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LA HAYE , DORDRECIIT, ANVERS, BRUXELLES

Quelque pressé qu'on soit, il est imposible de passer à la Haye, ne fût-ce qu'une heure, sans aller mettre sa

carte de visite au Musée. Le musée de la Haye n'est pas grand, mais il ne contient guère que des chefs-d'œuvre; en attendant qu'il fût ouvert, nous errâmes à travers la ville, saisissant au vol quelque prospect, quelque détail particulier d'architecture et d'aménagement. Parfois, les fenêtres ont des vitres légèrement bombées et de teinte violette. Nous avions déjà remarqué à la pinacothèque de Munich cette préférence donnée au verre violet sur le verre blanc. Cette nuance est, en effet, douce à l'œil et favorable aux tableaux. Nous revîmes au jour un clocher qui, la nuit, nous avait paru d'une ornementation compliquée et fantasque, laissant scintiller le bleu sombre et les étoiles par ses interstices. Une certaine couronne en saillie, très-touffue et très-hérissée de chochetons, à ce qu'il nous semblait, nous avait étonné comme spécimen d'un style inconnu, mais qui se rattachait au gothique fleuri. C'était tout bonnement une galerie de charpente appliquée au sommet du beffroi pour cause de réparation et soutenue d'échafaudages et de poutrelles enchevêtrées. Voyez à quelles bévues s'exposent les voyageurs trop hâtifs !

Notre guide nous conduisit dans une rue bordée de boutiques d'orfèvres où nous pûmes examiner de près et pièce à pièce les bijoux pleins d'originalité des

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femmes de Scheveningue ; mais une bonne fortune nous attendait au Musée qui ne nous laissa plus rien à apprendre sur la joaillerie hollandaise.

Le rez-de-chaussée du musée de la Haye renferme, comme on sait, une collection de chinoiseries et de curiosités; il faudrait huit jours pour l'examiner, car il n'y manque rien, pas même des sirènes de fabrique japonaise qui démentent le mulier formosa supernè d'Horace, bien qu'elles finissent en poisson; mais ce qui est beau doit l'emporter sur ce qui est seulement curieux, et nous montâmes, non sans un soupir de regret au premier étage; le voyage, comme la vie, se compose de sacrifices. Qui veut tout voir ne voit rien. C'est assez de voir quelque chose.

Aussi allâmes-nous tout droit à la Leçon d'anatomie du docteur Tulp, de Rembrandt, une vieille connaissance à faire pour notre compagnon de route. Heureux l'homme intelligent qui ignore un chef-d'œuvre! quelle adorable sensation il s'est gardée ! On a tort peut-être d'aborder trop tôt Homère, Eschyle, Dante, Shakspeare, Gœthe, et de s'éblouir les yeux, dès la jeunesse, de Phidias, de Léonard de Vinci, de Michel-Ange, de Raphaël, de Titien, de Rembrandt. Il ne reste plus à lire el à contempler que des œuvres inférieures, secondaires, mé-

diocres ou franchement mauvaises, et cela, lorsque le goût formé est devenu superbe et dédaigneux ; commencer par l'ambroisie et finir par la panade, c'est triste; mais qu'y faire? Le seigneur Pococur'ante, dans son palais de la Brenta, se consolait en disant du mal des grands poètes et des grands maîtres qui ne l'émouvaient plus; nous ne l'imiterons pas, certes. La Leçon cVanatomie du docteur Tulp nous produisit, moins la surprise, le même effet qu'autrefois. Le cadavre, d'une pâleur bleuâtre, était toujours étendu sur la table de dissection, et les disciples de Tulp, têtes douces, graves et réfléchies, le regardaient avec une curiosité sans horreur; car ce qu'ils demandaient à la mort, c'était le secret de la vie. Le professeur tenait dans sa pince les nerfs du bras dépouillé de sa peau et faisait sa leçon, toujours religieusement écoutée. Toutes ces figures sont des portraits sur lesquels on pourrait encore mettre les noms, car la tradition les a conservés. Nous ne les transcrivons pas, nous les avons déjà cités ailleurs. Ces noms, hérissés de consonnes,— le Hollandais économise les voyelles comme si elles étaient plus précieuses que les autres lettres, — ne représenteraient rien à nos lecteurs. Ceux qui les portaient, recouverts par l'oubli, n'ont laissé d'eux que leur ombre sur cette toile. Là, ils

