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la majeure est universelle , la mineure affirmative. — El comme ce doit être la règle générale de tous les raisonnements catégoriques, il s’ensuit que la pre- * mière figure est la seule régulière, qu’elle sert de fondement à toutes les autres, qui toutes peuvent s’y ramener, en tant du moins qu’elles sont valables, par la conversion des prémisses ( metathesin prœmissorum).
Observation. La première figure peut avoir une conclusion de toute qualité et de toute quantité. Dans les autres figures, il n’y a de conclusions que d’une certaine espèce; quelques-uns de leurs modes en sont exclus. Ce qui fait déjà voir que ces figures ne sont point parfaites, mais qu’elles sont sujettes à certaines restrictions qui empêchent que la conclusion n’ait lieu dans tous les modes, comme il arrive dans la première figure.
§70. Condition de la réduction des trois dernières figurés à la première. — La condition de la validité des trois dernières figures, sous laquelle un
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mode légitime de conclusion est possible dans cha-
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cane d’elles, tient à ce que le moyen terme occupe
dans les propositions une place telle que, par des conséquences immédiates ( consequentias immediatas ), la validité de ces figures peut résulter des règles de la première. — De là les règles des trois dernières figures.
DU KAlSONNËuètJT. 187
§ 71. Règle de la deuxieme figure. — Dans la deuxième figure la mineure reste la même; la majeure doit donc être convertie , mais de manière Qu’elle reste universelle (1 j^- ce qui n’est possible qn’autant qu’elle est universelle et négative (2); mais si elle “èst affirmative, elle doit être contraposée (3). — Dans les deux cas la conclusion est négative (sequitur partem debiliorem ) (4).
Observation. Règle de la deuxième figure : Ce à quoi répugne le caractère d’uae chose, répugne à la
chose elle-même. — Ici, je dois donc d’abord conver-
tir, et dire : Ce à quoi répugne un caractère, répugne 5 ce caractère même; — ou bien je dois convertir la conclusion de cette manière : La chose même répugne à ce à quoi répugne un caractère de la chose; par conséquent cela répugne à la chose même (5).
(1) Parce que deux propositions particulières ne peuvent former un raisonnement. Voy. de plus refile 7*, p. 183. (Note du trad.)
(2) Aucun être fini n’est saint; or Dieu est saint : donc il n’est pas
Un être Uni. (Note du trad.)
(3) Tout animal est un être organisé (nul être non organisé n’est animal); or la pierre n’est pas un être organisé : donc la pierre n’est pas animal.
— Nul cercle n’est triangle ; or le triangle isocèle est un triangle : donc le triangle isocèlo n’est pas un cercle. (Note du trad.)
(4) aee, aoo. » ... (Note du trad.)
(5) Je suis obligé de conserver ces tournures pénibles dans notro langue, afin de mettre en formule la construction de la figure. L’allemand porte : ce à quoi un caractère d’une chose répugne, à cela répugne la chose même; par conséquent il répugne à la chose même.
(Note du trad.)
DU KÂ1S0NNEURNT.
§ 72. Règle de la troisième figure.
Dans la
troisième figùrqja majeure est directe ; par conséquent la mineure' doit être convertie, de telle sorte néanmoins qu’il en résulte une proposition affirmative; ce qui n’est possible qu’autant que la proposition aflirmative est particulière ( 1 ) : — la conclusion est donc" particulière (2).
Observation. Règle de la troisième figure: Ce qui convient ou répugne à un caractère, convient ou répugne aussi à quelques-unes des choses sous lesquelles ce caractère est contenu. — Je dois d’abord dire ici qu’il convient ou répugne à tous les subordonnés de ce signe.
§ 73. Règle de la quatrième figure. — Si, dans la quatrième figure, la majeure est universelle négative, elle est convertible simpliciter; il en est de môme de la mineure , comme particulière : par conséquent la conclusion est négative. Si, au contraire, la majeure est universelle affirmative, elle ne se convertit ou ne se contrapose que per accidens, et par conséquent la conclusion est particulière ou négative. — Si la conclusion ne doit pas être convertie (PS changée en SP), la transposition des deux prémisses ( meta-
(1) Par la règle 7' ci-dessus, p. 183. (Note du ira d.)
