‹ Logique de Hâegel (volume 2)Chapitre 2 sur 80 · RUE DE L'ÉCOLE- DE-MÉDECINE · texte numérisé non relu

RUE DE L'ÉCOLE- DE-MÉDECINE

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LOGIQUE

(suite)

§ CXIÏ.

L'essence est la notion en tant que notion posée. Les déterminations de l'essence ne sont que des déterminations relatives, elles ne se sont pas encore complètement réfléchies sur elles-mêmes. Par conséquent, la notion n'y est pas encore comme notion pour soi. L'essence, en tant qu'être qui se médiatise avec lui-même par la négation de lui-même, n'est un rapport avec soi que parce qu'elle est un rapport avec un autre que soi, lequel n'est pas immédiatement comme simple être, mais comme être posé et médiatisé (1). — L'être n'a pas disparu, mais l'essence est d'abord, en tant que rapport simple avec soi-même,

(1) Das aber unmitlclbar nich als Seyendes, sondern als ein Geselztes und VermiUeltes : laquelle (l'essence) n'est pas immédiatement comme étant, mais comme une chose posée et médiatisée. C'est-à-dire que l'état immédiat, l'immédiatité de l'essence n'est plus l'immédiatite de l'être, mais une immédiatilc posée, développée j réalisée, une immédiaiité qui contient déjà ia médiation.

VÉRA. — Logique de Héjg'el. li, — 1

l'être (1). Mais, d'un autre côté, l'être qui suivant sa détermination exclusive est l'être immédiat, est descendu à l'état d'élément purement négatif, à un état d'apparence (2). — L'essence est ainsi l'être qui apparaît en lui-même (3).

REMARQUE

V absolu est ï1 essence. — Cette définition est la même que : l'absolu est l'être, en tant que l'être est aussi un simple rapport avec soi, mais elle est aussi une plus haute définition de l'absolu, parce que l'essence est l'être qui est descendu plus profondément enlui-même(4), c'est-à-dire, l'être où son rapport simple avec lui-même se trouve posé comme négation de la négation, comme médiation de luimême avec lui-même (5). — Lorsqu'on détermine l'absolu

(1) Le texte ne dit pas : « das Seyn » Vétre, maïs Seyn, être : ce qui est plus exact. Ainsi l'essence est être, c'est-à-dire l'être, rimruédiatité absolue est dans l'essence, mais elle y est comme moment subordonné.

(2) Ist zu einem nur negativen herabgesetzt, zu einem Scheine : est rabaissé à un (élément) seulement négatif, à une apparence. L'être se reproduit, subsiste dans l'essence, mais seulement comme moment subordonné, comme immédiatité de l'essence. 11 y est donc rabaissé. Par cela même il n'y est que comme élément négatif, et cela non en ce sens que Pessence est niée par lui, mais en ce sens qu'en se reproduisant dans l'essence, il constitue en elle le moment négatif, le moment qui fait que l'essence, en se niant elle-même, en niant son être, son état immédiat, apparaît, qu'elle est la sphère du Schein, de l'apparence.

(3) Das Seyn als Scheinen in sich selbst : l'essence est Yêlre en tant qu'apparaître en soi-même : car l'apparence est dans V essence, ou, pour mieux dire, est l'essence elle-même, et l'être n'est pas seulement, mais il apparaît dans l'essence.

(4) In sich gegangene Seyn : l'être qui est allé, qui a pénétré au dedans de lui-même : c'est-à-dire l'être qui n'est plus l'être immédiat, mais qui par sa dialectique a posé ses déterminations, son contenu.

(5) C'est-à-dire qu'on n'a plus le rapport simple de l'être avec lui-même en tant qu'être immédiat, mais un rapport simple ou une nouvelle immédia-

comme essence, on n'y considère ordinairement la négation (1) que comme une abstraction de tout prédicat déterminé. Cet acte négatif, cette abstraction se trouve ainsi placée hors de l'essence, et l'essence elle-même ainsi conçue n'est plus qu'un résultat sans ses prémisses, elle est le caputmortuum de l'abstraction (2). Or, comme cette négativité n'est pas extérieure à l'être, mais qu'elle est sa propre dialectique, il suit que sa vérité, l'essence, est l'être qui est descendu plus profondément en lui-même, ou qui est en lui-même (o). C'est sa différence d'avec l'être immédiat qui constitue cette réflexion qui fait qu'il apparaît au dedans de lui-même, et c'est cette réflexion, cet apparaître qui constitue la détermination spéciale de l'essence elle-même (4). Zusatz. Lorsque nous parlons de l'essence, nous dis-

tité qui contient une médiation, et qui est amenée par cette médiation. Et c'est précisément cette immédiatité médiatisée amenée par la dialectique de l'être lui-même qui est l'essence.

