CHAPITRE PREMIER
CHANGEMENTS DE VOLUME DëS CORPS.
f Thermoniétrie.
9. Les variations de volume des corps marchent dans le même sens que celles de la chaleur, et constituent un phénomène qui ne souffre que peu d'exceptions, tant que ces corps conservent leur même état physique. — Elles vont donc nous fournir le moyen de contrôle qui nous est indispensable pour suivre les effets du puissant modificateur de la matière que nous avons à étudier.
Les thermomètres sont effectivement fondés, pour la plupart, sur les variations précitées. — Le corps dont on mesure les changements de volume est solide, liquide ou aériforme.
' Observations. — ^Parmi les thermomètres solides , nous citerons r^^//c<? ther^ ^
mométrique de Bréguei, \e pyromètre de fFedgwood , la montre thermométrique 'd Jurgensen , etc. Les principaux thermomètres liquides sont : les thermo^^ mètres de Réaumitr^ le thermomètre de Fahrenheit y le thermomètre centigrade, les thermomètres à déversement, hypsométrique et métastatique de fF'al/erdin , le thermomanomètre de CoUardeau , etc. Au nombre des thermomètres à air, nous signalerons le thermoscope de Rumfard, le thermomètre différentiel de Leslie^ \e pyromètre de M. PouiUet.
• Il est encore une autre classe d'instruments thermométriques ; ce sont les {^pareils thermo-électriques.
Choix d*un thxrmometek. — Les thermomètres à mercure doivent être préférés aux autres. Ce métal est toujours homogène , inaltérable par voie de décomposition , bon conducteur de la chaleur, d^une faible capacité pour la chaleur ; enfin sa dilaution est sensiblement proportionnelle à la température entre O* et 100« {Duiong et Petit). — Les thermomètres k alcool, employés ordinairement pour les basses températures , offrent de nombreuses causes
d'erreur. Ce liquide est très avide d*eau ; il s'altère à l'air, etc. L'addition d'une matière colorante complique encore les résultats, par le déOaut d'idendite de cette matière dans les divers cas, la Tariabilké de la proportion dissoute, etc.: aussi le capitaine Parry,a-t-il vu que des thermomètres à alcool coloré, qui s'accordaient dans les températures moyennes, présentaient, dans les basses températures , des différences de 3<^,3d. Dans les températures élevées , les différences sont encore plus considérables ; en outre , l'alcool offre une très grande inégalité dans sa dilatation.
Un thermomètre présente deux espèces de sensibilité : si l'on veut apprécier de petites variations de chaleur , on prendra un grand réservoir avec une ttge étroite ; pour une appréciation rapide , il faut nne petke masse thermométrique. Les deux avantages ne peuvent être rémûs ^qve dans les tfaermomè» très métastatiqii^s de H« Walferdin.
L'échelle centigrade est d'un usage plus commode que les autres. La transformation de ces dernières est d'ailleurs facile : il suffit d^ajouter à l'indication d'un thermomètre de Réaumur le quart de sa valeur pour en avoir la corres« pondance en degrés de l'échelle centigrade. Pour l'indication du thermomètre de Fahrenheit, on commence par retrancher 32 , puis on multiplie le reste par 5, et -on divise le produit par 9.