(2) Tous les hommes sont mortels ; or tous les hommes sont des êtres finis : doue quelques êtres finis sout mortels. (Note du Irai.)
thcsis prœmissorum ) ou leur conversion ( convertit ) ) doit alors avoir lieu (1).
Observation. Dans la quatrième figure on conclut que le prédicat se rapporte au moyen terme, le moyen terme au sujet (de la conclusion), par conséquent le sujet au prédicat } ce qui ne conclut absolu-
ment pas, mais bien en tout cas la réciproque. — Pour rendre la conclusion possible ou obtenir cette réciproque, la majeure doit être prise pour la mineure, et vice versa; et la conclusion doit être convertie, parce que dans le premier changement le petit terme est transformé en grand terme.
S 74. Résultats généraux sur les trois dernières ligures. — Des règles données pour les trois dernières ligures il suit que
1° Dans aucune d’elles il n’y a conclusion universelle affirmative, mais que la conclusion est toujours ou négative ou particulière ;
2° 11 se mêle à chacune un raisonnement immédiat ( consequentia immediata ), qui, à la vérité, n'est pas expressément indiqué, mais qui cependant doit être tacitement entendu ; — d’où il suit aussi que
(l),Nul triangle n’est formé de quatre lignes; or tout espace compris entre quâire lignes est une figure : donc quelques figures ne sont pas des triangles.
Pour faire mieux sentir la différence entre les quatre figures , il vaudrait encore mieux prendre un raisonnement unique, auquel on ferait subir successivement les formes des quatre figures. (N. du irad.)
Digitizec
3° Ces trois derniers modes de raisonnement né sont pas purs, mais hybrides, puisque tout raisonnement pur ne peut avoir plus de trois termes (1).
II. § 75. Des raisonnements rationnels hypothétiques. — Un raisonnement hypothétique est celui dont la majeure est hypothétique. — Elle se compose par conséquent de deux propositions : 1° d’un antécédent, 2° d’un conséquent ; et l’on conclut ou suivant le modus ponens , ou suivant le modus tollens.
Observation. 1° Les raisonnements rationnels, hypothétiques n’ont donc pas de moyen terme , mais on y indique seulement la conséquence d’une proposition par l’autre. — La majeure de ce raisonnement contient donc la conséquence de deux propositions exprimées explicitement, dont la première est une prémisse, la deuxième une conclusion . La mineure est un changement de la condition problématique en une proposition catégorique.
2 U D’où il suit que le raisonnement hypothétique ne se compose que de deux propositions, et qu’il n’a pas de moyen terme ; que ce n’est par conséquent pas '* un raisonnement rationnel proprement dit, mais plutôt une simple conséquence immédiate à démontrer par un antécédent et un conséquent, quant à la matière ou quant à la forme ( consequentia imme-
(1) V. I’Appendick ci-après. (Note du trait.)
diuta demonstrabilis [ex antecedente et conséquente] vel quoad materiam quoad jormarn ) (1).
Tout raisonnement rationnel doit être une preuve ; or le raisonnement hypothétique n’est qu’un fondement de preuve : d’où il suit clairement qu’il ne saurait être un raisonnement rationnel.
§ 76. Principe des raisonnements hypothétiques. — Le principe des raisonnements hypothétiques est ainsi conçu : A ratione ad rationatum, a negatione rationati ad negationem rationis , valet consequentia.
III. § 77. Des raisonnements rationnels disjonctifs. — Dans les raisonnements disjonctifs, la majeure est disjonctive, et, comme telle, doit avoir des membres de division ou de disjonction.
