CHAPITRE
La loi de Dulong et Petit, dit Wurtz (Dictionnaire de Chimie. Supplèmei^'^^^'' atomique), est une loi approchée, comme toutes les lois physiques, comme l^-V^ ^ loi de Mariette en particulier, dont les perturbations alîectent nécessairement ^' les lois de volumes découvertes par Gay-Lussac. On a vu tome I". page iOi. qu -^^^^ les produits des chaleurs spécifiques par les poids atomiques ne sont pas rigour^ ^'
rcsxiseinent égaux. Quelques-uns s*écarleiit même seusibleuieut de la moyenne
^ -• -fi, les limites extrêmes étant les nombres 5,5 et 6,9. C'est un fait digne de
''^^marquc que, tandis que les poids atomiques varient dans la proportion de
^ i* 3o, et les chaleurs spécifiques dans la proportion de i à 7, les produits de
^^^^3 deu\ quantités ne varient que dans le rapport de i à i,a. Le bore, le
^^vbone, le silicium pouvaient être considérés jusqu'à ces derniers temps
^cunme faisant exception à la loi de Dulong et Petit. Leurs chaleurs atomiques
^*t^loignaient notablement de la moyenne 6,4. Ces exceptions viennent de
^'i*vanouir. Il résulte, en effet, des travaux récents de M. Weber que la chaleur
spécifique du carbone, du silicium et du bore croit avec la température et
^^evient constante h des températures élevées. Le fait a été démontré pour le
<^arbone et le silicium; il a été rendu très probable pour le bore.
La chaleur spécifique du diamant est très voisine de 0,4589 à 985®, celle du Rraphite. de 0,4674. Pour le silicium, elle est de 0,2029 entre 0^ et 25ao3; pour le bore, elle croit de 0,1915 à o,3663 entre 79® et 363^6.
On voit clairement par cet exemple que les variations qu'éprouvent les chaleurs spécifiques avec la température sont une des causes des perturbations cie la loi de Dulong et Petit. 11 y en a d'autres qui sont dues aux erreurs «l'observation. . .
Quoi qu'il en soit, la loi de Dulong et Petit apparaît comme une grande loi clc la nature, loi qu'il n'est pas permis de méconnaître, même à travers certaines incertitudes ou incorrections. Et nous ne pouvons mieux faire, en terminant cet article, que de rapporter les paroles mêmes des auteurs de celte grande décou- ^'«rle : « Mais la seule inspection des nombres obtenus donne lieu à un rapproolieinent trop remarquable par sa simplicité, pour ne pas y reconnaître immécliatenient l'existence d'une loi physique susceptible d'être généralisée et «-• tendue à toutes les substances élémentaires. »