‹ Logique de HegelChapitre 70 sur 137 · S CLIII · texte numérisé non relu

S CLIII

La substance est cause, parce que tout en passant dans l'accident, elle se réfléchit sur elle-même, et par Ik elle se pose comme existence première (1), et, en même temps, parce qu'elle supprime cette réflexion sur elle-même , ou sa simple possibilité intérieure, et qu'elle se nie elle-même et produit ainsi un effet y une réalité qui n'est ainsi que posée (2), mais qui est nécessairement posée par le processus du principe actif (3).

REMARQUE

Comme existence première, la cause est indépendante de l'effet. Mais dans la nécessité, dont l'identité

(0 « tJrsprûngliche Sache, » Chose originaire^ comme chose qui est présupposée à l'effet. C'est-à-dire qu'en tant que puissance qui pose et nie les accidents, et qui par là soutient aussi un rapport négatif avec elle-même, la substance est cause,

(2) Posé par la substance, en tant que cause.

(3) Durch den Process des Wirkeus, « Par le processus de Yeffeiituation (ç/*/lciendi),' c'est-à-dire, l'effet n'est qu'un moment de la causalité elle^^mèmei qui n'est cause que par et dans l'effet;

176 LA SaENŒ DE l'eSSENCE,

constitue cette primitivité même(l), la cause a passé dans Teffet. Il n'y a pas de contenu ( autant qu'il peut être encore question d'un contenu déterminé) (2) dans Teifet qui ne soit pas dans la cause ; et cette identité (3) est le contenu absolu lui-même. A côté du contenu il y a aussi la forme, et il est vrai que la cause perd ce caractère de primitivité en passant dans Teffet. Mais la cause ne s'absorbe pas dans l'effet, comme si celui-ci était la seule réalité. Car cette position (4) de la cause dans Teffet est immédiatement supprimée, et elle constitue plutôt le retour de la cause sur elle-même et sa primitivité. C'est dans l'effet que la cause est d'abord cause, et cause réelle. Par conséquent, la cause est en et pour soi, causa sui[b). Jacobi (6), par suite de la manière incomplète dont il conçoit le moyen terme, a considéré la causa sui (Vcffectus sui est la même chose), cette absolue réalité de la cause, comme un pur formalisme (7). Il a aussi prétendu que Dieu ne doit pas être déterminé

{\) C'est-â-dire que la cause, comme moment de la nécessité , passe nécessairement dans son effet, et qu^elle n'est cause, ou chose originaire^ que parce qu'elle passe dans TelTet.

(2) Parce que la forme et le contenu sont des moments qu'on a déjà traversés, et qui sont enveloppés dans la causalité.

(3) L'identité de la cause et de l'effet.

(4) Diess Gesetztseyn, Cet être-posé de la cause.

(5) Puisqu'elle se continue dans l'effet et qu'elle n'est causé qu'en posant l'effet.

(6) Lettres sur Spinoza y p. 416, 2' édit.

(7) C'est-à-dire, comme une forme purement subjective et nominale.

QàUSE ET EFFET. 177

comme raison d'être y mais essentiellement comme cause (i). Un examen plus approfondi de la nature de la cause lui aurait fait voir Tinsuffisance de sa doctrine. Â regard du corUenUy cette identité se rencontre même dans les causes finies et dans leur représentation. La pluie, — la cause, — et Thumidité, — l'effet, — sont une seule et même chose, c'est-à-dire Teau. Quant à la forme y la cause (la pluie) ne se retrouve plus dans son effet (rhumidité) , mais l'effet lui-même , qui n'est rien sans la cause , perd sa détermination, et il ne reste plus que l'humidité à l'état d'indifférence (2).

La cause, dans le sens ordinaire du rapport causal, est finie si son contenu est uni, — dans les substances finies, par exemple, — et si la cause et l'effet sont considérés comme deux existences distinctes et indépendantes ; ce qui n'a lieu qu'autant qu'on fait abstraction de leur rapport de causalité. Mais comme, tout en les différenciant par la forme , on conserve entre les choses finies un certain rapport, on a par là une série de termes où la cause devient, à son tour, effet, lequel a une autre cause, et ainsi de suite; d'où naît ici aussi un progrès de causes à l'infini. De

{\) Nîchi als Grund, sondem wesentlich als Vrsache. Parce que, dans l'opinion de Jacobi, la raison d^ètre ne peut pas se séparer de la chose, dont elle est la raison d'être, comme TefTet peut être séparé de la cause.

(â) Dont on ne pourra dire , ni qu'elle est effet, ni qu'elle est cause.

178 LÀ SCIENCE DE l'eSSINCE.

même, en descendant des causes aux effels, Ton a un effet, qui est cause, et qui, par conséquent, a un effet, lequel à son tour a d'autres effets , et ainsi de suite à rinfîni.

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