On y conclut : 1° ou de la vérité d’un membre de la disjonction à la fausset! des autres ; 2° ou de la fausseté de tous les membres moins un à la vérité de ce seul membre. Dans le premier cas le raisonnement se fait par le modum ponentém ou ponendo tollentem ; dans le second cas, par le modum tollentem ou iollendo ponentem.
Observation. 1 0 Tous les membres de la disjonction pris ensemble, un seul excepté, forment l’opposition contradictoire avec ce membre unique. Il y a donc
(I) Voy. Krug, Logik, p. 262. (Noie du trad.)
ici une dichotomie suivant laquelle, si l’un des deux termes de l’opposition est vrai, l'autre doit être faux, et réciproquement.
2° Tous les raisonnements disjonctifs qui ont plus de deux membres, sont donc polysyllogistiques : car toute vraie disjonction ne peut être qu’à deux membres, ainsi que la division logique ; mais les membres subdivisants sont placés, pour plus de brièveté, parmi les membres divisants.
§ 78. Principe des raisonnements rationnels disjonctifs. — Le principe des raisonnements disjonctifs est le principe de V exclusion d’un tiers, qui est ainsi conçu : — Acontradiclorie oppositorum negatî&ne utdus ad affirmationem alterius , — a positione unius ad negationem alterius, — valet consequentia.
§ 79. Dilemmes. — Un dilemme est un raisonnement rationnel hypothétiquement disjonctif, ou un raisonnement hypothétique dont le conséquent est un jugement disjonctif.— La proposition hypothétique dont le conséquent est disjonctif, est la proposition majeure; la mineure affirme que . le conséquent per omnia membra est faux, et la conclusion affirme la fausseté de l’antécédent. — A remotione consequentis ad negationem antecedentis valet consequentia.
Obseuvation. Les anciens employaient beaucoup le dilemme, et l’appelaient argument cornu. Ils savaient
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par ce moyen pousser un adversaire à bout, en exposant tous les partis qu’il pouvait prendre, et en le mettant en contradiction avec lui-même sur tous les points, quelque opinion qu’il adoptât. — Mais ce n’est là qu’un art sophistique, bien plus fait pour soulever des difficultés que pour les résoudre ; ce qui est souvent très-facile.
Si donc on voulait rester faux tout ce qui présente des difficultés, on se ferait un jeu facile de tout rejeter. — Il est bon, à la vérité, de faire voir l’impossibilité de la thèse opposée à celle qu’on admet; mais il y a néanmoins quelque chose d’illusoire, en ce qu’on fait passer V inintelligibilité de la thèse pour son impossibilité. — Les dilemmes ont donc quelque chose de captieux, lors même qu’ils concluent rigoureusement. Ils peuvent être employés pour défendre, mais aussi pour attaquer des propositions vraies.
§ 80. Raisonnements formels et raisonnements cryptiques (ratiocinia formalia et cryptica). — Un raisonnement rationnel formel est celui qui renferme tout ce qui est régulièrement exigé pour un raisonnement, non-seulement quant à la matière, mais encore quant à la forme, et qui est intégralement exprimé.’ — Les raisonnements rationnels cryptiques ( ou déguisés) sont opposés aux formels. Au nombre 'des raisonnements cryptiques peuvent être comptés ceux dans
lesquels les prémisses sont transposées, ou auxquels il manque une prémisse, ou bien enfin ceux dans lesquels le moyen terme n’est iiéqu’à la conclusion. — Un raisonnement cryptique de la deuxième espèce est celui dans lequel l’une des prémisses n’est pas exprimée, mais seulement pensée : on l’appelle syllogisme tronqué ou enthymènie. — Ceux de la troisième espèce sont appelés syllogismes contractés.
8ect. III. — Raisonnements dü Jugement.
§ 81 . Jugement déterminatif et jugement réflexif . — Le jugement est de deux sortes, suivant qu’il est déterminatif ou réflexif. Le premier passe du général au particulier ; le second, du particulier au général. — Celui-ci n’a qu’une valeur subjective : car le général auquel il va en partant du particulier, n’est qu’un général empirique, — un simple analogue du général logique.
