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avec succès pour la laïcisation et Tobligation de renseignement primaire. Les discours qu'il prononça sur ce sujet sont instructifs aujourd'hui encore, parce qu'il y a résumé, d'une manière populaire et persuasive, les arguments historiques contre le cléricalisme; et, d'autre part, les raisons qu'il donna pour laïciser l'enseignement public sont bonnes à repasser et à méditer aujourd'hui en vue de maintenir cette laïcisation, que tous les efïorts concertés des divers partis réactionnaires tendent à abolir.
Le programme de la politique scolaire de Paul Bert consistait : 1° dans l'établissement de l'enseignement primaire laïque, gratuit, obligatoire; 2** dans Tabolition du privilège dont jouissait le clergé par rapport au service militaire; 3** dans la suppression des congrégations religieuses.
Les deux premiers articles de ce programme se trouvent réalisés.
Le troisième, qui est actuellement ou va être à l'ordre du jour de l'opinion, Paul Bert en avait préparé la réalisation par des raisonnements qu'il importe de relire.
Il rappelait que la Révolution avait supprimé les corporations religieuses, parce que, selon le mot du modéré Bamave, elles sont « incompatibles avec les droits de l'homme », et parce que, selon le mot du monarchiste Dupont (de Nemours), elles « ne sont qu'un grand crime contre la nature et contre la société ».
C'est Napoléon qui prit l'initiative de laisser ces congrégations se rétablir en France : il espérait
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qu'elles l'aideraient à désorganiser les institutions et à ruiner Tesprit de la Révolution française.
Paul Bert les montre à Tœuvre, surtout celle des jésuites. Il produit des faits, il cite des paroles, il analyse des écrits, d'où ressort la conspiration de tous ces moines et religieux contre la France nouvelle, contre l'État laïque. Cette démonstration éloquente et forte pourra être utilisée sans y presque rien changer, et en y ajoutant seulement les griefs d'hier, par les orateurs qui demanderont aux républicains de 1900 de revenir à la mesure de défense sociale qu'avaient prise les monarchistes de 1790.
C'est surtout l'enseignement congréganiste qui est dénoncé dans les pages qui composent ce volume. On le verra : Paul Bert n'hésite pas à conclure, des faits authentiques qu'il rapporte, que c'est un enseignement irrationnel, immoral, antipatriotique, qui atrophie et déforme les esprits.
Mais, qu'elles enseignent ou non, il demande qu'on les supprime toutes, ces congrégations religieuses. S'appropriant le projet d'un de ses collègues, il propose de restituer aux donateurs et aux religieux actuellement vivants ce qu'ils ont apporté, d'attribuer des rentes viagères aux moines et aux nonnes dont les couvents ont été supprimés. Du reste, les biens des congrégations seraient confisqués et attribués au service national de l'instruction publique.
Ce retour à la politique de la Révolution semblait à Paul Bert indispensable pour que notre république démocratique pût enfin s'organiser. Il lui paraissait absurde de laisser se développer dans notre société