CARACTÈRES ET CLASSIFICATION DES ANIMAUX
L'Animal diffère du Végétal, avons-nous dit, en ce qu'il ss meut et qu'il se met en relation avec les objets extérieurs.
Outre la nutrition, la relationet la reproduction qui résument toutes ses fonctions, l'animal présente un caractère plus important encore, qui consiste dans l'existence d'un système nerveux, duquel dépendent la Sensibilité^ ÏInstinct etVInteUigence.
Sur le» confins des deux Règnes (Plantes, Ani-
maux), on rencontre' des êtres d'une structure si simple et dont les fonctions sont si obscures et si douteuses qu'on est dans Tincertitude relativement à leur nature végétale ou animale.
On est frappé de la grande variété de formes et d'organes sous lesquels les Animaux se présentent. Mais si on analyse ces organes et les phénomènes dont ils sont les instruments, on constate bientôt que tous ces êtres ont été conçus sur un même plan, et que Ton peut arriver par degrés successifs du plus simple au plus composé.
Le Règne animal se divise tout d'abord en quatre Embranchements :
l** Les ZooPHYTEs ou Rayonnes ;
2** Les Mollusques ;
3** Les Articulés ;
4° Les Vertébrés.
Chaque embranchement se subdivise en Classes, Genres et Espèces (1).
Nous allons maintenant passer rapidement en revue les caractères distinctifs des divers groupes, ca-
(1) Cuvier, dont nous adoptons la classificatiou, établit ses quatre Embranchements dans un ordre inverse, en commençant par les Vertébrés, etc II nous a seipblé qu'il était plus conforme à la marche de l'esprit humain d'aller du simple au composé rt par conséquent de commencer par les Zoophytes pour terminer par les Vertébrés, au sommet desquels se trouve l'Homme.
CLASSIFICATION DES ETRES AXIM lis. . Il
ractères tirés de lu forme du corps, de Torgunisation intérieure et du mode de nutrition, de circulation, de respiration, de relation, etc., des animaux appartenant à chacun de ces groupes.
Il ne sera pas question ici des organes et des fonctions de reproduction, cette étude appartenant au chapitre Fécondation au quel nous la renvoyons.
A ceux qui pourraient considérer cette revue comme un hors-d'œuvre, nous leur dirions quMl nous paraît indispensahle ({ue ceux à qui nous nous proposons d'expliquer la conformation des oi ganes génitaux et leur mode respectif de fonctionnement dans les diverses classes d'Animaux, connaissent les autres conditions anatomiques et physiologiques de ces mômes animaux.
§ l®^ — Zoopkytes ou Rayoïmés.
Ge premier Embranchement comprend les Animaux qui n'ont ni squelette intérieur ni organes de protection Leurs organes imparfaits sont disposés d'une manière plus ou moins radiaire par rapport à un axe central. Le système nerveux est tout à fait rudimentaire ou nul.
Les Zoophytes sont les uns microscopiques:
tels les Infusoires : les autres visibles à l'œil nu : Polypes, AcalépheSj Echinodermes^ etc.
Infusoires (l'® cl. de Zoophytes). r— On nomme Infusoires ou Animalcules des animaux infiniment petits qui se développent dans les infusions végétales ou animales, les eaux croupissantes, etc. Quelques-uns ont une organisation tellement simple qu'ils semblent n'être en quelque sorte qu'un point ou une molécule allongée douce de mouvement. Un grand nombre ne paraissent avoir d'organes, ni pour la digestion, ni pour la circulation, ni même pour la génération ; et c'est leur mode de reproduction inconnu qui a soulevé la question de la Génération spontanée^ dont nous parlerons plus tard.
Les Infusoires ont pour principaux ordres : les Vibrions^ les Amibes, les Protées, les Monades^ les Vorticelles et les Rotifères,
Les Rotifères ont un canal digestif avec deux ouvertures ; ils peuvent se contracter en boule, offrant à la partie antérieure de leur corps un double lobe cilié qui donne l'apparence de deux roues en mouvement, d'où est tiré leur nom.
Polypes (2'^ cl. de Zoophytes). — Corps mou, cylindrique ou conique, percé, à l'une de ses extrémités, d'une ouverture centrale qui est la bouche, entourée de tentacules plus ou moins nombreux ; l'autre extrémité est disposée de façon à adhérer aux corps étrangers sur lesquels le Zoophyte est destiné
à vivre. Sa peau se durcit, en général, de manière à lui faire une enveloppe cornée ou calcaire. Chez lefe uns, l'orifice buccal tient lieu d'anus : Coraux^ Tvbipores^ etc. ; chez d'autres, l'ouverture anale est placée tout près de la bouche : Actinies, Zanthes, etc.
AcALÈPHES (3*^01. de Zoophytes). — Les Acalèphes, appelés vulgairement Orties de mer, sont des animaux marins, gélatineux, de forme circulaire, rayonnée, qui flottent sur les eaux. Leur organisation est des plus simples : l'estomac communique au dehors par une seule ouverture ; des espèces de vaisseaux qui se ramifient dans les diiïérentes parties du corps partent de cet organe digestif. — Quelques-uns de ces Zoophytes présentent des linéaments nerveux rudimentaires autour de l'ouverture buecale*
EcHiNobERBiES (4® cl. de Zoophytes). — Ces étrei$ marins ont en général une forme globuleuse ou ctoilée; la peau est épaisse, encroûtée de pièces
. calcaires; elle ofTre une multitude de petits organes
singuliers, espèces de tentacules ou cirrhes rangés dana une disposition radiaire, et au moyen desquels ces animaux rampent ou fendent l'eau.