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vivent de la vie immortelle de l'art, spécimen des hommes d'autrefois, et avec une réalité si intense, que leurs contemporains mômes n'ont pas dû les connaître mieux; ce sont des faces aux chairs colorées, aux barbiches blondes posées sur des fraises blanches, que fait ressortir un costume noir, et qui semblent dérobées, dans une glace. Vous vous retournez involontairement pour voir si tous ces dignes personnages ne sont pas derrière vous, projetant leur réflexion sur le tableau. Rembrandt n'avait que vingt-six ans lorsqu'il fit ce chefd'œuvre. Il copiait alors scrupuleusement la nature en plein soleil et ne s'était pas encore enfoncé, à travers des ténèbres rousses, dans cette caverne pleine d'ombres et de rayons qui ressemble plus à l'officine d'un alchimiste qu'à l'atelier d'un peintre. Le Rembrandt de la Haye est le Rembrandt réaliste, auquel nous préférons de beaucoup le Rembrandt visionnaire d'Amsterdam.

Le tribut d'admiration payé aux merveilleuses qualités de l'œuvre, notre ami se permit une critique qu'il a plus que personne le droit de faire, car il s'est penché longtemps sur le marbre noir où l'on étale les cadavres blancs; il prétendait que le docteur Tulp avait nettoyé et paré trop soigneusement le bras disséqué qui

devait servir de modèle à Rembrandt. C'était, selon lui, de l'anatomie à l'usage des gens dn monde. Sa remarque doit être juste; mais peut-être l'artiste a-t-il bien fait de ne pas distraire l'œil par des détails d'une vérité horrible. Qui sait, d'ailleurs, si l'emploi de tons rouges et sanguinolents n'eût pas dérangé l'harmonie grise et blonde du tableau?

C'est dans ce musée que se trouve le Taureau de Paul Potter, toile d'un prix inestimable, dont, à notre grand regret, nous n'apprécions pas tout le mérite, qui nous semble consister principalement dans la dimension insolite du cadre. Le taureau nous a paru cette fois-ci, comme à notre première visite, copié sur une bête empaillée ; mais les moutons du premier plan sont à tondre : ils vont bêler. — La Petite Vache réfléchie dans l'eau nous plaît beaucoup plus que cette grande machine.

Nous n'avons le temps de vous parler ni de Y Adam et Ève de Rubens placés dans un paradis de Breughel, ni du portrait d'homme d'Holbein, merveille de dessin, de couleur et de ressemblance : — oui, de ressemblance! nous la garantissons, quoique le modèle, comme le peintre, soit mort depuis plus de deux siècles; mais jamais individualité plus reconnaissable ne se détacha du

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fond vert d'un panneau ; — ni de Y Infante de Vêlasquez, ni de la Suzanne au bain de Rembrandt; mais il faut à toute force, dût le convoi partir sans nous, rester quelques minutes devant ce tableau de van Meer!

C'est une vue d'une ville de; Hollande quelconque : des mars de brique rouge, des arbres, une arche de pont, des toits de maisons que dépasse un clocher ou un beffroi, un canal dont le quai forme le premier plan du tableau. — Vous trouvez cela à Delft, à Dordrecht, à la Haye, en sortant, au détour de la rue. C'est un motif traité mille fois, mais non dans cette manière abrupte, empâtée et puissante. Van Meer n'a pas le léché de l'école hollandaise. Il peint au premier coup avec une force, une justesse et une intimité de ton incroyables. Au bout de quelque temps, quand le regard s'est isolé des autres toiles, sa Vue produit une illusion complète: la peinture a disparu, les bonshommes debout sur le bord du canal prennent un tel relief, qu'on s'étonne de ne pas les voir remuer. L'eau miroite et le ciel brille comme un vrai ciel au-dessus des tuiles brunes et des arbres d'un vert foncé. La magie du diorama est atteinte sans artifice. Quel réaliste que van Meer!

Un coup de coude de notre compagnon nous fit retourner. Comme cela nous est arrivé plusieurs fois dans

notre vie, nous abandonnions la proie pour l'ombre, et le tableau nous empêchait de voir la nature. Ah ! vieux critique d'art incorrigible que nous sommes ; pendant que nous regardions l'œuvre morte, l'œuvre vivante passait derrière nous : la Hollande, en habits de fête, se promenait au Musée sous la figure d'une jeune fille plaquée d'or comme la reine de Saba. Un casque de vermeil enveloppait sa tête gracieuse, et de ses tempes s'avançaient de mignonnes cornes en spirale, comme si elle eût été fille de Jupiter Ammon; à ces cornes se balançaient en scintillant de longues pendeloques de filigrane partant d'étoiles d'or à rayons multiples. Un bandeau de dentelles serrait le haut du front, et le visage ressemblait à de la crème rose et blanche, où l'on aurait laissé tomber deux violettes pour faire les yeux. •

Elle avait un petit air modeste et charmant; et, quand elle se penchait vers les tableaux, ses boucles d'oreilles et ses plaques d'or frissonnaient, bruissaient et reluisaient amoureusement le long de ses joues, que colorait la honte ou le plaisir d'être regardée. Mais elle comprit bientôt qu'elle avait affaire à un étranger, et elle s'arrêta avec une virginale assurance, se tournant du côté du jour et souriant dans sa rougeur pour nous permettre

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d'étudier à notre aise la richesse et l'originalité de sa coiffure nationale.

