CHAPITRE II
Sur la manière de désigner la nature et la subordination des groupes qui composent le règne végétal.
Art. 8. Tout individu végétal appartient à une espèce (■ species ), toute espèce à un genre ( genus ), tout genre à une famille ( ordo , familia ), toute famille à une cohorte (cohors), toute cohorte à une classe ( classis ).
Art. 9. On reconnaît aussi dans plusieurs espèces des variétés et des variations , dans certaines espèces cultivées, des modifications plus nombreuses encore ; dans plusieurs genres des sections , dans plusieurs familles des tribus.
Art. 10. Enfin, comme la complication des faits conduit souvent à distinguer des groupes intermédiaires plus nombreux, on peut créer par le moyen de la syllabe sous (sub), mise avant un nom de groupe, des subdivisions de ce groupe, de telle manière que sous-famille ( subordo ) exprime un groupe entre une famille et une tribu, sous-tribu (sub tribus), un groupe entre une tribu et un genre, etc. L’ensemble des groupes subordonnés peut ainsi s’élever, pour les plantes spontanées seulement, jusqu’à 18 degrés dans l’ordre suivant :
Regnum vegetabile.
Classis.
Subclassis.
Coh ors.
Subcohors.
Ordo (gallice: Famille ).
Subordo (gall. Sous- famille).
Tribus.
Subtribus.
Genus.
Subgenus.
Sectio.
Subsectio.
Species.
Subspecies (vel Proies, gall. Race.)
Varietas.
Subvarietas.
Variatio.
Subvariatio.
Planta.
Art. 11 . La définition de chacun de ces noms de groupes varie, jusqu’à un certain point, suivant les opinions individuelles et l’état de la science, mais leur ordre relatif, sanctionné par l’usage, ne peut être interverti. Toute classification contenant des interversions, comme une division de genres en familles ou d’espèces en genres , n’est pas admissible.
Art. 12. La fécondation d’une espèce par une autre es pèce, crée un hybride (hybridas), celle d’une modification soit subdivision d’espèce par une autre modification de la même espèce crée un métis (■ mislus ),
Art. 13. Le classement des espèces dans un genre ou dans une subdivision de genre se fait au moyen de signes typographiques, de lettres ou de chiffres. Les hybrides se classent après l’une des espèces dont ils proviennent, avec le signe X mis avant le nom générique.
Le classement des sous-espèces dans l’espèce se fait par des lettres ou par des chiffres ; celui des variétés, par la série des lettres grecques «, j3, y, etc. Les groupes inférieurs aux variétés et les métis sont indiqués par des lettres, des chiffres ou des signes typographiques, à la volonté de chaque auteur.
Art. 14. Les modifications des espèces cultivées doivent être rattachées, autant que possible, aux espèces spontanées d’où elles dérivent.
A cet effet, les plus importantes de ces modifications sont assimilées à des sous-espèces ( subspecies ), et quand on est certain de leur hérédité constante par graines, elles se nomment races (proies).
Les modifications de second ordre prennent le nom de variétés, et si l’on est certain de leur hérédité à peu près
constante par graines, elles se nomment sous-races ( subpro les).
Les modifications moins importantes, comparables aux sous- variétés , variations , sous- variations , des espèces spontanées, sont indiquées d’après leur origine (lorsqu’elle est connue) de la manière suivante: 1° Saïus (semis; seedling, en angl.; Samling, en allemand), pour une forme provenant de graines ; 2° mistus (métis ; en angl. blending ; en ail. Blendlinge), pour une forme provenant de fécondation croisée dans l’espèce ; 3° lusus (sport), pour une forme née d’un bourgeon, tubercule ou autre organe et propagée par division.