‹ Lois et mystères des fonctions de reproductionChapitre 3 sur 51 · CHEZ L'HOMME ET CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

CHEZ L'HOMME ET CHEZ LA FEMME

Danstoutêtré animé il existe deux fonctions fondamentales : la Nutrition et la Reproduction.

Elles résument plusieurs actes organiques secondaires, dont les uns ont pour but la conservation de rindividu, et les autres la perpétuité de TEspàce.

Ce double caractère appartient aussi bien aux Végétaux qu'aux Animaux.

Mais les Animaux possèdent un troisième ordre de fonctions : ce sont celles qui les mettent en relation avec les objets extérieurs.

De là, chez ces êtres, trois modes de vie :

La vie de Nutrition,

La vie de Relation,

La vie de Reproduction.

Cette dernière fait l'objet spécial de ce livre.

Mais d'abord, qu'est-ce que la vie ?

Dans tous les temps, les philosophes et les savants se sont efforces d'en sonder le mystère impénétrable.

Les uns, s'inclinant devant rautoritc biblique, considèrent la vie comme un principe distinct de la matière, principe émanant du souffle divin pour animer cette matière.

D'autres, invoquant les enseignements de la science et le libre examen, prétendent au contraire que la vie n'est qu'un attribut, une propriété de la matière organisée, qu'elle s'est manifestée en même (emps (|uc celle-ci, d'abord faible, isolée dans une cellule primordiale, pour se perfectionner ensuite pou il peu, au fur et à mesure que l'organisme, qui en est le stibfilrntum, évolue et se perfectionne luimôme.

Telle est la thèse (|ue soutiennent les matérialistes, ol parmi eux le célèbre naturaliste anglais, Darwin.

Après avoir expliqué à sa manière son système de sélection naturelle et de « corrélation de naissance », Darwin dit ceci : « Je pense que tout le règne animal est descendu de quatre ou cinq types primitifs tout au plus, et le règne végétal d'un nombre égal ou moindre. L'analogie me conduirait même un peu pins loin, c'est-à-dire à la croyance que tous les ani-

maux et toutes les plantes descendent d'un seul prototype, d

Darwin convient toutefois que « Tanalogie peut être un guide trompeur. »

Nous n'avons pas à nous occuper des causes premières : ce sont là des questions sans solution scientifique possible.

Constatons seulement un fait indéniable, à savoir que le mouvement vital, la vie, trace une ligne de démarcation absolue entre les corps qui composent Punivers, selon qu'ils sont inanimés, inorganiques, ou animés, organiques.

En effet, les corps inorganiques sont caractérisés par l'homogénéité de leur substance, l'uniformité et l'invariabilité de leur composition ; chacune de leurs molécules représente un tout complet, sans organes particuliers de nutrition et de reproduction.

Les corps organisés, au contraire, ont pour caractère spécifique de présenter des formes déterminées, des parties distinctes et dissemblables, dues à descombinaisons de corps élémentaires (oxygène, hydrogène, azote, sels terreux, etc.) sans cesse variables. Ils se nourrissent et se reproduisent; ils vivent enfin.

Dans ce travail, il ne doit être question que des Corps organisés : encore ne les considérerons-nous que souB ie rapport de leurs fonctions de Reproduction et

FONCTIOÎÏS DE REPRODUCTION.

du rôle que remplissent les organes de là Qénération dans les diverses classes du règne végétal et du règne animal.

Les actes qui président à la reproduction des espèces ne sont pas d'une importance aussi grande que ceux au moyen desquels la nutrition s'opère, car les êtres animés se nourrissent et vivent alors qu'ils sont privés de la faculté d'engendrer, voire même des organes dévolus à cette faculté. Cependant la nature s'est complue à entourer les fonctions génératrices d'un luxe inouï de précautions et à attacher à leur exécution un attrait irrésistible. Si elles ne sont ni nécessaires à la vie individuelle ni constamment en action, elles s'imposent du moins, aux heures de leur règne, comme une puissance entraînante.

Remarquons encore que la sollicitude de la nature est telle à l'égard de l'instinct de Reproduction, qu'elle a doté ses enfants, en vue d'assurer leur fécondité, de moyens de protection d'autant plus multipliés et efficaces que ceux qui en sont l'objet sont plus faibles et plus dépourvus de résistance aux causes de destruction qui les environnent.

Les Végétaux n'offrent pas moins d'intérêt que les Animaux, au point de vue du rôle des sexes. Et bien que ces derniers doivent nous occuper tout spéciale-

ment, nous exposerons très-sommairement les divers modes de reproduction dos premiers.

Pour nous conformer à renoncé du titre de ce livre, surtout si nous voulons être méthodique et aller du simple au composé, dans la longue série d'études qui va se dérouler, nous devons commencer par Texposition des caractères généraux des êtres animés et leur Classification.

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