Chez la plupart des Echinodermes^ la cavité digestive a la forme d'un tube ouvert à ses deux extrc-
t4 FONCTIONS DE REPRODUCTION.
mités: tels sont les Oursins ; chez d'autres, cette cavité consiste en un ^ac garni tout autour d'appendices rameux et qui communique au dehors par une seule ouverture qui sert à la fois de bouche et d'anus: telles sont les Astéries^ par exemple.
§ 2. — Mollusques.
Les Mollusques sont des animaux mous, mucilagineux, non symétriques, dépourvus de squelette intérieur et extérieur, mais enveloppés d'une peau musculeuse appelée rnanfeau, à la surface de laquelle se développe une coquille à une seule ou plusieurs valves : d'où leur nom vulgaire de Coquillages.
L'appareil digestif des Mollusques est très-développé ; une bouche ou suçoir s'ouvre (fans l'csto- . mac, ou en est séparé par un court œsophage ; les intestins sont contournés sur eux-mêmes et s'ouvrent au dehors par un pertuis anal, placé quelquefois très-près de la bouche.
On voit que nous arrivons à un degré de la série où l'organisation animale se perfectionne. En effet, l'appareil circulatoire est assez compliqué : il se compose d'un ventricule et d'une ou deux oreillettes au cœur; soulcmont le sang nVstpas rouge, il est
incolore. '— La respiration ac fait au moyen de poumons ou de branchies, selon que l'animal vit dans Tair ou dans Teau.
Les fonctions de relation se dessinent mieux encore. Les membres manquent, mais chez certains Mollusques, comme les Hélices, il existe à la partie inférieure du corps une espèce de disque charnu, appelé plateau, sur lequel Tanimal appuie lorsqu'il rampe à la surface du sol ; chez d'autres, !es Calmars, par exemple, la le te est environnée de longs appendices charnus, nommés tentacules, qui leur servent tout à la fois d*organes de locomotion, de tact et de préhension.
Le système nerveux apparaît ici plus distinct : il se compose de plusieurs ganglions, disposés sans symétrie, mais réunis entre eux par des filets de communication.
L'Embrancheînent des Mollusques se partage en cinq classes : c» sont les Acéphales, les Brachiopodes, les Gastéropodes, les Ptéropodes, et les Céphalopodes.
Acéphales (l""® cl. de Mollusques). — Animaux sans tête distincte, nus ou à coquille bivalve : Huîtres^ Moules,
Brachiopodes ("2^ cl. de Mollusques^ — Pas de tête encore, mais ces animaux sont pourvus de
tentacules mobiles et charnus : Lingules, Orbi-^ cules, etc.
Gastéropodes (3" cl. de Mollusques). — Tête distincte ; l'animal est pourvu d'une sorte de disque charnu sur lequel son corps appuie dans Pacte de la reptation : les Bulimes^ les Hélices^ les Limaces, en offrent des exemples.
Ptéropodes (4« cl. de Mollusques). — Tête distincte; pas de tentacules, mais sur les parties latérales du corps existent de simples appendices membraneux en forme de lames ou nageoires: Clios, HyaleSy etc.
Céphalopodes (5« cl. de Mollusques). — Ces animaux présentent, avec une tête distincte, de longs appendices charnus en forme de bras ou de tentacules qui leur servent à s'accrocher aux corps voisins : Argonautes, Calmars (Pieuvres), Seiches, etc.
§ 3. — Articulés.
Les Animaux compris dans ce troisième Embranchement se distinguent par leur corps composé d'une série d'articulations, ou mieux d'anneaux, qui sont plus ou moins mobiles ou rétractiles.
« Les anneaux (jui entourent le corps et souvent
les jambes, tiennent lieu du squelette des Vertébrés ; et comme ils sont presque toujours assez résistants et durs, ils peuvent prêter aux mouvements tous les points d'appui nécessaires. En sorte que Ton trouve chez les Articulés, comme chez les Vertébrés, la marche, la course, le saut, la natation, le vol. Il n'y a que les familles dépourvues de pieds (Sangsues)^ ou dont les pieds n'ont que des articles membraneux et mous (Chenilles)^ qui soient bornées à la reptation.
Supérieurs aux Mollusques par leurs fonctions de relation, les Articulés sont moins bien partagés du côté des fonctions respiratoires. Us respirent au moyen de branchies ou de trachées, plus rarement au moyen de sacs pulmonaires ; quelquefois enfin, manquant d'organes spéciaux, ils respirent par toute la surface du corps. Le système d'organes par lequel ils se ressemblent le plus, est celui des nerfs : deux cordons longitudinaux qui offrent de distance en distance des renflements d'où naissent des filets qui se distribuent aux différentes parties, tel est leur système nerveux.
Dans les Articulés, le canal alimentaire est toujours pourvu d'une ouverture d'entrée et d'une sortie ; les parois sont aussi distinctes de l'enveloppe générale du corps.
On distingue cinq ordres d'Articulés: les Anne-
lides, les Crustacés, les Arachnides, les Myriapodes et les Insectes.
Annélides (i" cl. d^Articulés). — Animaux dont le corps est très-allongé, mou, divisé par des replis circulaires en des espèces d'anneaux ou segments dont le nombre est très variable, et qui tantôt ont une tête distincte, tantôt en manquent. Ils n*ont pas de pieds, mais d'ordinaire une longue série de faisceaux de soies placés de chaque côté du corps et portés sur des tubercules charnus remplacent ces organes pour la progression, les mouvements et même la défense.
Les Annélides dépourvus de soies (Sangsues, par exemple) ont aux extrémités du corps des ventouses qui leur servent pour la locomotion.
Quant aux organes de nutrition, la bouche est armée d'une trompe protractile et de mâchoires ayant la forme de crochets cornés ou de suçoirs ; l'intestin est droit ou à peu près, simple ou avec renflements; l'anus occupe l'extrémité, postérieure du corps.