Et d'autres vinrent, jolies encore, mais moins jolies cependant, avec des coiffures semblables ou variées par quelque caprice de détail, une marguerite au lieu d'une étoile, des plaques carrées ou en losange à la place de filigranes; mais, hélas! faut-il le dire? toutes portaient sur ce charmant casque d'or un affreux petit chapeau à la mode de Paris, — comme on peut s'imaginer la mode de Paris dans l'Ost-Frise. — Heureusement, ce chapeau était posé tout à fait sur la nuque et ne cachait pas trop les vieilles et magnifiques orfèvreries; nous étions enchanté d'une telle rencontre due à la solennité du jour (la Pentecôte), qui faisait sortir des armoires luisantes et exhiber ces parures caractéristiques qu'on ne porte pas dans la vie ordinaire; car la civilisation fait disparaître toute différence de peuple à peuple, et, à l'époque où le réseau de fer terminé, l'on pourra aller partout,, il n'y aura plus rien à voir nulle part. Peut-être même, l'année prochaine, les voyageurs qui parcourront la Hollande nous accuseront-ils de fantaisie on de mensonge. Ils ne retrouveront plus les casques d'argent, et les cornes d'or auront fait place à des boucles à l'anglaise.

Diable! déjà midi!... Comme les chefs-d'œuvre et les jeunes filles dorées abrègent le temps qu'on dit si long! — Nous voulions aller dans le parc, à la maison du bois, voir la grande peinture triomphale de Jordaens, le plus splendide bouquet de chairs roses et blanches que l'école flamande ait fait s'épanouir sur une toile ou sur un mur, sous prétexte d'allégorie ; mais il faut y renoncer, car le commissaire de l'exposition future et le directeur de l'Artiste hollandais — il y a un Artiste à la Haye et très-bien fait encore! — nous attendent â déjeuner, et le convoi de Rotterdam part à une heure.

Nous avons déjeuné, et nous voici à la gare, assez en avance pour fumer un cigare avant le départ du train. — A propos de fumage ou de fumerie, — lequel des deux se dit? — avertissons les romanciers qui n'ont pas renouvelé depuis quelques années les couleurs de leur palette locale , de ne pas s'aviser de mettre, à la bouche des Hollandais ou des Allemands modernes qu'ils dépeindront, des pipes de terre, de porcelaine ou d'écume de mer , — Alphonse Karr écrirait : de Kummer ; — on ne fume plus que le cigare par tous les pays que nous avons parcourus. Il est vrai qu'en général on l'implante perpendiculairement dans une espèce de pipe bâtarde à bout d'ambre, avec laquelle il fait un angle

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aigu d'un aspect drolatique. La fumée monte ainsi pardessus la tête du tabacolàtre et semble s'exhaler du tuyau d'une locomotive en miniature. Nous notons ce détail, insignifiant sans doute ; mais l'on continue si longtemps à décrire des mœurs disparues, qu'on nous le pardonnera.

Si vous vous rappelez, nous avons décrit le chemin de Rotterdam à la Haye, ce qui nous dispense de décrire le chemin de la Haye à Rotterdam. Supposez-nous arrivé et embarqué sur le bateau à vapeur qui va rejoindre à Moerdyk le tronçon de voie ferrée menant de Hollande en Belgique; car nous devons dîner à Anvers.

Était-ce la Meuse, le Rhin, le Wahal ou tous ces fleuves mêlés ensemble sur quoi nous naviguions? Il nous serait difficile de le dire, même avec une carte sous les yeux, tant l'écheveau des embouchures s'enchevêtre et s'embrouille en ce pays plat et stagnant, quelquefois même au-dessous du niveau de la mer ; mais c'était à coup sûr une eau large et profonde, une eau grise comme la mer du Nord, où elle se rendait ; des navires d'un fort tonnage s'y mouvaient avec aisance; notre bateau lui-même était de taille à défier la houle. Outre les voyageurs à deux pieds, il transportait des passagers

quadrupèdes, de belles vaches hollandaises dignes de

servir de modèle à Paul Potier, qui tournaient, non sans quelque inquiétude, leur mufle humide vers le rivage. El les paraissaient regretter leur plancher, — le plancher des vaches 1 — si estimé de Panurge et de tous ceux qui ont connu les affres du mal de mer.

