'a esté trouvé en sa maison. Delesseau. » (Reg. aux délib., T. 9, f^ 192 v°).
Le 30 septembre M. de Herte n'avait pas encore prêté serment. Etait-ce diplomatie de sa part? peut-être, si l'on en croit la délibération de ce jour, arguant « qu'il y a apparence qu'il ne désire pas d'entrer dans cette charge pour estre le dernier de la compagnie ainsy qu'il seroit s'il y entroit, mais que sy, sur la lyste envoiée au roy pour faire élection du premier eschevyn, il estoit choisi et nomé pour estre le premier, alors il pourroit accepter la charge, laquelle à présent il ne refuse pas et n'accepte pas. » Aussi, considérant qu'il n'était pas natif d'Amiens et que de tout temps les officiers municipaux avaient rempli cette condition, l'échevinage se rendit-il en corps auprès du duc de Longueville, gouverneur de Picardie, pour obtenir la conservation de cet usage qui, s'il n'était pas inscrit authentiquement dans les privilèges de la commune, était observé depuis si longtemps qu'il était passé en force de loi, l'édit de 1597 ayant décidé que le corps échevinal était créé à l'instar de celui de la ville de Paris, le prévôt des marchands et les échevins de la capitale étaient toujours choisis
de personnes natives de cette ville. (Délib. T, 59; A. Thierry, III, 10).
(395) Lequien, trésorier de France en la généralité d'Amiens, portait d'azur au chevron d'or accompagné de trois gerbes de blé de même, deux et une. (Pages, I, 160).
(396) Lecouvreur, sieur de Hervencourt en partie. (La Morlière). — Epoux en premières noces d'Adrienne Picquet, en secondes de Marie Creton. (G. N.). Il portait d'argent à un petit bois de sinople traversé par un sanglier de sable.
(397) Melchior Fouache, époux de M"® Marie Auxcousteaux.
(398) Adrien Decourt, marchand, maître du Puy en 1623. Tableau : Astre en décours après pleine lumière.
(399) François Hannique, sieur de la Mairie. (La Morlière). Il portait d'or à la fasce d'azur accompagnée de trois roses de gueules, deux et une (ibid.), supports deux lévriers, cimier un lévrier naissant. Il avait épousé M"® Barbe Dugard. (G. N.).
(400) Guy de Mareuil, sieur de Belloy, avait épousé M"* Louise Dufresne. (Daire, Hist, litt., 565). — Armoiries d'azur à la fasce d'or accompagnée de trois étoiles de même, supports deux lévriers, cimier un lévrier naissant. (G. N.).
(401) L'ordonnance du 15 mai 1598 nous a fait connaître le costume officiel des échevins. Une délibération échevinale de mai 1621 indique les couleurs des robes d'apparat des officiers de la yille : le procureur fiscal, l'avocat, le greffier, le maître des présents, le greffier des portes et fourrier, le greffier des comptes, le contrôleur des ouvrages porteront une robe de drap violet cramoisi, l'huissier de drap moitié rouge et bleu ainsi que le sergent messier, les deux' sergents des quennes, les douze sergents de la suite des échevins, les huit sergents à masse de drap bleu pers, le chirurgien des pestiférés de drap violet ou bleu pers.
(402) Jean Palyart, brasseur, maître du Puy en 1622. Tableau : Rameau de paix et foudre de justice,
(403) François Hémart, époux de Marguerite Mouret. Il était seigneur de Bréviller. (Pages).
(404) François de Louvencourt, sieur de Vauchelles et de Bourseville. (La Morlière). Portait d'or à trois têtes de loup de sable. Fils de Jean de Louvencourt, conseiller au bailliage, et de Marie Sacquespée. Ce magistrat cultiva les belles-lettres. La Morlière et le P. Daire en font un grand éloge. Il mourut en 1638 et fut inhumé ainsi que son épouse, Charlotte Clapisson, dans la nef de l'église du couvent des Ursulines.
(405) La famille Mouret portait d*azur à trois étoiles d'argent, deux en chef une en pointe, accompagnées d'un bouquet d'amourettes posé en pal. (Pages).
(406) Au mois de juin 1625, quelque temps après le départ des trois reines, Marie de Médicis, Anne d'Autriche et Henriette de France, mariée à Charles P' roi d'Angleterre, l'échevinage saisit l'occasion de leur séjour à Amiens pour solliciter la révocation de l'édit de 1597 et du blâme qu'il déversait sur la conduite des habitants, réclamant le rétablissement du titre de maire « ainsy qu'es autres villes et moindres bourgades du royaume, nomément en la province de Picardie et la concession de certains droits pécuniaires, se basant sur des promesses faites, disait-il, par Henri IV lui-même. » Mais malgré la brillante réception faite aux trois reines, la cour fit la sourde oreille et la requête du 21 juin 1625 demeura sans réponse. (A. Thierry, III, 33).
(407) Antoine Pingre, sieur de Genouville. (La Morlière). Maison seigneuriale dans le Santerre, sur l'Avre, paroisse de Moreuil. Cette année 1627, il fut maître du Puy et donna le tableau: Vierge à plein gré rayonnante de gloire. Il portait d'argent au pin de sinople chargé de plusieurs pommes de gueules et surmonté d'une grue de sable. Il avait épousé Marie Correur.
(408) David Quignon, bourgeois, marchand, maître du Puy en 1616. Tableau : Gloire à celui qui nom sur tou^ noms porte,
y (409) François Hannique, déjà premier échevin en 1625 où il fit recouvrir le puits du marché au blé d'un dôme ou couronnement de fer soutenu par six colonnes, le tout d'ouvrage si exquis et
élabouré, dit La Morlière, en 1626, fut de nouveau appelé à cette fonction en 1631 et 1632. Il avait épousé Barbe Dugard.
(410) Vincent Castelet, époux de Marie Vaquette, décédé le 28 février 1652.
(411) Nous avons donné ci-dessus, note 405, ses armoiries. Jacques Mouret, décédé le 6 décembre 1641, fut inhumé dans le cimetière Saint-Denis. (Epitaphier de Picardie).
(412) Claude de Mons, époux de Marie de Villers. (G. N.).
(413) Les élections de 1636 donnèrent lieu à des débats orageux. Louis XIII, par lettres de Senlis du 18 septembre, demandait la nomination de Mareuil, Lestocq, Sachy et d'Halloy. De son côté le duc de Chaulnes, gouverneur de Picardie et de la ville d'Amiens, exigeait le maintien d'Antoine Cornet. Les chefs de portes protestèrent en vain aux termes de l'édit de 1597. Le roi répondit qu'il voulait que ses lettres fussent exécutées et qu'il fallait obéir. Mareuil, Lestocq, Desachy et d'Halloy furent donc élus par les lettres de cachet du roi sans préjudice pour l'avenir, ainsi que Cornet retenu par le duc de Chaulnes, et Correur et Barré seuls par les suffrages des électeurs. (A. Thierry, III, 58 et suiv.). Le choix du roi paraît avoir été dicté par la conduite qu'avaient tenue, durant la dernière épidémie de peste qui avait ravagé la ville, les quatre personnes par lui désignées. (Ibid.).
En 1636 (Reg. aux délib., T. LXIII) l'échevinage sollicita encore en vain l'abrogation d'une partie de l'édit de 1597 et l'extension du nombre des échevins à douze. A. Thierry (III, 63) donne, d'après un manuscrit de la Bibliothèque nationale (fonds St-Germain français), une pièce sans date et sans signature (en date de novembre 1636, d'après Daire). Il ne parait pas, dit A. Thierry, que ce règlement ait été exécuté d'une manière complète et suivie. Nous ne croyons pas qu'il ait jamais reçu la sanction de l'autorité, du reste le nombre des échevins ne fut jamais augmenté.
(414) Jean de Sachy portait échiqueté d'argent et de sable de vingt-cinq pièces à la bordure d'azur. Les anciennes armes de la
famille étaient, suivant Goze, d'azur à trois sachys (miroirs) d'oi*, le troisième dans un croissant d'argent surmonté d'un soleil d'or.
Jean de Sachy, sieur d'Haudvillers, marchand, avait épousé M"® Marie Revelois qui portait de gueules, bandé d'argent de trois pièces chargées chacune de trois fleurs de lys renversées. (A. Breuil). Il mourut le 9 février 1644 et sa femme le 25 février 1662. Maître du Puy en 1601, il avait donné le tableau: Terre d'où part la vérité naissante, très curieux par les portraits de Henri IV, de Marie de Médicis, de Louis XIII enfant couché dans son berceau, de Mgr de la Marthonie, évêque d'Amiens, du duc de Caumont-Laforce, etc.
De tous les maîtres du Puy, de Sachy est le seul qui soit pour ainsi dire parvenu tout entier jusqu'à nous. Son tableau est au Musée de Picardie. Son chant royal, dont Breuil a fait ressortir l'inintelligibilité, l'emphase, le mauvais goût et l'indécence, nous a été conservé par Pages et par Daire. Enfin son mausolée, œuvre remarquable du sculpteur Blasset, décore le pilier du bascôté gauche de la nef de la cathédrale, entre les chapelles de N.-D. de la Paix et de Saint-Firmin. L'artiste le représente agenouillé en robe d'échevin, la toque à la main. L'auteur de la prétentieuse épitaphe de ce magistrat l'y qualifie de : Civitatis hujus ambianensis, quater quondam primi moderatoris sapientissimi,
(415) Charles Lestocq, époux de Jeanne de Rouvroy. Il portait d'azur semé de billettes d'or à une bande d'argent semée de trois molettes de gueules, supports deux licornes, cimier une licorne naissante dans un vol chargé des armes de l'écu. (G. N.).