Le système circulatoire est assez compliqué, mais il varie d'un annélide à l'autre ; pourtant la circulation est généralement double, c'est-à-dire artérielle et veineuse, bien qu'il n'y ait pas d'apparence do cœur : quelques vaisseaux contractiles en tiennent
lieu. Le saag est rouge ou verdâtre, mais non incolore 'OU blanc comme dans les précédents ordres.
Le système nerveux consiste dans une série, simple ou double, de très-petits ganglions communiquant entre eux et qui se voient dans toute l'étendue du corps.
La classe des A.nnélides se divise en trois groupes, qui d'après la disposition des organes respiratoires, se distinguent en Tubicoles, Dorsibranches et Abranches. Voici leurs caractères respectifs.
Tubicoles. — Ces Annélides ont le corps renfermé dans un tuyau ou une coquille tubuleuse, calcaire, non adhérente au corps de l'animal, qui peut en sortir à volonté ; la respiration se fait par des branchies, qui sont en forme de panaches, d'arbustes, situés sur là tête ou à la partie antérieure du corps : tels sont les Amphitrites, les Sabelles, les Serpules^ etc.
. Dorsibr anches. — Dans cette famille, les branchies sont placées sur les parties latérales du corps et ont la forme d'arbustes ramifiés ou de lames: ces animaux sont les uns nus, les autres renfermés dans des tuyaux : Amphionôme, Arénicole^ Eunice, etc.
Abranches. — Pas de branchies, ainsi que l'in-
dique leur nom. La respiration se fait par la surface cutanée ou par de petites cavités intérieures que Ton pourrait comparer à des sacs pulmonaires.
Les Abranches se subdivisent en deux groupes secondaires : 1» les Sétigères, animaux qui présentent à la surface inférieure de plusieurs des anneaux du corps deux mamelons hérissés de soies raides et courtes: Vers de terre; — 2° les Asétigères ou suceurs, dont les anneaux sont dépourvus de mamelons et de soies : Sangsues.
Crustacés ( 2* cl. d'Articulés ). — Le caractère essentiel de ces animaux consiste en ceci, que les différentes parties de leur corps sont recouverte» d'une enveloppe crustacée, calcaire, plus ou moins dure. Ils offrent une tête, qui est souvent peu distincte, un thorax et un abdomen ou queue ; au thorax sont attachées cinq ou sept paires de pattes, et à la queue existent des appendices ou fausses pattes, qui ont surtout pour usage de retenir les œufs, comme on le voit chez les Ecrevisses.
Les Crustacés sont classés parmi les Articulés, parce que chaque portion de leur corps est composée d'anneaux plus ou moins distincts dont le nombre, varial)lc du reste, est en général de vingt et un. ('ha(jue anneau se compose de deux demi-
arcs, Tun dorsal, Tautre ventral. Les arcs dorsaux se soudent quelquefois pour former une seule pièce, appelée carjapace,
La nutrition et la relation possèdent des instruments assez parfaits déjà,. La bouche varie selon que ranimai est masticateur ou suceur ; elle est aidée dans ses fonctions par deux petits pieds masticateurs placés près d'elle. L'œsophage est court, Pestomac spacieux, l'intestin grêle terminé par un rectum. Le foie est volumineux: on le connaît, chei le Homard par exemple, sous le nom vulgaire de farce.
Le cœur est composé d'une seule cavité ; il y a six artères, mais des lacunes remplacent les veines. — La respiration se fait différemment suivant que ces animaux vivent dans l'eau ou sur terre. Chez les premiers, qui sont de bieaucoup les plus nombreux, elle a lieu par des franchies ; chez les seconds, c'est par des lames foliacées situées danis l'abdomen, bu par des branchies particulières destinées à maintenir ces lames dans un état d'humidité nécessaire à l'exercice de leurs fonctions.
Les yeux sont souvent portés sur des pédoncules mobiles. — Le tact s'exerce au moyen d'antennes . •t des pattes.
Arachnides (3* cl. d'Articulés). — Corps mou,
offrant : tête, thorax et abdomen ; quatre paires ils pattes articulées. La tête se confond avec le thorax, qui ne porte ni carapace niécusson. Pas d'ailes ni d'antennes. La peau est glabre et velue : telles sont par exemple les Araignées,
Chez ces animaux, la bouche est composée de deux mandibules se mouvant de haut en bas et terminées par un crochet mobile à l'extrémité duquel est la petite ouverture qui verse la liqueur venimeuse de l'individu, et de deux mâchoires avec lèvre inférieure seulement; la supérieure manquant.
La respiration se fait au moyen de trachées ou de sacs pulmonaires, placés d'ordinaire à la face inférieure de l'abdomen i — Le cœur est placé au haut du corps et composé d'un gros vaisseau renflé duquel partent des branches qui vont distribuer le sang dans toutes les parties.
Chez les Arachnides, les organes de la vue se composent de petits yeux lisses qui apparaissent comme des petits points, au nombre de deux à sept, diversement groupés sur le céphalo-thorax.
Cet ordre se divise en deux familles : !• les Arachnides pulmonés^ dont VAraignée est le genre type ; — 2** les Arachnides trachéens ^ où ron trouve les Acares^ les Mites, etc.
Myriapodes (4* cl. d'Articulés). — Animaux arti-
culés, à segments nombreux, à chacun desquels s'articulent une ou deux paires de pattes. L'abdomen n'est pas distinct du thorax. La tôte est pourvue de deux antennes qui président au toucher; les yeux sont simples ou composés, quelquefois ils manquent tout à fait.
