SUR CES ABIMES SOXGEZ A CEUX QUI VOUS AIMEXT
La reine Hortense, si cruellement séparée de son amie, a voulu lui être unie dans la mort. Elle a fait ensevelir M"le de Broc dans l'église de Saint-Leu (Seine-et-Oise) où elle-même devait reposer plus tard, vaine précaution, car son corps est auprès de celui de sa mère, l'Impératrice
Joséphine, à Rueil, près Paris (<). A côté de Mrae de Broc, oui élé ensevelies, longtemps après, ses deux sœurs, .Madame (lamol (mon arrière-grand'mère) et la Maréchale Ney, de sorte que les trois demoiselles Auguié reposent au même endroit : Église de Saint-Leu, dans la petite chapelle à droite de l'autel. '
Dans une de ses lettres, Paul -Louis Courier, le pamphlétaire hargneux, qui attaque tout le monde, écrit (Lettres écrites de France et d'Italie) :
m Saint-Prix, le 30 juillet 1813 .... Je trouve iei dans mon voisinage un sujet de panégyrique admirable, une madame de Bi'oe ou ilu Broc, tombée dons un trou, à la suite de la reine de Hollande. Lis un peu la gazette; on ne parle d'autre chose. Eh bien, cette dame de Broc, on l'enterre à ma porte. . . Elle avait du mérite; beaucoup même si l'on m'a dit vrai. A vingt-cinq ans, belle comme un ange, elle dépensait en aumônes la moitié de son revenu, ne voulait ni parures, ni diamants. Veine depuis deux ans, c'était une Artémise. Nulle idée de se remarier, pas l'ombre d'un galant. On l'adorait : jeunes et vieux, pauvres et riches, tout le monde l'aimait. . . »
Les gazelles, en effet, toutes les gazettes, donnent de minutieux détails sur l'accident et vantent les vertus incomparables de la victime, surtout sa charité, non seulement sans limites, mais aimable et modeste, que M11"' Campan nous a si bien racontée dans ses Notices.
(') Lettre de Mme Campan à la Maréchale Ney, Ecouen 10 juillet 1813 111 E L) : o Elle | la Reine Hortense] a rendu les plus grands et les plus dispendieux honneurs, un hospice de dix lits portant sou nom, un monument à l'endroit fatal, un convoi de trois voitures depuis Aix jusqu'ici. »
Pourquoi la Reine Hortense ne repose-t-elle pas dans l'église de Saint-Leu ? Là devaient être ensevelis Louis. Moi de Hollande et tous les siens, parconséquent sa femme, la Reine Hortense. — Ils moururent en exil et lorsque leur fils, devenu Napoléon III, fit transférer leurs corps en France, il ne crut pas devoir réunir dans la mort deux époux si obstinément séparés par les malentendus delà vie : Louis fut enseveli à Saint-Leu et la Reine Hortense, à Rueit.
Le. Moniteur universel lui-même (19 juin lSl.'i >, h'. I ou niai otïiciel de l'époque, reproduh sur ce sujet émouvant, un long article d'après /." Gazelle de France. Le journal de Bordeaux de ce temps, L'Indicateur, lui consacre deux colonnes (22 juin 1813) :
« Paris, le 17 juin. — Un événement affreux et irréparable,
i''ci'it-il, occupe en ce moment toute la société; il arrache des larmes à uni' famille désolée, et aux nombreuses personnes qui axait appris à chérir l'intéressante victime dont nous allons raconter la fin cruelle et prématurée »
,1e possède un carnel de noies de la main de M me de Broc. En voici quelques passages. Mais je rappelle d'abord que M11"' de Broc s'est mariée le 11 avril 1807 el que son mari est mort le 9 mars 181(1.
« le II avril 1SII7 jour rie bonheur et de bien douces espérances.
a le 11 mars 1.810 jour de douleur éternelle !
