‹ Lois et mystères des fonctions de reproductionChapitre 8 sur 51 · FÉCONDITÉ CHEZ LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

FÉCONDITÉ CHEZ LES ANIMAUX

Commençons par faire remarquer qu*il est des Animaux qui, comme les Végétaux, se reproduisent autrement que par voie de sexualité : ce sont ceux chez lesquels a lieu la Fissiparité, mode particulier dont nous reparlerons plus tard.

Quant à ces fécondités extraordinaires dévolues aux êtres faibles, le spectacle en est peut-être encore plus étonnant chez certains Animaux que dans les plantes. En effet, une seule Morue porte jusqu'à 9,000,000 d'œiifs. La Carpe, — on en peut juger sur nos tables, — contient une masse d'œufs relativement énorme: plooch en a trouvé 100,000 dans un de ces poissons du* poids de 500 grammes.

Les insectes sont d'une fécondité extraordinaire ; ne sont-ils pas, en effet, exposés à mille dangers ? — Une portée de Papillon est de 4 à 5 cents œufs ; — une reine Abeille en pond 12,000 en deux mois; — une seule IVIouche, suivant Leuwenhoeck, peut produire

746,496 mouches' semblables à elle-même; — un seul accouplement, chez les Pucerons, féconde 7 à 8 générations de ces insectes.

La fécondité se montre moins grande à mesure qu'on l'examine dans des degrés plus élevés de l'échelle animale.

Ainsi les Oiseaux, pour la plupart, ne pondent que 6 à 12 œufs. — Si la Mésange en donne jusqu'à 20, — les Rapaces n'en produisent que 2. .

Il est vrai de dire que souvent le petit nombre est compensé par des couvées successives. On sait d'ailleurs que chez la Poule, une seule approche du màlc suffît pour féconder les œufs qui seront pondus pendant vingt jours.

Les Mammifères ne présentent rien de comparable à ce qui se passe dans les classes inférieures sous le rapport de la fécondité. En effet , ces animaux, tous vivipares, portent un nombre relativement très-limité de petits : 1 à 10 çu 15 au plus. Ceux dont la portée est la plus nombreuse sont : le Lapin, le Chat, la Truie. Celle-ci met bas jusqu'à trois et quatre fois dans l'année.

La Fécondité est rendue plus puissante chez les Mammifères lorsqu'ils reçoivent une nourriture abondante. Cela se remarque aussi dans l'espèce humaine.

Bi une seule espèce, végétale ou animale, obéis-

LA FÉœNDITÉ. ^0

sait librement à la li«i d'une multiplication suivant une progression géométrique dont la raison serait exprimée par le nombre des graines ou des petits qu'une mère peut produire dans le cours de sa vie, elle aurait rapidement envahi la terre. Linné avait déjà calculé que si une plante produisait deux graines dans Tannée, puis chacune des deux graines des deux nouvelles plantes deux nouvelles graines Tannée suivante, et ainsi de suite, le nombre des plantes produites s'élèverait à un million en vingt, ans. Darwin cite l'Eléphant qui n'a qu'un petit à la fois; il suppose en outre que chaque femelle ne produit que trois couples de jeunes en quatre-vingtdix ans. Au bout de cinq siècles, quinze millions d'individus n'en seraient pas moins descendus de la paire primitive.

On peut rendre cette argumentation plus frappante en prenant par exemple un animal de trèspetite taille, tel que le Puceron, a Dans des données recueillies par Bonnet et d'autres naturalistes, dil M. de Quatrefages, il résulte que si pendant un été les fils et petits-fils d'un seul Puceron arrivaient tous à bien et se trouvaient placés à côté les uns des autres, à la fin de la saison ils couvriraient environ quatre hectares de terrain. Evidemment, si le globe entier n'est pas envahi par les Pucerons, c'est que le chiffre des morts dépasse infiniment celui des vi-

vants Enfin il est clair que si la multiplication des Morues, des Esturgeons, dont les œufs se comptent par centaines de mille, n'était arrêtée d'une manière quelconque, tous les océans seraient comblés en moins d'une vie d'homme.