(1) Die Negativildt : la négativité, c'est-à-dire ici l'essence qui nie tout prédicat déterminé, et qu'on considère à tort comme une abstraction de tout prédicat, ou, si l'on veut, comme placée en dehors de tout prédicat, tel que la qualité, la quantité, etc.

(2) En effet, l'être constitue la prémisse de l'essence, et l'essence n'est un résultat véritable, c'est-à-dire uue catégorie concrète et plus haute que l'être qu'autant qu'elle contient des prédicats déterminés, c'est-à-dire ici l'être et ses différents moments, — qu'autant qu'elle est l'essence de l'être. C'est à cette condition qu'elle est la vraie négativité de l'être; autrement le fait, l'action négative [négatives Thun), s'accomplit, hors de l'essence elle-même, et l'essence n'est plus qu'un caput mortuum, une catégorie abstraite et vide.

(3) In sich seyende Seyn : expressiou équivalente à l'autre, et qui veut dire que l'être en se développant est entré plus avant dans sa nature, qu'il n'est plus l'être abstrait et immédiat.

(4) On peut dire que l'essence est l'être, mais l'être qui s'est différencié d'avec lui-même, en ce sens qu'il n'est plus l'être immédiat, et que par sa dialectique il s'est médiatise lui-même, et s'est ainsi élevé jusqu'à l'essence. En d'autres termes, lcssence c'est l'être médiatisé ou avec médiation. C'est !à ce qui fait le mouvement réfléchi, Vapparaitre de l'essence.

tinguons d'elle l'être comme moment immédiat, et nous la considérons relativement à l'essence comme une simple apparence. Cette apparence n'est pas cependant un rien, mais c'est l'être en tant que supprimé. — Le point de vue de l'essence est le point de vue de la réflexion. L'expression « réflexion »est d'abord employé pour la lumière qui dans sa marche recliligne rencontre une surface réfléchissant et est renvoyée par elle. Nous avons ici un double moment, d'abord un moment immédiat, ou qui est, et en second lieu le même moment, mais médiatisé ou posé. C'est là aussi ce qui a lieu lorsque nous réfléchissons, ou, comme on dit aussi, nous revenons par la pensée (1) sur un objet, car ici l'objet ne nous satisfait point dans son état immédiat, mais nous le voulons connaître en tantque médïalisé. On assigne aussi ordinairement à la philosophie pour tache ou pour fin la connaissance de l'essence des choses, et par là on entend précisément qu'on ne doit pas se borner à percevoir les choses sous leur forme immédiate, mais qu'on doit les démontrer comme médiatisées par un autre principe (2), ou comme ayant en lui leur fondement. On se représente ici Têtre immédiat des choses, pour ainsi dire, comme une enveloppe sous laquelle se cache l'essence. — - En outre, lorsqu'on diU toutes choses ont une essence » , on entend parla qu'elles ne sont pas véritablement tellesqu'elles se montrent sous leur forme immédiate. Et l'on n'a pas cette réalité des choses en allant simplement d'une qualité à une autre qualité, et de la qualité à la quantité, et réciproquement, mais

(1) Nachdenken : une pensée qui vient après, une seconde pensée.

(2) Durch Anderet : par autre chose que leur forme immédiate, leur être immédiat.

DOCTRINE DE L ESSENCE. i)

en y découvrant un clément permanent ; et cet élément est l'essence. Maintenant, pour ce qui concerne la signification et l'emploi de la catégorie de l'essence, nous pouvons d'abord rappeler que nous autres Allemands, pour exprimer le passé, nous nous servons dans le verbe auxiliaire être du mot essence (1), en ce que nous désignons l'être passé comme ayant été (2). Dans cette irrégularité de l'emploi du langage (o), il y a au fond une vue juste du rapport de l'être avec l'essence, en ce que nous pouvons considérer l'essence comme l'être passé (/j) ; et à cet égard il faut aussi remarquer que ce qui est passé n'est pas pour cela nié d'une façon abstraite, mais qu'il est simplement absorbé, et par suite aussi conservé (5). Si nous disons, par exemple, de César, qu'il a été dans les Gaules, ce qui se trouve nié par là, c'est seulement l'immédiatité de ce que nous disons de César, et nullement son voyage en Gaule, car c'est ce voyage qui fait précisément le contenu de cette proposition, seulement ce contenu est ici représenté comme supprimé (6). — Dans la vie ordinaire on attribue souvent à l'essence la signification d'un être collectif, ou d'un tout (7),

(1) Wesen.

