‹ Logique de Hegel (volume 3)Chapitre 25 sur 89 · II. II · texte numérisé non relu

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et qu'elle lui est interdite par les deux bouts de ses opérations, je veux dire par la majeure et par la conclusion : par la majeure, parce qu'elle ne saurait rationnellement employer l'absolu comme principe de la démonstration , ainsi que je l'ai montré dans la première partie de cette recherche ; par la conclusion, parce qu'elle ne saurait démontrer l'absolu , ainsi que nous venons de le voir*

DE LA EAI30* ET DU fcAISOKSEMENT

Ccst llmpuissanee de l'ancienne logique à atteindre fat connaissance métaphy sique qui a amené la distinction artificielle et trompeuse de la raison et du raisonnement, Ne pouvant reconstituer la logique sur des bases plus larges et {dus rationnelles , afin de pouvoir la faire servir aux hautes recherches métaphysiques, et sentant, en même temps, qu'il doit y ai gît un rapport antre cet instrument universel de fat pensée et la connaissance métaphysique, quelques philosophes, pour résoudre la difficulté, se sont avisés de recourir à cette distinction, prétendant qu il y a entre la logique et la métaphysique la même connexion et la même différence qu'entre le principe et la oonségneDoe^ ou, ce qui revient au même, entre affirmer un principe et déduire des conséquences de ce principe. Ainsi d après cette opinion, la métaphysique où la raison rechercherait les principes absolus, et les cases dernières des êtres, pendant que la logique ou la science du raisonnement se bornerait à déduire des conséquences ou à appliquer ces principes aux causes

secondaires, aux effets et aux objets particuliers. L'investigation précédente prouve déjà combien cette opinion est peu fondée, puisqu'elle établit que nonseulement la logique formelle et la métaphysique sont deux sciences distinctes, mais qu'il ne saurait y avoir aucun rapport entre elles, et que, par conséquent, cette prétendue déduction par laquelle on voudrait rattacher la logique à la métaphysique, est une pure assertion. Cependant, pour mettre ce point hors de discussion, accordons, pour un instant, qu'il en est ainsi, et que nous avons ici deux sciences dont l'pne fournit les principes et l'autre tire-des conséquences; que Tune est le produit d'une faculté appelée raison, et l'autre le produit d'une faculté appelée raisonne-

ment.

Si cette théorie a un sens, elle veut dire que dans un syllogisme la raison fournit la majeure, et que le raisonnement, de son côté, fournit la mineure, ainsi que le rapport qui lie la mineure à la majeure, c'est-àdire la conclusion. S'il en est ainsi, le raisonnement occupera un rang plus élevé que la raison , et il accomplira des opérations bien plus importantes et bien plus complètes que cette dernière, ce qui est contre la supposition. Car nous supposons ou, pour mieux d ; re, nous devons admettre que la faculté qui nous révèle les principes derniers des choses est la faculté souveraine à laquelle toutes les autres facultés sont subordonnées, comme le soldat est subordonné à son chef et le manœuvre à l'architecte. Mais cette distinc-

DE LA RAISON ET Dl' RAISONNEMENT. 61

lion renverse les rôles, et fait de la raison une faculté subalterne. Et , en effet, lorsque nous disons que la raison fournit les principes, et que le raisonnement déduit les conséquences, nous disons, en réalité, que la raison s'arrête aux principes , et qu'il lui esl défendu de franchir cette limite, tandis que le raisonnement embrasse à la fois les principes et les conséquences. Car pour déduire les conséquences des principes, il faut que le raisonnement les perçoive tous les deux à la fois, et qu'il perçoive les principes plus distinctement que les conséquences, et antérieurement aux conséquences, puisque c'est des principes que ces dernières doivent être déduites. Soit le syllogisme :

« Toute vertu vicnt'de Dieu ,

« Li justice est une vertu ,

« Donc, etc. »

II est évident que, dans ce syllogisme, tous les termes et toutes les propositions, ainsi que leurs rapports, doivent être perçus par une seule et même faculté. Car s'ils étaient perçus par deux facultés différentes, dont Tune s'arrêterait à la majeure , et l'autre prendrait l'opération à la mineure pour l'acheter, sans percevoir le principe aussi distinctement que la première, et même, je le répète, plus distinctement et plus complètement que la première, par la raison qu'elle doit en tirer des conséquences, Topération ne pourrait jamais s'accomplir. Et pour rendre <e fait plus \isihlc, prenons les trois termes dont se

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compose le syllogisme, et mettons-les sous celte forme:

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