L'équilibre général, on le voit, ne s'entretient qu'au prix d'innombrables hécatombes.

SECTION III

La Fécondité est, en soi, un mystère, comme l'est la vie ; nous no pouvons en étudier que les effets, et remonter aux causes et aux conditions qui influent sur son pouvoir en favorisant ou entravant l'aptitude à la procréation.

Elle ne se traduit pas chez l'Homme par des manifestations extérieures probantes. Les faits positifs ne sont môme pas convaincants: de ce que l'union sexuelle a paru probante, on ne peut conclure à la fécondité réelle du mâle; pour autoriser cette conclusion, il faut que l'expérience ait été faite en se mettant à l'abri de toute cause d'erreur.

Chez la Femme, c'est autre chose : la fécondité se prouve par ses effets. Mais lorsque, fidèle au ma-

nage, la femme ne conçoit pas, on ne peut conclure à sa stérilité, car on voit très-souvent qu'en

contractant . une nouvelle alliance, elle devient mère.

Le pouvoir fécondant peut être influencé, augmenté, diminué, annihilé par diverses causes, qui sont 1** les unes d'ordre général, 2° les autres d'ordre individuel.

§ 1*'. — Influences générales sur la Fécondité.

Ces influences se rapportent à la race, au climat, aux saisons, aux localités, aux mœurs, aux habitudes, au genre de nourriture, aux professions, etc., etc.

Race. — L'aptitude à procréer est soumise à tant d'influences qu'il est extrêmement difficile d'apprécier sa plus ou moins grande puissance. Aussi croyons-nous que cette aptitude serait égale dans les diverses races, si la misère, le despotisme, les persécutions, les préjugés, l'abus des jouissances précoces, etc., ne l'affaiblissaient pas.

Quoi qu'il en soit, on sait que les Chinois mettent au monde beaucoup d'enfants ; que les Nègres ont 4ine nombreuse postérité, malgré les conditions dé-

favorables résultant de leur servitude, de leur climat, car le ciel ardent est généralement considéré comme peu propice aux unions fécondantes.

Climat. — Abstraction faite des causes qui amè- 1 nent des destructions dont la faculté procréatrice est bien innocente, il est certain que la population diminue à mesure que Ton s'avance des pôles vers réquateur. Toutefois, ce sont les contrées à température moyenne, modérément froide, qui se font le plus remarquer par leur fécondité. On a de tout temps célébré la fécondité des Suédoises. Lord Kaines rapporte qu'en 1807, « le roi de Danemarck, voyant Tlslande dépeuplée par une contagion, déclara par une ordonnance que toute fille qui ferait jusqu'à six enfants ne serait pas deshonorée, tes Islandaises furent si jalouses de concourir à la population de leur patrie qu'il fallut bientôt arrêter par une loi le débordement des enfants. i>

En Russie, les naissances sont aussi très-nombreuses. D'où venaient ces hordes de barbares qui, à la décadence romaine, se ruèrent sur les Gaules, l'Espagne et l'Italie ? Elles étaient venues par les contrées nord de l'Europe et par les antres de leurs immenses forêts. Quoique les temps et les conditions d'existence soient bien changés, c'est encore do ces mémos contrées que sont venus les douze

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cent mille soldats qui se sont précipités sur la France en 1870.

La chaleur atmosphérique relâche les tissus, énerve les constitutions, affaiblit, amollit les individus par les pertes sudorales, le ralentissement des fonctions de nutrition, l'appauvrissement du sang: c'est^à cause de cela que les régions équatoriales, malgré la beauté du climat, qui dispose àPamour, sont celles où le précepte, de récriture, <icroii<sez et multipliez », est le moins réalisé ; là, d'ailleurs, Texcès des plaisirs faciles résultant de la polygamie épuise les hommes, et Tabus des bains que font les femmes les rend moins fécondes en relâchant leurs organes et en émoussant avec leurs désirs la vitalité de Tutérus.

