CP
Kôle de Capitation des paroisses de Lille, en 1714.
« Paroisse Saint- Etienne : Grande Place, Lazar partiau cabaretier dans une cave sous la rr.altote aux grains. »
« Il existe encore à Lille, m'écrit mon cousin au sujet de cette mention, quelques boutiques (dont un cabaret), dans des caves. Au pied du mur de la maison est un soupirail de un mètre carré environ, prolongé par une entaille dans le trottoir. Cette ouverture est l'origine d'un escalier qui descend dans la cave. Les étrangers le remarquent en manquant d'y choir quand ils ne regardent pas à leurs pieds. Autrefois, il y en avait des quantités. »
Rôle de Capitation des paroisses de Lille. (C P)
Pai'oisse Sainte-Catherine.
« Rue de La Barre. Robert grare, petit graissier. »
Mon cousin Charles Partiot a suivi les répertoires des registres d'insinuations (enregistrements) de Lille, de 1711 (donc antérieurement au mariage de Lazare Partiot) à 1724. Il n'y a trouvé mention que d'un seul acte concernant un Partiot. Voici la copie de cet acte. On y verra que Lazare. Partiot était, en 1720, petit cabaretier dans un faubourg de Lille. On a vu, par le Rôle de Capitation, que Robert Grard, le beau -père de Lazare Partiot, était « Petit graissier », c'est-à-dire petit charcutier, rue de la Barre.
Transport du 4 mai 1720. (C P)
« Comparant personnellement Lazart Partiot fils de feu
Philippe cabaretier demeurant à Esquermes Lequel comparant
recognut que pour faire payement à robert grard fils de feu
Thomas demeurant en la ville de Lille de la somme de Deux
cent trente florins qui luy doit il a a iceluy grard aussy
comparant acceptant cédée et fidellement transportée les
parties de meubles et effets suivans, premièrement un bois de lit. . . . trois gantiers pour mettre de la Bierre estant dans la cave pour quatre florins . ... une demi douzaine d'assiette destain pour la somme de quatre florins, une douzaine de cuillère destain et une douzaine de fourchette d'acier pour
deux florins dix patars cinq tables et cinq bancq de bois
blanc pour douze florins, treize chaise de Dois Blanc couverte
de paille pour huit florins vingt pot et cinq pinte de
pierre servant à tirer à boire pour douze florins. . une cuvette deux seaux et un bacq servant à rincer les verres pour trois florins, .... une potée, demy potée et quart de potée d'estain servant à mesurer l'eau de vie pour trente
patars, revenant toutes les sommes cy dessus a celle de
deux cent trente florins de tous lesquels meubles et effets la
livraison en a este faite au dit Grard par le dit partiot
pour par luy en jouir comme de son propre et vray bien. .... ce fait le dit grard a bien voulu reconfier lesd. meubles et effets audit partiot pour par luy sen servir seullement autant quil plaira audit grard a charge de par ledit partiot demeurer gardien et responsable des dépérissement qui pourraient
arriver à yceux pendant tout le temps qu'il en jouira ainsi
fait et passé audit Esquermes le quatre may mil sept cent vingt pardevant M" felix plojart notaire royal de la résidence de Lille ....
I Signél « Lazare Partiot Robert Grard »
2" JEAN-BAPTISTE FRANÇOIS PARTIOT et MARIE CATHERINE PETIT
Contrat de Mariage de Jean-Baptiste Partiot avec Marie Catherine Petit.
« Du vingt huit décembre mil sept cent quarante sept après midy.
« Par devant les notaires royaux en la ville baillage et siège prcsidial de Beauvais, soussignés, furent présens.
« Jean Baptiste Partiot, garçon majeur, garçon perruquier, demeurant à Beauvais, fils de Lazarre Partiot, emploie dans les domaines du Roy, demeurant à la Basseville de la ville de
Dunkerque et de Marie Pasque Grard, sa femme, ses père et mère ,
« Et Catherine Petit, fille de Georges Petit, Mc barbier perruquier, demeurant à Beau vais, et de darne Françoise Bazin, ses père et mère, ladite Catherine Petit demeurant avec ses père et mère
« Fait et passé on l'étude de Pulleu l'un des notaires les jour et an que dessus et ont les parties signé avec lesd. notaires au présent contrat.
[Signé) « Partiot Cahaterine Petit Petit Françoise Bazin Mareschal Marie Bazin [tante de l'épouse]
Rousseauville [Receveur du chapitre de l'église cathédrale de Beauvais, oncle de l'épouse] Defricourt [marchand
demeurant à Breteuil, son cousin] Le Mareschal sieur Defricourt [lieutenant particulier au baillage et présidial de Beauvais] Pulleu [autre notaire, illisible. I »
Consentement au sus-dit mariage.
a Pardevant les notaires royaux de la résidence de Dunkerque soussignés, furent présens en personne Lazare Partiot, employé dans les domaines, demeurant à la Basseville de cette ville et Marie Pasque Grard, sa femme, de son mary à l'effet de ce qui suit duemcnt authorisée, lesquels comparants ont consenti et consentent par ces présentes au mariage que Jean-Baptiste Partiot, leur fils, perruquier de sa profession, demeurant à Beauvais, natif de Lille, paroisse de St Etienne, âgé d'environ vingt-neuf ans, entend contracter avec Catherine Petit, fille du sieur Georges Petit, inaitre perruquier, demeurant en laditte ville de Beauvais,
donnants en outre tout pouvoir au Sr Charles Goron, Mc perruquier à Beauvais et à tous porteurs des présentes de pour eux et en leurs noms, assister tant au contrat de mariage
de leur fils qu'à la célébration d'iceluy ainsyfait
et passé audit Dunkerque le vingt neufieme jour du mois de novembre mil sept cent quarante sept après midy.
[Signé] « Partiot Marie Grard [Signatures des
notaires, illisibles. ] »
Lazare Partiot vivait donc à Dunkerque en 1747. J'ai pensé qu'on y trouverait peut-être son acte de décès. Mais les recherches faites par le secrétaire de la mairie de Dunkerque et par mon cousin Charles Partiot n'ont rien donné.
« Inl'rascriptus Deqanus Christianitatis et Pastor Dunkercanus testor Joannem Baptistum Patiot juvenem esse vita et morùm integrum et per septennium que sub parochia nostrà habitavit, nullam contraxisse quod sciaru impedimentum canonicum aut . in ordine ad matrimonium in quorum fidem subscribor. « Dunkercq 30 novembris 1747 [ Signé [ « H. Gramon »
1748. (TB) (Beauvais, Paroisse de la Basse -Œuvre.)
Mariage de J. B. Partiot et Catherine Petit.
« Le second jour de janvier mil sept cent quarante huit, a été solemnisé le sacrement de mariage entre Jean Baptiste Partiot, fils majeur de Lazare Partiot, employé dans les domaines du Roy à Dunkerque et de Marie Pacques Guérard, sa femme, originaire de la paroisse de St Etienne de Lille en Flandre et depuis quelques années de fait de celle de
St Sauveur de cette ville d'une part; et Catherine Petit,
fille mineure du Sr Georges Petit, M" perruquier et de Françoise
Bazin, sa femme, de cette paroisse, d'autre part;
ledit mariage célébré en présence, du côté de l'époux,
du Si' Charles Joron, M» perruquier et de François Bernard, garçon perruquier, et du côté de l'épouse, du Sr Georges Petit son père et Louis Nicolas de Fricourt, son cousin et de Guillaume Galmas aussi garçon perruquier tous soussignés
[Signé] « Partiot Caherine Petit Petit Charles
Joron De Fhicourt G. Galmace Le Clerc curé »
(Beauvais, Paroisse Saint-Étienne.)
« Le. vingt-cinquième jour du mois d'octobre de l'année mil sept cent quarante-huit, est venu au monde et le
lendemain a été baptisé Catherine-Julie, fille de Jean-Baptiste Partiot et de Marie Catherine Petit, sa femme, nommé par Monsieur François-Edouard Driot et demoiselle Jeanne Julie de lagrange ses parain et maraine soussignés
[Signé] « Jeanne Julie De La Grange François Eduouard Driot C. A. Portiez »
(Beauvais, Paroisse Saint-Étienne.)
« Le deuxième jour du mois de février de l'année mil sept cent cinquante, est arrivé au monde et a été baptisée Angélique Louise fille de Jean-Baptiste Partiot et de Catherine Petit, sa femme, nomée par François Bernard et Marguentte Angélique Pélagie Fournier ses parain et maraine soussignés
[Signé] « Marguerite Angélique Pélagie Fournier François Bernard J. L. Cocu »
(Beauvais, Paroisse Saint-Étienne.)
