AVANT-PROPOS. XIII
non-être est un élément passif et dérivé relativement à des déterminations plus hautes, comme la matière, en tant que matière, est passive relativement aux sphères plus concrètes de la nature. C'est là un point élémentaire. Mais le non-être ou, si l'on veut, la négation n'est point passive et dérivée dans le sens où il faudrait l'entendre suivant Trendelenburg, c'est-à-dire dans le sens que le non-être serait moins actif, moins essentiel et moins originaire que l'être. L'être et le non-être sont tout aussi actifs et tout aussi passifs l'un que l'autre. Ils sont tout aussi passifs, en ce que l'être abstrait et indéterminé, ou l'être en tant que être, ne vaut pas plus que le nonêtre également abstrait et indéterminé, ou le non-être en tant que non-être. Ils sont tout aussi actifs, en ce qu'ils entrent tous les deux et au même titre dans la constitution et le développement des termes plus concrets, tels que le mouvement ou la pensée. Le mouvement n'est pas le mouvement seulement par l'être, et parce qu'il contient l'être, mais aussi par le non-être, et parce que le non-être nie l'être, et en niant l'être rend possible le mouvement. En d'autres termes, le mouvement est, et est le mouvement tout aussi bien par le non-être que par l'être, et parce qu'il les contient tous les deux, et qu'en les contenant tous les deux il fait leur unité.
Ainsi cette passivité et ce travail silencieux et subordonné de la négation n'ont pas de sens. Ils n'ont pas plus