« je souffre de. ne pas être encore plus malheureuse,
oui je voudrais que tout m'ait manqué à la fois, comment mon époux, mon ami n'existe plus et sa perte ne change rien à mon existance. .... mon «lieu j'ai pu être heureuse deux années antieres avec lui et tout ce temps j'en ai vécu séparée quelle folle assurance avai je donc ? ô qu'ils m'ont l'ait de mal en m'empêchant d'aller le rejoindre !..... j'aurais eu son dernier regard et sa pauvre femme pourrait se dire : je lui ai prodigué les soins de l'amour le plus tendre. . . «
Il y a, écrites en bien des fois, 29 grandes pages de lamentations, prières à Dieu, actes de soumission à Sa volonté et, pour finir, de nombreuses réflexions :
« L'orgueil est haï de dieu et des hommes.
« Ne soyés pas comme un Lyon dans votre maison, en vous
rendant terrible à vos domestiques et opprimant ceux qui vous sont soumis.
« Faites toutes vos actions avec douceur.
« Xe manques pas a consoler ceux qui sont dans la tristesse, et pleures avec ceux qui pleurent.
« Ne soyés point paresseux a visiter les malades, car c'est ainsi que vous vous affermeres dans l'amour de votre prochain.
« Dieu a recommandé a chacun des hommes d'avoir soin de son prochain.
En lisant ce carnet, il me semblait que j'assistais au désespoir d'Adèle de Broc el que je voyais son immense douleur et sa complète soumission à la volonté de Dieu ramener à devenir la sainte modeste, aimable et bienfaisante qui lii l'admiration de ses contemporains.
M de Broc n'était pas veuve depuis huit mois el déjà
M""- Gampan songeait à la remarier; ainsi le font voir les extraits suivants de deux lettres de M""' Canipan à la Maréchale Ney(MEL). Mais on sait qu'Adèle de Broc a toujours refusé.
j ce 2 nov : 1810. -Ma chère Eglé que .le suis ravie des
4000 f de pension d'adele, si Elle se marioit cela ajoute à sa dot. . . »
« Ce 7 nov : 1810. Ma bonne petite Eglé. . . Je suis charmée de savoir qu'adele a eu une pension, je la voudrais par suite assés raisonnable, pour ne pas refuser un hou parti. — combien Elle en aura besoin, je ne puis que le prévoir douloureusement. — .le vois très en noir sur le sort de sa pauvre amie et surtout sur sa santé »
Ma sœur possède un très beau portrait de M""' de Broc.
PANNELIER (1)
(') Prière de vouloir bien lire d'abord, dans les Notices de Mm> Campan, que j'ai oubliées dans le Volume 1, le chapitre intitulé : » Sophie Genêt, mariée à Lucien l'anellier ».
Pierre Antoine Pannelier. Marchand. Bourgeois de Paris. Epouse Marie Claude Henry.
Si
— se— =— =p£7
Antoine LUCIEN Pannelier,
né à Paris vers 1757.
Receveur des Domaines et Bois du roy.
Epouse, à Versailles, 20 niai 1781,
Anne Glaphire SOPHIE Genêt,
née à Versailles 28 juillet 1761,
Femme de chambre de Madame Mlle du roy.
Louis LUCIEN Pannelier,
né à Paris 20 mars 1782,
7 dans l'expédition de S'-Domingue en 1802.
1° François, Baron Lambert, Inspecteur aux Revues, puis Intendant général.
Jeanne Eii.ame.
Épouse Thomas
Melcihor Morin,
Notaire au Chàtelet.
ALEXANDRINE Eul.vlie Balbine
Pannelier (d'Arsonval),
née à Paris 25 septembre 1784.
Epouse :
2» En 1838, le Général Ueymes Pas d'entant.
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— S- p s iT
S" 2 j? 5 ce c t-1
Tristan, Baron Lambert.
Député, l'as d'entant.
g o 11 s 1 1 1 1 is Ils
l'as d'enfant.
(Archives de la Seine. 1725.)
« Extrait du? registres de baptêmes de l'église royale et paroissiale de Saint Barthélémy, en la cité de Paris.
« Le vingt troisième jour de Mai de l'an mil sept cent vingt cinq fut baptisé par M. le sous vicaire, Pierre Lucien, né le jour précédent, fils de Pierre Antoine Pannelier, marchand bourgeois de Paris, et de Marie Claude Henry, sa femme, demeurant Pont au change de cette paroisse »
(Archives de la Seine. 1775.)