(2) Als gewesen. Nous avons à peine besoin de faire observer que cette remarque ne saurait s'appliquer qu'à l'allemand, et qu'elle est intraduisible daus une autre langue.

(3) C'est, en effet, un emploi irrégulier qu'on fait du langage que de se servir de l'expression essence (Wesen) pour désigner le passé (gewesen).

(4) Vergangene Seyn : passé non dans le temps, mais dans l'idée.

(5) Aufgehnben und somit zugleich conservirt wird. Cf. § vi, Zus., à la On. (6; Aufgehoben. C'est-à-dire que ce qui est nié dans cette proposition,

c'est le présent immédiat de ce voyage qui n'est plus qu'un passé, ce n'est pas le voyage lui-même qui fait le contenu de la proposition. Le présent immédiat est donc supprimé, absorbé, mais aussi conservé dans la proposition. J) Zusammenfassung oder eines Inbegriffs.

et c'est en ce sens qu'on parle, par exemple, de l'administration des journaux, de l'administration des postes, de l'administration des finances, etc. (1), ce par quoi on entend que les choses ne doivent pas être prises individuellement dans leur état immédiat, mais comme un tout complexe, et peut-être aussi dans leurs différents rapports. Ces expressions contiennent à peu près ce que nous avons déterminé comme essence. — On parle aussi des essences finies, et l'on dit de l'homme qu'il est une essence finie. Cependant dans la sphère de l'essence on est à proprement parler audessus de la finité, et, par conséquent, cette désignation de l'homme est sous ce rapport inexacte. On dit également : il y a une essence suprême, et l'on doit par là entendre Dieu. Il faut à cet égard faire une double remarque. La première c'est que l'expression, il y a, est de celles qui indiquent le fini. C'est ainsi que nous disons, par exemple, il y a tel nombre de planètes, ou bien, il y a des plantes de cette espèce, il yen a d'autres d'une autre espèce. Par conséquent, tout ce qui existe ainsi est quelque chose hors et à côté duquel il y a autre chose. Mais on ne saurait appliquer à Dieu qui est l'être absolument infini Vil y a, on ne saurait dire que hors et à côté de lui il y a d'autres essences. Ce qu'il y a hors de Dieu ne possède dans sa séparation d'avec Dieu aucune essence, et l'on doit plutôt le considérer dans son isolement comme privé en lui-même d'essence, comme une simple apparence. Mais c'est ici aussi que vient se placer laseco??^ remarque, savoir, que c'est une conception insuffisante de Dieu que celle qui le représente comme la

(1) ZeUungsïvesen, Poshvesen, Steuerwesen,

plus haute essence (1). La catégorie de la quantité dont on fait ici l'application ne trouve en réalité sa place que dans la sphère du fini. Par exemple, en disant celle-ci est la plus haute montagne delà terre, nous nous représentons en dehors de cette plus haute montagne d'autres montagnes ayant aussi une hauteur. Il en est de même lorsque nous disons de quelqu'un qu'il est le plus riche, ou le plus savant dans son pays. Dieu n'est pas seulement une essence, et la plus haute essence, mais l'essence : ce à quoi il faut ajouter, quehien que cette façon de concevoir Dieu constitue un degré important et nécessaire dans le développement de la conscience religieuse, elle n'épuise nullement la profondeur de la représentation chrétienne de la divinité. Si nous ne considérons Dieu que comme essence, et si nous nous renfermons dans cette conception, nous ne voyons en lui que la puissance universelle, qui ne souffre par des résistances, ou suivant une autre façon de s'exprimer, que le Seigneur. Or, la crainte du Seigneur est bien le commencement, mais elle n'est que le commencement de la sagesse. — C'est d'abord la religion judaïque, et plus tard le mahométisme qui ont conçu Dieu comme Seigneur, et essentiellement et exclusivement comme Seigneur. En général le défaut de ces religions consiste en ce que l'on n'y fait pas au fini la part qui lui appartient, tandis que le trait caractéristique des religions payennes et polythéistes c'est de s'arrêter au fini, soit au fini en tant que nature, soit au fini