Déplacememt MB POINTS MXBS. — DfpuJfl vokt quiuzaîne d'années, on n leconna que le lito du thermomètre éprouve un déplacement considérable* M. Diespretc , qui a fait de nombreuses recherches sur ce suqet, a constaté mnè» variation ascensionnelle pendant quatre ans et demi : dans un cas , elle s'est élevée en totalité à 0<»,57. Si Tinstriuneiit est maîntciMi à une température constante, comme celle d'une cave, le mouvement ascensionnel s'effectue sans oscillations; mais, dans le cas contraire, le zéro snbit des dépUccmcnli tantôt dans un sens , tantôt dans l'autre ; les variations atmosphériques suffi* sent pour le Caire baisser en été et monter en hiver, en supposant, bien entendu , que l'instrument ne serve pas à des expériences , auquel cas il subirait des déplaœments analogues dans le coturs même des cKpérieoces. {Jrmal» de ckùn. etdepkys. , 2* séiie , tom. LXIY. ) Ces variatioDS tiennent pent^tre en partie à la compression <lu réservoir f^ Tair extécienr, par suite du vide qni ^ esiste an-deMus du nsercure. Maïs la principale cause rende dans la lenteur avec laquelle un corps solide non homogène reprend son état primitif ko- ^*«frès ravoir éshanfle onk ranèned la tempénatalre initiale. *^¥mimfi€l€
liro €«t xm poînit aaoS'Cttte otctUaat » on dok aTassurar de sa pcMÎtioa toutes le» tok qu'il s'agît de la détermîiiatMB de températores fixes; mais quand oa cbsrdfte eeukmeoit à estUner des difléreoees de températures, cette iiariatiooi 9'a pa» d'ia&uence, puisifae chaque degvé tliermûmétrique dépend de la masse da mevcuve, qui est consUnte, et du coefficient de dilatation du verre , qui a dû peu varier (Dssprxtx y lac. eit.)„ Enfin > par cela même que le retouc à 1» position est extrêmement long , on comprend qu'un tbevmomètre qui servir» jpumeUement à naesurer tour à Cour des températures hautes et basses pourra être considéré comme ayant son aéro constant. ^ '' ^ - :. «. ^ ^ ^
La pression extérieure peut donner Ueu, dans> certains cas, à de» erreur» GonsidéraUes dans les- indications tbermométriques. M. WaUerdîn en a signalé toute Vétsndue (BuUet, de /« Sec. géolog^ , t« II , p. 8^) ; et comme il a fait ym que la simple pression des doigts sur le réservoir suffit pour produire une as^ cension considérable du mercure dans la tige , on comprend de quelle importance il est, dans les recherchée physiologiques et pathologiques sur l'homme et les animaux , de s'assurer que l'instrument n'est point soumis à une pression notable de la part des organes que l'on explore : aussi c'est pour cette niaoD que les thermomètres à réservoir lenticulaire dovç<ent être rejetés par le médecin, qui devra donner la peéférence à ceux qui l'ont de forme cylindrique et de même diamètre que la tige elle-même.
Banales expériences de précision, on se sert de thermomètres à échelle arbitrsdre ; quand on a déterminé où se trouvent les points fixes d'un instru* ment de ce genre , il est facile d*en interpréter les indications. Si , par exemple , toutes corrections faites , l'intervalle entre la glace fondante et leau bouillante comprend 900 divisions , et si Ton a observé une température indiquée par 297 divbions au-dessus du terme de la glace fondante, on établira la proportion 900 : 297 r : 100 : x, d'où j;= 33*.
Les Ûkermomktrts métastutîquesàe M. Walferdin présentent un intérêt particulier pour le médeci», parce qu'ils doivent servir pour des fractions mi* nimesde degrés et peuvent signaler des difléMuces notableS' de températureentre des parties où des appareib moins parfaits n'en accuseraient aucune. Il y en a deux , l'un à mercure et l'aotM à alcool : ce dernier est d'un très petit volume ; il se compose d'un double réservoir, d'un tube intermédiaire , d'al« côol et d^an globule de mercure pour former intiex. Pour le mettre en expérienec , oikle plange aiee nu éttJo» daus de Veam chauffée aux en vivons de hi
température qu'il 8*agU d*obseryer, â 4- 36*, par exempk ; puis, le retirant, on Y amorce , c'est-à-dire que l'on fait passer dans la tige le petit globule de mer* cure; on le replace alors avec l'étalon dans un milieu un peu plus chaud que le premier , soit à -|- 38*. Admettons que le thermomètre mëtastatique y marque 250 divisions, le laissant alors refroidir jusqu'à ce que l'étalon indique-}- 36*9 le thermomètre métastatique marquera , je suppose , 35 divisions : donc, pour deux degrés centigrades, il aura 215 divisions , etc.
M. Walferdin a encore construit un autre thermomètre , qu'il nonmie hyjh' sométrique , et qui peut servir à la détermination des hauteurs : nous en parlerons en traitant du phénomène de Tébullition. ■
Nous renvoyons également un peu plus loin ce qui nous reste à dire sur les thermomètres tant à mercure qu'à air, ainsi que sur les pyromètres et les thermomètres métalliques.
2* Dilalation des corps.