« Minutes des Lettres de Ratification | du 11 décembre 1775, pour vente de maison, rue Jacob. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui : la Purge d'Hypothèques.]
« Antoine Pannelier Receveur des domaines et bois, Pierre
Lucien Pannelier receveur des domaines et bois lesd.
antoine et Pierre Lucien Pannelier frères h°''s de la d Veuve henry leur ayeule par représentation de lad. marie Claude henry leur mère décédée f" dud antoine claude Pannelier Lesd f^s Desplans et Rouillard sœurs h^s de la d V™ henry leur bisayeule maternelle par représentation d'henriette elizabeth Pannelier leur mère décédée fe de guillaume nicolas Desprcz notre Imprimeur et de lad marie claude henry fe dud Pierre antoine Pannelier Leur ayeule paternelle lad fe Senneville et S>' Caron mineur frère et sœur h""'5 chacun por moitié de Jeanne Pannelier leur mère fr dud Caron père Laquelle étoit her* de lad V*° henry leur ayeule par représentation de marie claude henry sa mère epouze dud Pierre antoine Pannelier. . . »
(Versailles, Paroisse St-Louis. 1781.)
« L'an mil sept cent quatre vingt un le vingt six May après la publication d'un seul ban. . . en cette paroisse. . . vu aussi la publication d'un seul ban . . . clans la paroisse de Saint Sulpice
de Paris nous soussigné prêtre de la mission faisant les
fonctions curiales et chargé des mariages de la paroisse notre dame de cette ville avons avec la permission de Monsieur le Curé de cette paroisse fiancé et uni en légitime mariage de leur mutuel consentement et de celui de leurs principaux parents Antoine Lucien Pannelier, Ecuyer receveur des Bois du roy, natif de la paroisse saint germain L'auxerrois à paris, âgé de vingt quatre ans 1ils de Maitre Pierre Lucien Pannelier avocat en parlement seigneur D'anuel jeauville, ancien receveur des Bois du roy et de Marie inadelaine Bazin de fait et de droit de la paroisse Saint Sulpice de paris, D'une part et amie Glaphire Sophie genêt femme de Chambre de madame fille du roy de cette ville et paroisse, âgée de vingt ans, fille de sieur Edme .lacques Genêt, Premier Commis aux affaires Etrangères et de marie anne Louise Cardon de fait et de di'oit de cette Paroisse D'autre part en présence du côté de l'époux de ses père et mère de Maitre Thomas Melchior Morin avocat en parlement conseiller du roy notaire au chatelet de la paroisse de Saint Paul à paris son beau frère, de Maitre antoine Pannelier, son oncle avocat en parlement receveur général des domaines et bois de Monsieur frère du Roy de la paroisse de saint Paul à Paris, et de Guillaume Nicolas Desprez, imprimeur ordinaire du roy et du Clergé de france de la paroisse de Saint Beuvin rue Saint Jacques à paris, du côté de l'épouse de ses père et mère, de Messire Louis Cardon, Chevalier de l'ordre royale et militaire de saint Louis major des Ville et cité D'arras, son oncle, et de pierre César Auguié régisseur général des Vivres du royaume de la paroisse de Saint nicolas Deschamps, rue du Temple à paris Lesquels sous les peines portées par les ordonnances du roy, nous ont certifié la liberté, le domicile et la catholicité des époux tous ont signé avec nous. »
(Archives de la Seine. 1782.)
« Extrait des registres des baptêmes de l'église paroissiale de Saint Sulpice à Paris."— Le vingt du mois de mars de l'année mil sept cent quatre vingt deux a été baptisé Louis Lucien né aujourd'hui 1 ils de Antoine Lucien Pannelier Ecuyer Receveur des bois et domaines du Roy et de Anne Glaphire Sophie Genêt son épouse demls rue du Colombier, le parain Pierre Lucien Pannelier, ecuyer, ayeul de l'enfant, la maraine
Marie Anne Louise Cardon veuve de Edme Jacques Qenet premier commis des Affaires Etrangères, aveulie de l'enfant le père présent. »
(Archives de la Seine. 1784.)
