MADEMOISELLE ROSITA MAURI DANS LES DEUX PIGEONS
MADEMOISELLE ROSITA MAURl
mérite de prendre rang parmi les premières et les plus grandes que nous ayons vues sur la scène de l'Opéra. »
La même année, on l'applaudit dans la M/iiife : citons encore : « Mademoiselle Rosita Mauri représente la jeunesse et la grâce. Sa mimique est tout un poème que son geste rythme harmonieusement; elle est plastiquement celle que les auteurs ont dû rêver : son œil a bien les vivacités des filles du peuple de cet heureux [^ pays, elle a bien le teint mat et chaud des jolies "Napolitaines, et la pureté de lignes des types les plus accomplis; toujours en scène, elle sait écouter, elle sait répondre d'un geste partant et avec des expressions de physionomie éloquentes.
« Aussi son succès a-t-il été des plus vifs; elle était, par la danse, parmi les premières; elle est la première, par
la mimique, et devient l'étoile de notre ballet, sans aucune contestation possible. »
A la tin de l'année 1880 notre gracieuse artiste se produisait dans sa deuxième création ; je parle de ce délicieux ballet qui a nom la Korrigane. Ce ne fut pas un succès, ce fut un triomphe ; et, parmi les fleurs qu'on lui envoyait après le premier acte, on remarqua une couronne d'or, — produit d'une souscription en tète de laquelle figurait le nom de la reine d'Espagne, — offerte à la ravissante étoile en signe d'hommage par ses compatriotes résidant à Paris.
Après Va Korrigane, ce fut française de T(iinini. Encore un triomphe pour la gentille petite Mauri, qu'on ne voulait pas se lasser de voir. On lui a fait bisser ses pas, et elle avait beau envoyer des baisers de tous les côtés, ceux qui n'en avaient pas eu, la rappelaient encore pour attraper leur part.
Ici se place un accident qui fit passer un nuage de tristesse sur le beau front de la pauvre petite sabotière !
A la suite des fatigues excessives que lui causait, dans le divertissement de françoise de T^mini, son fameux pas espagnol, elle se vit, elle la plus vive, la plus pétulante des danseuses, condamnée à l'immobilité par une détente complète du muscle essentiel près de l'orteil droit.