« L'an mil sept cent cinquante-deux, le dimanche quatrième jour du mois de juin a été baptisée par moy prêtre habitué de St Estienne soussigné, Suzanne Françoise Clotilde, fille née d'hier troisième jour du mois de juin, du légitime mariage de Jean-Baptiste Partiot, maître perruquier, et de Marie Catherine Petit, sa femme, de cette paroisse, ainsy nommée par Hyppolite Hyacinthe Mesnard, de cette paroisse, son parain, et Suzanne Noël, de la paroisse de St Sauveur, sa maraine, le père présent, qui ont signé avec nous
[Signé] « Susanne Noël Jean Baptiste Partiot Hippolite-Hiacente Mesnard Mennessier Plre hab. de St Estienne ■>
(Beauvais, Paroisse Saint-Étienne.)
« L'an mil sept cent cinquante-quatre, le jeudi dix neuvième jour du mois de septembre a été baptisé par moi curé soussigné, Jean Baptiste, fils né d'aujourd'hui du légitime mariage du sieur Jean-Baptiste Partiot, maitre perruquier, et
de Mademoiselle Catherine Petit, sa femme, de cette paroisse, ainsi nommé par le sieur Gabriel Druthe, praticien, et dc»c Elisabeth Le Marié, les parrain et marraine soussignez, le père présent
[Signé] « Jean Baptiste Partiot Druthe
Elisabet Marié Tai.lon curé de St Etienne »
L'acte de baptême que je viens de donner est celui de mon arrière-grand-père.
(Beauvais, Paroisse Saint-Étienne.)
« L'an mil sept cent cinquante -six, le vendredy vingt troisième jour du mois de juillet, a été baptisé par moi curé soussigné Nicolas, fils, né d'aujourd'huy du légitime mariage du sieur Jean - Baptiste Partiot, maître perruquier et de Mademoiselle Catherine Petit, sa femme, de cette paroisse, ainsi nommé par le Sr Nicolas Aubron, maître perruquier, et Mademoiselle Marie Antoinette Seray [?], épouse du Sr Jean René Comadé [?), les parain et maraine, le père présent, le parain a signé avec le père et nous et la maraine a déclaré ne scavoir écrire
( Signé | « Partiot Aubron Tallon curé de St Etienne »
(Beauvais, Paroisse Saint-Étienne.)
L'an mil sept cent cinquante-neuf, le samedy dixième jour du mois de février, a été batisée par moy, prêtre habitué soussigné, Marie-Madeleine Scolastique, fille née d'aujourd'hui du légitime mariage de Jean-Baptiste Partiot, M*™ perruquier, et de Catherine Petit, sa femme, de cette paroisse, ainsi nommée par Jacques Tanton et Marie Madeleine Barré, ses parain et maraine demeurant au bureau des pauvres, lesquels ont signé avec nous, le père absent
[Signé] « Marie-Magdelaine Bap.é Jacque Tanton Mennessier P. h. de St Estienne »
1780. (T Bj
(Beauvais, Paroisse Saint-Étienne.)
« L'an mil sept cent quatre-vingt, le vingt neuf février, le corps de Catherine Petit, femme de Jean-Baptiste Partiot, décédée la veille âgée de cinquante-trois ans, munie des sacrements, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse en présence de son mari et de Jean-Baptiste Partiot, son fils, témoins soussignés.
[Signé] « Partiot Partiot fils Auger vie. »
Me Gouchet, notaire à Beauvais.
Arrangement de famille du 8 avril 1780.
« Par devant les notaires royaux de Beauvais soussignés furent présens le Sr Jean-Baptiste Partiot, ancien maître perruquier, demeurant à Beauvais, nouvellement veuf de Marie-Catherine Petit, sa femme, — d'une part.
« Le Sr Jean - Baptiste Partiot fils, maître perruquier demeurant and. Beauvais; le Sr Pierre -Robert La Cuisse tapissier en meubles demeurant à Etrépagny, tant en son nom personnel qu'au nom et comme fondé de la procuration générale et spéciale de Suzanne-Françoise Clotilde Partiot, sa femme, de lui autorisée par lad» procuration, passée devant Pinchon notaire royal aud. Etrépagny présence témoins le douze mars dernier dont l'original duernent signé controllé et certifié véritable est demeuré joint et annexé à la niinutte d'un contrat de vente faitte de la charge de Me perruquier dont jouissait le Sr Partiot père au profit d'André Le Cointe passé devant Boullanger notaire en cette ville et son confrère le vingt trois du dit mois de mars dernier, de laquelle procuration le. d' S1' La Cuisse a représenté expédition à lui à l'instant rendue,
« S. Jean Baptiste Clavières Labory, chirurgien-major de la 1 u'« Compagnie des gardes du corps du Roy, demeurant à Beauvais, au nom et comme tuteur nommé ad hoc à l'effet des présentes du Sr Nicolas Partiot, âgé de vingt-quatre ans et de d'île Scolastique Partiot, âgée de vingt-deux ans, tous deux enfans mineurs dudit Jean-Baptiste Partiot l'ai né et de lade défunte Marie-Catherine Petit par sentence homologative de
l'avis des parens et amis desds mineurs expédiée au greffe du comté pairie de cette ville cejourd'huy.
« Le Sr Jean-Baptiste Partiot fils, Suzanne-Françoise-Clotilde Partiot, femme du Sr La Cuisse, et les dits Nicolas et Scolastique Partiot mineurs, héritiers seuls chacun pour un quart de ladc défunte demoiselle Marie-Catherine Petit, leur mère, déceddée femme dud, Sr Jean-Baptiste Partiot l'aiué, — d'autre part.
[Par cet acte :
Tous renoncent à la communauté de biens qui avait existé entre la défunte et son mari, pour s'en tenir à l'exercice de ses reprises.
Reste dû par le père Partiot à ses dits enfants 2 915 Livres.
Maison rue Saint-Jean, paroisse Saint-Estienne, estimée par experts convenus à l'amiable à la somme de 4 600 Livres. J. B. Partiot, le fils susdit, achète cette maison et désintéresse ses trois frère et sœurs.
Il est convenu que Partiot père travaillera chez son fils Jean-Baptiste, qu'il y sera entretenu, logé, chauffé, éclairé, et qu'il recevra 100 Livres par an à payer par quartier (trimestre), tant qu'il pourra travailler, et 75 Livres quand il ne le pourra plus. |
(Beauvais, Paroisse Saint-Etienne.)
« L'an mil sept cent quatre-vingt, le douze mars, le corps de Françoise Bazin, V« de Georges Petit, ancien Mc perruquier de cette ville, décédée la veille, âgée de quatre-vingt-quatre ans, munie des sacrements, a été inhumée dans le cimetière de cette paroisse en présence de Jean-Baptiste Partiot, son gendre, et de Jean-Baptiste Partiot, son petit fils, témoins soussignés.
[Signé] « Partiot Partiot fils Adger vie. »
L'an II. (TB)
« Le vingt-six nivôse de la seconde année républicaine à dix heures et demie du matin, Jean-Baptiste Partiot, Marchand de cidres, âgé de trente-neuf ans, demeurant rue Selette,
section de l'occident, et Charles-Nicolas Oudaille, orfèvre, âgé de quarante ans, demeurant rue de l'Oise, même section de l'occident de cette commune, ont déclaré à moi Michel Ticquet, officier public pour les sections de l'occident et du niidy de la commune de Beauvais,, département de l'Oise, nommé par le conseil général de la commune le deux brumaire, que Jean-Bapliste Partiot, ancien perruquier, âgé de soixante et quinze ans environ, natif de Lille, département du Nord, veuf de Caterinne Petit, est décédé la nuit dernière, à minuit, en la maison du susdit Partiot déclarant; ayant constaté le décès j'ai rédigé le présent acte que les deux déclarans, le premier fils, et le second gendre du deffunt ont ont signé avec moi à Beauvais les jour, mois et an que dessus.
[Signé] «Partiot Oudaille Michel Ticqult »
3» JEAN-BAPTISTE PARTIOT et MARIE CHARLOTTE PAULE LOUËTTE
(Beauvais, Paroisse Saint-Sauveur.)
Mariage de Jean-Baptiste Partiot
et Marie Charlotte Paule Louëtte.
