‹ Livres anciens et modernes; seconde partieChapitre 30 sur 30 · P. RISTELHUBER · texte numérisé non relu

P. RISTELHUBER

Deux beaux et forts volumes in-8° écu, imprimés par MoTtTeroz, sur papièr de Hollande. Au lieu de 25 fr. SP

Envoi franco contre mandat de poste.

L'Apologie pour Hérodote, l'un des monuments les plus considérables de la langue et de la littérature françaises au xvi° siècle, et sous un titre affectant à dessein l'érudition, le tableau satirique le plus vivant, le plus coloré, le plus complet de notre vieille’ société, paraît aujourd'hui pour la premiére fois, ostensiblement imprimé en France, dans toute l'intégrité de son texte primitif.

L'édition originale (la seule, selon toute apparence, qui soit sortie des mains de Henri Estienne) ue vit le jour à Genève, en 1566, que mutilée par la censure du Conseil. À peine quelques exemplaires intacts avaient-ils pu échapper à la rigoureuse suppression qui en fut faite; et ils demeurèrent si longtemps cachés ou inconnus que, sur treize éditions ou contrefaçons publiées après la première, dans les quarante années qui la suivirent, de 1567 à 1607, aucune ne reproduit le texte censuré. Celle de la Haye (1735, 2 tomes en 3 vol. in-8°), qui se trouve le plus communément et qui passait pour la meilleure, ne donne elle-même que trente ou quarante lignes de ce texte.

Nous avons eu la bonne fortune de mettre la main, au dernier moment, sur un des seuls exemplaires connus échappés à la censure, et de constater, par! une comparaison minutieuse de cet exemplaire primitif avec les exemplaires ordinaires. que Henri Estienne avait dù réimprimer, en divers endroits de son livre, vingthuit feuillets, soit cinquante-six pages. é

Personne, jusqu'à ce jour, n'avait eu l’occasion de signaler ces nombreux passages, qui font de l'Apologie pour Hérodote, trois cents ans après sa publication, un livre presque nouveau. Une aussi heureuse découverte devait naturellement retarder la publication de nos deux volumes. Ils étaient, à ce moment même, complètement terminés et près à être mis en vente; nous n'avons toutefois reculé ni devant une perte de temps, ni devant une aggravation de frais, pour donner une édition conforme à celle que Henri Estienne avait présenté au Conseil de Genève. Nous avons réimprimé toutes les feuilles contenant les passages censurés, et nous y avons rétabli le texte primitif, en y joignant, sous forme de note, celui de l'exemplaire cartonné. Notre édition est donc bien définitivement la seule complète; disons mieux, elle a toute la valeur d'une édition originale, puisque celle d'Estienne n'existe plus qu'à l'état d'objet rare, soigneusement caché dans deux cabinets d'amateur.

I est inutile d'insister ici sur le mérite du Commentaire qui accompagne notre publication et qui est dû à l’érudit Alsäcien bien connu du public lettré, M. P. Ristelhuber; ce Commentaire, où une foule de questions d'histoire, de linguistique, de philologie. etc., sont élucidées, représente un travail de plusieurs années.

Quant à l'Apologie pour Hérodote, considérée en elle-même, c'est tout simplement un des grands ouvrages classiques du xvi° siècle, un livre qui a sa place au premier rang, entre Rabelais et Montaigne, bien au-dessus de la Satire Ménippée. Comme nous l'avons dit au début de cette Note, la voici, pour la premièresfois, ostensiblement imprimée en France où l'esprit de parti l'avait jusqu'à présent reléguée parmi les curiosités dangereuses qu’il est prudent de dérober au vulgaire.

Paris. — Typ. G. Chamerot, 19, rue des Saints-Pères. — 16957.

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