II
tm LES SOURCES.
eer le monde vers le but de sa volonté sainte ?
Voilà quelques remarques sur la première question : Où en sommes-nous ?
Entrez alors clans la seconde, et, sans jamais perdre de vue tout ce premier tableau, reprenez, toujours par voie de synclironisme et d'histoire générale comparée, l'histoire distincte des races et des nations; toujours avec rapidité, en parcourant, aussi rapidement qu'il se pourra, chaque ligne, depuis son origine perceptible jusqu'à nos jours. Les revues de totalités peuvent seules instruire. Par là seulement, vous comprendrez ce qui retarde ou avance chaque nation et l'ensemble de l'humanité. Par là, vous verrez clairement où est le courant principal de l'histoire, où sont les eaux stagnantes. Vous verrez à quelle époque précise l'humanité a cessé de dormir comme un lac, lac exposé à se corrompre tout entier, à quelle époque précise s'est enfin écoulé du lac un fleuve d'eau vive et vivifiante, qui peut-être entraînera tout.
Vous suivrez facilement ensuite le chemin parcouru par le fleuve.
Quant à la troisième des questions historiques, « Quelle est la voie de l'avenir ? » je crois qu'il vous sera utile de la poser et de la traiter. Ce n'est plus, si l'on veut, que de la philosophie de l'histoire.
Soit. C'est précisément la science comparée que nous cherchons.
Dans cette question, il faut partir de ce principe, que l'homme est libre et que le genre humain finira comme il voudra. Il faut admettre, avec l'Écriture sainte, que Dieu a mis l'humanité « et l'a « laissée dans la main de son propre conseil ; que « la vie et la mort sont devant nous ; qu'il nous sera « donné ce vers quoi nous tendrons la main. » D'après cela, Herder avait raison de dire : a Tout ce « qu'une nation ou une partie de l'humanité vou- « dra sincèrement pour son bien lui sera donné. » Ce qui s'appuie encore sur la parole du Christ : « Si vous aviez la foi, rien ne vous serait impos- « sible. »
Cela posé, nous devons croire qu'il est possible d'atteindre le but, et que si l'Église catholique dit : « O Père, qui as donné à tes enfants ce globe pour « le cultiver, fais qu'ils n'aient qu'un cœur et « qu'une âme, de même qu'ils n'ont qu'une seule « demeure ; » si cette sainte et catholique parole est manifestement le but, nous pouvons y atteindre, ou tout au moins en approcher autant que l'homme sur terre peut approcher de la perfection. « Si on « le voulait, dit saint \ugustin, si on suivait les « préceptes de Dieu, la république terrestre ferait,
« par sa félicité, l'ornement de ce monde présent, « et s'avancerait, en montant toujours, vers le « royaume delà vie éternelle'. »
Voilà le but, l'idéal, le possible. Nous sommes libres d'y arriver. Mais y arriverons-nous, et par quelle voie et quel serait, en ce cas, le plan de l'histoire future? C'est la question.
Et quelle question plus grande et plus pressante? C'est l'homme voyageur sur la terre qui se demande : Où est ma route? Où est a cette voie de « Dieu sur la terre2, >j qu'il faut connaître, et qui mène au but?
Vous comprenez que cette question est digne des plus sérieuses méditations d'une vie entière.