« L'an mil sept cent soixante-dix-huit, le jeudy vingt-sixième jour de novembre, après la publication d'un ban de futur mariage entre Jean- Baptiste Partiot, fils mineur de Jean- Baptiste Partiot, Me perruquier, et de Catherine Petit, ses père et mère, de droit de la paroisse St Etienne de cette ville, de fait de cette paroisse, d'une part; et Marie-Charlotte-Paul Louëtte, fille majeure de défunt Toussaint Louëtte, M<= perruquier et de Charlotte Prunier, ses père et mère, de cette
paroisse, d'autre part;
je soussigné, prêtre chanoine de l'église
collégiale de N. D. du Chàtel après les fiançailles célébrées la veille ay reçu avec l'agrément de Mr le curé de cette paroisse leur mutuel consentement de mariage et leur ay donné la bénédiction nuptiale suivant les cérémonies prescrites par la Slc Eglise; présens de la part de l'époux Jean Baptiste Partiot, son père, et Catherine Petit, sa mère, MIJ Druthe-Dubreuil,
Procureur au lîaillage et siège prosidial de Beauvais, Paroisse St Etienne, ami, et de la part de l'épouse, Charlotte Prunier, sa mère, Jean-Baptiste-Joseph Hus, son beau-père, J. B. T. Louëtte, son frère, Procope Dubois et autres parents ou amis tous témoins, lesquels avertis des peines portées par l'ordonnance de 1691 ont attesté la vérité de domicile et la liberté des parties et ont signé avec l'époux et l'épouse avec nous.
| Signé] «Jean-Baptiste Partiot Marie Charlote Peaule Louëtte Partiot Drothe Dubrêuil J. B. Hus
Procope Dubois Louëtte Catherine Petit Pelleyé Denully fils C. PnuNiEn Louis François Guéiun
Vuatrin, curé de St Sauveur »
Extrait de la Liquidation
de la Communauté d'entre M> et M""* Partiot, devant Joly,
notaire à Beauvais, 8 novembre 1813.
« Les sieur et Dame Partiot se sont unis en dix sept cent soixante dix huit et le contrat, qui a réglé les conditions civiles de leur mariage, a été passé devant M1' Boullanger et et son confrère notaires à Beauvais le vingt quatre novembre de la même année.
« Par ce contrat, il a été stipulé communauté de biens entre ces époux, conformément aux dispositions de la coutume de Senlis sans être tenus des dettes et hypothèques l'un de l'autre antérieures audit mariage.
« La dot de l'époux a consisté en habits et linges à son usage et autres objets mobiliers de valeur de quatre cents livres et dans une charge de maître barbier perruquier à Beauvais par lui acquise du sieur Eustache Parjadis et son épouse, moyennant la somme de huit cents livres de prix principal payé comptant, suivant le contrat passé devant ledit Me Boullanger le vingt deux octobre mil sept cent soixante dix huit, mais il a été déclaré que le prix de cette charge a été acquitté avec des deniers provenant d'un emprunt de dix sept cents livres fait par les époux conjointement et solidairement et qu'ils devaient encore lors de leur mariage et il a été stipulé que ladite charge de maître barbier perruquier serait conquet
de leur communauté et appartiendrait pour moitié à chacun d'eux [oonquet signifie acquêt].
« ha dot <le l'épouse s'est élevée à une somme de deux mille livres provenant partie de ses épargnes et économies et partie de la succession de son père.
« La mise, en communauté a été fixée à quatre cents livres de part et d'autre, les autres biens et droits des époux ont été stipulés devoir tenir nature de propre à chacun d'eux, de même que tout ce qui pendant le mariage leur viendrait et échoirait tant en meubles qu'immeubles à quelque titre que ce fut.
« Le sieur Jean Baptiste Partiot a constitué à son épouse un douaire prëfix de cinquante livres de rente annuelle et viagère avec stipulation qu'il demeurerait réduit à quarante livres en cas d'enfants.
« Les époux se sont fait donation mutuelle de l'usufruit de la charge de maître barbier perruquier, qu'il y ait ou non enfant dudit mariage, mais par la suppression de ladite charge, cette donation devient sans effet. »
(Beauvais. Paroisse Saint-Etienne.)
« L'an mil sept cent quatre-vingt, le vingt-deux septembre, a été baptisé par moi prêtre habitué soussigné, Jean- Baptiste Joseph, fils né d'aujourd'hui du légitime mariage de Jean- Baptiste Partiot, et de Marie Charlotte Paullouette, ainsi nommé par Jean-Baptiste Joseph Hus et Seholastique ses parein et mareine soussignés avec nous ainsi que le père présent
[Signé] « Jean Baptiste Partiot Scolastique Partiot J. B. Hus Oudaille, habitué »
L'acte de baptême que je viens de donner est celui de mon grand-père.
(Beauvais, Paroisse Saint-Étienne.)
« L'an mil sept cent quatre-vingt-deux, le treize octobre a été baptisée par moi, habitué soussigné, Eulalie-Marie-Suzannë;
fille née d'hier du légitime mariage de Jean-Baptiste Partiot, maître perruquier, et de Marie Charlotte Paule Louette, ainsi nommée par Toussaint-.lean-Baptiste Louette et Suzanne Noël ses parrein et marreine soussignés avec nous.
[ Signé | « T. J. B. Louette S. Noël
Cavrel hab. »
«Beauvais, Paroisse Saint-Etienne.)
« L'an mil sept cent quatre-vingt-cinq, le dix mars, a été baptisé par moi prêtre habitué soussigné, Marie Claris, fille née d'aujourd'hui du légitime mariage de Jean-Baptiste Partiot, M« perruquier, et de Marie Charlote Louette, ainsi nommée par Charte Nicolas Uudaille et Marie Anne Darmenson, ses parein et mareine soussignés avec nous.
(Signé] a Charles Nicolas Oudaille
Marianne Darmansons femme Louette Lebesgue hab. de St Est. a
1792. Archives départementales de l'Oise. (TB)
Société des amis de la Constitution. Séance du 2 septembre 1792.
« M. Partiot le fils a présenté au nom de M11" llorat assez de toiles pour faire 6 chemises, six paires de poignets et six cravattes aux volontaires qui en auront le plus besoin. »
1793. Archives départementales de l'Oise. Série Q. Aliénation des Domaines Nationaux. District de Beauvais. l^e origine. N» 1672.
« L'an mil sept cent quatre-vingt-treize 2e de la République le mardy huitième jour de Janvier trois heures de rellevée en la salle d'adjudication du District de Beauvais
« Pardevant les Administrateurs composant le Directoire du District, présidés par le Citoyen Blanchard Changy, président du Directoire du District.
« En exécution de la délibération dudit Directoire, du vingt
neuf décembre dernier qui arrête la mise en vente des biens
ci-après désignés.
« Il a été .... procédé à la première réception des
enchères . . . pour parvenir à la vente et adjudication
définitive de ceux des Domaines nationaux, dont la désignation
suit :
« La maison cidevant conventuelle des Minimes de Beauvais, Eglise, cour et jardin en dépendant, dont le terrcin général contient environ 2004 toises superficielles.
« L'Eglise contient 10 toises de long sur 7 toises 3 pieds de large, compris 10 pieds de collateralle sur la rue Selette le tout construit en pierres, couvert en thuilles et ardoises. Au dessus de la charpente est un petit clocher construit en bois couvert en ardoises avec terrasses de plomb et le collatéral est couvert en tuilles avec goutières de plomb.
« A di'oite de l'église y joignant est un petit bâtiment de
22 pieds sur 20 servant cidevant de chapelle et Bibliothèque audessus.
« En retour de la ditte Eglise et faisant face au midi, est un bâtiment do 12 toises de long sur 36 pieds 9 pouces de large, composé d'un rez de Chaussée divisé en deux parties, non compris le cloître, un étage audessus, divisé en cellules et corridor et grenier ensuite, en retour et faisant face au jardin est un autre bâtiment de 18 toises de long sur quatre toises deux pieds et demi de large, servant ci-devant au rez de chaussée de réfectoire, cuisine et salie, cellules et corridor audessus et grenier ensuite.
« Sur la même ligne, est un bâtiment de Cinq toises trois pieds de long servant au rez de chaussée de passage et écurie à coté et cabinet d'aisance au premier.
« En retour est un autre bâtiment de 27 pieds de long sur
23 de large, servant de bûcher, remise et cloître.
« Un autre bâtiment de 15 pieds sur 13 servant cidevant de parloir.
