LE BIEN VIENT DE DIEU SEUL
AK A1 pensé, Sire, pouvoir cer-
taines choses, encore que je
ne sois rien ; je pensais être riche et je suis pauvre; je pensais être habile et je suis trompé: Je vois bien maintenant, Sire, que sans toi on ne peut rien faire!
Tu m'as parfois délaissé, afin que je me connusse ; Car je pensais me suffire à moi-même, ne croyant pas nécessaire que tu me gouvernasses; mais dès que tu fus loin de moi je tombai en mal, et la chute fut par moi, et le relèvement fut par toi. Sire, tu n'as ouvert les yeux et je vois que la tentation est la vie de l’homme sur la
terre et que devant toi nul ne se doit glorifier et aucun vivant se justifier.
Car s'il ya en moi du bien, petit ou grand, c’est ton propre don; de moimême il n’y a rien, sauf le mal. Celui donc qui se fait gloire à soi-même du bien que tu lui as donné, celui-là te vole, il ressemble au diable qui veut dérober ta gloire. Celui qui veut être loué du don que tu lui donnes et qui dans ce don ne cherche pas ta gloire mais la sienne est tout ingrat, car il ne te rend pas grâce de ton don. Mais toi, Sire, toi qui m'as formé dans le ventre de ma mère, ne me laisse pas choir: À toi, Sire, soit gloire, à toi d’où vient tout bien : à moi confusion de visage et de misère, à moi de qui vient tout mal.
Sire, je te confesse ma pauvreté. Je suis une terre nue et aride qui sans ta bénédiction ne porte aucun fruit saut confusion, péché et mort. Si j'ai parfois quelque chose de bien, je l’ai de toi; tout ce que j'ai de bien m'est venu de
te UA
toi : bien des fois j’eusse péri si tu ne m'eusses gouverné. Ainsi toujours, Sire, ta grâce et ta miséricorde sont allées devant moi, me délivrant de tous maux, rompant les pièges tendus devant moi, tant les occasions de fautes. Si tu n'’eusses pas fait cela, j'eusse commis tous les péchés du monde : car il n’y a nul péché fait par un homme qu’unautre aussi ne puisse faire. Mais c’est toi seul qui as empèché que je ne les fasse!
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