La bouche est composée de deux mandibules épaisses, sans palpes, formées de deux pièces articulées, au-dessous desquelles est une sorte de lèvre divisée en quatre pièces, également articulées. — Le tube digestif est droit. — La respiration se fait au moyen de trachées qui s'ouvrent par des stigmates sur les côtés du corps.
Les Myriapodes comprennent comme principaux genres les Iules, les Scolopendres, les Scutigéres^ les Géophiles, etc., tous animaux terrestres.
Insectes (5« cl, d'Articulés). — Cette classe, extrêmement nombreuse et variée par ses formes, ses métamorphoses et ses habitudes terrestres ou aquatiques, marque un grand perfectionnement dans leur organisation. Les caractères génériques de ces êtres sont : corps composé d'une tête, d'un thorax et d'un abdomen distincts. Le thorax est formé de trois anneaux dont les arceaux du ventre portent trois paires de pattes ; celles-ci se composent de la hanche, de la cuisse, de la jambe et du
tarse. Le tarse est très-variable par sa forme et sert de base à la classification des genres. — L'abdomen est composé d'un plus grand nombre d'anneaux; il y en a souvent jusqu'à neuf, mobiles les uns sur les autres.
Les Insectes sont d'une taille très-différente selon, les genres, depuis celle qui lie peut être aperçue qu'au moyen du microscope, jusqu'à celle des grosses espèces, du Scarabée^action par exemple. La tête porte des yeux et des antennes.
Il est des Insectes qui ont des ailes, d'autres qui en sont dépourvus. Les Insectes ailés ont quelquefois quatre ailes au lieu de deux ; les deux supérieures, nommées élytres, sont d'une matière cornée et protègent les inférieures, dont la texture est fine, lamelleuse et nervurée.
Les Insectes sont pourvus des cinq sens : vue, \ odorat, ouie, toucher, gustation. Nous n'en décrirons ni les organes ni le mécanisme.
Quant à l§i vie de nutrition, elle offre une certaine complication. La bouche est généralement composée d'une lèvre supérieure (labre), d'une lèvre inférieure et de deux paires de mâchoires latérales, dont la supérieure constitue les mandibules; elle offre une disposition fort différente suivant que l'animal est broyeur ou suceur.
Chez les Insectes suceurs, qui ne vivent que d«
matières liquides, la bouche présente presque toujours une espèce . de trompe ou de suçoir rétractile et mobile que Ton a pris à tort poiu* une langue : c'est le labre, qui s'allonge de manière à constituer une espèce de trompe tubulaire. Cette disposition existe chez la Puce^ les Cousins^ les Mouches, etc.
Le tube digestif est droit et d'un diamètre presque uniforme chez les uns ; il est flexueux avec renflements et rétrécissements alternatifs chez d'autres. Court chez les Insectes carnassiers, il est plus long dans les herbivores.
L'appareil circulatoire des Insectes est simple, composé d'un vaisseau étendu le long de la paroi du dos et exécutant des mouvements de dilatation et de contraction successifs.
Le liquide nourricier pénètre dans ce vaisseau dorsal par des ouvertures latérales munies de valvules. Le mouvement du sang ne dépend pas uni*quement de cet organe. Milne-Edwards a découvert chez plusieurs Insectes des valvules mobiles, dont les battements déterminent dans le sang des courants rapides, qui se manifestent principalement dans les pattes.
La respiration se fait par des trachées ou vaisseaux communiquant à l'extérieur par des ouvertures appelées stigmates; si bien que le sang, au
lieu de se mettre en contact avec l'air dans un point
déterminé du corps, comme chez les Mammifères, reçoit Tinfluence de l'oxygène atmosphérique, par le moyen de ces stigmates, qui sont situés, en général, sur les parties latérales et supérieures de chaque anneau, excepté aux deux derniers segments du thorax.
Les Insectes ont été disiribués en quatre groupes basés sur les changements par lesquels ils doivent passer, et qu'on nomme mét9-morphoses.
Dans le premier groupe sont les Insectes qui, après être sortis de l'œuf ou du ventre de la mère, ne subissent aucune transformation proprement dite : tels sont les Poux^ les Araignées.
Dans la seconde classe, il ne se produit qu'un changement incomplet, comme chez les Libellules^ les Ephémères^ les Cigales, les Sauterelles, etc.
La troisième classe comprend les Insectes qui éprouvent un changement total et qui quittent leur peau pour paraître sous la forme de nyrnphes ou de chrysalides. Mais ici une subdivision s'impose, basée sur ce que l'enveloppe est fine et transparente : -4 beifZes, Guêpes, Fourmis^ etc., ou que cette enveloppe est écailleuse, crustacée, opaque : Papillons, Sphinx, Phalène, etc.
Enfin, dans le quatrième groupe sont les Insectes qui deviennent nymphes sous leur propre peau, dont ils ne se défont pas : Diptères, Mouches^ Cousins, Moucherons.
§ 4. — Vertébrés.
LesÀnimaux compris dans le quatrième Embranchement sont ceux pourvus de vertèbres, ou tout au moins de pièces osseuses qui en tiennent lieu. Le premier anneau de la série est constitué, par le Poisson, le dernier par l'Homme.
Les Vertébrés se caractérisent essentiellement par la colonne vertébrale, colonne composée de vertèbres, c'est-à-dire d'une série de petits os épineux, percés d'un trou au milieu et qui s'articulent les uns avec les autres pour constituer Taxe de la charpente osseuse, axe désigné par les anatomistes sous le nom de rachis.
C'est dans cet embranchement que se trouve l'organisation animale la plus parfaite.
Mais de très-grandes différences existent, sous ce rapport même, suivant la classe à laquelle appartiennent les animaux, ainsi que nous allons le voir tout à l'heure, car ce ne sont que les grands traits, les lignes principales que nous traçons ici.
