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CHAPITRE III. — L'ÉTHER ET L'ATOME

§ 1 . — rj'éther et l'atome remplissent le vide

de l'espace.

t^ans l'éther, qui remplit l'espace, sont répandus en nombre indéfini les atomes ou les corps formés par eux.

Us s'y meuvent en tous sens, sous les actions qui les sollicitent.

Le vide de l'espace est intégralement rempli d'éther et ^'^^omes.

L'atome occupe à tout instant dans l'espace une place, d'ailleurs •Mis cesse ohangeante, d'où l'éther lui-même, à cet instant, est ^^^Vu. L'éther baigne la surface extérieure du volume de l'atome, ^^h il ne le pénètre pas.

l8o THÉORIE NOUVELLE DE LA. CHIMIE.

Ainsi Tatome est inaccessible à Télher. Il est impénétrable.

Par suite, un même vide est rempli soit par Téther, soit par Vatome, mais non par Télher et l'atome à la fois.

Quand Tatome se meut, le vide qu'il fait en changeant de place se remplit d'élber, et Téther qui occupait la place qu'il prend, se retire.

§ IB. — L'éther et l'atome constituent le monde matériéL

Le monde matériel tout entier a été formé avec l'atome matérid et rétlier.

L'atome matériel, avec sa masse et son énergie, est un monde Infiniment petit, qui contient en lui seul, cette énergie lui venant du dehors, tous les éléments du monde physique.

Je n'arrive à celte hypothèse extraordinaire que parce qu'il m'est impossible d'en concevoir une autre compatible avec les faits de la Création.

I 3. — Manifestation de la masse par la production

de rénergie.

La masse existe dans Téther a Tétat latent. Il lui faut le noyau de l'atome pour se manifester.

L'éther massif, le noyau massif de l'atome, he rencontrant, pressent l'un contre l'autre.

Cette pression de deux masses inégales est une source d'énergie.

D'une manière générale, si un corps baigne dans le sein de réther, ce corps résiste à l'éther qui veut prendre sa place. L'éther, à son tour, en vertu de sa masse, réagit d'une manière égale en tout point de ce corps. Cette réaction de l'éther se nomme la pression exercée par l'éther sur le corps.

Ainsi, réther, en pressant sur les corps, engendre de l'énergie.

S «4. — Forces qui résultent de l'existence de Tatome

au sein de l'éther.

Le noyau massif de l'atome possède l'inertie, la passivité. Par hii nicmo. il ne oonti(»nt aucune force, il n'en produit aucune.

THÉORIE NOUVELLE DE LA CHIMIE. l8l

Il est la négation de la force puisqu'il est Tincrtie, c est-à-dirc robstaclc à Faction de la force. Par cela moine qu'il fait obstacle à son action, il est le point d'application de la force.

Supposez l'absence de ratome. La force peut exister à l'état latent. C*est comme si elle n'existait pas.

L'obstacle massif qui lui est opposé, au contraire, sert a la manifester. La masse reçoit, par elle, une tendance au déplacement, au mouvement.

Celte manifestation, d'ailleurs, par la rencontre de ratome, prouve l'existence latente de la masse en l'absence de l'atome.

L'atome, par son noyau, ayant une masse, tout groupe d'atomes a une masse.

Cela posé, on reconnaît en Physique que tout corps qui plonge dans un fluide est pressé de toutes parts et d'une manière égale en chaque point par ce fluide.

Le phénomène se produit de môme pour l'atome, comme pour l^ molécule, comme pour le corps qui plonge dans l'éther.

L'éther, étant massif, exerce d'une manière constante une Pression égale sur tous les points de la surface de l'atome, de la Molécule, de tout corps qui plonge au sein de sa masse.

Je démontre plus loin que, eu égard à cette pression et aux ^flfels qui en résultent, les masses des atomes se comportent ^Omme si elles étaient attirées proportionnellement a la quantité ^^ masse et en raison inverse du carré de la distance, ainsi qu'il ^ïTive pour les astres.

Mais je ne puis pousser plus loin la comparaison. Je ne puis ^îrc que, comme font les astres, les atomes des corps, les molécules des corps, se maintiennent les uns par les autres a certaines distances, en vertu de la loi universelle de gravitation que je ^îens d'énoncer, car s'il en était ainsi, la matière serait enfermée ^ans le cercle immuable de mouvements périodiques, comme ^onl les astres, tandis que, au contraire, ses atomes obéissent ^Ux mouvements les plus variés.

Eu réalité, la gravitation n'est pas la seule cause déterminante ^e la distance qui existe entre les atomes des corps.