« Un appentis de 4 toises de longueur servant de cloître avec arcade en pierre. Le surplus du terrein est en cour, basse cour et jardin
« Sur la soumission de la somme de vingt mille huit cens six livres d'après le rapport de l'expert du District, dont l'original
en datte du 19 décembre 1792 est demeuré joint à la
minute
« Et personne ne s'étant présenté pour enchérir après avoir attendu pendant une heure nous avons indiqué le jour de l'adjudication définitive, à la chaleur des enchères et à l'extinction des feux au mardy vingt deux Janvier présent mois
trois heures de rellevée
[Signé] « N. Frain Michel Patin
« Et le mardy vingt deuxième jour de Janvier mil sept cent quatre vingt treize quatre heures après midy, l'an 2° de la . République en la salle d'adjudication du District de Beauvais, pardevant les membres composant le Directoire, présidés par le Citoyen Blanchard Changy l'un d'eux
« Il a été procédé .... à la vente et adjudication définitive, d'abord à la chaleur des enchères, puis à l'extinction des feux ou bougies, au plus offrant et dernier enchérisseur de la maison ci dessus désignée
« En conséquence lesdits biens criés sur la soumission, ont été à la chaleur des enchères portés à quarante mille livres par Jean Baptiste Sommereux, demeurant à Beauvais et personne n'ayant voulu surenchérir, les feux ont été allumés. Dix neuf se sont successivement éteints sur des enchères portées pendant leur durée, et au vingtième feu la dernière enchère a été mise à quarante quatre mille cinq cens livres par le Citoyen Pierre Michel Chevalier, ancien marchand, demeurant à Paris Rue Monmarthe paroisse Saint Eustache, pour lui ou son Command.
« Et le vingtième feu s'étant éteint, sans que pendant sa durée ordinaire il ait été porté aucune autre et nouvelle enchère,
K Nous, Membres du Directoire du District de Beauvais, avons .... adjugé et adjugeons définitivement lesdits biens audit Pierre Michel Chevalier, à ce présent et acceptant, moyennant la somme de quarante quatre mille cinq cens livres
payables par lui dans les termes ci-dessus,
[Signé) « Chevalier N. Frain Patin Michel
i Et le Vendredy vingt six Janvier présent mois audit an mil sept cent quatre-vingt treize après midy, pardevant les citoyens composant le Directoire du District de Beauvais, est comparu Pierre Michel chevalier, adjudicataire, pour lui ou ses commands de la maison énoncée au procès verbal des autres parts, Lequel a déclaré, en présence du procureur sindic, qu'il nomme pour command et adjudicataire de laditte maison les citoyens Jean Baptiste Partiot fils, perruquier
demeurant à Beauvais, François Nicolas Laurent, peintre, demeurant à Paris, faubourg Saint Denis...... qui .... ont
déclarés accepter ladite nomination de Command et ont promis et se sont obligés conjointement ensemble de payer la somme de quarante quatre mille cinq cens livres, prix principal de lad. adjudication .... et ils ont signés avec nous, le procureur sindic et le secrétaire.
[Signé] « Chevalier Laurent Pabtiot N. Frain Patin Michel »
Je crois intéressant d'ajouter que, à cette époque, 100 Livres en assignats valaient 50 à 55 Livres en numéraire, de sorte que, en supposant l'évaluation de 20 806 L faite, comme il est probable, en numéraire, le prix d'adjudication de 44 500 L, que les adjudicataires avaient évidemment l'intention de payer en assignats, en diffère peu.
Jean-Baptiste Partiot a donc pris part à l'acbat d'un couvent confisqué, mais il convient de remarquer que la prise de possession, par l'État, et la vente clés biens d'Eglise, n'ont pas eu le caractère qu'on est porté à leur attribuer par comparaison avec des faits récents.
Déjà, Louis XIV, dans ses Mémoires pour l'instruction du Dauphin, posait en principe que « les rois sont seigneurs absolus et ont naturellement la disposition
pleine et libre de tous les biens ecclésiastiques. »
Louis XV avait décidé et poursuivi la suppression des abbayes n'ayant plus que quelques religieux. Les biens d'Église étaient mal répartis et leur emploi souvent tout autre que les buts pieux ou de bienfaisance auxquels les donateurs les avaient destinés. François Ier ayant obtenu du Pape, en 1516, la nomination à tous les bénéfices, la propriété ecclésiastique fut ainsi, de fait, sécularisée. Depuis celte époque, en effet, si le nom était demeuré
religieux, les titulaires de nombreux biens d'Église ne l'étaient nullement, au moins de fait, et l'on en vit même de protestants, tel Sully dont les grands services furent ainsi récompensés. Il paraissait admis d'ailleurs, depuis longtemps, que les biens d'Eglise devaient être comme une sorte de réserve suprême pour le cas de péril de l'État : oi-, au début de la Révolution, l'État était acculé à la banqueroute et ces biens permettaient de l'en sauver.
Aussi, la vente, par l'État, des biens d'Église, fut-elle admise, au début de la Révolution, par tout le monde, ou peu s'en faut. Des prêtres, des nobles, de futurs vendéens furent parmi les acquéreurs; on y trouve Roncbamp, d'Elbée et peut-être même la reine Marie-Antoinette. Il est remarquable que le Clergé, assuré de recevoir, en échange, des émoluments, ne protesta pour ainsi dire pas.
Ainsi que l'a écrit un savant connu pour sa compétence et son impartialité à l'égard de la Révolution (M :
« La Constituante .... décréta, le 2 nov. [1789], que les biens du clergé étaient à la disposition de la Nation, à charge pour celle-ci de supporter les frais du culte, l'entretien de ses ministres et le soulagement des pauvres. Si jamais il y a eu spoliation de l'Église par l'Etat, ce n'est pas, tout au moins, ce jour-là : l'Église fut largement dotée, dans le budget que la Constituante allait bientôt établir, et les engagements pris relativement au budget des cultes furent si précis, si formels, si réitérés, qu'aucun esprit raisonnable, à moins de le supposer doué du don de prophétie, ne pouvait alors concevoir de doutes sérieux sur leur observation, ni prévoir qu'un jour viendrait où l'État répudierait le passif sans restituer l'actif. »
La brouille de l'Église avec l'État n'a été provoquée que par une mesure postérieure : La Constitution civile du Clergé. Quant aux biens confisqués sur des particuliers (émigrés, condamnés), c'était tout autre chose.
(') Marcel aIaiuon (actuellement Professeur au Collège de Francel. La vente des Biens tiationaux pendant la Révolution. Paris 1908, p. 3.
L'an VI. Archives de la Seine.
« extrait des Registres des Actes de Décès du neuf ventôse L'an six de la République.
« Acte de Décès de Jean Baptiste Partiot M'1 de vin âgé de quarante trois ans natif de Beauvais depi de Loise, arrivant marié à Marie Charlotte I.ouette décédé le huit dud. au grand hospice d'humanité
« Sur la déclaration faite par les Témoins dénommés au Registre, qui ont signé avec L'officier public.
« Collationné par moi soussigné officier de l'Etat civil pour le Neuv. Arrondissement de la commune de Paris. . . .
« Délivré par moi.
« Certifié et paraphé au d. de l'acte de mariage de ce joui' 19 nivôse an douze par moi soussigné.
« Signé E. M. S. Partiot. »
L'an VI. (T B)
Me Gouchet, Notaire à Beauvais.
« Inventaire commencé le 22 floréal an VI et fini le 11 prairial suivant.
« L'an six de la République française une et indivisible, le le vingt-deux floréal trois heures de relevée.
« A la requête de la citoyenne Marie Charlotte Paule Louette, veuve de Jean - Baptiste Partiot, propriétaire, demeurant ordinairement à Beauvais et décédé à Paris le vingt-sept ventôse dernier [erreur : ce n'est pas le 27 mais le 8j. Elle demeurant audit Beauvais tant en son nom à cause de la communauté de biens d'entre elle et son dit mari, laquelle communauté elle se réserve d'accepter ou de répudier, qu'au nom et comme tutrice de Jean Baptiste Partiot, né le vingt deux septembre mil sept cent quatre-vingt, Eulalie-Marie- Suzanne Partiot, née le treize octobre mil sept cent quatre-vingt deux et Marie Clarice Partiot née le dix mars mil sept cent quatre-vingt cinq, ses trois enfants mineurs et dudit défunt Partiot. . .
«En la présence du citoyen Charles - Nicolas Oudaille marchand mercier demeurant à Beauvais, au nom et comme curateur ou subrogé tuteur desdits mineurs ses neveu et nièces à cause de Scolastique Partiot, sa femme
a Les dits Jean - Baptiste - Joseph Partiot, Eulalie - Marie-
Suzanne et Marie Clarice Partiot, habiles à se dirfl et porter seuls et uniques héritiers chacun pour un tiers dudit Jean Baptiste Partiot, leur père
« ..... la maison qu'occupait ledit Partiot et où demeure sa veuve, sise en cette commune île Beauvais, rue Sellette . .
« . . . charge de inaitre barbier perruquier saigneur à Beauvais par lui acquise du sieur Etienne Parjadis
« Du 8 novembre 1813.
« Liquidation de la communauté d'entre M1' et Mad« Partiot.