Et pourtant les femmes méridionales passent pour être plus ardentes que celles des contrées froides. C'est que précisément cette ardeur dépasse la limite la plus favorable, qu'elle imprime au système utérin une activité trop grande qui prédispose à l'irritation inflammatoire, aux pertes menstruelles, aux avortements, etc.

Saisons. — La saison n'est pas sans influence sur la faculté d'engendrer. On en juge par ce fait que les naissances sont plus nombreuses à certaines époques de Tannée qu'à d'autres. Dans notre cli-

mat, en France par exemple, il yient au monde un pbis grand nombre d'enfants dans les mois de janvier, février et mars ; preuve que les rapports sexuels Bont plus fréquents ou plus féconds, dans les mois d'avril, mai et juin. D'où cette conclusion que le printemps est la saison la plus favorable à la procréation dans l'espèce humaine comme dans tout le règne animal.

Localités. — Les lieux élevés, arides, venteux, sont moins peuplés, moins fertiles que les bas-fonds, les vallons arrosés par des cours d'eau. L'humidité atmosphérique semble agir sur l'aptitude des êtres à la fécondation comme sur la fertilité du sol. L'Egypte s'est montrée dans tous les temps plus riche en productions terrestres et en populatiqp que les contrées voisines. Ne sait-on pas que l'eau du Nil a passé pour rendre les femmes fécondes ?

Les Pays-Bas, la Hollande, les plaines de la Lombardie et divers lieux en France où règne une atmosphère sans sécheresse aride, se font remarquer -par une natalité très-grande, eu égard au chiffre de la population, toutes autres causes de fécondité ou d'infécondité étant éliminées.

Quant aux villes comparées aux campagnes, chacun sait que les citadins font moins d'enfants que les paysans ; mais la cause en est dans des condi-

tions sociales particulières que nous allons retrouver en parlant de Taisance, d^e la misère et des mœurs, etc.

Aisance et misère. — Les pays pauvres ne sont pas ceux qui se font remarquer par une population exubérante : la fécondité animale y est en cjorrélation avec la fertilité du sol. D'un autre côté, il n'est pas moins certain que les deshérités de la fortune se multiplient bien plus que les riches. Pourquoi cela ? Uniquement parce que le riche est dominé par le souci d'augmenter sa fortune, de ne pas la voir se trop diviser, et surtout parce qu'il ambitionne pour sa progéniture une destinée qu'il croit devoir être d'autant plus belle qu'elle sera fondée sur la richesse. Et puis, dans les classes fortunées, souvent la femme légitime est délaissée par le mari, qui va porter ailleurs, sinon son amour et son affection, du moins l'exubérance de ses désirs de luxure.

D'autres fois, il y a peu d'enfants dans le mariage par une cause inverse : le luxe et l'abus des plaisirs ont usé prématurément les ressorts de la vie.

Rien de tout cela n'a lieu en général dans les classes pauvres ou chez les campagnards. Ceux-ci, au contraire, voient arriver les enfants comme un présage de richesse à cause de leur travail futur, sur lequel ils comptent.

Un auteur prétend que la Fécondité de la femme est en rapport direct avec l'intensité des privations qu'elle endure ; et il explique ce fait, que la physiologie n'a pas enregistré, par cette considératioa que la force plastique ne trouvant pas à épuiser son action dans rélaboration des matériaux destinés à l'entretien de l'individu , emploierait son surcroit d'énergie au bénéfice d'une fonction d'un autre ordre, celle de reproduction.

En tout temps et en tout lieu, quel que soit le climat et dans quelque classe de la iijociété qu'on le considère, le chiffre des naissances s'élève dans les années d'abondance et s'abaisse dans celles de disette. Dans une année fertile, tout se multiplie, insectes, bestiaux, naissances; tandis que quand la misère et les privations se font sentir, non-seulement il y arrêt de mouvement de la population, mais encore augmentation de la mortalité.

^im Cerere et Baccho friget Venus,

Se sont-ils appuyés sur cet adage, les moralistes qui conseillent les abstinences et le jeûne dans le but d'émousser l'aiguillon de la volupté ?