L'expérience montre que deux autres causes interviennent pour produire cette variation. Ce sont la température et la pression.

l83 TIIKORIE >'OlVELLE DE LA GDIUIE.

La température extérieure, en s'élevant, éloigne les atomes; on diminuant, les rapproche.

La pression extérieure, en augmentant, rapproche les atomes; en diminuant, les éloigne.

Comment expliquer ce phénomène?

Quand on chaufle un atome, la chaleur, qui est une des formes de l'énergie, enfrc dans le magasin d'énergie de l'alome, dans le {)lasma, et c'est quand Ténergic du plasma est accrue que la dislance entre cet atonie cl les atomes voisins, qui reçoivent eux aussi dans leur plasma le même accroissement d'énergie, augmente.

Qu'en conclure? C'est que plus les atomes reçoivent d'énergie, plus ils se repoussent, et inversement. C'est comme si le plasma, on recevant de l'énergie, se gonflait avec une force irrésistible, repoussant tout devant lui.

Le plasma est donc le siège d'une force répulsive proportionnée à l'énergie qu'il contient en lui.

L'existetice de l'énergie dans l'atome et de sa direction répulsive est mise en évidence par le phénomène de la tension d(»s gaz.

Tout gaz a la tendance constante à occuper un volume plus grand, tendance qu'on nomme tension des gaz, et qui a pour cause Texistence dans le plasma, partie active de tout atome, (Tune force répulsive à l'égard des autres atomes.

Unsi Tatome donne lieu par lui-même à une force répulsive, nommée tension des gaz, qui agit sur les autres atomes pour les éloigner de lui.

Les lois des tensions des gaz et des vapeurs sont connues en Physique.

Je résume la désignation de ces forces, nées de la nature de Talome et des conditions où il est placé au sein de l'éthcr, en (lisant :

Dans les atonies, les noyaux s'attirent et les plasmas se repoussent.

Je préciserai l'action de ces forces, en analysant le plasma de ratonic et la manière dont ce plasma se comporte sous Faction d(»s deux forces, t(»nipcraturc et pression, qui font varier les dislances nmtuellcs des atomes.

CllAPlTRli IV. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

33e la notion de Tatome.

[npose lie molécules ik' ii^ il l'aide du vide, îles

Les philosophes de l'Antiquité, je l'ai dit, avuienl posé en I principe que o lu réalité de la matière réside dans les atomes ". J'extrais de mon livre Lv Répl-buqi;!; (t. II. p. lo sqq.) les 'iiations qui vont suivre, où sont résumées à peu près toulos *^s conceplions de la philosophie grecque sur les atomes,

Pjlhagore (56o avant J.-C.l disait : t La inatiêru se c "»#me nature, difTérant par la tomie seule. »

Selon Leucippe i5oa avant J.-C), les mondes sont for '•-OniPS el du mouvement. Leucippe ^taît reconnu par les anciens connue lo ■^ ""«iteur de la doctrine de rAlomisiue.

Selon Déinorrile ilâo avant J.-C), il n'eiiste de r^l que le vide, l'alonic. le '•^•irliillonnenienl. Toul rorps est un composé d'atomes. I^ucs diiri.'retites de

Selon Épickire (Sio avant J.-C), aulenr de ta Philosophie corpusculaire, l'uni- ^ ^^n fit imniiiabtc. Il est fonné de vide et d'atomes. Ces atomes forment les ' "*^»rp». lia, atonies ont trois qiialit& : figure, grandeur el poids. Les atonn-s se '■•«■uvi-nt en ligne coiirlie. Cette di'clinaison produit tous les effets d'oi'r est né '^ [iHinde.

>i f École de Rome ni celle d'Alexandrie ne semblent s'êlre iiH|iiiOl(''w des

iliggins, savant irlandais, qui, en 1789, reprit l'Iij'potlii'St' de l'atome, considéra qu'il y avail des atomes de natures diverses.

Selon lui, dit le D' Frebault (Chun'w eonlempnraine, 1889, p. 6}, la combinaison liet corps s'elTectue entre les atomes, et un atome d'une nature dëterniîn<% iwut l'unir à un, deux, trois atomes d'une autre nalure.

U Théorie Atomique a persévéré dans la pensée d'Iliggins, on toneidérant que les atomes sont de natures différentes, ce qui 'éloigne de la notion de l'atome unique, de la matière une.

Italton, de nos jours, a repris cette conception et a émis cette proposition, vraie à nos yeux, que le poids d'un corps csl la wnime des poids de ses atonies.