« Ville de Paris. Extrait du registre des Actes de Naissance de la Paroisse St P.ocïi pour l'an 1784.
« L'an mil sept cent quatre vingt quatre le vingt six septembre a été baptisée Alexandrine Eulalie Balbine, née hier, fille de Antoine Lucien Pannelier éciiier, Receveur des domaines et Bois du roi et de anne Glaphire Sophie Genêt, son épouse, de cette pssc rue Nvc du Luxembourg.
« Parrain, edme Charles Genêt, chef de bureaux des affaires étrangères, dem1 à Versailles.
« Marraine, Jeanne Eulalie Pannelier, Epouse de Melchior thomas Morin, rue St antoine qui ont signé avec le père.
o (Signé :) Pannelier, Pannelier, Genêt, Monsainton. »
ANOBLISSEMENT DES PANNELIER
(Bibliothèque nationale. Manuscrits. Nouveau d'Hozier. 258.)
•i Annoblissement au Sr Pannelier
« Du mois de Janvier 1768.
« Copié sur l'original en parchemin.
« Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre à tous présents et à venir, Salut, le privilège de la noblesse a toujours été regardé par les Rois nos prédécesseurs comme la marque la plus éclatante de leur estime et la récompense la plus honorable qu'ils pussent accorder à ceux de leurs sujets qui s'étoient distingués dans les différents états qu'ils avoient
embrassés et c'est avec la plus grande satisfaction que
nous avons reconnu que notre cher et bien amé le S> Pierre- Lucien Pannelier Receveur de nos Bois de Senlis et de
Compiègne a l'ait naître toutes les circonstances qui étaient en son pouvoir pour contribuer à un avantage qui fait l'essence et L'appui le plus réel de notre puissance. Dans sa Terre d'Anne! limitrophe de nus Domaines de Compiègne, il a mérité par ses travaux et par la nature de ses dépenses les grâces que nous jugeons devoir accorder à ceux qui en se livrant à l'agriculture rendent aux Campagnes l'activité et la vie qu'elles sembloient avoir perdues, dans l'exploitation de cette Terre dirigée par des viies conformes à la supériorité et à l'utilité de nos volontés, il s'est, par préférence à son intérêt personnel, livré aux travaux qui pouvoient tendre au bien public ; les défrichements, les dessèchements et le rétablissement des chemins publics et de traverse qui étoient impraticables et rendoient dans presque toutes les saisons impossible le transport des productions des contrées qui l'environnent ont fixé son zèle. De pareilles entreprises faites à grands frais ont répandu parmi les habitants qui sont à portée de jouir du fruit de ses travaux une aisance que depuis longtemps ils n'avoient ressentie, le nécessaire qu'ils avoient a peine leur a été rendu, et ils sont parvenus à pouvoir satisfaire aux charges de l'Etat, qui jusqu'alors étoient audessus de leurs forces; il les a fixé dans leurs aziles qu'ils étoient prêts d'abandonner; ses travaux pour le bien publie ne se sont point bornés à l'enclave de sa Terre et aux territoires qui en sont voisins. Pour seconder nos intentions sur l'approvisionnement de notre bonne ville de Paris, il avoit établi des magasins d'abondance sur la rivière près St Denis et pour en faciliter l'accès il avoit à ses frais et do l'approbation de notre Intendant des Finances, chargé du Département des Ponts et Chaussées, fait relever la chaussée de la Briche pour la garantir des innondations qui la couvraient sous une profondeur d'eau la plus dangereuse et la plus funeste pour la vie et la fortune de nos sujets. D'importance de cet établissement était digne de tous nos égards, et nous n'avons vu en prépondérer les prétieux effets que par notre Déclaration du vingt cinq May mil sept cent soixante-trois, par laquelle nous avons rendu générale la liberté de faire dans l'intérieur de notre Royaume le commerce de grains et d'en faire des magasins. Mais le zèle et le mérite du S1' Pannelier n'ont rien perdu auprès de nous de leur prix, et nous l'avons jugé d'autant plus mériter nos bienfaits que nous sommes instruits qu'il a avec les sentiments d'un vrai citoyen continué de verser ses fonds dans les mains des cultivateurs. La