(416) François Lebon, sieur de la Chaussée, président au bailliage et siège présidial d'Amiens, conseiller d'état et privé en 1647, époux de Marie Courtois. (Daire, Hist, litt., 552).
(417) Vincent Leroy, époux de Marie Lecouvreur, fille de Jean Lecouvreur, s' de Renancourt, et d'Adrienne Picquet. Il portait d'azur à l'aigle éployée d'or accompagnée de trois roses de même,
une en pointe, deux en chef, support deux lions, cimier un aigle éployé d'or. (G. N.).
(418) Cette année encore, l'échevinage fut maintenu d'autorité royale ; le roi trouva bon seulement que M. de Serisy, mal portant, fût remplacé par Charles Lestocq. (Archives de la Ville, liasse D 12, 77; A. Thierry, III, 76).
(419) François Mouret de la famille ci-dessus citée qui, quelques années après, fournira encore à l'échevinage Antoine et Nicolas Mouret.
(420) François Lebon portait de sinople à trois grues d'argent becquées et membrées (Je gueules tenant leur vigilance d'or, à un écusson échiqueté d'or et d'azur de vingt-cinq pièces, en cœur.
(421) Rogeau était en outre bailli du temporel de l'évêché. Les fonctions d'échevin lui avaient été conférées d'office par le gouverneur bailli d'Amiens au mépris de l'édit de 1597, qui en excluait les personnes gagées ou pensionnaires des princes, seigneurs et communautés. L'élection fut attaquée. Le 14 février 1650, le parlement décida que les élections futures seraient faites conformément aux termes de l'édit et que les pensionnaires sus-visés ne pourraient faire partie de l'échevinage et, en fin de compte, que Rogeau resterait toutefois en charge jusqu'à cette époque, sans tirer à conséquence.
(422) Antoine Gueudon, greffier du bailliage, était par cela même pensionnaire d'une communauté. Cette irrégularité jointe à d'autres amena scission et procès entre les membres de l'échevinage, tranché par les arrêts des 9 janvier, 10 mars et 20 avril 1651, transcrits sur les registres aux chartes de la ville pour y avoir recours si besoin était. (Reg. aux délib. T, 1650, f<»30; A. Thierry, III, 82 et suiv.).
(423) Antoine Lestocq, époux de Marie Parmentier. (Villers de Rousseville). Armoiries, voir note 415.
(424-425) Gabriel de Sachy, seigneur du Couldraye, Abancourt et autres lieux. Il avait épousé Anne de Villers, décédée le 19 mai 1628. (Pages). Armoiries, voir note 414 ci-dessus. — Il fut con-
tinué dans ses fonctions par lettres royales de Compiègne du 10 septembre 1652. (Reg. aux délib. T. 65, f^" 121, 124).
(426) « En Téchevinage tenu à Amiens le 3 juillet 1653, le premier esche vin ayant représenté que le livre manuscrit appelé le Livre noir contenant plusieurs règlements, ordonnances et enseignements politiques utiles à tous les habitants est déchiré en plusieurs endroits et hors d'état de pouvoir servir et qu'il seroit à propos de le rendre commun et pour cet objet le faire imprimer; l'affaire mise en délibération, il a été résolu que ledit livre sera imprimé par Robert Hubault auquel la compagnie en a donné la permission. Cet imprimeur l'édita cette année même sous le titre de Recueil des dernières et principales ordonnances qui concernent principalement l'honneur de Dieu, la garde et seureté de la ville d'Amiens, etc., etc., mises par ordre et par chapitres séparez suivant les matières au long déclarées en la table estant à la fin du présent recueil qui a esté fait en l'année 1586 de l'ordonnance de Messieurs les mayeur , prévost et eschevins d'icelle, juges royaux ordinaires et politiques ayant soubz le roy la garde, force, gouvernement et superintendance de ladite ville. A ce temps sire Philippes du Béguin, sieur des Alleux, mayeur et M. Nicolas Delesseau, greffier d'icelle. » Amiens, 1653, R. Hubault, 1 vol. in-4**.
(427) Il portait d'azur à l'aigle à deux têtes éployé d'or accompagné de trois roses de même, deux et une. Il était fils de Vincent Leroy, lieutenant général au bailliage d'Amiens, échevin et prévôt royal en 1575, petit-fils de Vincent Leroy, aussi lieutenant général au même siège, mort d'apoplexie dans l'exercice de ses fonctions, en prononçant une sentence.
(428) Adrien Picquet portait d'azur à la bande d'or chargée de trois merlettes de sable.
(429) Jean Quignon, marchand, époux de Madeleine Boullet, maître du Puy en 1632, avait donné la vierge de Blasset écrasant le serpent, avec cette devise : Dessus Venfer agréable victoire. Il portait d'argent à la bande de gueules de quatre pièces. (Breuil).
(430) François Decourt portait d'azur à un croissant contourné d'argent accompagné de trois étoiles d'or. — Suivant Villers, d'azur au chevron d'or accompagné de trois croissants contournés d'argent.
(431) Nicolas Pingre avait épousé Marguerite Dufresne.
(432) La famille Delattre portait d'azur à trois aiglons d'or, deux et un.
(433) Jacques De Mons , époux de D"* Catherine Pillon. Armoiries d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux molettes de même, en pointe d'une rose aussi d'or, supports deux lions, cimier une merlette. (G. N.). La famille de Mons porte écartelé au !•' de Clabault, au 2* de Morvillers, au 3* de Lemattre, au 4* de Mons comme dessus.
(434) Adrien Cornet, époux de D"* Anne Artus. (Pages). Voir ses armoiries, note 388.
(435) Antoine Lecaron avait épousé, en 1627, M"* Elisabeth Vacquette. (G. N.). Il portait d'argent au chevron de gueules accompagné en pointe d'un trèfle de sinople.
(436) Louis Roussel portait écartelé aux un et quatre d'argent à la bande fuselée de gueules, aux deux et trois de sinople à la fasce d'hermine sur le tout d'or au cœur de gueules traversé par une épée de sable la garde en bas — une flèche la pointe en bas. (Villers de Rousseville).
(437) Philippe de Flesselle, époux de Marguerite Hémart.
(438) Fils de Pierre de Famechon, maïeur de 1597, époux de Catherine de Vréchot. (G. N.).
(439) Michel Manessier, époux de Jeanne Dehollande. Armoiries d'argent à trois hures de sanglier, supports deux tigres, cimier une hure de sanglier dans un vol banneret chargé des armes de l'écu. (G. N.). Une annotation manuscrite donne sa devise : Aut mors aut vita décora,
(440) Jean Artus portait d'or au cœur de gueules embrasé. (Pages) .
(441) Trudaine portait d'azur à trois daims d'or, deux et un. (Pages). — D'or à trois daims passant de sable. (Villers).
(442) Honoré Quignon, avocat, maître du Puy, époux de Madeleine P'Araynes, donna. les sculptures de marbre blanc qui surmontent les tables de marbre noir portant les noms des maîtres du Puy dans le transept droit de la cathédrale. Sa devise était : Fils de David à bon droit honoré.
(443) Mouret et Quignon avaient été exclus par le lieutenant civil sous prétexte de prétendues brigues faites par ces derniers pour obtenir les fonctions municipales. La cour jugea que cette procédure n'était qu'un moyen détourné des olBciers du bailliage pour se rendre maîtres des élections. François Mouret, décédé le 31 décembre 1674, et sa femme, Honorée de Villers, ont été inhumés au cimetière Saint-Denis. (Epitaphier de Picardie).
(444) Vacquette de Freschencourt nommé par le roi. Il portait partie au premier d'azur à trois fasces d'argent, au second d'or fretté de sable au chef d'argent chargé de trois roses de gueules. — Au chef d'or, dit Villers.
(445) Jean Delattre, bourgeois et marchand, maître du Puy en 1659, époux de Marguerite Ducroquet. Il donna en cette qualité une sculpture représentant la nativité du Christ,
(446) Michel Martin, procureur et notaire en 1671, époux de Marie Bauduin. (Daire, Hist. litt.). Maître du Puy en 1679 avec la devise : Michel Martin accompagne Marie. Il donna la statue en marbre blanc, de grandeur naturelle, de la Vierge attribuée à Blasset, qui se voit dans la chapelle de l'Incarnation du bas-côté droit de la cathédrale.
(447) Maître du Puy en 1671. Sa devise était : Des claires eaux du puits f arrose cette ville. Il avait épousé D'^® Marie Brasseur.
(448) Antoine Dumoulin portait d'azur à un fer de moulin d'argent.
