DE LA S- PARTIE
Depuis des années, je travaille à ce LIVRE DE FAMILLE. Je projetais de le publier en une fois, mais j'ai dû renoncer à cette idée: la 3ma partie, Famille de ma Femme, a été prête quand la 2me, Famille de ma Mère, était très avancée, mais la lre, Famille de mon Père, bien loin d'être terminée. Pour ne pas retarder longtemps toute cette publication, je me suis décidé à publier chaque partie séparément : la 3me a paru le 13 mai '1914 et je publie aujourd'hui la t7n,e.
La préface de la 3me partie s'applique aussi absolument à cette 2me. Je l'ai donc reproduite ci-dessus et je prie le lecteur d'en prendre connaissance.
Voici maintenant quelques remarques concernant plus spécialement cette 2mc partie.
J'ai recueilli de très nombreux renseignements : notes rédigées par des parents, pièces copiées dans des registres ou dossiers, lettres particulières, etc. J'aurais pu les fondre en une nouvelle rédaction ; il m'a paru, de beaucoup, préférable de les transcrire tels quels, autant que possible, en indiquant soigneusement l'origine d'un chacun. 11 est vrai qu'ainsi il faut plus d'attention pour bien saisir l'ensemble, mais cet inconvénient est compensé par deux avantages : en effet, ces renseignements sont de véritables documents, manifestant par eux-mêmes toute leur valeur —
et beaucoup tirent une saveur particulière de cette tendance que nous avons tous, de nous mettre, en pensée, à côté de l'auteur dont nous lisons le récit.
On verra, en suivant les branches de ma famille, que bien des noms s'éteignent. Ceci provient, en partie, de ce que les conditions sont défavorables à la conservation des noms, car, à ce point de vue, la naissance d'une jille est bataille perdue définitivement, tandis que la naissance d'un garçon n'est bataille gagnée i/ue provisoirement, puisque ce garçon peut mourir sans enfants ou n'avoir que des filles.
En faisant ce LIVRE, ~me partie, j'ai remarqué que les traditions de famille sont toutes vraies en gros, bien qu'elles soient fausses pour beaucoup de détails et mettent d'ordinaire les gens dans des situations plus importantes que celles qu'ils occupaient en réalité. Ces constatations m'ont frappé au point de vue de l'Histoire en général, car je ne doute pas qu'il en soit de même pour les traditions qui, recueillies plus ou moins tardivement, constituent une grande partie de l'Histoire ancienne.
La Révolution, époque terrible, agant été aussi une époque extrêmement paperassière, m'a fourni îles documents fort intéressants et j'ai cru devoir les reproduire maigre leur longueur. Ils apprennent non seulement l'histoire de la famille, mais aussi l'Histoire de la France et cette remarque s'applique ci beaucoup des renseignements du A '.VIIIe siècle et du temps de Napoléon 1er.
Ce LIVRE, S?""-' partie, par l'importance de certains personnages et par la nature de certains documents, est plus qu'un LIVRE DE FAMILLE: il constitue, je crois, une contribution intéressante à l'Histoire de France,
EDOUARD HARLÉ.
Bordeaux, le l-i Février lot 5.