§ 82. Raisonnements du jugement réflexif. — Les raisonnements du jugement sont certains procédés syllogistiques pour passer des notions particulières aux notions générales. — Ce ne sont par conséquent pas des fonctions du jugement déterminatif , mais bien du jugement réflexif. — Us ne déterminent donc pas l’ objet, mais la manière de réfléchir sur l’objet pour parvenir à la connaissance.
DU HA1S0NNEMENT.
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§ 83. Principe de ces raisonnements . — Le principe des raisonnements du jugement est celui-ci : Plusieurs choses ne peuvent convenir en une seule sans un principe commun ; mais ce qui convient de cette manière à plusieurs choses , provient nécessairement d'un principe commun.
Observation. Les raisonnements du jugement, qui se fondent sur ce principe, ne peuvent, par cette raison, valoir pour des raisonnements immédiats.
§j 84. De l'induction et de l'analogie , — les deux espèces de raisonnements du jugement. — Puisque le jugement va du particulier au général, pour dériver des jugements généraux de l’expérience, par conséquent non a priori (empiriquement), il conclut : ou de plusieurs choses d’une espèce à toutes les choses de cette espèce, ou de plusieurs déterminations et propriétés en quoi s’accordent des choses d'espèce identique, aux autres déterminations et propriétés en tant qu elles appartiennent au même principe. — La première espèce de raisonnement s’appelle raisonnement par induction ; la seconde, raisonnement par analogie.
Observations. 1° L’induction conclut du particulier au général (a particulari ad universale ) d’après le principe de la généralisation , qui est ainsi conçu : Ce qui convient à plusieurs choses d'un genre , convient aussi à toutes les autres choses [duméme genre].
tilfi DU RAISONNEMENT.
L’analogie conclut delà ressemblance particulière de deux choses à la ressemblance totale , d’après le principe de la spécification. Des choses d'un genre au sujet desquelles on connaîl plusieurs caractères qui s’accordent entre eux, s’accordent pour le surplus que nous connaissons dans quelques individus de ce genre, mais que nous n’apercevons pas dans d’autres.
L'induction va des données empiriques du particulier au général par rapport à plusieurs objets . — L’analogie, au contraire, passe les qualités données d’une chose à un plus grand nombre de qualités de la même chose. — Une seule chose dans un grand nombre de sujets, donc dans tous : Induction. — Plusieurs choses dans un sujet (qui sont aussi dans un autre), donc aussi le reste dans le môme sujet : Analogie. — Ainsi, par exemple, l’argument en faveur de l'immortalité, qui consiste à partir du développement parfait des facultés naturelles de toute créature, est un raisonnement par analogie.
Dans le raisonnement par analogie, on n'exige cependant pas Yidentité du principe ( par ratio). Nous concluons par analogie seulement qu’il y a des êtres raisonnables dans la lune ; mais nous n’en concluons pas qu’d y ait des hommes. — On ne conclut pas non plus par analogie au delà du troisième terme de comparaison.
2° Tout raisonnement rationnel doit donner la né-
DU IIAISONNEMENT.
un
cessité : l’induction et l’analogie ne sont donc pas des raisonnements de la raison, mais seulement des présomptions logiques ou des raisonnements empiriques. On obtient bien par induction des propositions générales, mais pas des propositions universelles.
•*. 3° Les raisonnements du jugement sont utiles,
indispensables môme, pour l’extension de notre connaissance expérimentale. Mais comme ils ne donnent jamais qu’une certitude empirique, nous devons nous eu servir avec circonspection.
§ 85. Raisonnements rationnels simples, et Raisonnements composés. — -, Un raisonnement rationnel est simple s’il n’en comprend qu’un seul ; composé, s’il en comprend plusieurs.
§ 8G. Ratiocinatio polysyllogistica. — Un raisonnement composé, dans lequel plusieurs raisonnements sont unis entre eux, non par la simple coordination, mais par la subordination, c'est-à-dire comme principes et conséquences, forme une chaîne de raisonnements rationnels, ratiocinatio polysyllogistica .