(449) François Devillers, contrôleur des guerres, écuyer, flls de Louis de Villers et de Marie Gonnet, dame de Rousseville. (Daire, I, 83). Mort le 8 juillet 1694. Il avait épousé Françoise lie Lestocq. Armoiries d'argent à la bande de sable, chargée de trois fleurs de lys d'or, supports deux perroquets, cimier une
couronne de roses dans un cercle d'or. (G. N.). Les armes de cette famille étaient, avant, d'or à trois roses de gueules tigèes et feuillées de sinople, comme l'indique Pages iaù sujet de Louis de Villers, son grand père, au cimetière Saint-Denis. De son mariage avec M^^® de Lestocq il laissa un fils, Nicolas Villers de Rousseville, établi en 1696 procureur du roi pour la recherché de là noblesse.
(450) Montmignon portait d'azur au chevron d'or accompagné de trois cœurs de même.
(451) François Cornet, mêmes armoiries qu'Adrien. Il avait épousé Catherine Pièce. (Pages).
(452) Antoine Castelet portait d'argent au castelet de gueules et deux roses d'azur. Décédé le 4 novembre 1692, veuf de D"® Françoise Picquet. Il était fils de Vincent Castelet et de Marie Vacquette. .
(453) Charles de Lestocq avait épousé Marie-Anne de Louvencourt.
(454) Dufresne de Fredeval, époux d'Antoinette Lecaron.(G.N.). Il portait d'or au frêne de sinople.
(455) Armoiries, voir note 415.
(456) De Vitry portait d'or à trois roses de gueules, boutonnées de cinq points de sinople, posées deux et une, supports deux licornes, cimier une licorne naissante.
(457) Fournier portait d'or à trois tourteaux d'azur. Il était seigneur de Lumbre et, suivant Villers, qui donne ses armes d'azur à trois serres d'or, deux et une, époux de Marie Lebon.
(458) Pinguel de Ballingant portait d'azur à l'aigle d'argent.
(459) Pelle est le dernier maître de Notre-Dame du Puy dont les tables de marbre de la cathédrale donnent la devise : AfaWe pleine de grâce fut par Vange appelée.
(460) Un édit royal du mois d'août 1692 créa des offices de maires perpétuels, d'assesseurs et de commissaires aux revenus des hôtels de ville et communautés du royaume, Paris et Lyon
exceptées. Moyennant la somme de 96,800 livres qu'elle oiTrit au roi, la ville d'Amiens obtint un arrêt du conseil du 18 novembre suivant d'après lequel les offices nouvellement créés devaient être incorporés à la communauté de la cité et le corps politique, outre les officiers subalternes, composé d'un maire, de six échevins élus chaque année, comme l'ancien échevinage, que le maire jouirait des mêmes attributions que l'ancien premier échevin, qu'il pourrait convoquer à l'hôtel de ville des assemblées générales et particulières, recevoir le serment du procureur du roi et du greffier de la ville, assister à la reddition des comptes des deniers patrimoniaux, jouir des fonctions et droits semblables à ceux du maire qui eût été nommé par le roi, sans être tenu en entrant en charge de prendre lettres de provision ou de confirmation.
Pour payer cette somme de 96,800 livres, qu'elle acquitta en 1693, la ville fut autorisée à emprunter les deniers nécessaires et à aliéner, pour le remboursement de cet emprunt, la ferme des droits levés sur les vins, eaux-de-vie et tabacs, et de plus à surseoir au paiement des dettes communales, en payant seulement les arrérages courants. (A. Thierry, III, 163 et suiv.).
(461) Damiens portait de gueules au chevron de vair accompagné de trois tètes de léopoard d'or, deux et une.
(462) L^ arrêt du conseil du 18 novembre 1692 devait amener un nouveau conflit. Le 22 septembre 1693, trois jours avant les élections, l'échevinage ayant pris une délibération sur les formes à suivre pour ces élections, qui excluait le lieutenant général de toute participation au renouvellement de la loi, celui-ci, par sentence du 23 septembre, ordonna que conformément à l'édit de 1597 les élections auraient lieu devant lui dans l'auditoire du bailliage et non dans la grande salle de l'hôtel de ville. M. de Chauvelin, intendant de la généralité d'Amiens, fit provisoirement surseoir aux élections et adressa, sur le débat qui venait de s'ouvrir, un rapport au conseil d'État qui, le 22 décembre, rendit un arrêt conforme aux vues de l'échevinage en décidant que les élections auraient lieu dans la maison commune, dans les formes de l'édit
de 1597 sous la présidence de la personne qui aurait rempli, Tannée précédente, les fonctions de maire, et que le serment des nouveaux magistrats serait le lendemain reçu par le bailli ou son lieutenant ou le plus ancien officier du siège.
(463) Jean Vacquette portait d'or fretté de sable à trois roses de gueules sur argent. — D'or à trois roses de gueules au chef d'argent. (Villers de Rousseville).
Né en 1658, marié en 1688 à M"« Marie Cordier, mort en 1739. Il avait cultivé, comme beaucoup de magistrats de son temps, les belles-lettres. En 1709 il conçut la première idée d'une réunion qui, sous le nom de Société de littérature, se réunissait tous les lundis dans son hôtel de la rue des Jacobins. Composée de huit ecclésiastiques et de huit laïques, elle cessa par suite des défenses du roi à ses sujets de se réunir sans lettres patentes et fut plus tard remplacée par une nouvelle société littéraire qui fut le premier noyau de l'Académie d'Amiens. Grand amateur de poésie, de musique, de numismatique, outre YExilé à Versailles, les Religieuses qui voulaient confesser, le Singe libéral et la Précaution inutile, il a donné des observations sur la bibliothèque historique du P. Lelong, insérées dans le supplément de cet auteur; dans le Mercure, des remarques sur une dissertation de l'abbé De Camps sur le sacre des rois; il avait laissé des Mémoires historiques sur la ville d'Amiens demeurés inédits {Daïre, Hist, litt.) et peut-être aujourd'hui perdus.
(464) Fils du maire François de Famechon et époux de Thérèse Dufresne. (G. N.).
(465) Antoine Boitel, époux de Marguerite Delahaye, mort le 15 septembre 1697 et inhumé dans la collégiale de Saint-Firmin le Confesseur. Il portait d'azur à une patte de griffon d'or posée en chef et à une croix recroisetée aussi d'or en pointe, la fasce d'argent chargée de trois merlettes de sable. (Pages). Son monument, œuvre du sculpteur Crescent, fut élevé en 171 1 parles soins de ses fils François et Louis, chanoines de la cathédrale, et Antoine, seigneur d'Welles. (Ibid.).
(466) Ducrocquet portait d'or à la bande de gueules chargée de trois coupes couvertes d'or et semées de trèfles d'argent et accompagnées de deux écureuils (en picard croquets) assis et contournés d'azur.
(467) La durée extraordinaire du sieur Gaillet comme receveur est une preuve des expédients fmanciers auxquels les villes devaient avoir recours pour conserver leurs privilèges. Louis XIV, en juillet 1689, avait créé en titre d'office des receveurs d'octroi dans toutes les villes du royaume. Au mois de décembre suivant les villes d'Amiens, Bordeaux et autres furent autorisées à unir ces charges à leurs corps. L'argent manquait pour cette opération. Par un expédient autorisé par arrêt du conseil du 14 février 1690, cet office et celui de receveur des deniers patrimoniaux, créé également en 1694, fut levé au nom et en partie des deniers dudit sieur Gaillet auquel on en laissa l'exercice jusqu'à ce qu'il fût remboursé de ses avances. (A. Thierry, III, 198 et suiv.).
(468) Cette qualification de lieutenant général de police s'explique par ce fait que cet office et ceux de procureurs du roi, commissaires greffiers et huissiers de poHce avaient été créés dans toutes les villes du royaume par édit des mois d'octobre et novembre 1699. Le gouvernement du grand roi battait monnaie de tout. La ville, que cette invention privait de la juridiction qui lui était restée après l'édit de 1597, fit encore un sacrifice de 20,000 Uvres pour la réunion de ces nouvelles charges. Un arrêt du conseil d'Etat du 1 1 mai 1 700 consacra cette nouvelle extorsion financière et l'impôt sur les vins, eaux-de-vie et tabacs fut encore attribué comme garantie de l'emprunt que la ville dut contracter pour fournir cette somme de 20,000 livres.
(469) Martin Baron portait d'or au lion de gueules, au chef d'azur chargé de trois étoiles d'argent.
(470) Martin De Bonnaire époux de Jeanne Galand. Il portait d'azur au dextrochère au naturel vêtu d'argent tenant une épée de même, à la garde d'or, à deux croissants en chef.
(471) Cette prorogation s'explique par ce îait que, s'appuyant sur un édit de septembre 1714 portant suppression des offices de maires créés par celui de 1692, le bailli avait prétendu faire faire devant lui les élections dans Tauditoire du bailliage. Un arrêt du conseil du 19 novembre le débouta, Tédit de 1714 ne portant suppression que des offices non réunis aux éch^^vinages. (A. Thierry, III, 235).
(472) Cette année l'on supprima encore le titre de maire.
(473) Il manque sur le registre les années 1718 et 1719 où Adrien Creton fut encore premier échevin. Un nouveau conflit s'était élevé entre le bailli et la municipalité au sujet de la mairie dont il prétendait présenter le candidat. Rappelant que déjà, quinze ans avant, elle avait acheté la charge de maire, elle offrit encore au roi 15,000 livres pour continuer à procéder librement aux élections et àétre exceptée de la suppression édictée par l'édit royal de juin 1717 des offices de maire. Un arrêt du conseil d'État du 16 août 1718 accepta l'offre pécuniaire et décida qu'à partir du 1" septembre la mairie rentrerait dans les droits que lui avaient conférés les arrêts de 1692 et 1693.