Le système nerveux, dans les Vertébrés, se compose : du cerveau, renfermé dans la cavité crânienne ; de la moelle épinière, contenue dans le canal rachidien ou vertébral ; des nerfs, qui naissent
les uns du cerveau, les autres de la moelle épinière, pour se rendre et se distribuer dans tous les or- * ganes.
Le canal digestif est très-long, et offre des renflements de distança en distance.
Le cœur est généralement à deux cavités. Par exception, chez les Poissons, il est simple, c'est-àdire à une seule cavité ; mais, dans toutes les autres classes, il est double ou à deux cavités.
Ces deux cavités communiquent Tune dans l'autre chez les Reptiles, mais chez les Oiseaux et les Mammifères, elles sont sans communication directe, c'est-à-dire que le sang qui arrive dans Tune (celle du côté droit) par les veines, ne repasse dans l'autre (celle de gauche) qu'après avoir traversé les poumons.
Le sang est toujours rouge.
Les organes de la respiration sont constitués par des branchies ou par des poumons, selon les espèces.
La locomotion a lieu au moyen de nageoires ou de membres (deux ou quatre) , ou même sans les unes ni les autres, comme chez les Serpents.
Complétons ces courtes notions en passant en revue les quatre classes que forme T embranchement des Vertébrés : elles sont constituées par les Poissons, les Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères.
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Poissons (1'® cl. de Vertébrés). — Animaux aquatiques dont la forme extérieure varie, mais qui ont généralement le corps tout d'une venue. En effet, la tète est aussi grosse que le tronc, non séparée de lui par un rétrécissement (cou), et la queue pe se distingue guère du reste du corps. Le squelette est ordinairement osseux, mais dans un certain nombre d'espèces il est à l'état permanent de cartilage ; chez quelques-uns même la charpente est toute membraneuse, ce qui forme le passage de cette classe aux Invertébrés. Absence de membres; ils sont ordinairement remplacés par de simples appendices rayonnes (nageoires), qui communiquent le mouvement au sein de Tonde qu'ils frappent. Ce mouvement si vif est favorisé par une vessie natatoire, espèce de poche oblongue contenue dans le corps du Poisson, et qui, se remplissant de fluide gazeux par une sorte de sécrétion et s'en débarrassant au besoin au moyen d'un canal communiquant avec Testomac et l'œsophage, rend l'animal plus ou moins léger ou }ourd.
Les yeux sont très-grands chez les Poissons ; mais les autres sens sont généralement assez obtus.
Les organes de la digestion, l'estomac, les intestins varient quant à leurs forme et divisions. La position de l'anus n'est pas partout la même non plus ;
.0 roNCTlOXS DK REPRODLXTIOX.
cotle ouverture est située quelquefois à la base de la gorge. — Le foie est volumineux.
Le cœur est simple, avons-nous dit. Il se compose d'une oreillette el cPun ventricule; il ne peçoit que (lu sang veineux qui, poussé diins les branchies par le ventricule, est ensuite dirigé par l'artère dorsale dans toutes les parties pour revenir à Toreillette par les veines.
1m\ respiration est intéressante h étudier. Elle a pour organe spécial des branchies^ filaments flexibles disposés sur deux rangs, très-riches en vaisseaux artériels. L'eau entre par la bouche et arrive aux branchies, auxquelles elle abandonne Toxygènp qu'elle tient on dissolution ; puis elle s'échappe par les ouïes. Et c'est ainsi que s'opère l'acte respiratoire du poisson.
Les Poissons forment deux ordres principaux, suivant qu'ils sont osseux (Acanihoptérygiens)^ ou cartilagineux (Chondroptérygiens) : un grand nombre de Familles se groupent autour de l'un et de l'autre ordre.
Reptiles (2^ cl. de Vertébrés). — Ces animaux sont de formes très-différentes ; mais tous sont pourx'^us d'un squelette. Les caractériser, cela ne se peut qu'en signalant leurs difféi-ences d'avec les autres Vertébrés. Ainsi quelques-uns ont des branchies
dans les premiers temps de leur existence ; mais, à rétat parfait, ils respirent par des poumons. 11 en est qui conservent les deux genres d'organes respiratoires : ils sont de véritables amphibies, comme la Sirène^ le Protée, par exemple.
Les Reptiles ont le corps couvert d'une peau, qui est nue chez les uns, écailleuse chez d'autres, tandis que les Oiseaux 'ont des plumes. Ils manquent de mamelles, ce qui les distingue des Mammifères. Les uns sont dépourvus de membres, de pattes, comme les Serpents ; les autres, au contraire, en possèdent de bien agiles au noml)re de qviatre, exemple : le Caméléon. La plupart sont terrestres ; un certain nombre sont aquatiques, et quelques-uns amphibies; enfin il en est, comme les Dragons^ qui peuvent s'élever dant> les airs au moyen de membranes disposées en parachutes.
Les Reptiles sont des animaux à sang rouge et froid, à respiration pulmonaire en général ; leurs mouvements sont lents chez la plupart. On les divise en quatre ordres: les Batraciens, les Ophidiens, les Sauriens et les Chélonicns.
Batraciens, — Reptiles pourvus de quatre pattes, avec doigts sans ongles ; peau nue et sans écailles ; pas de queue, comme chez la Grenouille, le Crapaud; ou présence d'une partie caudale, d'une queue, comme chez la Sirène, la Salamandre, etc.