Devant Joly notaire à Beauvais. »
Je me bornerai à quelques extraits et résumés :
« Furent présents. Dame Marie Charlotte Paul Lotiette, veuve du sieur Jean Baptiste Partiot, demeurante à Beauvais, rue St Jean, agissant en son nom personnel à cause de la communauté de biens qui a existé entr'elle et son dit mari — D'une paît. »
Et d'autre part, par représentants:
« M. Jean Baptiste Joseph Paitiot, Ingénieur au corps impérial des ponts et chaussées à la résidence d'Ancone, royaume d'Italie » ; — « sieur Charles Eloy Chevallier, employé à la manufacture vitriolique de M. Clément à Arsy et Dame Eulalie Marie Suzanne Partiot, son épouse » ; — « sieur Charles Estienne Chapotel, ralineur de sucre, employé à la manufacture impériale de Rambouillet et Dame Marie Clarisse Pai'tiot, son épouse ».
« Par contrat passé devant Joly l'un des notaires soussignés et son confrère le vingt huit prairial an dix... . la Dame
veuve Partiot a vendu au sieur Philippe Renout,
entrepreneur de travaux publics à Beauvais et au sieur Pierre Louis Daix, marchand de toile en ladite ville, une maison située à Beauvais, rue Scellette, faisant partie du cidevant couvent des minimes et dépendante de la communauté qui a existé entre lesdits sieur et Dame Partiot, moyennant la somme de douze mille trois cent trente cinq francs quatrevingt cinq centimes équivalent à Douze mille quatre cent quatre vingt douze livres tournois de prix principal. » [M. Thiot m'a écrit que la rue Selette s'appelle maintenant rue Molière — Et que l'ancien couvent des Minimes, qui avait été vendu pendant la Révolution comme bien national,
est occupé actuellement, depuis l'année 1886 environ, par la direction départementale des Postes et des Télégraphes.]
o Suivant les contrats de mariage des Dames Chevallier et
Chapotel passés devant Joly et son confrère le dix neuf
nivôse an douze et devant Flury Précharles et son collègue notaires à Paris le douze juin mil huit cent sept Elles ont reçu en dot chacune trois mille huit cents francs à valoir sur leurs droits dans la succession de leur père. »
Voici le résumé du partage, en chiffres ronds :
Fortune laissée par le défunt Partial, mort an VI.
Ses propres (composés de : son apport en mariage = 400 (ivres = 395 francs; — la succession de sa cousine germaine, Suzanne Noël, dont il était légataire universel = 2 000 f ; — la succession de sa mère = 768 L = 758 f ; — à diminuer de 400 L = 395 f, d'après une clause du contrat de mariage). . 2 758 f
Sa moitié dans les bénéfices de communauté. ... 11 295 f
Fortune laissée par le défunt 14 053 f
Part de chaque enfant.
Le tiers des biens laissés par le défunt, soit. ... 4 684 f
(Y compris, pour chacune des filles, les 3 800 f de dot qu'elle a reçus, d'où ne lui reste à recevoir que 884 f.)
Part de la Veuve Partiot, née Louelte.
Ses propres (composés de : son apport en mariage = 2 000 L = 1 975 f; — la succession de sa mère, Prunier Vvo Louette = 800 L = 790 f ; — à diminuer de 400 L = 395 f, d'après une clause du contrat de mariage) 2 370 f
Sa moitié dans les bénéfices de communauté. ... 11 295 f
Part de la veuve au décès de son mari 13 665 f
Je note, dans le détail de ce partage, les points suivants : Est portée comme sans valeur, une créance « sur le sieur
Nicolas Partiot, décédé en pays étranger et dont on n'a jamais
eu de nouvelles ».
La Maison de la rue Saint-Jean porte le N" 2103; elle est
évaluée 7 000 f. Cette maison a été cédée, dans le partage, à
mon grand père Jean-Baptiste Joseph Partiot, susdit, moyennant
payement de la différence d'avec sa part.
4» JEAN-BAPTISTE JOSEPH PARTIOT et CLÉMENCE GAMOT
Le Ie1' juin 1824, mon grand-père M. Partiot, alors Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées à Agen, a épousé ma grand'raère Adélaïde Louise Clémence Ganiot, demeurant rue Neuve-des-Mathurins 21, à Paris. Je pense que mon grand-père avait été mis en rapport avec les Gamol par un ami de plus de vingt ans de cette famille, M. Deshassyns de Richmont, qu'il avait connu à l'île Bourbon. Le contrat de mariage (L P), passé le 27 mai 1824 devant M° Batardy, à Paris, nous apprend que mon grand-père a porté en mariage 140 U00 francs. Il avait une situation sociale et pécuniaire complètement différente de celle de ses parents. Un degré énorme a été gravi ! L'amélioration de situation sociale est due à l'entrée de mon grand-père à l'École polytechnique et, sans la Révolution, il aurait, je suppose, été perruquier, comme son père. Les 140 000 francs s'expliquent, en dehors du petit héritage qu'il avait fait de son père, par ses économies sur ses appointements et les bénéfices réalisés avec une distillerie de rhum qu'il a installée à l'île Bourbon en 1815. Ce qu'il possédait a dû augmenter de valeur, comme tous les placements, sous la Restauration. Il faut remarquer que mon grand-père était Ingénieur des Ponts et Chaussées depuis 19 ans lorsqu'il s'est marié. Plus tard il n'a rien hérité de sa mère, morte pauvre.
L'apport de ma grand'mère était de 104 000 francs, dont la presque totalité « provenant tant de la succession de M1' Gamot son père que de celle de MadL' Campan sa graud'tante et de M1' Auguié son grand-père ». Plus tard, elle a hérité d'environ 50 000 francs de sa mère.
J'ai bien connu mon grand-père M. Partiot, car, depuis le mariage de ma mère, il vivait avec mes parents et,
quand il est mort, j'avais 17 ans! C'était un homme pariait, sous tous les rapports. En décembre 186G, âgé de plus de 86 ans, il était admirablement conservé. Une fluxion de poitrine (on dit maintenant : pneumonie) le lit descendre bien bas et il s'éteignit quelques mois après. Ses enfants avaient pour lui un véritable culte.
La carrière de mon grand -père Jean -Baptiste Joseph Partiot a été publiée, par ses enfants, en une brochure que je vais résumer :
Né à Beauvais le 22 septembre 1780.
Reçu en 1799 à l'École polytechnique ('), il y reste trois ans et en sort, en 1802, Élève-Ingénieur des Ponts et Chaussées.
Envoyé, en cette qualité, en 1804, à Boulogne-sur-Mer, et attaché aux travaux maritimes que l'Empereur y faisait exécuter pour préparer une descente en Angleterre. Deux frégates anglaises vinrent canonner le port; une batterie voisine était momentanément abandonnée par les artilleurs; Partiot fut chargé de prendre des ouvriers et de répondre, comme il le pourrait, au l'eu de l'ennemi. Il s'acquitta de sa tâcbe avec bonheur; un de ses boulets prit une des frégates à l'enfilade, tua onze liommes, et détermina les Anglais à la retraite.
(') A cette époque, les Élèves de l'École polytechnique logeaient en ville. D'après les registres de l'École, l'élève Partiot demeurait ainsi « 27 rue .Saint-Martin » et il est entré à l'École polytechnique le 11 frimaire an VIII et a élé admis à l'École des Ponls et Chaussées le 1er frimaire an XI. (EH)
Nommé Aspirant-Ingénieur en 1805, Partiot est attaché aux travaux du port de Nice et de la route de Nice à Gênes par la Corniche. En janvier 1806, est chargé, comme Ingénieur ordinaire, d'un service de routes à Poligny. En 1808, est envoyé en Italie où, après avoir coopéré, pendant un an, aux travaux de l'Arsenal de Venise, il est chargé du port d'Ancone et y exécute le prolongement du môle. Les événements politiques de 1814 ayant forcé d'abandonner Ancône, Partiot fut adjoint, comme ayant grade de Capitaine, à l'état-major du prince Eugène à Mantoue, et c'est en cette qualité qu'il opéra sa retraite en France avec l'armée.
Placé d'abord comme Ingénieur ordinaire à Figeac, il fut, le 22 septembre 1814, nommé Ingénieur en Chef à l'île Bourbon.
Le retour de l'Empereur, aux Cent Jours, et le renouvellement de la guerre avec les Anglais trouvèrent Partiot dans cette position. Il y exerçait, en sa qualité d'Ingénieur en Chef, le commandement des quelques troupes qui étaient dans l'île. Une frégate anglaise étant en rade de Bourbon, et l'île de France venant d'être remise aux Anglais, le Gouverneur de Bourbon pour le Boi, voulut agir comme les autorités de l'île de France et réunit à cet effet le conseil colonial. Partiot, qui prit le premier la parole au conseil, s'opposa vivement à ce que l'île fut livrée aux Anglais, et la discussion entre le Gouverneur et lui prit une tournure telle qu'ils mirent la main aux épées. Le projet de remettre l'île fut abandonné, mais Je Gouverneur suspendit immédiatement Partiot de ses fonctions.
