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Une Encyclopédie ne doit pas contenir l'exposition complète des sciences particulières, et entrer dans
(4) C'est-à-dire que daHs nn système les parties et le tont doivent être liés par les rapports tels que les parties ne paissent
leurs détails ; mais il suffit qu'elle indique leur point de départ et leurs principes fondamentaui^.
aEMAUQUE.
Ce qui fait qu'on ne peut facilement déterminer avec précision le nombre des parties qui doivent concourir à former une science particulière, c'est que chaque partie de la science n'est pas un moment individuel et isolé, mais un moment qui tient au tout (1). L'unité de la science est la condition essentielle d'un vrai système philosophique, lequel doit, à son tour, être conçu comme un tout composé de plusieurs sciences particulières*
L'Encyclopédie philosophique se distingue de VEn^ cyolopédie ordinaire, qui n'est qu'un agrégat de sciences rassemblées d'une manière arbitraire et empirique, parmi lesquelles il y en a qui n'ont de la science que le nom, et qui n'offrent en réalité qu'un assemblage de connaissances. Gomme un tel assemblage est le produit d'une méthode extérieure, l'unité qui en résulte est aussi une unité extérieure, une disposition quelconque des parties. Et, par cela même que ces connaissances sont acquises accidentellemqnt,
être sans le tout, ni le tout sans les parties, et que le tout et les parties se justifient réciproquement. Voy. mon Mrod., eh. XI.
(1) C'est-à-dire qu'il est difficile de déterminer avec précision lea limites d'une science, limites qui doivent la séparer des wtros scidQcea M Ty rattacber tout à U fois.
on écj^oue aussi dans les tentatives que Ton fait pour les ordonner,
L'Encyclopédie philosophique n'exclut passeule* ment ; V un simple agrégat de connaissances^ comme, par exemple, la philologie, telle qu'on la traite ordinairement,— mais aussi, 2° les connaissances qui n'ont d'autre fondement que la convention, par exemple, V héraldique , ces connaissances étant ;tout à fait positives ; S"" il y a aussi d'autres sciences qui peuvent être nommées positives ^ et qui ont cependant une origine et un fondement rationnels. Par ce côté elles appartiennent à la philosophie, mais elles s'en distinguent par leur côté positif, lequel peut s'introduire dans les sciences de plusieurs manières. En effet, 1° leur origine rationnelle peut s'altérer, lorsqu'elles font descendre le général au particulier et à rexpérience. Dans ce domaine du changement et de la contingence, ce qu'on peut faire valoir ce n'est paf h. notion, mais des probabilités. Dans la science du droit, par exemple, le système des impôts directs et indirects repose sur des principes qui échappent aux* déterminations absolues de la notion, c'est-à-dire sur une détermination qui peut être envisagée de telle ou telle façon, suivant le point de vue auquel on se place, et qui ne saurait fournir une base ferme et assurée. De môme, l'idée de la nature en se dispersant, pour ainsi dire, dans les individus, laisse pénétrer en elle la contingence, et Ton rencontre dans la géologicy Vhistoire naturelle^ la mHecim, des formas,
des modes d'existence et des différences, qui sont plutôt le produit d'un accident extérieur et d'un jeu de la nature, que des déterminations de la raison. L'histoire aussi appartient à cet ordre de connaissances, en ce que, d'une part, c'est l'idée qui fait son essence, et que, d'autre part, sa manifestation s'opère dans le domaine de' la contingence et de l'opinion.
2^ Ces sciences peuvent aussi être regardées comme positives qui n'ont pas conscience de la finité de leur détermination, ni de leur passage à une sphère plus élevée, et qui se considèrent comme pouvant entièrement se suffire à elles-mêmes. A cette finité de la forme de la connaissance — les autres imperfections appartiennent au contenu • — (1) se rapporte, 3** ce mode de connaître, qui repose en partie sur le raisonnement, en partie sur le sentiment, la croyance, Tautorité d autrui, et, en général, sur l'autorité de l'intuition interne ou externe.
C'est dans cet ordre de connaissances qu'il faut aussi ranger la philosophie qui s'appuie sur l'anthropologie, les faits de conscience, l'intuition interne ou l'expérience externe.
(4) En effet, les imperfections quMl a indiquées plus haut portent plutôt sur le contenu de la connaissance. Telle est, par exemple, Timperfection d'une science qui ne s'appuie que sur des probabilités. La dernière, au contraire , c'est-à-dire celle qui vient de ce que Ton ignore la unité des déterminations d'une science, et le passage de cette science à une science plus élevée , ainsi que les autres imperfections qu'il énumère depuis le 3^ , portent plutôt sur la forme de la connaissance.
Il se peut que la forme de l'exposition de la science soit déterminée par une méthode empirique, et que, malgré cela, Ton dispose, à Taide d'une intuition vive et profonde, les phénomènes et les données de l'expérience suivant l'ordre des développements intérieurs de la notion. Ce qui conduit ce procédé empirique à ce résultat, c'est qu'en présence des oppositions de phénomènes multiples et coexistants , l'esprit efface les circonstances extérieures et contingentes au milieu desquelles ces phénomènes se produisent, et sent s'éveiller en lui la pensée de l'universel (1). Une physique ou une histoire expérimentale de cette espèce, faite avec intelligence, pourra renfermer une connaissance rationnelle de la nature et des choses humaines, mais Ton n'aura là qu'une image extérieure, un simulacre de la notion (2).
(0 Conf. sur ce point Platon, Phédon.
(2) L'Encyclopédie philosophique n'est pas un assemblage fortuit et extérieur de connaissances, ni un mélange d'éléments empiriques et rationnels. Il y a des sciences purement posiUveSf c'ést-à-dire des sciences qui ne sont qu'un agrégat, ou une classification superficielle et arbitraire des données de l'expérience, n y en a d'autres qui sont à la fois positives et rationnelles, c'est-à-dire qui s'efforcent d'élever le particulier au général, et de remonter jusqu'au principe de l'expérience ; mais comme elles sont incomplètes, et qu'elles n'atteignent point le sens intime des choses, elles n'ont que l'apparence de la science. Par conséquent, ni les unes ni les autres ne peuvent faire partie d'une encyclopédie vraiment scientifique, qui a pour objet
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