‹ Logique de Hegel (volume 3)Chapitre 40 sur 89 · S XIV · texte numérisé non relu

S XIV

C'est le même développement de la pensée qui se produit dans la philosophie et dans son histoire. Mais dans la première, il apparaît libre de toute circonstance extérieure et de tout élément historique, et dans l'élément de la pensée pure. La pensée libre et vraie est la pensée concrète, c'est-à-dire l'idée ou l'absolu dans sa plus haute généralité. La science de l'absolu est nécessairement une connaissance systématique, parce que la vérité concrète doit se déployer

elle-même dans son propre élément et maintenir son unité par la connexion intime des parties ; die doit, en d'autres termes, former un ensemble de connais*

sances liées étroitement entre elles, et ce n'est qu'en

se différenciant elle-même, et en déterminant ellemême ses différences, qu'elle amènera la nécessité de ses développements et la liberté de leur ensemble (1).

REMARQUE

Une philosophie qui ne repose pas sur une connaissance systématique ne constitue pas une science, mais bien plutôt une forme, une manière de sentir individuelle et contingente quant au contenu. Une connaissance n'est justifiée que lorsqu'elle est le moment d'un tout, en dehors duquel elle n'est qu'une hypothèse ou une opinion subjective. Les écrits philosophiques, qui n'embrassent que des parties isolées

(I) Hegel prend, en général, le mot de liberté dans un sens différent de celui (fa'on y attache ordinairement. Pour lui, la liberté réside surtout dans la conformité des choses avec la raison. Plus Ton s'élève dans la vie rationnelle, et plus Ton est libre. L'esprit est plus libre que la nature, parce qu'il constitue un plus haut degré de la raison ou de ridée, et dans la sphère de l'esprit, celui-là est libre qui vit conformément à la raison, et, par conséquent, le complet affranchissement de l'âme réside dans son identification aux lois éternelles et immuables de la raison, c'est-à-dire dans la pensée philosophique et spéculatif e. Cest là qu'il faut chercher l'accord de la liberté et de la nécessité, Conf. mon Inirod. à la Philosophie de Hegel, ch. VI.

de la connaissance , n'expriment que des opinions et des convictions individuelles. C'est à tort que l'on considère comme formant une connaissance systématique, une philosophie qui repose sur un principe limité, et qui se trouve en présence d'un autre principe. La vraie philosophie doit renfermer tous les principes particuliers dans son unité.

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