La famille Creton portait d'azur à la croix engrelée d'argent, supports deux lions, cimier un lion naissant. (Pages).
(474) Louis Pingre était encore seigneur de Guignemicourt et de Saveuse. Il avait épousé M"® Rose Morgan. Armoiries, voir note 407.
(475) Le 7 septembre 1726 une décision du conseil d'Etat à Fontainebleau, le roi y étant, réglementa de nouveau la nomination du maire et des échevins d'Amiens dont elle porta le nombre à neuf, et prescrivit de faire l'inventaire des archives de l'hôtel de ville. C'est cet inventaire qui, interrompu par la mort du greffier Michel Fouanet-Dubourg, fut achevé en 1732 par l'échevin Gresset.
(476) M. Robert de Halloy portait d'azur au lion d'argent.
(477) Picard de Millencourt portait de gueules à trois chaussetrapes d'argent.
(478) Jean<-Baptifite' Gresset, censeilter du roi, commifisaire enquêteur, examinateur au bailliage et aiège préaiâial d'Âmi^s par provision du 17 mars 1708, époux de Gatheridoo RohaMt et père du poète. Suivant ses historiens,, cetle fomiUe serait originaire d'Angleterre. Jean-Baptiste Gresset, qui lul-môme était poète, fut appelé, n<)us Tavons dit note 475, à oonënuer Tinventaire des archives municipales entrepris par le greffier Fouanet- Dubourg; profitant des travaux de ses prédécesseurs, il le rédigea en un gros volume in-f°. (V. sur cet inventaire A. Thierry, I, 830).
(479) Au mois de novembre 1733 le gouvernement de Louis XV rétablit la vénalité des offices abolie en 1724. En 1735 le corps de ville racheta encore au prix de 50,000 écus, payables en huit termes, les offices créés par cet édit. (A. Thierry, III, 274). Ils avaient été taxés en conseil à 207,600 livres. Personne ne s'empressa de les lever et ils restèrent vacants jusqu'en 1747, c'est-àdire durant quatorze ans. Au bout de ce temps intervint un arrêt du 21 novembre par lequel le roi réunit aux villes de la généralité d'Amiens les offices municipaux de la création de 1 733 qui n'avaient pas été levés, et aliéna, à l'efTet de cette réunion, les droits réservés aux hôpitaux et qui se percevaient en vertu d'un arrêt du conseil de novembre 1731. Ils furent même augmentés suivant le tarif convenu dans l'arrêt de 1747 et furent connus sous le nom d'octrois municipaux. Ils ne devaient être perçus que pendant le temps nécessaire pour fournir les sommes auxquelles la viHe étaft taxée pour le rachat de ces offices. (A. Thierry, III, 274 et suiv.).
(480) Jacques Bernard Ghauvelin de Beauséjour, maître des requêtes, intendant de la généralité d'Amiens en 1731.
(481) François Galand portait d'azur au chevron alaise d'or accompagné de deux roses d'argent en chef, d'un cœur d'or enflammé de gueules en pointe, soutenu d'un croissant d'argent.
(482) M. Gilbert Morel de Bécordel portait d'azur à trois glands mal ordonnés d'or à une fleur de lys de même en cœur»
(483) M. D'Incourt portait de gueules au daim passaat d'argent. — D'or, suivant Villers.
(484) De Saeby de Caffougefi portait échiqueté de vingt-cinq pièces, argent et sable, à la bordure de gueules.
(485) Vmr, A. Thierry, III, 284 et suiv., lettres du Boi du 24 août 1761 relatives aux fonctions confécées à M. de GariMiges par ropdonnance du 15 mai 1760.
(486) Par ordonnance du mois d'août 1764, Louis XV, suppri^ mant les ofllces municipaux créés par Tédit de 1733, rétablit la liberté des élections. Dans toutes les villes les officiers municipaux furent tenus, sous le délai d'un mois, de remettre un mémoire sur la forme des assemblées municipales afin d'approprierles nouvelles dispositions aux besoins des citoyens. Les archives de la Somme, C, liasse 558, renferment celW présenté par l'hôtel de ville d'Amiens. Sa longueur, malheureusement, ne nous permet pas d'en donner le texte complet et nous ne pouvons que renvoyer le lecteur à Fanalyse que lui a consacrée A. Thierry (III, 27).
(487) M. Boistel de Belloy, membre, dès la fondation, de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts d'Amiens, créée par lettres patentes de Compiègne, de juin 1750.
(488) M. Petyst, membre de l'Académie, dès sa fondation.
(489) M. Poiyol avait épousé M"® Marie-Anne Cornet.
(490) M. de Bécoudel étant décédé le 31 octobre 1766, il fut, le 24 novembre, fait un« réunion des notables pour présider au choix des candidats appelés à lui succéder et, le 16 jaavlâr .1767, mi brevet du doI fit choix de M. Jourdain de ThieuUoye pour achever les trois années de la mairie du défunt. Cette désignation amena daas le corps municipal les modifications indiquées par laliete'de 1766-67.
L'écheviaage n'assista pafi en corps aux funérailles de M. de Bécordel, le deuil devant être conduit par Tua des chefs du bailliage.
(484) M. de ThieuQoye portait d'or au daim naturel passant sur uae terrasse de sinople sur laquelle pousse à dextre un arbre a^u Ba(uvel,.à.Pang}e.senestre en chef de l'écusson un nuage d'aaur chargé d'une étoile d'argent.
(492) M. Desmery, époux de Marie-Madeleine Jérosme.
(493) M. Petyst portait d'azur au pélican dans son aire d'argent ensanglantée de gueules accompagné de deux étoiles d'or et d'un croissant de même en chef.
(494) M. Fleur, par sentence du bailliage du .26 octobre 1768, au lieu du sieur Turbert, notaire.
(495) M. Langevin, par la même sentence, au lieu du sieur Aubert Vast, brasseur.
(496) Unanimement nommé par l'assemblée des notables du 24 septembre 1768, Louis François Janvier, né à Bray-sur-Somme le 15 septembre 1735, mort le 25 février 1807, secrétaire en chef de la mairie d'Amiens, après quarante-deux années d'exercice et doyen des notaires dans la compagnie desquels il était entré le 15 avril 1771. La ville a donné son nom à l'une des rues nouvellement ouvertes dans le quartier d'Henriville.
Citons à son occasion ceux de ses prédécesseurs dont nous avons pu retrouver les noms : Jehan Bargoul, clerc de la ville, 1318, qui, cette année, sous la mairie de Pierre Lemonnier, transcrivit les chartes, privilèges et lettres de la commune dans le cartulaire E, orné de lettres ornées d'or sur fonds d'azur. Le premier feuillet de la table des matières est décoré d'enluminures. Dans le corps de la première lettré figure, debout, un clerc vêtu d'une robe verte, coiffé d'un chaperon, qui présente, à deux personnages près de hii, une bande de parchemin sur laquelle se lit le mot Chirographe» C'est évidemment Jean Bargoul qui s'est représenté venant de passer un acte. Jean Estocart; Mahieu Leclercq, 1425-1426; Enguerran de Noyelles, 1434; Pierre de Machy, 1462; Jacques Lenglès le jeune, 1484; Nicolas de Saisseval, 1512; Pierre Delesseau. 1551; Nicolas Delesseau, 1586; Charles Delesseau, 1596; Nicolas Delesseau, 1620, par démission de son père, Charles; Robert de Bailly, 1636, après la mort de Nicolas Delesseau. Le roi avait créé cette charge en titre d'office par édit du mois de juin 1635 ; de Bailly en eut la provision par lettres du mois de décembre 1636; Nicolas Delesseau, 26 avril
1651, par résignation de de Bailly; un nouvel édit de décembre 1665 ayant prononcé la suppression de Thérédité de Tofflce de greffier, Delesseau qui, déjà en 1659, avait transigé avec la ville sur le montant des droits qu'il pouvait prélever, ayant offert de ne pas prendre le remboursement de sa cbarge, par dérogation à cet édit, un autre du 3 mars 1667, de Saint-Germain-en-Laye, décida que lui, ses successeurs et ayants cause, jouiraient héréditairement de cet office en payant les droits seigneuriaux à chaque mutation de titulaire; Nicolas Picard, sieur de Boucacourt, provisions du 11 juin 1691 ; Antoine Baul, 1719; André Picard, sieur de Boucacourt; un édit du mois d'août 1722 ayant créé des charges de greffiers anciens et mi-triennal des hôtels de ville et communautés, Nicolas Godefroy, conseiller du roi, receveur général des finances de Bourges, qui s'en était rendu acquéreur moyennant 36, 9001ivre8, présenta, pour remplir cette fonction, André Picard, notaire en 1709, demeurant à Amiens, fils de noble homme Nicolas Picard, conseiller du roi, receveur des épices du bureau des finances de Picardie et greffier en chef de Thotel de ville ; Michel Fouanet- Dubourg, 1727; Antoine Picard de Boucacourt, notaire en 1736 par le décès de son père, exerça en titre jusqu'en 1768. Ce fonctionnaire qui, en raison de ses infirmités, avait été conservé dans cette place en 1765, entama contre la ville un procès en raison de ses droits qu'il trouvait lésés par la décision qui attribuait au secrétaire adjoint le partage des émoluments. (Reg. aux délib. 1765-72). Il avait été reçu en 1732, mais n'ayant pas encore atteint l'âge de vingt-cinq ans, sa mère fut tenue de choisir pour exercer ses fonctions jusqu'à cet âge, M. François Hénin, notaire royal et procureur au bailliage et siège présidial d'Amiens, qui les remplit jusqu'au 28 août 1737, date de la réception d'Antoine Picard.