10. Tout corps soumis à l'action de la chaleur augmente de volume : le rapport entre Taccroissement que ce volume éprouve en passant de o"" à r et les dimensions qu'il présente à zéro se nomme dilatation cubique du corps. — Lorsqu'on n'a égard qu'à l'augmentation dans un seul sens, on la désigne sous le nom de dilatation linéaire , et on l'appelle dilatation en surface quand on la considère à la fois dans deux directions. — La dilatation en sur^ face est sensiblement double de la dilatation linéaire, et l'on peut prendre le triple de cette même quantité pour la dilatation cubique. —T Toutefois , il ne faut pas oublier que la dilatation ne s'elTectuant pas de la même manière dans tous les sens , ce ne sont pas là des évaluations exactes. — La valeur numérique de ces accroissements se nomme coefficient de dilaiation.
A. Corps folidss.
1 1. La dilatation des corps solides est très peu considérable et ne saurait être mesurée qu'à l'aide de procédés très rigoureux. —
Elle parait seusiblement uniforme entre o*" et loo* : mais, au-delà, elle devient irrégulière. — Elle n'est pas la même pour les diffé» rentes substances. — Elle peut aussi varier pour le même corps. --' ''r '^*' ' ^ ' ' '
Observations. On doit à M. Regnault des i*cclierches du plus haut inlérét sur la dilatatioQ du verre : cette dilatation varie non seulement dans les verres de différentes provenances , mais encore dans le même verre , suivant qu'il est soufflé en tube ou en boule , et que ces dernières ue sont pas du même diamètre, les grosses boules ayant toujours un coefficient plus considérable. {Annales de Chimie et de Physique ^ t. IV, 3* série.)
Diaprés cela , on ne sera pas surpris d'apprendre que des thermomètres à mercure, exécutés avec le plus grand soin, s'accordant à ù^ et à 100<^, ne donnent plus exactement les mêmes indications vers le milieu de Tintervalle : si les réservoirs sont en verre pour Tun^, et pour Fautre en cristal , les différences peuvent s*éiever â plusieurs degrés quand on porte la température à 250* ou 300«, (PiEUiE , Annales de Chimie et de Physique , t. V, 3* série. )
M. Regnault avait déjà fait la même observation , et il avait signalé une JiiTérence de plus de 6® , lorsque Ton observe la marche comparative des instruments dans le voisinage du terme d'ébullition du mercure {loc. cit. , t*Y ). On doit , en conséquence , attribuer à une circonstance fortuite la similitude de coefficient trouvée par Dûlong et Petit dans les verres qu'ils ont examinés.
Les meilleurs résultats sur les dilatations linéaires des solides sont dus à Lavoisier, Ellicot, Smeaton , Augustin, Borner, M. Pouillet Augustin a trouvé que des barres d*unmême fer offraient, dans leur dilatation linéaire, des différences qui variaient dans le rapport de ] 11 à 1 14. M. Mitscherlich de son côté a (ait voir que certains cristaux , comme le spath calcaire , ne subi»» saient pas le menue accroissement dans toutes les directions.
Exemples. — Pour comprendre avec quelle énergie les corps réagissent sur ce qui le^ environne dans leurs mouvements de dilatation et de contraction consécutifs aux variations de température , il suffit de réfléchir que ces changements de dimensions peuvent être équilibrés, et par conséquent mesurés > par les efforts mécaniques de compression et de traction, agissant en sens contraire , et donnant lieu aux mêmes altérations de volume.
EXEMPLES. Les piliers en fer qui soutiennent les murs des maisons les soolè* ten t en été , et les laissent s'affaisser en hiver : les déplacements sont plus grands
Icm mamimàem^miSàrmi^nt en biîqiie im^m tmm h«r kamrar^ Git ébMttlëmeBt de» bâtUimit»pftr raatian^le la>chalettr » été r«biHd*«bte«v«CîoM iuiyieiv de la^pact de H. Aogelo Gesaris^ astronome attaché â L'otMervatoire de Milan. Il a reconnu que les murs extérieurs de cet édifice sont assujettis à des oscillations périodiques journalières. {Ann. de Chim, ei Phys,, 2^ série y t. II.) Dans les bâtiments en pierres retenues par des barres de fer qui y sont «cellées, il y a , en été, un certain degré d'écartement , qui détermine un de»cdlement partiel , et , par suite , la formation de poussière , dont la présence entre les joints empêche le rapprochement, lors de la contraction qu'amène le retour de Thiver : avec les années ces effets prennent de l'accroissement et entraînent la destruction des édifices. -^ Le centre de l'arche des ponts de fier fixes est plus élevé en été qu*en hiver ; il est» au centvaire, plus bas dans les ponts de fer suspendiAs. — Les ^tres ajustées trop serrées dans leurs châssis, se rompent spontanément par la dilatation qu'elles éprouvent sous Tinfluence dnaoleil; il est vrai qu'ici la chaleur amène auni la dessicaation et k resserrement du bois qjui les. encadre.
