‹ Livre de prièresChapitre 22 sur 57 · CONFESSION · texte numérisé non relu

CONFESSION

RES haut, très bénin, et très amoureux Dieu, créateur et gouverneur de toutes

créatures, à ta très grande bonté je confesse tous mes péchés, en quelque manière que Je les aie faits, depuis cette heure où j'ai eu première connaissance, jusqu'à l’heure présente, en laquelle, par ta grande miséricorde, tu me soutiens encore en vie! De tous, Sire, vraiment, je ne puis être en mémoire ; tant ilen va ! Mais trèsbon Seigneur et très miséricordieux Dieu, auquel sont manifestées toutes choses, où qu'elles se fassent, qui est le véritable regardeur de pensées et très

équitable chercheur des cœurs, tusais, Sire, tous mes péchés, ceux que j'ai faits ou fais encore, ou dans mon âme par pensées ou dehors par actions. Et comme véritablement je sais que toutes ces choses te sont connues, de toutes celles que je connais, et que j’ai faites contre ta volonté, je me confesse devant toi et devant tous les saints, je m'en tiens coupable et responsable. Et si ta divine miséricorde ne me secourait, après la mort de lachair, je crains d’être perpétuellement damné. Etpourtant je sais, très doux Dieu, que tu m'as fait en ta grande miséricorde et que tu m'as eu en dilection, raison pour que je t'aime et te suive et que j'obéisse à tes commandements; car tu m'as fait, Sire, par amour de moi et non pour ton profit!

Car tu ne manques de nul bien, car toi-même es le bien, et par toi est bon ce quiest bon, tune peux être meilleur.

O mon vrai créateur et très miséricordieux Sire ! j’ai méprisé tes com-

mandements, je me suis très orgueilleusement porté, j'ai couru la route de perdition et de mort!

— Vanitéet vent de vaine élévation j'ai suivi, très bon. Dieu! Devant ta toute-puissance je suis orgucilleux, vain, plein d'orgueil. Souvent, Sire, je fais cas de l’estimation des hommes, et il appert bien que je ne n'en enorgueillis ; car si quelqu'un ne me parle pas de ce que j'ai fait, je lui en sais mauvais gré, et moi-même je meloue.

Donc, doux Sire,mon créateur,secoursmoi, aide-moien mes besoins, secours mon âme, et, par ton indicible miséricorde, détruis et ôte de moi mon orgueil!

— Sire, bien d’autres choses j'ai en moi, comme colère, et impatience, odieuse discorde, imagination, rancune, ennuis de pensée, voracité de gueule, murmuration, avarice, rapine, et bien des choses semblables à celleslà.

— Encore plus, j'ai un mal, Sire,

au-dessus de tous mes autres maux, et c'est depuis que je suis sorti du berceau, et toujours il est venu croissant en moi, durant l’enfance, et l'adolescence, et la jeunesse toujours, toujours, ila fait multiplication en moi, et encore aujourd’hui ne veut pas me laisser. Ce mal, Sire,c'est la délectation de la chair, tempête de luxure, qui, en trop de manières, a blessé et ôté de ta grâce ma chétive âme!

— Très doux et très bénin Dieu, je me confesse aussi devant ton omnipotence de cela : par d’immondes réflexions j'enflamme et je nourris des ardeurs très grandes ettrès déshonnètes; non pas seulement les miennes mais les délectations des autres!

‘ Mon Dieu et ma miséricorde, reoarde à ta très grande pitié et me fais selon ta grande miséricorde. Si tu regardes, Sire, mes mauvaisetés, qui les pourra souffrir ? Qui pourra endurer ta justice, sans ta grande miséricorde ? Sois pitoyable à moi pécheur ; pardon-

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ne-moi mes péchés et mes iniquités !

que par ta grande miséricorde, je sois mondé et purgé de tous mes vices, et miséricordieusement absous de tous mes péchés. Que quand ma vie sera finie, je puisse être au royaume des cieux, où je puisse, avec tous les saints, te louer, bénir et glorifier ! Amen!

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