‹ Livre de prièresChapitre 3 sur 57 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

grand'foison de ménestrels» chantantdes rondeaux et virelais.

Mais si la légende et l’histoire se sont complues dans ces brillants souvenirs, on connaît moins les graves et religieuses pensées qui ont illuminé l'automne d’une si rutilante carrière.

Dans le texte primitif de ces oraïsons, la langue encore informe, la construction encore latine, et l'orthographe encore incertaine du quatorzième siècle intéressaient surtout les philologues, amis des vieux manuscrits.

C’est pour les profanes, tout au contraire, que nous éditons le LivRE DE PRIÈRES.

IIS trouveront ici, sans doute, le texte même de Gaston Phébus, fidèlement respecté dans son tour archaïque, dans sa sève d'antan, dans son vieux langage français, à la grâce primesautière et forte; mais le texte rendu intelligible, ramené, pour la commodité d’une lecture courante, à la forme comprise, à l’ordre actuel des mots, à l'orthographe usuelle de nos temps: le texte ponctué à la moderne, dans l'intérêt de la clarté, dégagé des inversions et des répétitions, allégé des longueurs et des

PRÉFACE Vil

obscurités : le texte divisé, sous des titres différents, choisis et disposés comme les matières l’indiquaient.

Ainsi savourera-t-on, nettes et dévoilées, sans étude, sans effort, sans travail d'esprit, ces pensées chrétiennes, qui empruntent une étrange saveur à la personnalité, au nom de l’écrivain et à son temps.

D'une part, ces pages mouillées de lar.

mes expriment le gémissement de l'âme contrite et endolorie : elles répètent, d'autre part, les appels du croyant à la miséricorde divine. C’est donc la juste prière du pécheur, en tous les temps, la prière bien placée sur nos lèvres aujourd’hui, comme elle convenait, il y a cinq cents ans, sous la plume du pénitent béarnais.

Après les PRiÈREs du comte de Foix on en trouvera quelques autres qui datent des siècles suivants. Leur caractère et leur forme intéresseront peut-être le lecteur, en servant Sa piélé.

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