• Les Batraciens, sauf l'Axolott, subissent tous des métamorphoses. Ils sortent de Tœuf à Tétat do Téfard et vivent quelque temps sous cette forme, respirant alors par des branchies, à la manière des poissons, c'est-à-dire que, dans cette première période de leur existence, ils sont exclusivement aquatiques. Plus tard, les poumons se développant, ils respirent de Tair ; enfin, parvenus à l'état parfait, ils jouissent d'une respiration aérienne complète. Les membres, d'abord cachés sous la peau, ne se développent que par l'évolution de la métamorphose; en même temps, la queue si apparente et si mobile du têtard disparaît.
Après s'être nourris de substances végétales dans les premiers temps de leur existence, les Batraciens deviennent carnassiers en arrivant à leur état parfait.
Ils forment deux familles : les B. anoures, ou qui sont sans queue: Crapauds, Grenouilles^ Raiyieites, Pipas ; — les B. urodèles, ou à queue apparente : Sirènes, Protées, Tritons,
Ophidiens ou Serpents. — Animaux vertébrés à corps allongé, arrondi, étroit, dépourvu de pattes et de nageoires. Tête à un seul condyle arrondi, cou non distinct; absence de conque, do canal auditif externe et de paupières mobiles. — La bouche est garnie de deux pointes ou crochets acérés, marqués d'une rainure ou gouttière, et à la base desquels est
une petite glande vésiculeuse qui sécrète un venin extrêmement subtil chez certains genres. Les mâchoires, par une disposition anatomique particulière, peuvent se dilater énormément, d'où la faculté que possède l'animal de déglutir des proies énormes.
Le canal intestinal est d'une longueur qui ne dépasse guère celle du corps ; l'estomac est peu distinct. La digestion est lente, ainsi que l'accroissement du corps ; mais la durée de la vie est très longue.
Le cœur est petit; dans certaines espèces, il existe une communication entre le ventricule droit et l'aorte.
Il y a deux poumons en forme de sacs allongés, mais il n'y en a qu'un de bien développé, il s'étend sous l'œsophage, l'estomac, le foie, comprimant et atrophiant son congénère; il n'y a ni côtes, ni sternum. — La respiration est peu active : elle peut d'ailleurs se suspendre au gre de l'animal.
Les Serpents ont la peau coriace, écailleuse ou granuleuse, recouverte d'un épiderme qui se détache en entier et se reproduit une ou plusieurs fois dans l'année. Quoi qu'on en ait dit, ces animaux ne font pas entendre un sifflement particulier.
Sauriens ou Lézards. — Vertébrés à corps allongé, pourvu de quatre pattes, rarement deux, avec doigts à ongles crochus ; quelquefois, pourtant, absence de
pattes. Peau fortement chagrinée ou couverte d'é- Cailles, mais, à la différence des Serpents, présence de cotes et de sternum, paupières mobiles, dents enchâssées .
Séparés des Serpents, comme il vient d'être dit, les Lézards diffèrent des Batraciens en ce qu'ils ne subissent pas dfe métamorphoses ; ils se distinguent des Chéloniens, dont les caractères vont être indiqués tout à rheure, par l'absence de carapace.
Les Sauriens offrent néanmoins le plus de rapports i^ïvèc les autres reptiles : vie, digestion, accroissement assez longs. Les uns sont aquatiques : Crocodiles^ CsLÏmaris; les autres terrestres .Lézards. Les Dragons^ avons-nous dit déjà, se soutiennent dans les airs.
Chéloniens ou Tortues, — Animaux vertébrés,^ d'un caractère tout particulier : le corps, muni de (luatrc pattes, est protégé par une double-cuirasse, deux plans osseux qui constituent un véritable squolet ;e extérieur. La partie supérieure de cette cuirasse se nomme carapace^ l'inférieure plastron. Entre* ces doux plans sont logés tous les organes, sauf la tête et les pattes, qui, toutefois, s'y réfugient ellesmêmes lorsque l'animal est attaqué.
Nous ne croyons pas nécessaire d'en dire davantage sur ces Reptiles ; aujoutons seulement que les Tortues sont partagées en quatre familles : les unes
terrestres, les autres aquatiques; celles qui Si> cachent tout entières sous leur double-bouclier, et celles qui ne peuvent se cacher.
Oiseaux (3' cl. de Vertébrés). — Ce sont des aniifiaux conformés pour le vol. Toute leur organisation architecturale concourt à les rendre très-légers el en môme temps doués d'une puissance musculaire très-grande, double condi^on pour qu'ils s'cicvent dans les airs et s'y dirigent.
En effet, les membres antérieurs sont développée en ailes, sortes de rames larges mues par des muscles vigoureux. Toutes les parties du squelette, grâce à leur porosité, joignent à une grande solidité une pesanteur relativement peu considérable. Enfin, des plumes, matière extrêmement légère, recouvrent le corps.
Remarquons que dans les membres-ailes qui correspondent aux membres antérieurs des autres Mammifères, on distingue, comme dans ces derniers, un humérus, un cubiti^s et un radius, voire même le carpe, organes très-développés chez la plupart des Mammifères, et qui atteignent leur perfcc-' tion chez l'Homme.
Mais chez ces Vertébrés, toutes les vertèbres dorsales sont soudées, ainsi que Jes côtes et le sternum.
:i6 FONCTIONS DE REPRODUCTION.
Le bec, chez les Oiseaux, tient lieu de dents; il n'y a pas de mastication, ou elle est très-imparfaite, mais, par contre, le gésier est puissant et digère les substances les plus dures. — Le tube digestif présente ordinairement trois estomacs espacés : le premier est le jabot, le second est le ventricule succenlorié, le troisième le gésier. Le gros intestin se termine par une sorte de poche, appelée cloaque^ qui est commune à Turine, au fèces et à Tovulation.
La circulation est double chez les Oiseau^ comme chez les Mammifères, c'est-à-dire que le cœur est composé de deux oreillettes et de deux ventricules. Le sang est rouge et très-riche.