Les observations précitées d'Augustin sur le fer prouvent que l'on doit déterminer exactement le coefficient de dilatation des banes métalliques destis nées â servir d'étalons pour les opérations géodésiques ou les expériences sur le pendule. *— Les dilatations inégales des métaux ont été utilisées dans les pendules compenêmteurs et dans le thermomètre de Bréguet, — D'autre part, M. Jurgensen, de Copenhague ^ a mis à profit les variations de din»ensions du balancier d'une montre , pour les* faire servir à des indications thermométriques. A^eccet instrument, chaqpe température partielle, agissant proportionnellement à sen intensité ei à sa durée, se retrouve, dans le résulut totale exprimée par le nombre d'oscillations du balancier, conune elle eût figuré dans le calcul de la température moyenne , si l'on eût fodt â chaque instant une observation thermométrique. On détermine expérimentalement le degré de chaleur auquel l'aigiiille des secondes bat 86^400 coups en vingt-quatre heures. La différence de ce nombre à celui indiqué réellement par l'aiguille sertâ calciller la température moyenne. L'observateur n'a qu'une comparaison à faire toutes les vingt-quatre heures d'une pendule bien réglée avec la montre thef" mométriqne. On construit à cet usage une table qui permet de transformer les Mlardson les accélérations en degrés du thermomètre ordinaire. Dansla montre pMéaantée i l' Acadéuûe desMences, 15^' en vingH|tt«^e heures correspondaient
â !• R. (l',25 centig.) {Comptes^r endos ^ t. XIII.) Un appareil bien autrement parfait et destiné à donner et.àin8QiureiiAi»4nânui les températures de chaque heure de la journée est le thermométrographe de M. Bréguet fils. Il se com^ pose d'une héliœ thevnaométrique portant à&on-extréuûl/é une aiguilla ana:» logue à celle d'un compteur à /'^/«/^^ff. Cette ai|^iUe, munie d'encre ^ peut^ à Taide d'un mécanisme d'horlogerie , pointer à des instants déterminés , ia température qu'indique alors sa position sur des cercles concentriques tracés sur une plaque qui se meut régulièrement sous Thélice. On relève les tempS* ratures marquées de vingt-quatre heures en vingt-quatre heures. On pourrak même disposer le mouvement d'horlogerie de telle façon^ que riofltru<p' ment pût être porté au sommet d'une montagne , comn^e le Mont-Blanc, et marcher pendant toute une année sans qu'on eût besoin de le j-emonter.
12. La dilatation A&è solides xCsl pas lieu d'une maoière .mûforme ; elle s'accomplit par sauts brusques, à des intervalles plst ou moins réguliers, suivant les circoiistances extérieures.
Observation. — M. Bréguet fils a suivi ce mode de dilatation dans Phélice thermométrique imaginée par son père. Il a vu que sous Finfluence d'un courant électrique constant, Taiguille, pour atteindre sa déviation totale, parcourait, en des temps égaux , des arcs successifs, de valeur toujours dé* croissante. (Ann. chim. et phy.^ 3* série, t. III.) Cette expérience met en évidence la lutte entre la force de cohésion , qui tend à rapprocher les molé-> cules , et la force expanaive de la chaleur , qui tend , au contraire , k les écarter.
13. Le retour d'un corps solide à son volume primitif, aprèg qu'il a été chauffé ou refroidi, s'effectue avec lUne extrême lenteur.