Pendant la durée de cette suspension, Partiot a installé et exploité une distillerie de rhum.
Bentré en France en 1820, Partiot fut nommé, le 6 décembre, Ingénieur en Chef à Agen et construisit, en cette qualité, le pont route d'Agen, sur la Garonne.
Le 30 août 1827, nommé à Bordeaux. Le 23 octobre 1829 est décoré de la Légion d'honneur.
Le 1er novembre 1830, il fut nommé Ingénieur en Chef Directeur du service du pavé et des boulevards de Paris. Dans ces fonctions, il transforma la voirie de Paris.
Ayant demandé (à cause de la santé de sa femme) un poste dans le Midi, il fut nommé, en 1839, Ingénieur en Chef à Toulouse et, peu après, le 9 mai 1839, reçut la croix d'oflicier de la Légion d'honneur.
Le 24 mars 1848, une décision du gouvernement provisoire au sujet de la limite d âge le mit à la retraite.
Fut ensuite membre du conseil municipal de Toulouse et adjoint jusqu'en 1852.
Décédé le 11 août 1867 à Bagnères-de-Bigorre.
Les anecdotes suivantes m'ont paru mériter d'être conservées. Les plus anciennes sont des traditions quelque peu transformées, mais je ne cloute pas de l'exactitude complète des autres : elles m'ont été racontées par mon grand-père Partiot.
Avant la Révolution, les environs de Beauvais étaient très boisés et infestés de loups. Un soir d'hiver, le père de mon grand-père Partiot revenant de. la campagne, traversait à cheval une forêt, suivi d'une petite chienne nommée Zémire qu'il aimait beaucoup. Le jour commençait à tomber et un gros animal qui, dans le crépuscule, semblait être un gros chien, se mit à les suivre. Tout à coup, Zémire, qui depuis quelque temps manifestait de l'inquiétude, poussa un grand cri et s'élança dans les bras
de son maître. Le loup, car c'en était un, se jeta sur la chienne et l'emporta au fond des bois qui retentirent encore quelques instants de ses cris. La pauvre petite bête sauva probablement ainsi la vie à son maître qui rentra chez lui très ému de cette aventure et en fut longtemps attristé. (Cette anecdote est d'après ma Mère — aussi d'après mes souvenirs d'enfance. E H)
M. Partiot père acheta un ancien couvent abandonné, au début de la Révolution, par les Minimes, où se trouvait un grand jardin, et s'y installa avec sa famille. Cette maison possédait de nombreuses cachettes. M. Partiot en profita pour donner asile, au péril de sa vie, à un prêtre poursuivi par les fureurs révolutionnaires, qui y resta caché six mois, jusqu'à ce qu'il put fuir à l'étranger. Pendant cette réclusion, ce prêtre fit faire à mon grandpère sa première communion. (D'après ma Mère.)
M. Partiot père passait pour royaliste. 11 avait été insulté, à différentes reprises, pour ses opinions et, craignant quelque violence, en prévision d'événements possibles, il avait réalisé presque toute sa fortune en or et déposé cette somme chez un tabellion, son ami intime, à qui son fils, mon grand-père, devait succéder. Un jour, au plus fort de la Terreur, M. Partiot ramenait, vers le soir, de la campagne, sa femme et ses enfants, conduisant lui-même sa voiture. Trompé par le crépuscule, il se trouva déboucher inopinément près de la grande place où l'on guillotinait depuis le matin. A peine le vit-on que sa voiture fut entourée, aux cris de « A lias l'aristocrate ! » On l'eu fit descendre ainsi que sa femme et ses enfants. On emporta des cadavres dans sa voiture et on le força de les transporter à la fosse où ils étaient jetés et détruits par la chaux vive, disant qu'il pouvait bien leur rendre ce service qu'on lui rendrait bientôt à lui-même. Tientré chez lui plein d'horreur et d'épouvante, il se rendit immédiatement chez son ami le tabellion, afin d'y
prendre l'or qu'il lui avait confié et fuir de suite en Angleterre avec sa famille. Mais le tabellion, au lieu de son or valant 150 à 200 mille francs, lui offrit des assignats ne valant que dix à vingt francs, prévenant en même temps M. Partiot que, s'il ne les acceptait pas, il le dénoncerait comme ayant refusé du papier-monnaie qui avait cours forcé et l'enverrait à l'échafaud. M. Partiot bouleversé par cet acte de déloyauté qui le ruinait entièrement, fut pris d'une fièvre cérébrale dont les suites amenèrent sa mort six mois après laissant sa famille dans la plus complète misère. (Cette histoire est d'après ma Mère. Elle est manifestement inexacte en bien des points, car : M. Partiot était d'une position sociale peu élevée ; — il n'a jamais possédé 150 à 200 000 francs; — la dépréciation des assignats n'a guère dépassé les deux tiers pendant la Terreur : c'est plus tard qu'elle est devenue énorme; — le père de mon grand -père est mort 4 ans, et non pas 6 mois, après la Terreur. Il est vrai que le père de ce père est mort pendant la Terreur, en Janvier 1794. Cette histoire a été certainement amplifiée et embellie, en passant de bouche en bouche, de manière à être intéressante et à faire honneur à la famille. Mais je suis convaincu que le fond doit être vrai.)
Pendant que mon grand-père était au collège, à Paris, à l'époque de la Révolution, le Principal n'ayant guère à donner à manger à ses élèves, leur accordait souvent un jour de liberté pour essayer de se procurer eux-mêmes quelque nourriture. Ils se répandaient alors dans la campagne, heureux lorsqu'ils trouvaient dans les champs quelques navets ou carottes qu'ils mangeaient sans les faire cuire. (E H)
En ce même temps, un jour que mon grand-père était en diligence, se rendant de Paris à Beauvais pour des vacances, quelqu'un demanda à un ouvrier, leur compagnon de voyage : « Es-lu content à Paris, citoyen ? » —
« Oui, répondit l'ouvrier, très content : le matin je travaille et l'après-midi je vais voir guillotiner. » (EH)
Plus tard, mon grand-père, alors jeune homme, étant rentré le matin de bonne heure dans la chambre d'un de ses amis, fut égayé de voir que ses mollets nus étaient parsemés de taches d'encre. Cet ami, pas riche, ne pouvant faire entretenir ses bas en bon état, avait imaginé de noircir ses jambes vis à vis des trous pour que les trous aient la couleur des bas. (E H)
Au camp de Boulogne, les jeunes Ingénieurs, dont mon grand-père, couchaient ensemble dans une sorte de dortoir. A l'heure du lever, l'un d'eux criait : « Les grands ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Levons-nous ! » C'était la devise qui figurait, ou avait figuré, en tète d'un journal . Et tous se levaient aussitôt. (E H)
Au camp de Boulogne, on se battait beaucoup en duel. Or, un jour, des officiers qui s'exerçaient au pistolet sur une cible invitèrent mon grand-père à essayer. Il s'excusa, mais enfin, il dut céder à leur insistance. Par hasard, lui, mauvais tireur, fit mouche. Il refusa obstinément de tirer de nouveau et resta sur la réputation de ce succès. Personne ne le provoqua en duel. (E H)
Arrivant à l'île Bourbon, en 1815, mon grand-père, peu au courant des usages des colonies, voulut faire des visites l'après-midi, de bonne heure, sans se douter que tout le monde faisait la sieste. Il se présente à une maison : personne. Il entre au salon : personne. Entendant du bruit dans une pièce voisine, il entre encore et se trouve
subitement devant Madame qui changeait de
chemise et pousse un cri d'effroi ! Très troublé, mon grand-père lui demande : « Est-ce à Monsieur ou à Madame que j'ai l'honneur de parler ?» — question bien inutile, car le doute n'était pas possible. (E H)
Mon grand-père admirait la distinction suivante faite par le domestique nègre, son esclave à l'île Bourbon :
On avait porté une lettre pour mon grand-père. « Qui a porté cette lettre, interroge-t-il ? Est-ce un blanc ou un noir?» — «Ce n'est ni un blanc, ni un noir, c'est un soldat » répond l'esclave, ne pouvant admettre que le soldat fut un blanc quisqu'il n'était pas libre. (E H)
Agé de plus de 80 ans, il avait encore ce cauchemar qu'il allait passer son examen de l'École polytechnique et qu'il n'était pas prêt. (E H)
Mon grand-père, lorsqu'il était Ingénieur en Chef à Bordeaux (1827-1830) demeurait rue du Palais-Gallien 27, d'après l'Annuaire de cette époque. Le 27 d'alors est, je crois, le 112 actuel.