% 87. Prosyllogismes et épisyllogismes. Dans la série des raisonnements composés, ou peut conclure d’une double manière : ou des principes aux conséquences, ou des conséquences aux principes. Le premier procédé s’appelle raisonnement par épisyllogismes', le second, par prosyllogismes.
Un épisyllogismc est donc un raisonnement, dans la
série syllogistique, dont une des prémisses devient la conclusion d’un prosyllogisme , c’est-à-dire la conclusion d’un syllogisme qui a l’une des prémisses du premier pour conclusion.
§ 88. Sorite ou chaîne syllogistique. — Un syllogisme formé de plusieurs autres syllogismes abrégés et rattachés entre eux de manière à former une conclusion unique, s’appelle sorite ou chaîne syllogistique. Cette chaîne peut être progressive ou régressive, selon que l’on va des principes plus proches aux plus éloignés, ou des plus éloignés aux plus proches.
§ 89. Sorites catégoriques et Sorites hypothétiques. — Les sorites progressifs, comme les sorites régressifs, peuvent être de plus, ou catégoriques ou hypothétiques. — Les premiers se composent de propositions catégoriques comme d’une série de prédicats ; les seconds, de propositions hypothétiques comme d’une série de conséquences.
§ 90. Raisonnements délusoires , — Paralogismes, — Sophismes (1 ). — Un raisonnement rationnel qui est faux quant à la forme, quoiqu’il ait l’apparence d’un raisonnement juste, est un raisonnement délusoire ( fallacia ). — Un pareil raisonnement est un paralogisme si l’on se trompe par là soi-même : c’est un sophisme si l’on cherche à tromper les autres.
(I) Voy. Crit. de la raison pure. 2* édit, en franc., t. I, p. 287 et suiv.; t. 11, p. 1-267 283-342. ( Note du Irad.)
DU ItAISONNEMENT.
Observation. Les anciens s’occupaient beaucoup de l’art des sophismes : on en distinguait un grand nombre d’espèces, par exemple le sophisma Jigurœ dictionis, où le moyen terme est pris en différents sens; — la Jallacia a dicto secundum quid ad dictum simpliciter • — le sophisma heterozeteseos , elenchi ignorationis, etc., etc.
§ 91 . Saul dans le Raisonnement. — Le saut dans le raisonnement ou la preuve consiste à lier de . telle sorte l’une des prémisses avec la conclusion, que l’autre prémisse est omise. Un tel saut est légitime si chacun peut facilement suppléer la prémisse sousentendue ; mais il est illégitime si celte subsomption n’est pas claire. — C’est ici un signe éloigné uni à une chose sans signe intermédiaire ( nota intermedia).
§ 92. Petitio principii. — Circulas in probando. — On entend par pétition de principe l’admission d’une proposition pour principe de preuve, comme proposition immédiatement certaine, quoiqu’elle ait encore besoin de preuve. — Et l’on commet un cercle dans la preuve lorsqu’on donne la proposition qu’on voulait prouver pour principe de sa preuve propre.
Observation. Le cercle dans la preuve n’est pas toujours facile à découvrir, et cette faute n'est jamais plus fréquente que lorsque les preuves sont difficiles à donner.
§ 93. Probatio plus et minus probans. — Une preuve peut prouver trop ou peu. Dans le dernier cas, elle ne prouve qu’une partie de ce qu’elle devrait prouver ; dans le premier, elle va jusqu’à prouver ce qui est faux.
Observation. — Une preuve qui prouve trop peu, peut être vraie, et n’est par conséquent pas à rejeter. Mais si elle prouve trop, elle prouve au delà de la vérité, et par conséquent ce qui est faux. Ainsi, par exemple, l’argument contre le suicide où il est dit que • celui qui n’a pas donné la vie ne peut l’ôter, prouve trop : si ce principe était vrai, nous ne pourrions tuer aucun animal. 11 est donc faux.