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— 12C — mil huit cent neuf nommé notre cher ri amé le sieur De la Ville dr Villa Stellone, Baron de notre Empire.
« lui conséquence et en vertu de ce Décret, ledit sieur Dr la Ville de Villa Stellone s'étant retiré par-devant notre Cousin le Prince Archichancelier de l'Empire, à l'effet d'obtenir de notre Grâce les Lettres patentes qui lui sont nécessaires pour jouir de son Titre, Nous avons, par ces présentes signées de notre main, conféré et conférons à notre cher et amé le sieur César De la Ville de Villa Stellone, Colonel, Ecuyer de Sa Majesté la Heine de Hollande, aide de Camp de Notre Cousin le Maréchal d'Empire, Duc d'Istrie, membre de la Légion d'honneur, Chevalier de l'ordre Royal de Hollande, né à Turin le douze septembre mil sept cent soixante quinze, le Titre de Baron de notre Empire.
« Ledit Titre sera transmissible à sa descendance directe, légitime, naturelle ou adoptive, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture, après qu'il se sera conformé aux dispositions contenues en l'article six de notre premier Statut du premier mars mil huit cent huit.
« Permettons audit Sieur De la Ville de Villa Stellone de se dire et qualifier Baron de notre Empire dans tous actes et contrats, tant en jugement que dehors; Voulons qu'il soit reconnu par-tout en ladite qualité; qu'il jouisse des honneurs attachés à ce titre, après qu'il aura prêté le serment prescrit en l'article trente-sept de notre second Statut, devant celui ou ceux par Nous délégués à cet effet; qu il puisse porter en tous lieux les armoiries telles qu'elles sont figurées aux présentes : Ecartelé, au premier de Gueules à trois barres d'or, au chef d'azur, chargé de trois étoiles d'argent; au deuxième des Barons tirés de l'armée; au troisième d'argent à la Croix de Sable cantonnée de quatre losanges du même; au quatrième d'azur au Cigne Nageant d'argent; Pour livrées les couleurs de l'Ecu.
« Chargeons notre Cousin le Prince Archichancelier de l'Empire, de donner communication des présentes au Sénat, et de les faire transcrire sur ses Registres; Enjoignons à notre Grand-Juge Ministre de la Justice, d'en surveiller l'insertion au Bulletin des Lois; Mandons à nos Procureurs généraux près nos Cours d'appel, à nos Procureurs impériaux sur les lieux, de faire publier et enregistrer les présentes à la Cour d'appel et au domicile du Sieur De la Ville de Villa Stellone et par-tout où besoin sera. Car tel est notre bon plaisir :
Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, notre Cousin le Prince Archichancelier de l'Empire y a fait apposer, par nos ordres, notre grand sceau, en présence du Conseil du sceau des Titres.
« Donné à Paris le neuf du mois de Mars l'an de grâce mil huit cent dix.
« Signé Napoléon « Scellé le seize Mars mil huit cent dix
« Le Prince Archichancelier de l'Empire, « Signé Cambacérès. »
Napoléon et Cambacérès sont des noms gravés sur cuivre, comme le reste, et pas des signatures, véritables ou reproduites.
On a remarqué, sans doute, dans la description des armes : « au deuxième des Barons tirés de l'armée ». J'ai constaté, aux Archives nationales, que les armes de beaucoup de nobles créés par Napoléon Ier contiennent de même un caractère qui fait ressortir le motif de l'anoblissement. Ainsi, j'ai relevé : franc quartier de baron ministres employés à l'extérieur; — franc quartier de Baron Premier président de cour d'appel; — ■ franc quartier des Barons pris dans notre Conseil d'Élat; — au deuxième des Barons pris dans Notre Conseil d'Elat; — franc quartier des Barons Préfets; — au deuxième des Barons Préfets; — franc quartier des Barons Ofliciers des maisons des Princes de Notre famille; — au deuxième des barons membres des collèges électoraux; — franc quartier de baron pris parmi les Propriétaires; — au deuxième des barons pris parmi les propriétaires; — au signe des Barons tirés de l'armée; — quartier de Baron Évoque; — quartier des Comtes sénateurs; — du quartier des Comtes ministres; — etc., etc.
Un appelle « deuxième » ou « franc quartier », le quart supérieur de droite de l'Écu.
Après avoir quitté le service à la Restauration, le Général de la Ville, naturalisé français ('), épousa, le 25 mai 1823, mon arrière-grand'mère, née Auguiê, veuve de M. Gamot. Ils n'ont pas eu d'entant. Lorsqu'elle mourut, en 1833, il se retira chez ma grand'mère, sa belle-fille, mariée à M. Partiot; il accompagna ainsi mes grands parents à Toulouse, en 1839, et mourut dans cette ville en 1848.
Le Général île la Ville avait réellement pris, dans la famille, la place de M. Gamot. Son prénom, Gaétan, a été adopté à l'égal de celui d'un ascendant dans la branche Partiot : GAETAN Partiot, P1EP.P.E Gaétan Partiot, PIERRE Gaétan Harlé, GAÉTAN Gasselin, le perpétuent de génération en génération.
Par testament olographe, il a laissé tout ce qu'il possédait aux enfants de sa belle -tille M""' Partiot, c'est-à-dire à ma mère et mes deux oncles. Mais cette disposition n'a pas eu de suite pour les biens restés en Piémont, parce que les tribunaux de ce pays ont admis que le Général de la Ville était sujet piémontais et lui ont appliqué le code piémontais de 1837, d'après lequel les testaments faits sous la forme olographe par des sujets piémontais, n'ont aucun effet (Mémoire imprimé, L P). C'est là une des « injustices » que j'ai souvent entendu (très inexactement) raconter !
Le Général de la Ville a eu trois frères, tous plus âgés que lui :
(') Le 14 mars 1815, ainsi que son frère Alexandre {Bull, des Lois, 2« semestre 1817, n° 183. p. 301).
L'aîné, le comte Charles de la Ville, a été Ministre du Vice-Roi d'Italie, le Prince Eugène, d'après les traditions de ma famille, mais, en réalité, l'un de ses sous-préfets (sous-préfet de Casal-Monferrat), d'après l'Armoriai du premier Empire par le Y10 Révérend. Il n'a eu qu'un fils, Ferdinand, né en 1810, mort en 1841. Celui-ci n'a eu luimême qu'un seul fils, Charles, qui est mort sans entant, en 1860, et a été le dernier représentant mâle de cette famille. Le château de Villastellone est alors devenu la propriété d'une des sœurs de ce Charles, mariée à un comte de Broglie de la branche piémontaise.
Le second frère, Auguste, est mort sans enfant.
Il en est de même du troisième frère, Alexandre, Général de Brigade, né en 1774, mort à Turin en 1853.
Je possède quatre jolies aquarelles du château et du parc « dell ILL"10 Sigr Conte délia Vilia in Villastellone ». Villastellone est à 20 kilomètres de Turin, sur le chemin de fer de Turin à Gènes par Savone.
PARTIOT
(On prononce PARSIO)