Nourriture. — Le genre de nourriture agit puissamment sur les facultés procréatrices, l'usage de la viande, du poisson, du vin généreux pris en quan-

tité modérée, dispose aux plaisirs de Tamour mieux que ne fait assurément une alimentation végétale, maigre, insuffisante.

A côté de cette règle générale, il y a ce fait que certaines substances alimentaires jouissent de la propriété d'éveiller et de surexciter Tinstinct gcnésique : tels sont les mets de haut goût, la chair de poisson, la trufTe, et certains condiments, comme la vanille, la muscade, les bulbes des allicés, etc.

Ces substances, dont nous pourrions considérablement allonger la liste, ne possèdent pas au degré qu'on leur suppose la vertu prolifique, tant s'en faut; pourtant il est certain que le poisson est particulièrement excitateur de l'appareil génito-urinaire, par la raison qu'il contient un peu de phosphore, un des plus renommés aphrodisiaques.

Ce fait était certainement ignoré des autorités religieuses lorsqu'elles plaçaient la chair des poissons dans la catégorie des aliments froids, calmants, réservés pour les temps de jeûne et de pénitence.

Du reste, une foule de fables ont eu cours relativement' aux influences qui s'exercent sur Tinstinct de concupiscence. En voici un exemple :

On a prétendu (Mém, de la Soc. roy. de méd.

en 1776) que le blé sarrazin dont on se nourrit en Sologne excite tellement la luxure, que des enfants de 7 à 8 ans ont eu déjà commerce ensemble et que

les femmes y sont également lascives et fécondes. — Les choses ont bien changé.

L'usage modéré des boissons spiritueuses^ du vin, du cidre, peut contribuer à la fécondité; toutefoi)i, leur abus ne peut ôti e que pernicieux. L'ivresse portée à un certain degré rend impossible le congrès faute d'érection suffisante. Dans les Pays-Bas, laHollande, les grands buveurs d'eau-de-vie deviennent impuis* sants et même stériles, tandis que les buveurs d'eau sont, dans les combats d'amour, plus vaillants que les amants de Bacchus.

L'usage immodéré du tabac peut devenir cause de frigidité et d'infécondité.

Nous pourrions parler encore de certaines substances narcotiques, stimulantes, aphrodisiaques, dont les Orientaux se servent pour exciter leurs désirs et leurs forces viriles épuisées ; mais c'est un sujet qui trouvera sa place plus naturellement au chapitre Impuissance.

Professions. — Elles ne sont pas indifférentes dans le sujet qui nous occupe. Plus elles nécessitent d'efforts et dépensent de forces, moins il en reste naturellement pour l'exécution physiologique parfaite des actes de la fécondation. Sous ce rapport, les travaux de l'esprit l'emportent encore sur ceux du corps. Les savants, les grands penseurs sont peu

portés aux plaisirs d'amour; et comme le défaut d'exercice plonge les organes dans une sorte d'atonie et de frigidité, leur mise en activité perd de sa puissance fécondante. *

Les hommes et les femmes qui tissent la toile, et qui exécutent, en exerçant ce métier, certains mouvements du bassin et des membres inférieurs^, sont plus portés que bien d'autres à l'acte conjugal : C'est une remarque qui a été faite par les anciens. Les modernes, à leur tour, ont cru remarquer que la mi^e en mouvement de la machine à coudre au moyen du pied n'est pas sans inconvénient chez les femmes à cause de l'excitation qui en résulte du côté des organes sexuels.

§ 2. — Influences individuelles.

Les influences qui peuvent modifier l'aptitude à concevoir chez la Femme, à féconder chez l'Homme, et qui leur sont propres, sont certainement beaucoup plus puissantes que celles que nous venons de passer en revue. Et cependant, à part l'état. d'intégrité ou de maladie des appareils sexuels, dont la constajtation est génét*alement assez facile à faire, ces influences se démontrent par des suppositions plutôt que par une observation rigoureuse. C'est

(fue, comme nous l'avons déjà dit, si la Fécondité peut s'afBrmer chez la femme, elle restç douteuse chez rhomme tant quMl n'a pas. acquis la certitude qu'il est père.