De ses deux iils, l'aîné, Léon, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, a exécuté de très nombreux et grands travaux (') et s'est particulièrement signalé par l'amélioration de la basse Seine; — le second, Gaétan, a été Consul en Espagne; puis Consul général à Milan (Italie) et à Barcelone; enfin, Ministre de la République française à Mexico (-). Le fait suivant montre quel culte Gaétan Partiot (comme d'ailleurs son frère et sa sœur) avait pour ses parents : La clause de son testament où il a prescrit d'ensevelir son corps à Agy, près Baveux, dans le tombeau de famille de sa femme, a ordonné de mettre son cœur dans le même caveau que son père et sa mère à Toulouse (3).
(') Je crois devoir mentionner, dans la région du Sud-Ouest, que j'habite, le curieux pont courbe qu'il a construit, pour le chemin de fer, sur la Vézère, à l'extrémité aval des Eyzies (Dordogne).
(-) L'une de ses filles, Louise, a épousé Maurice Melcbior; ils ont un entant (Tableau Gamot, p. 57, et Tableau Partiot, p. 139). Tous trois, se rendant de Londres à Paris, traversaient la Manche, le 24 mars 1916, sur le Sussex, lorsque ce courrier a été torpillé par un sous-marin allemand. De très nombreux passagers ont péri, mais les Melchior ont eu la chance de réchapper sans grand dommage.
(3i Dans ce caveau reposent aussi mon père et ma mère et le général de la Ville.
Ma grand'mère, Mme Partiot, née Clémence Garnot, a laissé, comme mon grand-père, de profonds souvenirs d'affection et d'admiration à ses enfants : Elle était aimable et d'un tact exquis : elle savait l'allemand, l'anglais, l'italien; écrivait fort bien; avait un beau talent pour la musique, un très beau pour le dessin et pour
l'aquarelle. « Clémence est une jeune personne
parfaite », écrivait Mmc Campan à la Reine Hortense le 26 janvier 1820 (Correspondance inédite de Mme Campan avec la Reine Hortense, T. II, p. 251). Mrae Campan, dans un de ses ouvrages, a consacré plusieurs pages à son éloge (De l'Éducation, T. 1, p. 196, 197, 198). Née en 1799, ma grand'mère Clémence Partiot est morte en 1848.
J'ai près de 150 lettres qu'elle a écrites à sa mère de 1816 à 1832. Elles contiennent quelques détails curieux :
Les Coudreaux, près Ghâteaudun, 18 septembre 181G : « tu ne sais pas maman ta fille a joui d'un grand honneur hier comme la seule dame qu'il y eut au château c'est moi qui hier ai mis le feu au fourneau à briques après la cérémonie qui n'était pas bien considérable j'ai glissé une petite pièce qui apparemment a fait plaisir car ce matin en y retournant nous avons vu écrit en terre sur la porte que Dieu bénisse la main qui a mis le feu au fourneau. »
Agen 6 juillet 1824 : « nous dirions tous les jours à cinq heures et nous sortons ensuite » — Agen 11 décembre 1825 : « jusqu'au déjeuner à dix heures dix heures et demie. »
Agen 7 octobre 1824 [ Louis XVIII était mort le 16 septembre ] : « Quand au deuil on l'a déjà quitté ici. les Dames se sont ennuyées du noir et comme nous ne sommes point de la Cour mais que nous en sommes à deux cent bonnes lieues nous ne voyons point de raison pour nous conformer à cette triste
coutume, pour moi j'en ai été quitte pour une ceinture et des brides à mon chapeau et j'ai déjà repris mes habits roses. d'ailleurs nous avons trouvé très sagement qu'il valait mieux prouver sa satisfaction d'avoir un nouveau roi que sa douleur d'en avoir perdu un vieux. »
Agen 6 octobre 1825 [Au sujet de mon oncle Léon, né le 31 mars 1825 et qui est mort en 1904, Inspecteur général des Ponts et Chaussées] : « il est là assis dans son berceau guettant les mouches, il est aujourd'hui beau comme l'amour et couleur de rose. »
Agen 19 octobre 1825 : « je prévois qu'on sera beaucoup plus aimable cette année, où on ne craindra pas les dénonciations. Pourtant on attend les Missionnaires. Puissent-ils ne pas amenei' avec eux la Discorde. » [Ma grand'mère était cependant très pieuse. |
Agen 7 décembre 1825 [Il s'agit de publier des mémoires de son père. Mais sont-ils bons ? Pourquoi pas ?] : « rappelle-toi quelle idée fausse nous avions des mémoires de ma tante Campan. » [Je n'ai trouvé aucune autre trace de mémoires de M. Gainot. Peut-être s'agit-il seulement de ses Notes de Voyage dont j'ai donné des extraits et résumés ?]
Agen 1825 et 1827. La différence entre la date des lettres, à Agen, et celle du timbre de la poste, à Paris, est tantôt 4, tantôt 5 jours.
Agen 24 décembre 1825 : « Ainsi, Paris est donc une
nouvelle babylone Mr Févéque d'hermopolis voici le
moment de prêcher et au lieu d'envoyer des missions dans nos tranquilles provinces, souvent pour y mettre le désordre conduisez-les vous-même à la cour. »
Tours ... décembre 1827 [Allant de Paris à Bordeaux] : « Notre purgatoire est à la moitié, nous avons passé une nuit
bien fatiguante nous n'avons plus de Pavé d'ici à
bordeaux. »
Bordeaux 1827 et 1830. La différence entre la date des lettres, à Bordeaux, et celle du timbre de la poste, à Paris, est de 3 jours.
Bordeaux 3 janvier 1830 : « je rentre à l'instant. J'ai voulu que Léon vit la Bivière dans l'état où elle est. Julia [bonne anglaise] prétend que c'est juste comme, le fleuve St Laurent. Rien n'est plus triste, tous ces navires sont pris dans la glace pas un n'est dans le milieu de la rivière, on les a rangés sur le bord tout démâtés, ils ressemblent à des débris de naufrages.
les Glaçons qui couvrent entièrement l'eau au point qu'on ne peut la voir ont des formes bizarres, ils se meuvent avec la marée en faisant un bruit très grand et attristant et viennent briser en les frappant les pauvres embarcations qu'on n'a pu approcher assez de terre, les autres sont entièrement prises dans la glace comme dans des moules, elle est fixe à plus de deux cents pieds du bord. »
Bordeaux 24 février 1830 : « Les Quinconces, qui il y a si peu de jours encore étaient tellement couverts d'eau glacée qu'on y patinait comme sur un étang »
Bordeaux 5 avril 1830 : « Jeannette attirée par les 30 f.
que coûtent le voyage d'ici à Paris par la rotonde [de la diligence] s'est embarquée bravement pour la grande ville. »
Bordeaux 4 mai 1830 [Vont faire un voyage à Paris] : « Je
compte prendre le coupé de la voiture Armand le Comte
Cette Diligence ne passe pas par la jel.tée, ainsi il y aura moins de danger, on met trois jours et deux nuits ce qui est un grand avantage. » — Bordeaux 14 mai 1830, Vendredi : « Nous partons Jeudi je vais faire arrêter nos places. » — Bordeaux 17 mai 1830, Lundi : « Pendant que je t'écrivais ma dernière lettre mon mari était allé retenir le Coupé et une place de l'intérieur à la Diligence Armand le Comte, mais elle est tellement courue qu'elles étaient toutes arrêtées jusqu'à Dimanche .... Celles de Lafitte.... sont beaucoup moins larges le Coupé est très court et elles roulent 24 heures de suite sur le Pavé, à partir de Tours jusqu'à Paris, de plus elles ont versé deux fois il y a peu de Tems sur la levée de la Loire. Celles d'Armand passent par Chartres par conséquent on évite tous ces inconvénients. .... nos places sont arrêtées [Diligence
Armand] nous mettrons 60 heures d'ici à Paris [de
Dimanche 5 heures matin à Mardi 8 h. soir] »
Le Piquey ('), lac d'Arcachon [en face d'Arcachon] le>' septembre 1830 : « Mes enfans ont été très amusés d'une belle visite que j'ai reçue M'' Sauvage, d'Ares, Sur un beau dromadaire. 11 y a fait adapter une espèce de grand caquolait et vient d'Ares ici en une heure Nous avons bien admiré
(') Mon grand-père Partiot exécutait alors, comme Ingénieur en Chef, la fixation de plusieurs dunes mobiles des environs du Piquey : partie des dunes dites de Piquey, de Piraian et du Bayle (Archives du Service). Il a aussi fixé la dune du Sablonney, qui est du même côté qu'Arcachon (Mêmes Archives), et où une dune nouvelle envahit actuellement la foret qu'il a créée.
sa monture qui est aussi belle que dans son Pays natal. Il en a plusieurs et compte les naturaliser tout à l'ait » [J'ajoute à r-ette citation de ma grand'mère que l'emploi de chameaux à
Ares est bien connu et que. il y a quelques années, le Muséum de Bordeaux a déterré les os de l'un d'eux pour ses collections.]