. (497) M. Isidore Desmery, né à Amiens le 29 avril 1732, mort le 7 décembre 1811, a publié un choix de lectures intéressantes ou recueil de notices et anecdotes, 1 vol. in-8* s. 1. n. d. 1769.
(498) Doderel, membre de l'Académie dès sa fondation, époux de Marie-Anne Dizengremel.
(499) Debacq, membre de TÂcadémie éès sa fmtdatien.
(500) Le docteur d'Esmery, mort en 1783, membre de T Académie en 1750, auteur de quarante-deux mémoires et discours sur la botanique, Thistoire naturelle, Tart de guérir, et des recherches historiques sur Pernel, médecin d'Henri II, et le physicien Rohault.
(501) Membre de l'Académie en 1763.
(502) M. Jourdain de Thieulloye nommé par brevet du roi du 29 octobre 1771.
(5§3) La ville d'Amiens venait encore de foire le sacrifice ée 74), 000 livres pour le rachat éiè ses otHces moniicîpaux. Maki die ne déboursa pas cette somme très onéreuse pour ses finofices par suite de Tincendie de la haUe.
La halle d'Âmîens, con8ftruit« dans ks premières années du xiv*^ siècle contre la MalemaiBOB, détruite en partie en 15&0«eit reconsiruite en 1554 sur les dessins de Zacharie de Gèlera, pemlve, était un grand b&tirment de pierre et de charpente soutenu par quaramie colonnes carrées de bois portant une grande safle hante dont une partie était occupée par la balle aux draps. Daae te Ims étaient les balances et les poids de la ville. C'était là que se tenaient les deux foires ft'aacfaes de la Saint-Nicolas d'été et de lai ShuA" Martifi d'hiver, concédées par Henri IV par Tédit de lâ97. L'in* cendlede 1772 éclata dans la nuit du 5 au 6 décemère, sur les neuf heures du soir, sans qu'on pût en préciser la cause, et «a rapidité fut telle qa'on craignit pour Th^lel de ville et les maiBoos derrière la saUe de spectacle de la rue des Verts-AvlBoisu Sahiev se voyait à dix lieues à la ronde. Vers deux heures du oiatitt la dhorpente entière s'abîma dans les fiammes avec «n horrible fracas; le danger était passé, mais il fallut un travail incessant, le surplus de la nuit et les jours suivants, pour achever d'éteindre les débris fumants. Les pertes et les dégâts occasionnés par ce sinistre furent évalués à plus d'un million. Par un hasard miraculeux, les cloches de Saint-Oermain qui avaient été apperfeées à la halle pour y être pesées, sortirent seules saines et sauves de •oeteffirâigraiBt
inceiidie. (VoirMist d'Amiens, année 1772; Af&ches de Picardie, décembre 1772 ; N>otice mr les halles d'Amienâ par deux membres de la lâociété des Antiquaires de Picardie, 1856).
La oécessUé dje reconstruire sans délai cet édifice indispensable, amena la ville à solliciter la remise des 70,000 livres pour les appliquer à ces travaux urgents. Sa demande ayant été favorablement accueillie par le contrôleur général des finances, Tabbé Terray, elle obtint, le 22 décembre 1773, quitus de cette somme, et le 26 janvier 1774 il lui fut expédié des lettres patentes, en forme, de provisions de ses offices municipaux. (A. Thierry, III, 318 et suiv.).
(504) Article 27 du règlement du 13 octobre 1772. « Le procureur du roy, le secrétaire greffier et le trésorier receveur exerceront leurs fonctions pendant six années, à l'expiration desquelles ils pourront être continués, et cependant le sieur Boistel continuera d'ejtercer pendant sa vie les fonctions de procureur du roy et le sieur Janvier continuera aussy d'exercer pendant sa vie celles de secrétaire greffier, et, ce, pour récompenser lesdits sieurs Boistel et Janvier des services par eux rendus à la commune, et le sieur Bernard de Cléry, trésorier receveur actuel, continuera d'en exercer aussy les fonctions pendant sa vie, pour, par eux tous en jouir aux honneurs, gages et attributions qui y sont attachés. » Ces services auxquels il est fait allusion étaient les nombreux mémoires rédigés et les fréquents voyages faits par eux pour soutenir les droits litigieux de la commune. Ces trois fonctionnaires nommés à vie, ayant exercé jusqu'à la Révolution, nous ne reproduirons plus leurs noms chaque année.
(505) Par arrêt du conseil du 22 janvier 1774, sur la demande au conseitl de ville, la dat^ des élections fut fixée dorénavant au 23 jtiiiL de chaque année. Lalettre de cachet portant continuation de M. le Maire et du lieutenant de maire n'étant pas censée avoir été levée, ils sont restés en place.
(506) Gtresset de Bussy, fils de Jean-Baptiste Gresset et de Çatherise Rohatat, frère du poète, directeur des postes à Amiens,
avait épousé en 1776 M"' de Nampty, dont il eut cinq enfants. Deux d'entre eux, Jean Charles Alexandre et Louis Joseph Alexandre, en qui s'est éteint le nom de Gresset, vivaient encore en 1844.
(507) M. Morgan portait d'or à trois rencontres de bucranes de sable lampassés de gueules.
(508) Le registre d'ordre de l'intendance C^ contient une lettre de M. Tabbé de Narbonne à l'intendant d'Agay, réclamant ses bontés pour M. Leroux qui désirait ne pas être choisi pour maire d'Amiens. Répondu que cela n'est pas possible parce que le roi l'a nommé.
(509) a De par le roy,
» Sa Majesté a interdit et interdit le sieur Florimond Leroux, maire de la ville d'Amiens, des fonctions de laditte place de maire, lui faisant défense de s'immiscer directement ou indirectement dans lesdittes fonctions jusqu'à nouvel ordre de sa Majesté et, ce, sous peine de désobéissance. Fait à Versailles, le 12 août 1780. Signé : Louis. Plus bas : Amelot. »
La cause de cette suspension était due à la conduite digne qu'avait tenue ce magistrat dans l'incident arrivé au théâtre le 23 juillet précédent entre des spectateurs et les gardes du corps de la compagnie de Luxembourg en garnison à Amiens. Ayant pris parti pour ses administrés, Florimond Leroux devait nécessairement encourir le blâme du ministre du roi, toujours prêt à tolérer les écarts de MM. les gardes. (Voir sur cet incident : MM. les Gardes du corps de la compagnie de Luxembourg, Amiens, Douillet et C'% 1887, 1 vol. in-8«).
Une lettre de l'intendant dAgay, du 7 octobre, annonça à l'échevinage que l'interdiction de Florimond Leroux durerait, suivaut la volonté royale, jusqu'à l'époque fixée par les règlements pour l'élection de son successeur et que M. Delahaie le remplacerait jusqu'à ce moment dans toutes ses fonctions.
y< (510) M. Duval, né à Oisemont le 26 septembre 1770, mort à Amiens le 30 août 1811, conseiller à la cour, proposa le premier d'utiUser l'emplacement de l'ancien hôpital de St-Ladre pour y
créer un cimetière général, en suppression du cimetière Saint- Denis et des onze cimetières des paroisses qui étaient autant de foyers d'infection au milieu de la ville. Il fallut de longues années pour que cet utile projet pût réussir, et ce ne fut que le 1" septembre 1811 que le cimetière de la Madeleine vit la première inhumation qui eut lieu dans son enclos. Ce fut celle de M. Duval, qui avait voulu y être enseveli pour faire tomber les répugnances que la population manifestait encore pour le nouveau cimetière.
(511) Membre de l'Académie en 1787. (Daire, Hist litt.),
X (512) Saladin, avocat à Amiens, puis juge au tribunal, député de la Somme à la Législative, réélu à la Convention, partagea la captivité des soixante-treize députés exclus. Rentré dans cette assemblée à la suite du 9 thermidor, membre du conseil des Cinq- Cents, condamné à la déportation après le coup d'Etat du 18 fructidor, rappelé par arrêté des consuls en 1799, interné à Amiens, puis à Paris où il acheta, sous l'empire, une charge d'avocat à la cour de cassation et mourut dans cette ville vers la fin de 1813.
(513) M. Galand de Longuerue fut le dernier maire de la monarchie. A ce titre il nous. paraît curieux de reproduire le procès-verbal de son mstallation.