La respiration se fait par des ppumons; mais ceux-ci étant peu volumineux, une sorte de respiration supplémentaire se fait dans les sacs aériens et les canaux des os, dont le but spécial, nous le répétons, est de rendre la pesanteur spécifique de l'animal moindre.
Mammifèkks (4' cl. de Vertébrés.) — Ainsi que l'exprime cette dénomination, les animaux rangés dans cet ordre ont pour caractère essentiel, spécifique, d'être pourvus de mamelles. L'Homme y est compris; mais nous verrons bientôt par quelles qualités supérieures il se distingue de tous les autres genres.
Quoi qu'il en soit, les Mammifères sont les êtres qui jouissent des facultés les plus étendues, des mouvements les plus variés et des sensations les plus délicates, sans parler de leurs instincts où se mêlent une plus ou moins forte dose d'intelligence.
Ce sont, en outre, des animaux dont les formes présentent les proportions architecturales les plus harmonieuses. Ils sont vivipares, et, lorsqu'ils viennent au monde, ils ont déjà la forme extérieure et les principaux caractères anatomiques qu'ils conserveront pendant le reste de leur vie ; mais ils ont encore besoin des soins de leurs parents, et ils tirent même leur alimentation du corps de ces derniers, leur mère les nourrissant pendant un temps plus ou moins long à Taide du lait que sécrètent lea glandes mammaires. Ils se distinguent, à première vue, de tous les autres animaux par les poils dont est recouvert leur corps.
Leur cerveau est plus développé que celui des au» très espèces, et il acquiert, dans certains d'entre eux, un volume considérable. Leurs relations avec le monde extérieur sont aussi plus variées, plus complètes et plus actives. Même perfectionnement du côté des organes de digestion, de respiration, de circulation, et surtout de reproduction.
Nous verrons bientôt en quoi consiste le perfectionnement sous ce dernier rapport.
Les Mammifères se partagent en neuf ordres, qui sont : les Cétacés, les Ruminants, les Paçhydermes, les Edentés, les Rongeurs, les Marsupiaux, les Carnassiers, les Quadrumanes et les Bimanes.
Cétacés, — Animaux marins, à génération vivipare ; allaitement mammaire. Ils ont été confondus autrefois avec les Poissons, à cause du milieu où ils vivent et de leur forme pisciforme ; mais ils ont des mamelles et c*est par ce caractère qu'ils en diffèrent essentiellement.
Les membres antérieurs sont remplacés par des nageoires; les membres postérieurs manquent; le coips s'allonge en une queue épaisse que termine encore une large nageoire. Aux membres anté^ rieurs, il y a humérus, radius, cubitus, mais ces os sont très-courts.
Le groupe des cétacés forme deux familles : 1^ les cétacés herbivores, tels que le Lamantin, le Du^' gond; 2^ les Cétacés ichthyophages ou qui se nourrissent de poissons : Dauphin^ Baleine^ Cachalot Dans la première, les narines s'ouvrent à Pextrémité du museau ; dans la seconde, les narines sont percées à la partie postérieure de la tète, ce qui leur permet de lancer de Teau par ces ouvertures, et ce qui leur a valu l'épithète de souffleurs.
Ruminants, — Mammifères ayant pour caractère spécifique de ramener les aliments dans la
bouche après les avoir digérés une 'première fois dans l'estomac. Ils ont quatre membres, les pieds terminés par deux sabots qui se touchent par leur face interne plate. — Le cerveau est peu développé, et assez obtus sont les sens. — Leur caractère est paisible, leur régime herbivore.
Un autre caractère essentiel des Ruminants consiste en ce qu'ils sont pourvus de cornes, tantôt pleines et caduques, tantôt creuses et permanentes. Tels sont : le Bcettf, le Cerf, le Chameau, V Antilope, le Mouton, etc.
Pachydermes. — Ainsi que l'indique étymologiquement le nom, ce sont des animaux qui ont la peau épaisse et dure, très-souvent nue. Tous, excepté le Cheval, ont le corps trapU et bas sur jambes. Ils ne ruminent pas, n'ont pas de cornes ni de bois au front. Leurs pieds sont constitués par des sabots ou enveloppes cornées qui confondent et immobilisent les doigts. Comme les précédents, ces animaux sont herbivores, ont le. cerveau peu développé et Tintelligence en rapport. Toutefois VÉléphant et même le Cheval sont bien supérieurs BOUS ce rapport aux Ruminants.
Qn distingue les Pachydermes en P. proboscidiens ou à trompe, comme VEléphant ; en P. ordinaires^ qui ont quatre, trois ou deux doigts à leurs pieds, comme le Cochon, V Hippopotame eileaSolipèdes,
ces derniers n'ayant qu'un doigt apparent et un seul sabot à chaque pied : Cheval^ Ane^ Zèbre^ etc.
Edentés. — L'ordre des édentés ne comporte pas un caractère général précis : l'appareil dentaire sur lequel repose leur nom générique se compose de molaires et de canines seulement, sans incisives sur le devant de la bouche; quelquefois même toute dentition manque, comme chez le Fourmilier,
Ces animaux forment le passage entre les ongulés et les onguiculés. Ils sont pourvus d'ongles gros qui embrassent l'extrémité des doigts. Par la disposition de leurs membres encore plus que par le caractère, ils sont peu propres aux mouvements agiles et gracieux ; ce qui leur a fait donner le nom de Paresseux^ Tardigrades. Les Tatous, les Pangolins, les Fourmiliers, etc., font partie de ce groupe.