OasEavATioNs. Nous en avons déjà 6a la preuve plus haut^ .en traitant dm déplacement du zéro du thermomètre. — Pictet a constaté qu'une barre 4le fer re&te longtemps trop courte ou trop longue , suivaiU que sa température Jt été abaissée ou élevée;. (Bibl. uittv«, 1. 1*^ )
B. DllaUtioo des liqoidet.
14. Les liquides se dilatent par la chaleur beaucoup plus que les solides. — Le coefficient de dilatation varie pour chacun d'eux. — Il varie, pour le même liquide, avec la température. — Cependant, lorsqu'on opère à une température fort éloignée de celle à laquelle le liquide se vaporise, on trouve qu'il y a sensiblement proportionnalité entre la cause et l'effet. — Le coefficient de dilatation du mercure reste constant entre o"" et loo*; il est de 0,0018 par degré. - '^ , ,
Obsi^rvation. Il faut se garder de confondi*e la dilatation rëelle d*un liquide avec sa dilaUtion apparente. Celle-ci diffère de la première en ce qu'elle est diminuée de l'augmentation de capacité du vase qui contient le liquide : il faut tenir compte de cette diminution.
15. L'eau présente une exception fort remarquable avec les autres liquides. Quand on la refroidit^ elle se contracte de plus en plus; puis, arrivée vers +4% ^1'^ ^^ dilate de nouveau et aug* mente de volume jusqu'à sa solidification.
OasBavATioif s. — Maximum de densité de feau. — Ce problème est Tun des pins importants de la physique , puisque ce maximum sert de base au système des poids et mesures, et qu'on le prend pour unité dans la détermination du poids q>éci6que des solides et des liquides.
Aussi un grand nombre de physiciens se sont-ik appliqués à obtenir cette fixation. M. Despretz est arrivé par une série d'expéiiences nombreuses dont le calcul a confirmé les réiuluts , au chiflTre -|- 4*,005 {Annales de chimie et • de physique^ 2« série, t LXX et LXXIII ): ainsi le maximum de densité de . ^
l'eau est à -|- '4'' centigrades. — On doit au même physicien une suite de re* cberchessur l'eau de mer et les dissolutions salines : d'après ces recherches , ces liquides auraient aussi un maximum de densité, qui baisserait plus rapidement que le point de congélation du liquide. Il y aurait même cette relation renuurquable, que l'abaissement du point de congélation au-dessous du zéio^
et œiui da maximum de densité au-dessous du zéro, sont sensiblement pro« portionneb â la quantité de matières étrangères ajoutées à Teau. Le maximum de densité de Teau de mer est à — i'^fi (loc. cU.f t. LXX). Suivant M. Ermann, l'eau de mer ne présenterait pas de maximum de densité : mais il me semble que l'opinion de M. Despretz se trouve confirmée par les observations de Physique du globe. Au fond de la baie de la Magdeleine» au Spitzbergi par 79* 34'lat. N. et 8*49' long. £., un immense glacier s'avance dans la mer. A la marée haute , la £Bice inférieure de ce glacier est en contact avec la surface de la mer y et il sVn détache sans cesse des fragments énormes de glace y qui, quelquefois, remplissent la baie tout «ntière. M. Ch.Martios voulut sa« voir quelle était la température des eaux de la baie à diverses profondeurs. Il employa simultanément dans chaque sondage cinq tlu-rmoméirographes et quatre thermomètres à mini ma de M. Walferdin , garantis <le la pipssion par un tube de cristal. Les expériences sont au nombre de douze , à des distances du glacier variant entre loi."' i !800"- Vjx corrigeant les thermométi ©graphes clf s effets d^ la pression , d'après les indications des thermomètres à mi" nima entubés, et en tenant compte de la poussée de l'index, le résultat moyen de l'indication des neuf instruments est le suivant : dès que la profondt ur dépasse 70"- y la température de l'eau au fond de la mer est inférieure à zéro : les extrêmes des températures étaient — 1<*,29 et — 1*,91 , le thermomètre maïquant à l'air de +0%5 à -Hl<*,9. — D'après ce que nous avons dit plus haut sur le maximum de densité de l'eau douce , le fond des grands lacs doit oflârir et oifre sensiblement la même température en hiver et en été ; cette tem* pérature est voisine de -|- 4* : cela UewK à ce que les couches de la surface plus chaudes ou plus froides que l'eau à -|- ^^y ont toutes une densité moindre que celle-ci.