« Cejourd'hui jeudi trente un juillet 1788, sur le midi, M. François Galand de Longuerue, écuier, ancien capitaine de cavalerie, chevalier de l'ordre roial et militaire de Saint-Louis, l'un des trois nommés pour la charge de maire en l'assemblée générale de la commune du vingt-trois juin dernier, ayant été choisi par sa Majesté suivant le brevet du 20 de ce mois, a preste le serment (prescrit) par l'édit de novembre 1597, par devant M. Pierre François Dufresne, chevalier, seigneur de Marcelcave, conseiller d'Etat, lieutenant général au grand bailliage, pour l'absence de M. le gouverneur de la ville et la vacance de la charge de bailli d'Amiens.
» Il a été observé les cérémonies accoutumées dont a été dressé la relation qui suit. M. le marquis de Laferrîère, gouverneur de la ville, auquel le brevet de sa Majesté avait été remis par M. le
barm de Breteoil, ministre et secrétaire d'Etat au département de k ppovmce, a envoie ce brevet à M. le lieutenant général par le ^ Brian, socn secrétaire, qui est venu exprès à Amiens.
» M. le baron de Breteuil avait prévenu M. Tintendant de cette réttoiofi et M. l'intendant en avait fait part aux officiers municipaux.
» MM. les officiers municipaux ayant désiré que la prestation de serment de M. le Maire eût lieu aujourd'hui, firent prier M. le lieutenant général de vouloir bien y consentir, ce qu'il agréa.
» Le hoissier de la ville fut chargé d'avertir le corps de viUe et tous les officiers du cortège, ce qu'il fit par billets portés hier.
» Le corps de ville s'étant assemblé aujourd'hui à l'hôtel de ville sur les unze heures du matin, le secrétaire grefler et le trésorier receveur furent députés pour aller chercher M. de Loaguerue en son hôtel rue des Fossés-Saint-Méri, ils y allèrent précédés et suivis du cortège et revinrent à l'hôtel de ville.
» M. le Maire était entre le secrétaire grefier et le trésorier receveur.
» Ils entrèrent par la grande porte, traversèrent la cour et montèrent par le grand escalier.
» MM. les officiers municipaux, ayant M. Poujol lieutenant de maire à leur tête, reçurent M. le Maire à là porte de la grande salle du conseil, M. Poujol complimenta M. le Maire qiii lui répondit.
» Messieurs se mirent en marche pour se rendre au bailliage.
» M. le Maire était à la tète du corps de ville, ayant M. Poujol le lieutenant de maire à sa gauche ; le cortège accompagnait.
» Ils entrèrent dans la chambre du conseil par la galerie.
» M. le lieutenant général avec MM. les conseillers, ravocatdu pflî elM. le procureur du roi y étaient. Les deux corps se saluèrent.
» Aussitôt M. le lieutenant général et MM. du baiUiage sortirent par la salle d'audience, le corps de ville suivit.
» Ils allèrent se placer sw le théâtre élevé à cet effet dans la salte de la Msdleniaison, le bailliage à la droite de M. le lieuteoaat général et Le corps de ville à la gauche.
)> Aw bas 'dioj IMâttue étoît M. J««i-@apt»te R^ger, fffefller wM du bailliage.
» M. Brunel tvecat du roi s'étant levé a fait on diacoors r^tif àlacérémoBie, danstequel il aexpesé rûnportaace des feoctioiM de la charge de jnaâre et liiit Téloge de M. de LoagueFoe,. de ses prédécesfteuvs et da corps HHiDicipsd, et a? requis iectune du lutevet du roi, son enregistrement et la prestation de serment de M. de Longuerue.
» M. le lieutenant général ayant prononcé, conformément au réquisitoire, le greffier du bailliage fit lecture du brevet du roi.
» Après quoy M. de Longuerue se leva seul et levant la main presta le serment accoutumé.
» Le peuple cria aussitôt : Vive le Roi, et la trompette de la ville sonna.
» M. le lieutenant général et MM. du bailliage se levèrent et se retirèrent.
» Le corps de ville descendit ensuite et retourna directement à rhôtel de ville au son de la trompette, de la musique des compagnies priviligiées et d'autres instruments.
» De là M. le Maire fut reconduit à son hôtel par le secrétaire, par le trésorier et par tout le cortège au son des instruments.
» Dès le matin, la grosse cloche du befroi avait annoncé la cérémonie du jour, elle fut sonnée pendant la prestation de serment.
» Le grefler du bailliage ayant registre le brevet du roi, le remit au secrétaire grefler qui le registra sur le présent registre et le rendit au grefler du bailliage. »
(514) Décret du 19 octobre 1792, Article I": Il sera, dans la forme et dans les délais ci-après fixés, procédé au renouvellement de tous les corps administratifs et municipaux, ainsi que de leurs secrétaires et greffiers
(516) La loi du 28 pluviôse an VIII, § IV, décide que le premier consul nomme les maires et adjoints des villes de plus de 5,000 habitants. Les préfets nommeront et pourront suspendre de leurs fonctions les membres des conseils municipaux. Ces
membres seront nommés pour trois ans et pouf rûnt être contiûués.
(Art. 18 et 20).
(517) Né à Amiens le II juin 1779, a publié à Paris, de 1814 à 1832, divers ouvrages de politique. A partir de 1816, il signe le chevalier Eugène de Bray, et en 1832, le baron Eugène de Bray. (Voir Catalogues de la Bibl. communale, sciences et arts).
(518) M. Dargent mourut en fonctions le 21 mai 1823. Le compte rendu de ses funérailles peut se lire dans le numéro du 24 mai du Journal de la Somme de cette année.
TABLE CHRONOLOGIQUE des Maires «t premiers Échevins d'Amiens (1).
1140 Bernard.
1152 Bernard.
1153 Rainier.
? Milon.
1159 Arnoul.
1166 Firmin-
1170 Bernard de la Croix.
1177 Roger.
1186 Bernard de la Croix.
1191 Bernard de la Croix.
1195 Bernard de la Croix.
1209 Gérold,
1228 Fismin le Mongnier.
1229 FirHain le Roïix-
1230 Firmin le Mongnier.
1231 Firmin de Sorchy.
1232 Firmin le Roux.
1233 Mathieu de Croy.
1234 Firmin le Roux.
1235 Firmin de Sovchy.
1236 Firmin le Raiïx.
1237 Mathieu de Croy.
1238 Firmin le Reux.
1239 Mathieu de Croy.
1240 Firmin le Roux.
1241 Jean de CocquereL
(1) Dans son Histoire liUéraire^ p. 437, le P. Daire a écrit ces lignas : « Charles est renseigné l'an 1124 eu qualité de consul ou maire, dans le Cartulaire dû prieuré de Lihons. » On y trouve en effet, à cette date, urne charte se terminant ainsi : Aclum est hoc anno ah inoarnatione Domim dt C" XXJVjindictione II calendas novembriy in ecclesia majore ambianensiy episcopatus Ingelranni VIII^ Ludovico Philippo in Gallia régnante ydmoh Ambianensi consule, féliciter. Amen. Daire traduit librement consul par maire. Ducange qui , dans son Histoire des Comtes d'Amiens^ cite une charte, antérieure de trois ans, du doyen et du chapitre d'Amiens, où se trouve la même mention: Garolo consuls^ la traduit: Charles étant comte. Duoange a raison, car en 1124 Charles de Banemarck, aliàs Charles le Bon, comte de Flandre, possédait le comté d'Amiens comme gendre de Renaud at d'Adèle de Vermandois, héritière légitime de ce comté. 11 ne s'agit donc pafi d'un maire s'appelant Charles qui n'a existé que dans l'imagination du P. Daire. C'est pourquoi, pas plus dans cette liste que dans ma première partie, je ne fais figurer ce nom*
Jean Prieux le Roux.
Jean de Saint Fuscien.
Nicholon du Caurel.
Jean Godris.
Nicholon du Caurel.
Jean Godris.
Jean de Saint Fuscien.
Jean le Normant.
Jean Godris.
Nicolas du Caurel, décédé
en fonctions.
Simon du Gard (1).
Jean le Normant.
Andrieu le Mongnier.
Jean de Saint Fuscien.
Jean Godris.
Andrieu Lemongnier.
Robert du Caurel.
Jean Godris.
Andrieu Malherbe.
Jacques de Saint Fuscien.
Jean Godris.
Jacques le Mongnier.
Liénard Lesecq.
Jean Godris.
Jacques de Saint Fuscien.
Liénard le Secq.
Jean Godris.
Jacques de Saint Fuscien.
Firmin de Cocquerel.
Liénard le Secq.
Jean le Borgne.
Jean le Fruictier.
(1) Les noms en italique indiquent ceux des personnes appelées à remplir par intérim les fonctions de maire pour \e reste de Tannée.