L'Espalle [Bassin d'Arcachon, près du Piquey, en face d'Arcachon], 16 septembre 18.30 [au sujet de la chute de Charles X | : « Quand je veux bien respirer, je pense à tout ce qui a été fait depuis 15 ans à tout ce que nous avons souffert, et puis j'ajoute les misérables, causes de tous nus maux sont partis pour toujours et mon cœur saute de joie et mes Poumons s'élargissent dix fois à l'ordinaire. » [Ma grand'mère pensait à l'exécution de son oncle le Maréchal Ney, la destitution de son père M. Gamot, etc.]
Bordeaux 21 septembre 1830 : « Nous sommes arrivés hier à cinq heures et demi du soir et nous étions partis [de L'Espalle | à cinq heures du matin. » [Actuellement, grâce au chemin de fer, le bassin d'Arcachon n'est qu'à 1 heure de Bordeaux. |
Bordeaux 21 octobre 1830 [Vont partir résider à Paris; il faut y louer un logement] : « Ce petit hôtel de 1500 francs dont Charles (son frère] m'a parlé serait peut être bien notre affaire. »
Bordeaux 28 octobre 1830 : « mardi prochain nous faisons notre vente à l'encan » (pour économiser le transport à Paris |.
Bordeaux 4 novembre 1830, lettre écrite d'un hôtel: « tout le reste a été vendu à l'encan et pas trop mal hier, nous avons vendu mon piano 900 f ma porcelaine est vendue entièrement, je n'ai plus non plus de Tapis ni de meuble aucun
que nos places sont arrêtées à la Diligence pour lundi.
Nous allons tout d'un trait jusqu'à Tours ou nous arriverons mardi soir nous y coucherons et nous serons Jeudi matin à Paris. »
Le passage suivant n'est intéressant que par la suite du fait qu'il indique :
Bordeaux 21 octobre 1830 : « 11 y a deux ans quand j'étais si malade. . . . M'' Petit [le médecin] avait répondu que si je n'étais pas dans le Midi il m'y enverrai! et toutes les fois que mon mari me voit une petite douleur à la poitrine cette réponse lui revient en tète. » Voilà pourquoi quelques années plus tard, mes grands-parents Partiot, qui étaient allés résider à Paris, l'ont quitté pour Toulouse, fait qui a eu cette conséquence capitale pour moi : le mariage de ma mère avec mon père.
I! y a une très ancienne famille Partiot à Troyes, en Champagne. Voici les quelques renseignements que je possède sur elle. Ils proviennent de l'archiviste du département et d'un M. Partiot-Mossu, de Troyes.
Par suite d'un hasard (l'achat d'un lopin de terre à la paroisse de Troyes) la généalogie de cette famille est à peu complète depuis 1495. A cette époque, le chef de famille acheta à la paroisse de Troyes un lopin de terre et, comme l'église ne pouvait vendre ses biens, elle loua cette terre avec clause de segonde vie, c'est-à-dire qu'à chaque trois générations, l'héritier Partiot devait faire preuve de sa descendance, ce qui lui permettait de garder cette terre moyennant un prix illusoire de 11 sols. La série de ces achats avec les descendances des acquéreurs existe encore dans les parchemins de la paroisse. — Il existe encore quelques Partiot à Troyes et aux environs. — On en trouve des traces, aux archives de cette ville, en remontant jusqu'à 1335.
Archives départementales de l'Aube, entr'autres : Layette I, cote A. N° 8, parchemin année 1387 (en latin1. — Registre des causes de l'offlcialité, parchemin, G. 4203 du 9 juin 1536. — Compte de l'office des anniversaires, registre 1713, parchemin année 1559.
Extrait du Compte de l'office des anniversaires de l'Eglise de Troyes rendu par lehan Thienot, chanoine de la dite Eglise, pour une année commençant au 1 juillet 1558 et finissant à pareil jour 1559 (Archives de l'Aube, registre g. 1713) :
Folio 465 verso, a De messire Jehan Partiot, Jehan Jaqninot, Jacques Partiot, Guillaume Partiot, Pierre Bourgeois, la vefve feu Pierre Tissu, Jacquet Partiot, Thibaut George, Jehanne vefve de feu Jehan Richard et Claude sa sœur et la vefve de feu Jehan Carré, tous enfans de feu Jaquin Clément dict Partiot et René Georges, pour sept arpentz de terre ou de présent à
vigne, assis à Bonneval, au lieu ilit en Veronne, tenant d'une part à Pierre Vaudey d'aultre part et d'ung bout à vignes communes, et l'aultre bout au grand chemin royal, que les dicts Jaquin Clément dict Partiot et René George prindrent de ceste église dès le XXVllI» jour de Juing, l'an mil III 1 cent 1 1 1 1 vingt et sept [ 1487 1 aux vies d'eulx, leurs femmes et enfans et des enfans de leurs dicts enfans, parmy payant chacun an la somme de quarante solz tournois de loyaige viager le jour St Martin d'hyver, lesquelz sept arpentz résident pour le jourd'huy es noms des dessus dictz en droict de deuxiesme vie, lesquels se sont obligez à payer la dicte somme de quarante solz tournois chacun en droict de seconde vie aux charges, clauses et conditions contenues an bail faict aus dictz Jaquin Clément dict Partiot et liené George par devant Antoine Rruchié et Jehan Charpy, notaires royaulx, le quatriesme jour de febvrier l'an mil cinq centz cinquante cinq. « Cy pour la deuxe vie X L S t »
Il y a aussi une très ancienne famille Partiot à la limite de la Nièvre et de la Gôte-d'Or, d'après une brochure intitulée Une famille roturière d'origine nivernaise à travers les XVI'', XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, par Parthiot (Dijon, imprimerie Durantière, 1898). J'ai puisé dans cette brochure les renseignements suivants :
Originaire de Montsauche (Nièvre) : Une pièce de 1543 mentionne six Partiot en ce lieu.
Dans les pièces anciennes, ce nom patronymique revêt les formes : Partiot, Partyot, Parthiot, Perthiot, Parthiost, Parthiaux, Pertiot, Barthiot, Bartiot, Berthiot, Bertiot, Berthieault, Berthuot. La forme Partiot est uniquement employée dans la pièce de 1543. La forme Parthiot a prévalu à partir de la lin du xvine siècle.
Ces formes viendraient de Pierre :
Partiot = Parretiot, comme Pernot = Perrenot ; Parretiot est formé à côté de Parrotin, comme Moniot à côté de Monin = Simonin ; Parrotin est dérivé de Parrot, comme Simonin de Simon; Parot est une forme dialectale de Perrot = Petrittu diminutif de Petru (Pierre).
Il y a actuellement beaucoup de Parthiot de cette famille à Cbâteau-Chinon (Nièvre) et environs; aussi dans la Cùte-d'Or et dans la Nièvre, à leur limite commune.
Au bord du réservoir des Settons (Nièvre), aux confins des communes de Moux et de Montsauche, un hameau s'appelle Parti liots.
Tous les membres de cette famille, anciens et modernes, sont gens de condition moyenne ou petite.
Cette famille avait des Philippe et des Lazare, à la fin du xvii0 siècle, ce qui peut l'aire supposer que nies premiers ascendants Partiot connus, le Philippe et le Lazare des environs de 1700, en proviennent.
Le nom de Partiot sera connu peut-être jusqu'à des temps reculés, par suite d'une circonstance peu commune : mon oncle Léon Partiot, dans sa première jeunesse, s'est occupé d'Histoire naturelle; il a découvert, à Gavarnie, dans les Pyrénées, un petit colimaçon inconnu jusqu'alors, et cette espèce intéressante figure, clans la Science, sous le nom de : « Pupa Partioti Moquin-Tandon » (Pupa de Partiot, ainsi nommé par Moquin-Tandon). Des recherches de plusieurs savants ont montré que cette espèce est spéciale au versant espagnol des Pyrénées et qu'elle pénètre, à Gavarnie seulement, sur le versant français.
(') Prière de vouloir hien lire d'abord, dans les Notices dn Mm» Gampan, que j'ai publiées dans le Volume I, le chapitre intitulé « Eglé Auguié, mariée à l'illustre et infortuné Maréchal Ney ».