APRÈS LA COMMUNION
Me voici devant vous, pauvre et nu, demandant votre grâce et implorant votre miséricorde. Rassasiez votre mendiant famélique; échauffez ma froideur du feu de votre amour; illuminez mon aveuglement de la clarté de votre présence ; faites que toutes les choses de la terre me soient amères ; que j'aie patience en toutes les chosesennuyeuses et contraires, que je méprise et oublie toutes les choses basses et créées ! Elevez mon cœur à vous, au ciel, et ne me laissez point être vagabond sur la terre ! Vous seul me soyez doux dorénavant jusqu’à la fin des siècles, car vous êtes seul ma viandeet mon breu-
vage, mon amour et ma joie !
Que vous embrasiez totalement ma volonté par votre présence, me brûliez et me transformiez en vous, afin que je sois fait un même esprit avec vous, par la grâce de l'union intérieure, et par la liquéfaction d’un amour ardent !
Ne permettez pas que je m'en aîlle d'avec vous à jeun et aride ; mais faites miséricordieusement envers moi comme vous avez souvent fait admirablement envers vos saints |