sagesse et l'intégrité dont il n'a cessé depuis mil sept cent cinquante-deux de donnée des preuves dans l'exercice de ses charges, en l'aisant dans des temps difficiles des avances considérables et de pur zèle qui ont soutenu et même fait augmenter le produit de nos Forêts de Compiègne et de Senlis; les armements dans lesquels il est entré dans nos dernières guerres; le respect et l'attachement qu'il avoit pour l'unique héritier de notre couronne, dont la perte nous est si sensible, et dont la conservation faisoit tout l'objet de ses vœux, et des dépenses qu'il avoit faites pour garantir autant qu'il étoit en son pouvoir de tous dangers dans nos séjours à Compiègne une Tête qui nous étoit si chère; la manière honorable et utile à notre. Etat dont ont vécu son père et son ayeul dans leurs entreprises pour le soutien et l'augmentation de nos forces maritimes auxquelles ils ont contribué avec l'applaudissement et la confiance les plus distingués de nos Ministres et dont ils nous ont instruit. Des motifs aussi dignes de récompense nous ayant convaincu que si le S'' Pannelier n'a pas été à portée de verser son sang pour notre défense et la gloire de notre Trône, il est un de nos sujets qui en vrai citoyen sacrifie sa fortune et ses travaux pour la force et le bonheur de nos Etats. Ce genre de mérite a toujours été à nos yeux une des plus puissantes considérations pour lesquelles nous nous sommes réservés d'accorder la noblesse. Les sentiments et les actions du Sr Pannelier demandent qu'il ne la tienne que de ses vertus patriotiques et de notre munificence. A ces Causes et de notre grâce spéciale pleine puissance et autorité Royale nous avons annobli et par ces présentes signées de notre main annoblissons le d Sr Pierre-Lucien Pannelier, et du titre et qualité de noble et d'Ecuyer l'avons décoré et décorons, voulons et nous plait
« Donné à Versailles au mois de Janvier l'an de grâce mil sept cent soixante-huit, et de notre règne le cinquantetroisième (signé) Louis. »
(Bibliothèque nationale. Manuscrits. Nouveau d'Hozier. 258.)
« Pannelier — Février 1768.
« Règlement d'armoiries.
« Antoine-Marie d'Hpzier-de-Sérigny, chevalier, Juge d'armes de la Noblesse de France ....
« Nous , avons réglé pour ses armoiries un tëeu d'«:i<r
à deux Fasces d'or accompagnées de six feuilles d'Orme de infinie renversée* et posée* trois en Clief, deux en Fasce et l'outre à lu pointe de l'Ecu : le dit Ken timbré d'un Casque de profil orné
de ses Lambrequins d'Or et d'Azur A Paris le premier
jour du mois de Février de l'an mil sept cent soixante-huit.
| Signé | « D'IlOZIEIÎ DE SÉRIGNY « pour minute »
Les services rendus par Pierre Lucien Pannelier et pour lesquels il a été anobli sont de ceux qui, de nos jours, lui vaudraient la décoration de chevalier de la Légion d'honneur ou d'officier du Mérite agricole. Mais il y a une différence d'appréciation, el elle me paraît considérable : Les Lettres de Noblesse de Pannelier invoquent aussi, on l'a remarqué, les services rendus par son père et son grand-père, tandis que, actuellement, pour une décoration ou autre récompense, il n'est pas plus question des ascendants du bénéficiaire que s'ils n'avaient jamais existé. L'on seul, dans l'Ancien Régime, pi us de continuité que maintenant; la famille avait une importance que l'éfniettement produit par l'individualisme et la dispersion modernes n'altérait pas encore.
RUINE DES PANNELIER
(Archives nationales, V:398.)
« Grande Chancellerie et Conseil.
Commissions extraordinaires du Conseil.
Pannelier d'Annel et la veuve Bazin. «
C'est le dossier de la ruine des Pannelier. Il a 12 centimètres d'épaisseur ! Je me bornerai à quelques extraits et
résumés. L'exploitation de la propriété d'Anne] suivant des vues que Louis XV déclarait conformes aux siennes! Lettres de Noblesse'), n'a décidément pas été un succès financier.