(1) C'est ici que vient se placer la seconde remarque précisément parce que l'apparence — le Schein — est un moment de l'essence; ce qui fait que la conception de Dieu comme essence est insuffisante, ainsi qu'il est expliqué par ce qui suit.

en tant qu'esprit. — On enseigne aussi ordinairement que Dieu en tant qu'essence la plus haute ne peut être connu. C'est là en général le point de vue de Y explication moderne, et plus particulièrement de l'entendement abstrait qui ne va pas au delà de : il y a un être suprême; et suivant lequel c'est à cela qu'il faut s'en tenir. Lorsqu'on parle ainsi, et qu'on se représente Dieu sous la raison de l'essence la plus haute et inaccessible, on a devant soi le monde dans son existence immédiate, comme quelque chose de subsistant et de positif, et l'on oublie que l'essence implique précisément la suppression de toute existence immédiate. Dieu comme essence abstraite, inaccessible, hors de laquelle se trouveraient placées la différence et la déterminabilité, n'est en réalité qu'un pur mot, un simple caput mortuum de l'entendement abstrait. Savoir que les choses n'ont point de vérité dans leur existence immédiate, c'est là le commencement de la vraie connaissance de Dieu.

Ce n'est pas seulement relativement à Dieu, mais dans d'autres rapports qu'on emploie d'une façon abslraife la catégorie de l'essence, et qu'en considérant de cette façon les choses on se représenle leur essence comme un élément indifférent et indépendant à l'égard du contenu déterminé de leur existence phénoménale. C'est ainsi qu'on a l'habitude de dire, que ce qu'il faut considérer dans l'homme c'est son essence, que c'est là l'important et nullement son action et sa façon d'agir. Ce qu'il y a en cela de vrai c'est qu'en considérant l'activité humaine on ne doit pas s'arrêter à sa forme immédiate, mais la considérer en tant qu'elle est médiatisée par son principe interne, et comme manifestation de ce principe. Mais il ne faut pas en même temps oublier

que l'essence et ce principe ne s'affirment et ne se démontrent comme tels qu'en entrant dans la sphère phénoménale. En général, dans cet appel qu'on fait à l'essence de la nature humaine, comme se distinguant du contenu de ses actions, on ne se propose que de donner une importance exclusive à la subjectivité aux dépens de ce qui a une valeur en et pour soi (1).

(1) L'être est la détermination immédiate de l'idée et des choses (Das U millelbare . l'immédiat). Toute chose est d'abord avec sa quantité, sa qualité et sa mesure, lesquelles ne sont que des déterminations abstraites et extérieures qui viennent se concentrer dans une détermination plus concrète et plus profonde, l'essence. Lorsque nous voulons connaître ce qu'une chose est en et pour soi, nous ne nous arrêtons pas à son être et à ses déterminations, mais nous allons au delà dans la supposition qu'il y a sous l'être autre chose, un autre principe que lui, et que c'est cet autre principe qui fait la vérité de l'être lui-même. Lorsque nous disons que toutes choses ont une essence, nous voulons dire qu'en réalité et dans leur fond elles ne sont pas telles qu'elles se montrent immédiatement à notre aperception. L'essence est, par conséquent, une détermination médiate en ce qu'elle sort de l'être qu'elle présuppose et contient, mais qu'elle contient combiné avec ses propres déterminations. Ainsi les déterminations de l'être sont simples et immédiates, et les déterminations de l'essence, qui coutient l'être, sont doubles et médiates, ce qui fait que dans l'être il y a seulement passade d'une détermination à l'autre, tandis que les déterminations de l'essence sont unies par un lien plus intime. Par exemple, il y a passage de l'être au non-être, de la qualité à la quantité; mais ces déterminations ne sont pas ainsi constituées que l'une étant donnée l'autre soit donnée en même temps, et sans sortir d'elle-même. Or, c'est là ce qui a lieu dans les déterminations de l'essence. Ici les deux termes, cause et effet, identité et différence, etc., sont donnés immédiatement l'un dans l'autre, se réfléchissent l'un sur l'autre, et chacuu, en se réfléchissant sur l'autre, se réfléchit sur lui-même. Ce mouvement réfléchi constitue ce que Hegel appelle le Schein, Vapparence, ou ^apparaître de l'essence, parce que, d'une part, l'être n'est qu'une apparence, ou il ne fait qu'apparaître vis-à-vis de l'essence, et que, d'autre part, cet apparaître a lieu au dedans de l'essence elle-même pour laquelle l'être a été présupposé, ou qui, pour mieux dire, a présupposé l'être. Ainsi l'être séparé de l'essence n'apparaîl point, car il n'est que l'être. Il n'apparaît, par conséquent, qu'autant qu'on le compare avec l'essence, et qu'il est dans l'essence, car l'apparence est l'élément négatif (dos Négative) de l'être, élément