La première condition pour que la faculté procréatrice puisse se manifester, c'est que les organes auxquels elle est dévolue soient dans un état d'intégrité. Cela étant, nous devrions, pour être méthodique, commencer par l'étude de l'anatomie et de la physiologie de ces organes ; mais, bîen que trèsutile pour l'intelligence des matières efl question çn ce moment, cette étude n'est pas indispensable ici, tandis qu'elle doit absolument précéder les considérations que nous avons à présenter sur l'Impuissance et la Stérilité.

La Femme passe certainement pour être plus féconde que l'Homme, et cependant, dans les unions stériles, c'est elle plutôt que celui-ci qu'on accuse. Nous verrons plus tard quelle part doit être faite à chacun des conjoints dans les causes d'infécondité qui peuvent leur être imputables.

Généralement la puissance procréatrice du mâle est plus restreinte que celle de la femelle. Dans l'espèce humaine, par exemple, lorsqu'une union donne naissance à 2, 3 et même 4 enfants jumeaux, c'est fi l'aptitude delà Femme à concevoir qu'il en faut rapporter tout l'honneur. On a observé chez cer-

LA FÉCONDITÉ. ttt

taines femmes une fécondité parfois très-considérable, s'accusant par des grossesses gémellaires répétées. Cette faculté est même souvent héréditaire.

Osiander cite une femme qui, en onze couches, donna le jour à 32 enfants. On peut joindre à cet exemple celui de ce paysan russe qui fut présenté à Catherine II, et qui avait 90 enfants, ou celui de ce Danois qui réunit 297 enfants, en forma un bataillon et alla offrir ses services à son roi. Ces fécondités extraordinaires ne tiennent qu'à la femme, et les chefs de ces innombrables familles ne méritent nullement la curiosité dont ils furent Tobjet.

La Fécondité individuelle est influencée par certaines conditions d'âge, de constitution, de tempérament et même d'état mental des personnes. Il est une autre influence à laquelle on a fait jouer un rôle trop important, c'est la Consanguinité dans les mariages. — Nous en parlerons dans la suite.

Age. — L'homme ne devient apte à féconder sa compagne, et celle-ci à être fécondée, que quand le corps a acquis tout son développement et que l'exercice des fonctions génitales peut avoir lieu sans porter atteinte à la santé de ceux qui s'y livrent. Or, l'époque de la vie en question est variable, suivant les latitudes et les climats, etc. Elle marque

l'âge de puberté lorsqu'elle est arrivée.

La Puberté existe donc du moment que l'individu devient propre à accomplir Tacte de la génération. ' •

Toutefois, on est pubère avant d'être nubile : les deux termes n'expriment pas tout à fait la mém^ chose.

La Nubilité est l'état d'une personne en âge de se marier : elle suppose l'accroissement du corps terminé et tous les organes parvenus au degré de foroe et de perfection nécessaire pour rendre l'homme capable de procréer son semblable dans de bonnes conditions, et la femme en état de supporter les fatigues de la grossesse, de l'accouchement et de «es suites, l'allaitenant compris ; tandis qu'au contraire la Puberté a un commencement et un développement plus ou moins lents ou rapides, mais qui eoincident avec les derniers effets de l'accroissem^it général. ^

L'âge de puberté — puberté et nubilité seront désormais synonimes pour nous — varie chez les sujets selon la latitude et les climats. Les Orientaux sont pubères bien plus tôt que les habitants des contrées septentrionales ; mais, par contre, ils perdent aussi beaucoup plus tôt la faculté génésique.

Ohez certains peuples méridionaux, la Femme peut concevoir à l'âge de 12 ans, époque à laquelle elle est menstruée en général, et l'Homme est nu-

bil« vers la quinzième année : nous dirons pourquoi plus tard.