Union des créanciers. Le 18 septembre 1783 et jours suivants. Je les compte exactement : ils sont 39, parmi lesquels il n'y a pas Sa Majesté qui, on le verra plus loin, a réclamé cependant une somme considérable.
Quatre-vingt trois citations de créanciers, datées 10 août 1781
et dates voisines.
<s en la présence dudit sieur Pannelier d'Anne), de Marie- Madeleine Bazin, son épouse, de Marie-Jeanne Meunier, veuve du sieur Cilles Bazin. »
J'observe que, sur ces nombreuses pièces, les signatures des créanciers sont sablées avec de la poudre vulgaire, celle de Pannelier, avec de la poudre d'or.
A tous ces gens, Pannelier a emprunté de l'argent.
Jugement du 12 may 1785 pour la vente, en adjudication, d'une des maisons, desdits Pannelier, son Épouse et dame Bazin, sise à Compiègne.
« Pierre Lucien Pannelier Ecuyer, cy devant ebargé du répeuplement de la forest de Compiègne, son Epouse et la veuve Bazin et leurs créanciers. »
« Vu l'arrêt Rendu an Conseil d'Etat du Roy, Sa Majesté y
étant le 13 décembre 1783 par lequel Sa Majesté a évoqué a
Elle et à son Conseil les contestations nées et à naître entre les
d Sr et D1' Pannelier et la d Y'' Bazin, et leurs créanciers,
relativement à la liquidation de leurs dettes, à la vente de
leurs immeubles et à l'ordre et distribution du prix d'iceux etc. »
— id : 24 février 1785, pour adjudication de la maison sise
à saint germain en laye rue des ursulines.
7 avril 1785, des biens de la mabonnerie;
7 avril 1785, de la maison rue st antoine àConipiègne;
7 avril 1785, d'une maison sise à Paris rue du Boule.
« Ordres et Distribution des Biens de Mr et M"« Pannelier, et de M»"? veuve Bazin Du V2 mai 178G. Mc Morin Notaire, d
Le contrat d'union des créanciers est du 18 septembre 1783. Ils sont créanciers de « Pierre-Lucien Pannelier, Ecuyer, ancien Receveur Particulier des bois et Maîtrises de Compiègne et de Senlis et dame Marie-Magdeleine Bazin son épouse, et de dame Marie-Jeanne Meunier, veuve du sieur Gilles P.azin, Marchand Fayancier privilégié du Roi »
Les époux Pannelier ont des enfants, mais qui ne sont pas nommés. Leur contrat de mariage, a été passé devant Mf Vanin, notaire à Paris, le 10 août 175(1
Le S1' Bazin, père de la dite darne Pannelier, est décédé le 7 février 1758, laissant deux enfants : la dame Pannelier et un fds, Jean Prosper Bazin qui est mort sans postérité.
(< Pierre - Lucien Pannelier, Ecuyer, Seigneur d'Annel, Janville et autres lieux . »
« Sr Colles Bazin, ancien Marchand Faïencier à Paris. »
« La dame Bazin a souscrit en faveur desdits sieur et dame Pannelier, et au profit de divers créanciers, des cautionnemens jusqu'à concurrence de quatre cens quatre-vingt-trois mille livres de principal. »
« Il a été exposé par le dit M1- Jurieu qu'il est dû à Sa Majesté par ledit sieur Pannelier une somme de cent dix mille quatre cens deux livres un sol sept deniers. » Je remarque que, d'après les Lettres de Noblesse, de 1768, dudit sieur Pannelier, c'était au contraire Sa Majesté qui lui devait jadis de l'argent, et beaucoup. Je compte 39 créanciers.
Les dits Pannelier et Ve Bazin établissent ainsi la situation :
Actif de M'' et M""-' Pannelier 1 277 780 Livres
Actif de M Bazin 883 172
Ensemble 2 160 952 Livres
« Passif de Madame Bazin, résultant
presqu'en totalité de l'effet des dits
cautionnements » 533 551 Livres
<s Passif de M1' et Madame Pannelier » 1 555 474
Ensemble 2 089 025 Livres
L'affaire n'était pas terminée en décembre 1789.