§ CXIIL

Dans l'essence le rapport avec soi prend la forme de l'identité, de la réflexion sur soi. Celle-ci a remplacé Yim-

qui a sa racine dans un terme autre que l'être, c'est-à-dire dans l'essence. L'essence pose et nie l'être, et par cela même qu'elle le pose et le nie, l'être ne fait qu'apparaître vis-à-vis de l'essence, et il n'est qu'une apparence de l'essence ; ce qui fait que l'être existe de deux manières, et qu'il se répète deux fois, qu'il est d'abord l'être immédiat, et ensuite l'être tel qu'il apparaît dans l'essence. Par exemple, si l'on prend, d'une part, l'être, la quantité, etc., et, de l'autre, la cause, la substance, etc., on verra que l'être existe d'abord en tant qu'être, et puis en tant qu'être dans la cause, etc., lesquels sont la cause, la substance de l'être, de la quantité et de la qualité, etc. Ce passage de l'être à l'essence amène le moment de la réflexion, qui n'est pas un fait subjectif et extérieur à la chose sur laquelle on réfléchit, mais une détermination objective et fondée sur la nature même de la chose. S'il n'y avait que l'être, il n'y aurait ni apparaître, ni réflexion. Car la réflexion c'est l'être qui se réfléchit sur l'essence, et l'essence qui se réfléchit sur l'être. Et l'être ne se réfléchit sur l'essence que parce qu'il est l'apparence de l'essence, et l'essence ne se réfléchit sur l'être que parce qu'elle est l'essence de l'être. Quand nous disons : telle chose est, ou elle a une quantité, nous ne réfléchissons pas, mais nous réfléchissons lorsque nous allons au delà de l'être pour saisir l'essence, ou, si l'on veut, lorsque nous allons de l'être, qui n'est que l'apparence, à l'essence même de cet être et de cette apparence. Cependant Y apparaître ne doit pas être confondu avec la réflexion, car il n'en est que le point de départ, ou, pour mieux dire, il est la réflexion à l'état immédiat; et le mouvement de l'essence consiste à s'éloigner de cet état immédiat par une suite de déterminations réfléchies, à travers lesquelles l'essence s'élève à la Notion. La réflexion et l'essence viennent, par conséquent, se placer entre l'être et la notion. L'essence est la négation de l'être, mais elle n'en est que la première négation; et elle nie l'être pour le réfléchir au dedans d'elle-même, et pour l'élever, et s'élever ainsi ellemême avec lui, à la négation de la négation, ou à leur unité, c'est-à-dire, à la notion. Ainsi l'on peut dire : Les choses sont, elles ont une essence, et leur être et leur essence trouvent leur principe dernier et leur unité dans leur notion. — 11 va sans dire qu'ici le mot essence n'a pas la signification qu'on y attache ordinairement. Nous ferons remarquer à ce sujet que dans l'usage ordinaire ce mot n'a, pour ainsi dire, pas de sens, car on l'emploie d'une fcçou arbitraire, vague et indéterminée. On parle bien d'une essence des choses, mais on en parle sans définir le point essentiel, c'est-à-dire ce

DOCTRINE DE L'ESSENCE, li

mêdiatitê de Hêtre. Elles constituent toutes deux les mêmes moments abstraits du rapport avec soi (1).

REMARQUE

La sensibilité ne voit dans toute chose limitée et finie que l'être. Cette absence de vraie pensée dans la sensibilité devient ici l'opiniâtreté (2) de l'entendement qui ne veut y voir que l'être identique avec soi, l'être qui ne renferme pas en lui-même la contradiction.

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