Dans nos contrées tempérées, les limites de la vie sexuelle se trouvent entre 15 et 45 ans pour la i^ùnme, et 18 à 55 pour Thomme. Hâtons-nous d'ajouter toutefois que , les différences les plus grande, les exceptions les plus inattendues peuvent modifier ces appréciations.

En résumé, la puberté apparaît en général chez rhomme deux ou trois ans plus tard que chez la femme; différence qui tient sans doute à l'excitabilité plus grande du système nerveux chez le sexe féminin.

Chez rhomme^ Page de puberté est marqué par divers phénomènes à lui propres, à part ceux qui intéressent toute Téconomie et qui se rapportent au développement des systèmes osseux, musculaire, sanguin^, etc. Le jeune homme voit sa peau offrir

upe teinte plus foncée, son menton se couvrir d'un duvet cotonneux auquel succède bientôt la barbe. Le pubis se couvre aussi de poils ; le scrotum s'agrandit et se contracte sous la moindre influence ; les testicules acquièrent un volume double de celui qu'ils avaient auparavant; la verge grossit, s'allonge, est le siège d'érections fréquentes; viennent ensuite lea songes erotiques, les éjaculations nocturnes. Le sperme, d'abord aqueux, se montre bientôt avec

fi4 FONCTIONS DE REPRODUCTION.

tous ses caractères physiques et son odeur spé-. ciale.

Au moral, le jeune pubère éprouve une sorte d'inquiétude, non sans charme; son lAistgination s'éveille et aime à se perdre dans mille pensées confuses, dont le vague indéfinissable est une jouissance de cet âge des illusions. Il se complaît dans une rêverie silencieuse et ouvre son cœur à tous les sentiments généreux. Avide de connaître, s*enivrant aux récits des beaux exploits, c*est en vain qu'on chercherait à l'effrayer en lui exposant les dangers auxquels il va s'exposer.

Et puis, une force inconnue, irrésistible, l'entraîne vers un sexe qu'il se représente sans cesse sous les couleurs les plus séduisantes. « Dès qu'il l'approche, une timidité insurmontable le saisit. Il est timide, dit Cabanis, parce que la nature des désirs qu'il ose former l'étonno lui-même et que la défiance de leur succès le déconcerte. Cet embarras du premier amour, cette timidité cèdent enfin à l'impétuosité d'une passion que les obstacles exaltent. Le jeune homme aime ; il aime avec toute la passion de son âme ; et lorsque ce sentiment est uni à d'heureuses dispositions, il hâte leur développement et contribue à rehausser la dignité de l'homme en étendant les facultés morales qui font son plus noble apanage. »

Chez la femme, la puberté est annoncée par de«

douleurs lombaires, des lassitudes, un certain allanguissement des forces de Tesprit et du corps; la jeune fille, si vive et si enjouée naguère, devient rêveuse, sans goût pour les exercices du corps. En môme temps, les formes extérieures se modifient, le bassin s'élargit ; les glandes mammaires sont trcssensibles, augmentent de volume et prennent ces formes voluptueuses, à l'attrait desquelles ajoutent encore la couleur vermeille et Texquise sensibilité du mamelon. La peau se couvre de poils au pubis et aux aisselles seulement; toute la force du système pileux se concentre du côté de la chevelure, qui se développe rapidement.

Une véritable métamorphose s'opère chez la jeune fille, qui, dans l'espace de quelques mois, passe d'un état où les formes ^ont disgracieuses par l'allongement des membres et du corps, à un ensemble dont la Vénus de Milo offre le parfait modèle. Son teint se colore à la vue du jeune homme, et l'ensemble de la physionomie exprime des impressions bien différentes de celles de l'enfance.

Mais les phénomènes véritablement caractéristiques de la nubilité se passent du côté des organes génitaux. Les ovaires et l'utérus augmentent de volume, et ce dernier organe deviôiit le siège d'un flux sanguin qui se renouvelle tous les mois (V. Mens-' truation]. Les parties externes de la gc ncralion su«

flR FONCTIONS DE REPEODUCTION

bissent également des modifications notabïes : le mont de Vénus s'arrondit et se' couvre de poil», les grandes et petites lèvres deviennent plus saillante^, sont humectées d'un fluide séro-muqueux; le clitoris nyanifesto des mouvements de turgescence accompagnés de sensations voluptueuses que la pudeur veut réprimer et qu'elle rend plus vives encore.