DïlUm, dll Wurtz {Introduction à l'étude de la Cliimie, p. 61), considère... les ïWpoiés cliimiques conmie Tormi^ par l'addition d'atomes élémentaires don t il ï*'*fcheà déterminer les poids relatifs; il en ré.iîulle que la somme des poids ™»lome» qui forment un rnmpnw donné repréwnte le poids alotnique de ce

l8i ÏIIKORIK NOIVELI.K DE LA CHIMIE.

compost». Ainsi, un alonie d'IiNciroj^èiie pi'sant i et un atome de carbone U< la combinaison formée d'un atome de carbone et d*un atome d'hydrogène, gâi oléfianl, pèsera î},'\.

Ainsi, Daltoii supposait des atomes de poids difKrents :

Les propriétés des corps dt^pendenl dv leur constitution chimique, dit Wurtz (Introduction à Vêlnde de la Chimie, p. 85K et celle-ci varie à Finfini. Les uns ne renferment qu'une seule espiVe de matière, les autres, etc.

§ S. — Manifestation de la matière dans le monde

physique,

I^a matière se manifeste dans le monde physique : comme substance, par sa masse et son inertie; comme réceptable de réncrgie, par ses changements de lieu dans Tcspace et ses changements d'étal dans le temps.

§ 3. — De la négation de la matière.

(Certains philosophes opposent à Texistence de la matière une négation qui équivaut à la suppression du noyau central matériel dans ma conception de Talome.

Cette suppression n'a d'autre effet que de supprimer dans l'atome la masse, c'est-à-dire le point d'application de la force cl la cause nécessaire de l'inertie. Elle est donc anti-rationnelle en même temps ([u'elle est stérile, car il importe peu que l'atome soit composé d'une seule partie ou de deux parties distinctes, du moment que l'ensemble de l'atome remplit la fonction qui lui est attribuée dans les hypothèses faites sur lui. Je ne suppose deux parties distinctes que parce qu'une seule partie, confondant la force avec l'objet sur lequel elle est appliquée, ne se conçoit pas et ne parvient pas îi expliquer les propriétés de ce qu'on appelle la matière proprement dite.

Dumas a dit de Faraday :

II ne croyait nièuie jkïs a la matière loin de lui tout accorder... O qu'on a])]K*Ile matière n'était à s<»s yeux <iu'un assemblage de centres de forces.

Que des philosophes littérateurs aient pu accepter cette idée. je n'y vois rien (|ui puisse surprendre. J'ai plus de peine à com prendre qu'un philosophe scientilupie l'ait adoptée.

Le ppésenl travail, pn prouvant l'exislence de la matière, mellra n^ant une concppliou qui me paraît renverser toutes les fnotionH conformes à la logique tk- l'esprit hiiinain.

§ 4. — Grande conséciuence sur l'atome au point de vue métaphysique.

Dana le seplièuie volume de mon ouvrajife La Répuduque. j'c'ssait' de montrer qii'une période générale, d'ailleurs décompo- *ableen d'autres, a précédé la création de l'Univers. CeHe période est la j)récréalïon, .l'en ai déjà parlé. Je rappelle que c'est celle où lo Créateur avait réuni les matières premières de la création, *' je puis m'exprimer ainsi.

Ainsi, sur le point qui m'occupe. Dieu créa ta matière première ■le la matière, c'est-à-dire la prémalière. et les règles immuables '^'-loii lesquelles celte prématière devait se comporter pour former '*ï uionde, c'esl-à-dire los lois.

J'ai indiqué que les lois, appliquées à la prémalière, ont formé •'atome, c'est-à-dire la matière.

Le Créateur du monde, dans sa sagesse et sa puissance, a formé *oU8 les corps de la nature avec la matière une, avec l'atome de 'ïiatière.

Créa-l-i! tous les corps en même temps, ou bien ces corps se

*<int-ils snecessivemenl produits par le travail mille et mille fois

*6<^ulaire de l'atome?

Il y a (les raisons pour et conire l'une ou l'aulre de ces deux thèses.

^k Je les exposerai plus loin aux Considérations Cénérales.

^^ Quoi qu'il en soit à l'éganl de ces thèses, dont l'une ou l'autre

**iv parait également conforme à l'idée que l'homme peut ration-

'*ellement se faire du Créateur et de la Créiilion, il me paraît que

* <)loine, quand il contient de l'énergie, réalise, dans la mesure que

*^eite énerffic autorise, lu monade de Leibniz., car il contient bien

*'ftn8 sa petitesse inouïe les propriétés nécessaires pour que, pris

^>i nombre inlini, il conslitue à lui seul, par le jeu des lois de la

^ature, l'Univers physique tout entier, le monde intellectuel et

**>oral élanl, d'ailleurs, une aulre nature de monde qui a sa cnnsti-

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