‹ Logique de Hâegel (volume 2)Chapitre 50 sur 80 · CLXXXVI · texte numérisé non relu

CLXXXVI

Dans la conclusion de la deuxième figure, l'universel (qui y entre comme déterminé dans la conclusion précédente par l'individuel, et qui par suite prend maintenant la place du sujet immédiat) se trouve uni au particulier. Par cette conclusion, l'universel est posé comme particulier, et partant comme moyen des extrêmes, dont les autres termes prennent maintenant la place. C'est là la troisième figure du syllogisme : 3) B-A-E.

REMARQUE

Les figures du syllogisme, comme on les appelle (Àristole n'en reconnaît avec raison que trois; la quatrième est

(1) Ce syllogisme est le syllogisme de l'entendement, d'abord, parce que l'entendement ne considère que la forme en la séparant du contenu, ensuite parce qu'à l'égard de la forme elle-même il ne la considère pas comme la forme de la notion, mais comme une forme purement subjective, et enfin parce qu'il ne démontre pas le développement et la filiation nécessaire des formes du syllogisme. C'est du moins ainsi que l'ancienne logique a envisagé le syllogisme.

(2) Ces trois lettres sont les initiales de Einzelnes, Besoncleres et Allgpmeine, c'est-à-dire individuel, particulier et universel.

une addition superflue, absurde même, des philosophes postérieurs) se trouvent placées dans la logique ordinaire Tune à côté de l'autre, sans qu'on ait songé ?,n aucune façon à montrer leur nécessité, et bien moins encore leur signification et leur valeur. Il ne faut donc nullement s'étonner si plus tard on a considéré ces figures comme constituant un pur formalisme. Elles ont cependant une signification très- profonde, signification qui leur vient de cette nécessité qui fait que chaque moment en tant que détermination de la notion est lui-même le tout et la raison médiatrice. — Quant aux recherches qui- ont pour objet de déterminer quelles sont les propositions qui donnent un mode concluant dans les différentes figures, si elles doivent être universelles, négatives, etc. , elles constituent une sorte de procédé mécanique qui n'a aucune importance et aucune signification rationnelle, et qu'on a avec raison laissé tomber dans l'oubli. Et qu'on n'aille pas, pour justifier l'importance de ces recherches, ainsi que celle du syllogisme de l'entendement, en appeler à Aristote. Aristote a sans doute étudié et décrit ces formes, et non-seulement ces formes, mais d'autres formes innombrables de l'esprit et de la nature. Mais dans ses notions métaphysiques aussi bien que dans ses notions des choses de la nature et de l'esprit, il est si éloigné de prendre pour fondement et pour critérium du vrai les formes du syllogisme de l'entendement, qu'on peut affirmer qu'il ne serait jamais parvenu à découvrir une seule de ces notions, s'il s'était assujetti aux lois de l'entendement. Ce qui domine toujours dans ses nombreuses et profondes investigations ce, n'est pas l'entendement, mais la pensée spéculative; et ie syllo-

gisme de l'entendement dont il a déterminé les formes il ne le laisse point pénétrer dans cette sphère.

Zusatz. « Le sens objectif des figures du syllogisme est en général que toute chose rationnelle [ailes Vernùnftige) est un triple syllogisme, de telle façon que chacun de ses membres occupe tour à tour la place d'extrême et de moyen. C'est ce qui a lieu surtout dans les trois membres de la connaissance philosophique, je veux dire la Logique, la Nature et l'Esprit. Ici la nature est d'abord le moyen, le membre qui enveloppe les extrêmes. La nature, ce tout immédiat, se développe dans les deux extrêmes, l'idée logique et l'esprit. Mais l'esprit n'est esprit qu'autant qu'il est médiatisé par la nature. Cela fait précisément que l'esprit, cet être individuel et actif, devient le moyen, et que la nature et l'idée logique deviennent tes extrêmes. Mais l'esprit est cet être qui trouve et reconnaît l'idée logique dans la nature, et par là il l'élève à son essence, Par là c'est l'idée logique elle-même qui devient moyen. Elle est la substance absolue de l'esprit ainsi que de la nature, elle est l'universel qui pénètre toutes choses. Ce sont là les membres du syllogisme absolu. » — Voy. sur ce point PhiL de l Esprit, §§ dlxxiv et suiv., et mon lntrod., vol. 1er, ch. xu et xiii.

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