Au moral, c'est une vague inquiétude, un vide du cœur que la jeune fille cherche vainement à remplir. « Inquiète des désirs vagues et obscurs dont elle est tourmentée, elle croit retrouver dans la solitude le calme et la gaieté qu'elle a perdus; mais son imagination vive, mobile, ne fait qu'augmenter son trou-* blfe ; elle languit dans une mélancolie profonde, dont . Y&B accès sont terminés par une abondante efîusion de larmes qui la soulage. »

« Tous les phénomènes qui se passent à l'époque de la puberté chez la femme sont sous la dépendance des ovaires, et, si l'on venait à enlever ces organes, comme on enlève les testicules chez l'homme, on n'observerait rien de ce qui caractérise cette période de la vie. »

La Fécondité existe aux âges que nous venons d'indiquer tout à l'heure; mais est-elle daniïtoMe sa puissance au point de vue d'une parfaite cmttpïwtkm cômrriuniqtiéeraix prbdtiit ? No» ; les enfaAt^ né» de parents trop jeuifw sont Souvent chétifs et

LA FKCOÎ^DITÉ. 67

faibles cte- constitution. C'est ce qu'avaient parfaitenient compris les législateurs de Tantiquité, qui prescrivaient pour le mariage dès hommes Tâge de 30 à 37 ans, et pour celui des femmes Tâge de 18 à 24. Ces limites d'âge étaient un peu exagérées : 20 ans pour la femme, 24 pour l'homme, voilà les époques les plus favorables.

Constitution et tempérament. — Le degré de développement et d'activité des organes correspond à la constitution ; le tempérament désigne plus spécialement la prédominance d'un système d'organes, sans que la> santé générale pourtant soit ébranlée. Cela dit, il va de soi que les individus dont les fonctions s'esoécutent toutes avec activité et harmonie sont les plus robustes et, généralement, les plus fa-vorisés dur côté de la puissance génératrice. Les messalines devinent cela instinctiveme.nt, car elles choisissent les hommes de cette constitution pour se satisfaire.

Les hommes à larges épaules, à la voix forte et sonore, qui ont la poitrine carrée, les muscles forts et durs, la peau velue, passent pour être ardents en amour, parce que chea eux la sécrétion spermatique est àbonilante.

Cependant lets* ^uff torts musculairement ne sont pas toujours les plus vigoureux dans les combats de

fis FONCTIONS DE REPRODUCTION.

Vénus : le tempérament y est pour quelque chose. II y est si bien, que les anciens en avaient reconnu quatre primordiaux, à chacun desquels ils rattachaient l'un des quatre âges de la vie. Ainsi, au tempérament sanguin correspondait la jeunesse, le printemps; au bilieux, Tâge adulte, Tété; àTatra^ bilaire, Page mûr, l'automne ; au pituiteux, la vieillesse, rhiver. Les tempéraments sanguin et bilieux, qui correspondent à la jeunesse et à Page adulte, sont en effet ceux où les forces viriles et l'aptitude à la procréation sont le plus développées.

a Les femmes, dit Gardien, qui, par leur tempérament et les dispositions de leur corps, se rapprochent plus de la constitution de l'homme que de celle de la femme, sont presque toujours stériles. Les Latins les distinguaient sous le nom de viragines^ à raison de cette apparence. Leur voix est grave et forte , leur menton et leur lèvre supérieure sont garnis de barbe comme ceux des hommes ; la couleur de leur peau est basanée, et leur poitrine souvent couverte de poils ; elles n'ont point pu peu de règles, sans que leur santé en soit dérangée; les plaisirs de l'amour n'ont aucun attrait pour elles, et elles préfèrent pour l'ordinaire la vie active des hommes aux occupations paisibles de leur*sexe. Il n'est pas rare d'en rencontrer dans les camps, où elles paraissent se plaire. »

L'état maladif, la faiblesse organique native ou acquise modèrent les désirs et même peuvent les faire disparaître tout à fait; les sujets engendrés par les individus de cette constiti^tion offrent eux-mêmes les signes d'une santé débile. Il est pourtant certaines maladies, comme la phthisie pulmonaire, sans parler de rérotomanie, qui semblent favoriser les ar« deurs amoureuses, au lieu de les éteindre. Mais malheur à l'homme ainsi frappé qui cède à ces désirs factices, car il abrège son existence en léguant son mal à sa postérité.