1242 Firmin de Sorchy.
1243 Firmin le Roux.
1244 Mathieu Lemongnier.
1245 Mathieu de Croy.
1246 Jean de Cocquerel.
1247 Firmin le Roux.
1248 Mathieu de Croy.
1249 Firmin le Roux.
1250 Jean de Cocquerel.
1251 Mathieu le Mongnier.
1252 Jean de Croy.
1253 Firmin le Roux.
1254 Mathieu le Mongnier.
1255 Bertremieu Ducaurel.
1256 Continua.
1257 Jean de Croy.
1258 Mathieu le Mongnier.
1259 Jean de Croy.
1260 Firmin le Roux.
1261 Jean Prieux le Roux.
1262 Nicole le Bergnier.
1263 Continué.
1264 Jean Prieux le Roux
1265 Jean de Croy.
1266 Pierron d'Arras.
1267 Prieux le Roux.
1268 Firmin le Roux.
1269 Jean Prieux le Roux.
1270 Jean de Saint Fuscien.
1271 Jean Godris.
1272 Jean de Cocquerel.
1273 Jean Prieux le Roux.
1274 Nicholon du Caurel.
1306 Pierre d'Arras. 1339
1307 Jean le Borgne. 1340
1308 Liénard le Secq. 1341
1309 Continué, 1342
1310 Jean le Fruictier. 1343
1311 Liénard le Secq. 1344
1312 Jean des Rabuissons. 1345
1313 Jean le Fruitier. 1346
1314 Milon de Bonneville. 1347
1315 Jean de Faukenbergue.
1316 Jacques de Saint Fuscien,
décédé en fonctions. 1348 Jean le Borgne.
1317 Jean des Rabuissons.
1318 Pierre le Mongnier . 1 349
1319 Jean de Cocquerel. 1350
1320 Jean des. Rabuissons. 1351
1321 Pierre le Mongnier. 1352
1322 Mathieu Boivin. 1353
1323 Jean de Sorchy. 1354
1324 Jean des Rabuissons. 1355
1325 Pierre le Mongnier. 1356
1326 Mathieu Boivin. 1357
1327 Jean des Rabuissons.
1 328 Pierre le Mongnier. 1 358
1329 Mathieu Boivin.
1330 Jean de Sorchy. 1359
1331 Jean Ducange. 1360
1332 Vincent Boinnavel. 1361
1333 Jean de Sorchy. 1362
1334 Jean Ducange. 1363
1335 Mathieu Boivin. 1364
1336 Jean de Sorchy. 1365
1337 Jean Ducange. 1366
1338 Jean de Croy. 1367
Jean de Saint Quentin.
Jean de Sorchy.
Pierre de Saint Fuscien.
Jean de Saint Quentin.
Jean de Sorchy.
Jean Ducange.
Pierre de Saint Fuscien.
Grille Ravin.
Jean Du cange, décédé en
fonctions.
Jacques Picquet.
Jacques Picquet, décédé
en fonctions.
Simon de Mes.
Simon de Mes.
Gille Ravin.
Firmin de Coquerel.
Firmin Grimant.
Simon de Mes.
Firmin de Coquerel.
Gille Ravin.
Simon de Mes.
Firmin de Coquerel.
Jean du Gard.
Firmin de Coquerel fils de
Jacques de Coquerel.
Jean Dippre.
Clément Grimant.
Firmin de Coquerel.
Jean de Saint Fuscien.
Jean Dippre.
Jean des Rabuissons.
Jean de Saint Fuscien.
Guillaume de Conty.
Jean des Rabuissons.
1368 Jean de Saint Fuscien.
1369 Jacques de Hangart.
1370 Jean des Rabuissons.
1371 Wille de Conty.
1372 Jean Dugard.
1373 Jean des Rabuissons.
1374 Jean de Saint Fuscien.
1375 Jean Dugard.
1376 Jean des Rabuissons.
1377 Wille de Conty.
1378 Honoré Dippre.
1379 Jacques de Hangart,
1380 Wille de Conty.
1381 Jean Lorfevre.
1382 Honoré Dippre.
1383 Wille de Conti.
1384 Jean Picquet.
1385 Jacques de Hangart.
1386 Wille de Conty.
1387 Jean Lorfevre.
1388 Pierre Darras.
1389 Wille de Conty.
1390 Jean Lorfevre.
1391 Pierre Darras.
1392 Wille de Conty.
1393 Jean Picquet.
1394 Pierre Darras.
1395 Wille de Conty.
1396 Jean Dippre.
1397 Jean Picquet.
1398 Wille de Conty.
1399 Jean Dippre.
1400 FirminPié de Leu.
1401 Jean Picquet.
1402 Jacques Dembremeu.
1403 Firmin Piédeleu.
1404 Jean Dippre.
1405 Jean de Hangart.
1406 Firmin Piédeleu.
1407 Clément Lenonnant.
1408 Jean de Hangart.
1409 Firmin Piédeleu.
1410 Clément Lenormant, dé-
cédé en exercice.
Jacques Clabault,
1411 Jacques Clabault,
1412 Firmin Piédeleu.
1413 Jean de Hangart.
1414 Jacques Clabault.
1415 Firmin Piédeleu.
1416 Jacques Ducaurel.
1417 Mile de Béry.
1418 Jean de Beauval.
1419 Jacques Ducaurel.
1420 Mile de Béry.
1421 Jean de Morviller.
1422 Pierre Clabault.
1423 Mile de Béry.
1424 Jean Lorfevre.
1425 Pierre Clabault.
1426 Mile de Béry.
1427 Jean Lorfevre.
1428 Pierre Clabault.
1429 Mile de Béry.
1430 Id.
1431 Id.
1432 Id.
1433 Pierre Clabault.
1434 Jean de Conti.
1435 Jean Delabie.
1436 JeaQ Lorfevre.
1469 Firmin Lenormant.
1437 Pierre Clabaiilt.
1470 Guillaume de Béry, décé-
1438 Guillaume de Conty.
dé en exercice.
1439 Jean Lorfevre.
Jean Ducaurel,
1440 Guillaume de Béry.
1471 Antoine Clabault.
1441 Pierre Glabault.
1472 Antoine Caignet.
1442 Jean Lorfevre.
1473 Firmin Lenormant.
1443 Guillaume de Béry.
1474 Antoine Clabault.
1444 Pierre De May.
1475 Id.
1445 Jean de Conty.
1476 Antoine Caignet.
1446 Jean Lorfevre.
1477 Jean de May.
1447 Pierre De May.
1478 Antoine Clabault.
1448 Guillaume de Conty.
1479 Id.
1449 Jean Lorfevre.
1480 Id.
1450 Pierre de May.
1481 Id.
1451 Jean de Saint Fuscien.
1482 Id.
1452 Guillaume de Conty.
1483 Jean Lenormant.
1453 Pierre de May.
1484 Antoine Clabault.
1454 Philippe de Morviller.
1485 Nicolas Lerendu.
1455 Guillaume de Béry.
1486 Id.
1456 Pierre de May, décédé en 1487 Antoine Clabault.
exercice.
1488 Nicolas Fauvel.
Guillaume de Bery.
1489 Jean Peredieu.
1457 Philippe de Morviller.
1490 Nicolas Lerendu.
1458 Guillaume de Béry.
1491 Antoine Clabault.
1459 Philippe de Morviller.
1492 Id.
1460 Philippe de Morviller.
1493 Id.
1461 Hue de Courchelles.
1494 Id.
1462 Jean de Saint Fuscien.
1463 Jean de May.
1496 Pierre de May.
1464 Philippe de Morviller.
1497 Jean Berlin.
1465 Jacques Clabault.
1498 Pierre de May.
1466 Jean de Saint Fuscien.
1499 Id.
1467 Jean Lenormant.
1500 Id.
1468 Philippe de Morviller.
1501 Richer de Saint Fuscien.
502 Nicolas Fauvel.
503 Antoine Clabault.
Nicolas Fauvel,
504 Pierre de May.
505 Antoine Lorfevre.
506 Nicolas Fauvel.
507 Pierre de May.
508 Id.
509 Id.
510 Jean de Saisseval.
511 Pierre de May.
512 Antoine Lorfevre.
513 Philippe Clabault.
514 Nicolas Caignet.
515 Robert Dugard.
516 Jean le Prévost.
517 Philippe Clabault.
518 Jean de Saint Fuscien.
519 Id.
520 Pierre Dugard.
521 Jacques Demay.
522 Philippe de Conty.
523 Pierre Dugard.
524 Antoine de Saint Delys.
526 Pierre Vilain.
527 Simon Clabault.
528 Jean le Prévost.
529 Pierre Louvel.
530 Aubert Fauvel.
531 Bernard Daut.
532 Jean de Saint Fuscien.
533 Simon Clabault.
534 Bernard Daut.
535 Pierre Sacquespée.
1536 Jean de Soissons.
1537 Simon Clabault.
1538 Aubert Fauvel.
1539 Pierre Louvel.
1540 Bernard Daut.
1541 Adrien Vilain.
1542 Jean de Rely.
1543 Jean Dugard.
1544 François Louvel.
1545 Jean Forestier.
1546 Jean Dugard.
1547 Claude Dainval.
1548 Antoine Louvel.
1549 Claude de Fontaines.
1550 Firmin Lecat.
1551 François de Canteleu.
1552 Id.
1553 Adrien Vilain.
1554 Firmin Lecat.
1555 Raoul Forestier.
1556 Hierosme Dainval.
1557 Antoine Louvel.
1558 François de Biencourt.
1559 Jean Dippre.
1560 Pierre Du Gard.
1561 Firmin Lecat.
1562 Antoine Dardre.
1563 Id.
1564 Etienne Cardon.
1565 Jean Dippre.
1566 Charles Gorain, décédé en
exercice.
Charles de Louvencourt.
1567 Charles de Louvencourt.
1568 Nicolas Croquoison de la
Cour de Fieffés.