Sur les rives à peine élevées de quelques pouces audessus de l'eau se distinguaient des maisons aux toits de tuiles d'un ton vif, des clôtures de planches goudronnées, des rangées d'arbres, et parfois l'ébauche d'un navire en construction avec ses côtes à jour et ses échafaudages rappelant les arcs-boutants d'une église gothique ; des prairies semblaient flotter sur le fleuve comme ces pièces d'étoffe que les teinturiers lavent au fil de l'eau ; de loin en loin, une barque, écartant des oseraies, s'enfonçait, par une saignée latérale, dans un champ qu'elle avait l'air de labourer.

Gà et là, la silhouette d'un vaisseau engagé dans un canal dépassait les verdures d'un jardin ou les toits d'un village, et le ciel immense, léger de ton, brouillé de nuages colorés en blanc par-dessus, en gris bleuâtre par-dessous, posait sur une ligne de terre et d'eau parfaitement horizontale, où les saillies des maisons et des arbres ne faisaient que de faibles bavochures; c'était très-beau, très-grand et très-étrange dans sa platitude,

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plus singulier peut-être que les élévations d'un pays de montagnes. Tout objet rapproché prend ainsi de la valeur : une cabane de planches, une écluse, un tronc de saule, une vacher, une coque de barque forment tableau tout de suite; ils ont derrière eux de l'air, de l'espace et du ciel, et rien ne les rapetisse. En voyant cette nature, on comprend pourquoi les Hollandais sont si bons coloristes, -tandis que les Suisses n'ont jamais su peindre.

Dordrecht fait une fort bonne mine au bord du fleuve, large à cet endroit presque comme un bras de mer. Elle a sur le quai une porte à fronton éch ancré et à volutes, formant une façade tout historiée d'inscriptions latines qui témoignent de la science et des vertus civiques de ses habitants. Ses maisons réjouissent l'œil par ce mélange de blanc, de rouge et de vert, retouches franches et gaies dont la Hollande ravive si à propos ses ciels laiteux et ses eaux grises. Une longue chaussée plantée d'arbres part de la ville. Sur cette chaussée roulait un tilbury traîné par un trotteur rapide. Les chevaux vont très- vite en Hollande, où il n'y a d'autres montées et d'autres descentes que celles des ponts.

Tous les Hollandais portent une cravache, fatuité de peuple maritime.

Le bateau, cependant, continuait à brasser de l'écume, et nous n'étions pas loin de Moerdyk. Enfin, nous aperçûmes une jetée en pilotis auboutdelaquelleapparaissait la gare du chemin de fer; l'eau commençait à prendre des airs de marine assez inquiétants pour les cœurs sensibles, et sa rencontre avec la marée ou le courant d'une autre branche la faisait bouillonner fortement. Ce fat avec plaisir que nous débarquâmes, tenant une vache par la queue comme un sannyasi ou un fakir indien.

De Moerdyk à Anvers, la route n'a rien de bien intéressant; elle répète, d'une manière affaiblie, les paysages plats dont nous avons déjà donné la description; puis viennent des landes désertes où nous aperçûmes quelque hérons, les uns rêvant sur une patte, les autres s'enf uyant en battant des ailes au râle de la locomotive.

Vers les six heures, nous étions à Anvers, qui n'a plus sa physionomie caractéristique d'autrefois, ses maisons roses, vert-pomme, ventre de biche, jauneserin, lilas; ses madones au coin des rues; ses grands Christs porte-lanternes, peinturlurés à l'espagnole et si lugubres le soir; et ses femmes encapuchonnées de la faille, l'antique mantille flamande. Nous descendîmes à l'hôtel Saint- Antoine, et, après quelques bouchées ava-

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lées à la hâte, nous courûmes à la cathédrale. Elle était ouverte, et les quelques lampes qui étoilaient l'obscurité des nefs ne nous permettaient pas de discerner les tableaux des chapelles, d'ailleurs fermées. Il fallut nous contenter de passer devant le Crucifiement et la Descente de Croix, de Rubens. Heureusement, nous les connaissions de longue date, et, le lendemain, à Bruxelles, nous nous dédommageâmes en rendant une visite matinale au Martyre de saint Lieven de Rubens, à la Bac* chanalede Jordaens, au Silène de Van Dyck, et à ce mystérieux tableau du Calabrèse, réprésentant dans une ombre sinistre des combattants inconnus, énigme indéchiffrable où l'on ne comprend que la beauté d'une femme; mais quelle femme t Elle sort de la nuit à moitié, comme la lune d'un nsagenoir, et son souvenir ne vous quitte plus.

Le soir même, nous étions à Paris.

Mai 1859.

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