Etat mental. -^ On a cru remarquer que les femmes d'un caractère gai, enjoué et affectueux conçoivent avec une grande facilité, voire même dans des circonstances où, trompant les vues de la nature, les deux époux cherchent à se procurer des jouissances stériles. Mais il est impossible, le plus souvent, de déterminer la cause qui fait que telles femmes sont plus fécondes que telles autres.

On parle aussi du défaut de rapport et de convenance entre'Ies tempéraments et les dispositions morales des conjoints : nous croyons, en effet, /jue le défaut d'amour, une certaine antipathie, le dégoût, la découverte d'une infirmité ou d'un mal ignoré jusque-là, rendent les deux sexes peu propres à la fécondation. Toutefois, il ne faut pas attribuer une

' 70 FONCTIONS DE ReAiODUCTION.

trop grande importance à ces influences, car on bslH que lar femme violée dans des circonstances où k peur, la colère et un sentiment d'horreur la dominent, peut devenir enceinte.

Habitudes. — Les travaux excessifs du corps et de Tesprit, les passions vives, Tintompérance, Tabus des plaisirs vénériens tendent à diminuer Taptitude à la fécondation. Il n'est pas jusqu'aux vêtements, à certains exercices, qui ne puissent produire le même effet. L'équitation, par exemple, a Tinconvéniénf de froisser les organes sexuels, de troubler les fonctions testiculaires, etc.

Nous aurons à revenir sur toutes ces questions aux chapitres Impuissance et Stérilité.

Consanguinité. — Cette expression désigne la proximité de parents nés d'un même sang par suite d'unions contractées entre cousins germains, neveux et nièces, cousins jusqu'au troisième degré dans la ligne collatérale. On accuse ces unions de fécondité affaiblie, de stérilité même, ou bien de donner lieu à des produits imparfaits, incomplet», à vitalité languissante et à courte existence, eto.

Cette question ne figure ici qu'à titre de cause présumée d'infécondité, car la consanguinité doit revenir sous notre plume quand nous parlerons du Mariage. Mais, dès à présent, nous pouvons déclarer

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que les Mariages consanguins ont été calomniés. Il résulte, en effet, d'études et d'observations consciencieusement faites, que si Thérédité est en puissance de transmettre les qualités et les défauts physiques et moraux des parents, elle conserve ce pouvoir dans toutes les unions en général ; que si la Consanguinité agit avec plus d'intensité quand cette hérédité n'existe pas, ce qui doit être, puisque la même aptitude est propre à l'un et à l'autre conjoint, elle doit doubler la prépondérance des bonnes qualités comme elle fait pour les mauvaises.

En d'autres termes, les unions consanguines, à quelque degré de parenté qu'elles soient contractées, lorsque les époux sont parfaitement sains, non -seulement n'ont aucune influence fâcheuse sur la santé des enfants, mais elles la perfectionnent. Les termes sont renversés dans les cas contraires.

Toutefois, une question se dresse menaçante : il s'agit de savoir s'il n'existe aucun vice caché, aucune diathèse dans les familles des conjoints. Dans le cas où la Consanguinité ne compte qu'un petit nombre d'unions successives, il y a lieu de croire que les constitutions des descendants n'ont subi aucune atteinte ; mais, à la longue, le mélange prolongé d'un même sang peut certainement modifier celui-ci plutôt en mal qu'en bien, alors même que les deux premiers facteurs auraient été d'une santé irréprochable:

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