1569 Nicolas Auxcousteaux.
1570 François Bigant.
1571 Jean de Collemont.
1572 Nicolas Croquoison.
1573 François Gauguier.
1574 Gaspard Fouache.
1575 François Gauguier.
1576 Nicolas de Nibat,
1577 Jean Dippre.
1578 Jean de Collemont.
1579 François Bigant.
1580 Jean de Collemont.
1581 Philippe du Béguin.
1582 Jean Dubois.
1583 François Bigant.
1584 Jean Dippre.
1585 Philippe du Béguin.
1586 François Bigant.
1587 Jean de Collemont.
1588 Id.
1589 Antoine Gougier.
1590 Adrien de Mareuil.
1591 François Castelet.
1592 Antoine Gougier.
1593 Antoine de Berny.
1594 Pierre de Famechon.
1595 Augustin de Louvencourt.
1596 Pierre de Famechon.
1597 Claude Pécoul.
1597 Robert Coureux.
1598 Augustin de Louvencourt.
1599 Adrien de Mareuil.
1600 Antoine Pingre.
1601 Antoine Dippre.
1602 Augustin de Louvencourt.
603 Adrien de Mareuil.
604 Jean Thierry.
605 Id.
606 Jacques Cornet.
607 Flourent de Louvencourt.
608 Jean Thierry.
608 Jehan de Mons.
609 François le Séneschal.
610 Id.
611 Baptiste Roche.
612 Augustin de Louvencourt.
613 Antoine de Berny.
614 Antoine Pingre.
615 Antoine Lequieu.
616 Jean Lecouvreur.
617 François Hannique.
618 Id.
619 Antoine de Berny.
620 Guy de Mareuil.
621 Augustin de Louvencourt.
622 Jacques Cornet.
623 François de Louvencourt.
624 Id.
625 François Hannique.
626 Id.
627 Antoine Pingre.
629 Guy de Mareuil.
630 Id.
631 François Hannique.
632 Id.
633 Jean Lecouvreur.
634 Id.
635 Jacques Mouret.
636 Guy de Mareuil.
1637 Jean de Sachy.
1638 Id.
1639 Charles Lestocq.
1640 Id.
1641 Jean Lecouvreur.
1642 Jean de Sachy.
1643 Id.
1644 Vincent Leroy.
1645 Charles Lestocq.
1646 Id.
1649 François Lebon.
1650 Antoine Lestocq.
1651 Gabriel de Sachy.
1652 Id.
1653 Nicolas Leroy, sieur de
Jumelles.
1654 Id.
1655 Adrien Picquet, sieur de
Dourier.
1656 François Decourt.
1657 Jacques Démons s' d'Hé-
dicourt.
1658 Id.
1659 Antoine Lecaron, s' de La
Motte.
1660 Claude Lebon, sieur de
Thionville.
1661 Id.
1662 Louis Roussel, s' d'Ar-
gœuvres.
1664 François de Famechon, s'
de Canteleu.
1665 Michel Manessier, s' de
Maison Rolland.
1666 François Trudaine, sieur
d'Oissy.
1667 Id.
1668 Jean Vacquette, sieur de
Freschencourt.
1669 Jacques de Mons, s' d'Hé-
dicourt.
1670 Id.
1671 Antoine Dumoulin.
1672 Id.
1673 François Devillers, s' de
Rousseville.
1674 Jean de Montmignon.
1675 Id.
1676 Antoine Castelet.
1677 Id.
1678 Louis Dufresne, sieur de
Fredeval.
1680 Charles Delestocq, s'' des
Alleux.
1681 Id.
1682 François de Vitry, s' des
Aulteux.
1683 Id.
1684 Louis Dufresne, sieur de
Fredeval.
1685 Id.
1686 Claude Fournier.
1687 Id.
1688 François Pinguet, s' de
Bellingant.
1689 Id.
1690 J. B. Lecaron, s' de Choc-
queuse.
1691 J. B. Lecaron,s'de Choc- 1717
queuse.
1692 François Damiens, s' de 1718
Longueval. 1719
1693 Id. 1720
1694 Jean Vacquette, sieur dix
Cardonnoy. 1721
1695 Id. 1722
1 696 Pierre de Famechon , s' de 1 723
Canteleu.
1697 Id. 1724
1698 Firmin Ducrocquet. 1725
1699 Id. 1726
1700 Louis Dufresne, sieur de
Fredeval. 1727
1701 Id. 1728
1702 Adrien Vacquette, s' de
Freschencourt . 1 729
1703 Id. 1730
1704 Id.
1705 Martin Baron, sieur de 1731
Noircin. 1732
1706 Id. 1733
1707 Id. 1734
1708 Adrien Dufresne, s' de 1735
Fredeval. 1736
1710 Id. 1738
1711 Adrien Vacquette, s' de 1739
Freschencourt. 1 740
1712 Martin Débonnaire. 1741
1713 Id. 1742
1714 Adrien Dufresne. 1743
1715 Id. 1744
1716 Id. 1745
Adrien Creton, s' de Villaraeville.
Id.
Id.
Jean Vacquette, sieur du Cardonnoy.
Id.
Pierre Débonnaire.
Louis Pingre, s' de Bourdon.
Id.
Id.
François Dufresne, s' de Fontaine.
Id.
Robert de Halloy, s' de Gorges.
Charles Picard de Milieucourt.
Id.
Pierre Augustin Damiens.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
François Galand.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
1746 François Galand.
1747 Id.
1748 Id.
1749 Alexandre Dufresne, s' de
la Motte.
1751 Gilbert Morel, s' de Bé-
cordel.
1752 Id.
1753 Id.
1754 Id.
1 755 Antoine Ducrocquet, s' de
Guyencourt.
1756 Id.
1757 Pierre François d'Incourt,
s' d'Hangest.
1758 Id.
1759 Id.
1760 Id., décédé en exercice, le 9 mai 1760.
M. Gabriel Florent de Sachy de Carouges.
1761 Id.
1762 Gilbert Morel, s' de Bé-
cordel.
1763 Id.
1764 Id.
1765 Id.
1766 Id., décédé en exercice.
M. J. B. Jourdain, s' de Thieulloye.
M. J. B. Jourdain, s' de
Thieulloye.
Louis Antoine Petyst.
Id.
Id.
J. B. Jourdain de Thieulloye.
Id.
Id.
Id.
Id.
Marie Jean Bap'° Morgan.
Id.
Id.
Ch. Florimond Leroux.
Id.
Id.
Ch. Nicolas Delahaie.
Id.
Id.
Antoine François Lecaron de Ghocqueuse.
Id.
Id.
François Galand de Longuerue.
Id. (1).
Jacques Antoine Degand.
Ant. Florimond Leroux.
Lescouvé. Devismes.
(1) M. de Guyencourt a relevé que les maires d'Amiens depuis 1228 jusqu'à 1789, sans compter MM. Leroux et Delahaie qui n'avaient pas d'armoiries, appartiennent à 122 familles ayant 122 écussons, plus 8 écussons avec brisures des mêmes familles.
1795 Antoine Denis François Ghamont.
1796, 1797, 1798, 1799 Sous la constitution de Tan III, il n'existe plus de maires. L'administration est aux mains de sept officiers municipaux, dans les villes de 10 à 50,000
âmes, Tun deux fait les fonctions de président.
1800 Augustin Debray, maire.
1808 Morgan, Adrien J.-B.
1816 Blin de Bourdon.
1817 Dargent, mort en exercice.
1823 Daveluy-Bellencourt.
1830TliiérondeChipilly (1).
(1) Les Maires d'Amiens depuis 1830 ont été : 1833 MM. Boistel-Duroyer, 1835 Leraerchier, 1839 Boistel-Duroyer, 1848 Porion, 1851 Allard, 1860 comte Léon de Chassepot, 1861 AUou, 1865 Dhavernas, 1868 Albert Dauphin, 1874 Tiouis Dewailly, 1875 Charles Dubois, décédé en exercice, 1876 René Goblet (du 29 juin au 25 décembre 1877 la Ville fut administrée par une commission municipale ayant pour président M. Ch. Dufour), 25 décembre 1877 René Goblet, 1879 Alphonse Delpech, 1881 Alphonse Fiquet, 1884 Frédéric Petit.
TABLE ALPHABÉTIQUE des Maires et premiers Échevins d'Amiens.
Arnoul.
Arnoul, 1159.
AUXCOUSTEAUX.
Nicolas Auxcousteaux, 1569.
Baron.
Martin Baron, sieur de Noircîn, 1705, 1706, 1707.
Beau VAL.
Jean de Beauval, 1418.
Béguin.
Philippe du Béguin, 1581 , 1585.
Bernard.
Bernard, 1140, 1152.
Bernard Delacroix.
Bernard Delacroix, 1170, 1186, 1191, 1195.
Bertin.
Jean Bertin, 1497.
Bery.
MiledeBery,1417, 1420, 1423, 1426,1429,1430,1431,1432.
Guillaume de Bery, 1440, 1443, 1455,1456iQtérim, 1458,1470.
Biencourt.
François de Biencourt, 1558.
Bigant.
François Bigant, 1570, 1579, 1583, 1586.
Blin de Bourdon.
Blin de Bourdon, 1816.
BOINNAVEL.
Vincent Boinnavel, 1332.