16. Lorsqu'elle est convenablement refroidie, Teaii pnsse à Fétat solide en prenant un nouvel accroissement de volume.
Observations. La dilatation delà glace par la congélation est un phénomène qui joue un rôle important dans une foule de circonstances : il nous suffira de citer la destruction lente et progressive de la < ouche superficielle des pi« rres de nos habitations, des roches, etc., <ous l'influence de Texpansiou que prend, en se soilditiant, l'eau introduite dans leurs fi^^sures. — C'est à cet accrois>ement de volume qu'est due la présence de la glace à lasmiace des masses d'eaux
*Ae-qutfUpM>i rivUret rapiottf, est éammnyOûm^lmfom «Mb«Mrgét<p«r le ««*
iëe lacdngélatioe d'naeipctiie coiiebe de iMpiîde , «n «oni^itiioe de la 1 -péimture trèsbiMe <le «s glaçoM. JGtUe gbce est «pongîeûse^ eta à'k «urface qve 'quand Taau qui la rt-coixfve a'élève ««-«deanis de i^, (GAf--Lut8AC, Jifmales dtckimket depàysi^u^^ t. L&UI, S* série.)
Cette expansion de la ^lace par la solidiGcatîon me semble pouvoir être invoquée, pour l'interprétation d*un passage d'Hippocrate, qui a donné lieu de sa part , et, â son exemple , de celle de la plupart des médecins, à la proLiUtion des eaux de neige et de glace : « Faites geler, dit-il , une certaine mesure » d'eau , puis placez-la dans des conditions propres à en opérer la liquéfaction, » vous reconnaîtrez bientôt une notable diminution dans le liquide: donc^ » ajoute-t-il , la congélation enlève à Teau ce qu'elle renferme de plus léger, » et ne lui laisse que les parties les plus pesantes : c'est pourquoi je regarde les » eaux qui proviennent de la fonte de la neige et de la glace comme le^ plos » nuisibles de toutes, n {De Aer, , Jqu. et Loc, ) N'est-il pas évident que Terreur renfermée dans ce passage tient à ce qu'une partie du liquide «jui rem* plissait le vase au commeiicementde Texpérience, s'était répandue au-dehors, par suite de l'expansion qui précède la congélation. Le glaçon formé occupait, à la vérité, toute la capacité du vase, mai;» il ne représentait qu'une portion de l'eau primitivement introduite.
Remarquons une autre particularité fort importante, qui accompagne la congélation de l'eau : elle abandonne, dans ce changement d'état, les sels et les gaz qu'elle tenait en dissolution. Nous aurons à revenir tout-à -l'heure sur cet abandon des fluides élastiques; quant aux sels, on utilise cette propriété pour la graduation de certaines sources salées. Souvent aussi les navigateurs ont pu renouveler leur provision d'eau douce par la fonte de la glace qui surnage la mer. « Une circonstance digne de remarque, dit le capitaine G)ok, c'est que toute la glace flottante en mer donne àe l'eau douce , quand elle est fondue : on doit cependant avoir soin de ne jaiuais prendre celle que l'agitation det ▼agurs a rendue spongieuse et disposée en rayons de miel , parce que cetl» /Btpèce contient toujours une quantité considéiable de saumure dans les iuter^ tlioes et les cavités poceu:i6S« •» ( Tipr, ^ t. ¥.)
Tond» que la fonte de la glace a lieu constamment k zéro, te ternie de la
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de repos, sa pureté^ etc. , sont autant de circonstances qui k ifl ue at snr 14^ pofiie^ fèÊèûÊrnsèmit. M. Ga^^^^WMo a> puicaMenrcv de- Vma livide jusqtA -*^^. SlavsttreBpMemQsaMr ladéiernuifltion du mannranade denshé de ceJkgftidÉy.M. Oespnetca véiistip&iis d'une fob à. atteindre la lempérature d» — ^âflr sansi fi» l'eau, renfiMnée àm» des tubes^de i^osieiftrs millimètre» da diamètae, pasiàt à l'état: selide; et cependant le mélange rëCrîgérânt,. o4 ils* setrawmientpkingésy était c«nt«miellement^lé {loc^cU,^ tLXtX). La.tinnîlé dtavaisseBux captllairesa'est«-elle pas^ pour le dîie par avance, une des €(— egs de la résistance à la congélation que présentent les corps organisés?
LSexpansie»,. au moment de la^ solidàfioatiea,. se manifeste dans des corps, autossrque L'eau: Wls sesic.lebisnuitb» k fonte, etc.. Aussi lea fondeurs doir ve m i i bySMis peine d'aocidenta, tenÎR oemptede cette augmoniation de volunae^ danak-confestion de leuva moules.