I\. CONCLUSIONS GÉNÉRALES PROPOSEES
Ainsi tous les efforts de la morale théorique semblent bien avoir échoué pour trouver une sanction universelle et satisfaisante de l'obligation morale. Quanta l'obligation, s'il est facile de découvrir dans la conscience de- obligations relatives, et si, dansée sens, cett< notion est toujours étroitement liée au sentiment moral, il paraîl beaucoup plus difficile d'établir une obligation universelle et fondamentale, d'où puissent se déduire toutes les obligations particulières. Chercher dans l'obligation un principe qui puisse, sans plus, nous servir, dans chaque cas, à nous éclairer sur l'acte moral, chercher dans L'obligation un fondement de la morale, construis en un mol sur l'obligation et la conscience morale une moral* théorique, paraît une entreprise métaphysique, qui Laisse toujours ouvert le champ de l'hypothèse. Cette entreprise aboutit historiquement par les critiques qu'elle suggère invinciblement à des essais de morale s;ms obligation ni sanction. Ces essais, .:i leur tour, en
viennent à absorber toute la inorale dans la morale pratique et a
supprimer précisément la morale théorique el métaphysique.
Nous arrivons alors, en dépassant les morales sans obligation ni sanction, à une morale qui pari d'un tout autre point de
VUe el arrive à de tout autres Conclusions, à cette morale absolument positive. (|ui ne lait qu'appliquer comme ail technique I
Sultats de la seienee de- nueur- Voir chapitre précédent . Connue
celle de Guyan, elle laisse hors do ses prises la \i«' intérieure, l'idéal moral que chacun construit métaphysiquemenl à sa guis<
• die se contente de proposer, de cherchera appliquer les l"i- qui régissent la vie sociale et de montrer quelles sont le- lois sociales auxquelles il est impossible de sesoustraire.
iil.in! comme un recueil 'le règles relatives ;i l'époque et .i l.i société considérées, règles tirées de L'observation de- mœurs el de l'application des lois qui en gouvernent l'évolution, elle admet L'obligation et la sanction non plus certes en un sens abstrait , absolu
• •t métaphysique, mais en un sens concret, positif et relatif, ce qui la différencie absolument des morales anarchistes, comme ses fondements sociologiques et L'exclusion de tout esprit métaphysique la
810 i.\ MORALE. PRÉLIMINAIRES ET HISTORIQUE
différencient de l'œuvre de Guyauou des morales du devoir ei du souverain bien.
Non. -s renvoyons [tour un exposé plus complet etplus précis de celte conception positive do L'obligation et de la sanction morale, comme du départ nécessaire entre la morale scientifique commune et les croyances métaphysiques individuelles, à la citation de Durkheim par laquelle nous concluons, a la fin du chapitre suivant, cette discussion générale et cet historique rapide dos problèmes relatifs à la nature de la morale.
Remarque très importante. — 11 serait tout à fait contraire à une bonne méthode scientifique de laisser croire que la plupart des propositions établies dans ce chapitre sont indiscutables. Il y a là des opinions personnelles; nous ne faisons que les proposer (nous insistons sur ce mot : proposer) à la réflexion et à la libre critique du lecteur.