Rongeurs, — Cet ordre de Mammifères a été, comme le précédent, fondé sur le système dentaire. Chez ces animaux, deux longues dents occupent la place dés incisives à chaque mâchoire ; un espace reste vide de chaque côté à la place ordinaire des canines ; les molaires sont à couronne plane, marquée de lignes transversales ou de tubercules mousses, etc.
Les Rongeurs sont généralement de petite taille ; leurs membres postérieurs sont plus longs que les
antérieurs, tous pourvus d*ongles aux doigts. Ils sont craintifs, herbivores ou frugivores pour la plupart; quelques-uns, le Rat par exemple, sont omnivores.
Le squelette des Rongeurs offre de nombreuses particularités que nous n'avons pas à signaler. Disons seulement que la clavicule est tantôt complète, tantôt incomplète ou presque nulle, et que Ton s'est servi de ce caractère pour la classification de ces animaux, qui sont partagés en rongeurs, non clavicules: Cabiais, Lièvres^ Agoutis, Cobayes^ etc., et en R. clavicules: Ecureuils, Marmottes, Gerboises, Castors, Rats, Loirs, etc.
Marsupiaux. — Ce nom provient de ce que certains de ces Mammifères, qui furent observés les premiers, sont pourvus sous Pabdomen d'une poche membraneuse, d'une espèce d'utérus externe, renfermant les mamelles, où les petits séjournent pendant leur incubation supplémentaire et où ensuite ils trouvent une asile et un refuge contre les dangers. En effet, ces animaux n'ont qu'une vie intrautérine très-courte, privés qu'ils sont d'un intermédiaire nutritif placentaire ; et , expulsés de l'utérus dans un état d'imperfection extrême, ils subissent en dehors une gestation supplémentaire mammaire, greffés en quelque sorte à la tétine de
42 FONCTIONS DE lŒPRODUCTION.
leur mère pendant tous le temps que nécessite leur développement.
D^i reste, au point de vue du système dentaire, les Marsupiaux pourraient appartenir les uns aux Rongeurs, d'autres aux Edentés, d'autres encore aux Carnassiers.
Il y a des Marsupiaux carnassiers très-redoutables dans le continent australien.
Cet ordre se divise en deux sous-ordres : celui des Marsupiaux proprement dits : Kariguroo^ etc., et celui des Monotrêmes : Ornithorinque^ Echid^ néy etc.
Carnassiers. — Animaux mammifères qui , comme leur nom l'indique, se nourrissent d'autres animaux ou de chairs vivantes. Quatre membres onguiculés proprés à la locomotion ordinaire ; trois sortes de dents: à chaque mâchoire trois paires d'incisives, une paire de canines et un nombre variable de molaires, de carnassières et d'arrière-molaires. — Cerveau toujours pourvu de circonvolutions à la surface des hémisphères.
De tous les quadrupèdes, les Carnassiers sont les mieux armés : leurs fortes canines et leurs griiï'es acérées et souvent rétractiles les rendent redoutables à toute la création ; d'autant qu'ils possèdent des sens assez développés, la vue et l'odorat surtout.
On peut en former trois groupes :
1** Les Chéiroptères^ caractérisés par un repli de la peau qui s'étend entre leurs pieds et qui leur permet de s'élever dans les airs: Chauves-Souris, Galéopithèques.
2** Les Insectivores^ remarquables par les pointes aiguës qui surmontent leurs molaires : Taupes, Hérissons, Musaraignes, etc.
3** LeQ Carnivores ou Carnassiers proprement dits : bêtes féroces se nourrissant essentiellement de matières aninwiles : Lion^ Tigre, Hyène, etc.
Parmi les Carnivores, les uns appliquent toute la plante de leurs pieds sur le sol ; on les nomme PJantigrades : tels sont les Ours, les Ratons, les Blaireaux, etc. — D'autres n'appuient que Textrémité de leurs doigts, ce sont les Digitigrades ; Martres, Chiens, Civettes, Hyènes, etc. — Il en est dont les membres, impropres à la marche, constituent des sortes de rames pour la natation, ce sont les Amphibies: Phoques, Morses, Otaries, etc.
Quadrumanes, — Animaux qui ont quatre mains.
On les désigne communément sous le nom de Siriges,
Les Singes sont des Mammifères, propres les uns à l'ancien continent, les autres au nouveau, et qui, rigoureusement parlant, ont avec l'Homme une ressemblance plus ou moins grande dans les formes
extérieures,pes allures et les gestes. C*est en raison de ces caractères que, de tout temps, les savants et le vulgaire ont été incertains s*ils ne devaient pas les associer génériquement à notre espèce.
Toutefois, la famille des Singes forme une assez longue série, au bas de laquelle cette ressemblance avec THomme est beaucoup moins frappante, et dont l'infériorité est évidente au point de vue multiple des formes du cerveau et de Tintelligence ; ajoutons que le caractère spécifique qui distingue les Quadrumanes, à savoir le pouce opposable aux autres doigts, est aussi beaucoup moins marqué chez les Ouistitis^ les Colobes^ les Eriodes, etc., que chez les Makis et les Singes proprement dits.
Bimanes, — Animaux à deux mains. Mammifères caractérisés par des membres onguiculés, des mains à pouces opposables, et doués à la fois de dents incisives, canines et molaires ; tels sont les Orangs- Outans.
Plusieurs zoologistes n'admettent Tordre des Bimanes que pour le constituer humain.
L'Homme^ en effet, est tellement au-dessus du règne animal par la perfection de son organisation et par ses facultés morales et intellectuelles, qu'on a dû le considérer comme constituant un ordre à part : VOrdre hominal (1).
(1) Voir pour rétode anatomique et phyiiologiqae de l'homine notre Anthropologie, 6* édition.
LA FÉ(X)NDITÉ. t^