‹ Lois physiologiquesChapitre 12 sur 44 · Le volume du cœur, comparé à ce · texte numérisé non relu

Le volume du cœur, comparé à ce

lui des autres parties du corps, est plus grand dans le fœtus que dans l'enfant déjà ne ; il est également plus grand chez les personnes petites que chez celles d'une haute taille.

3. La capacité et la force du ©œur sont, en proportion du système vasculaire, plus grandes dans le commencement de la vie que dans toute autre période successive.

4- Le cœur est plus gros et plus fort dans les animaux courageux que chez ceux qui sont faibles et timides. Il jouit aussi d'une plus grande énergie dans les carnivores que dans les herbivores.

5. Le cœur chez les mammifères , tant pour son volume que pour sa force , est toujours en rapport avec les poumons.

6. Dans la circulation du sang le cœur change de position et de figure à chaque battement.

7. Tous les animaux vertèbres à sang chaud ont un cœur à double cavité, et conséquemment une double circulation.

Au contraire, les animaux vertébrés à sang froid n'ont qu'une circulation simple; ou bien s'ils en ont une double, leur cœur n'a pourtant qu'un seul ventricule.

8. La capacité des ventricules du cœur dans tous les animaux à sang chaud, ou à double circulation, est plus grande que celle des oreillettes; le contraire a lieu dans les animaux à sang froid.

9. Chez les poissons, et dans la plupart des reptiles, le cœur n'a qu'un seul ventricule et une seule oreillette. Chez les mollusques céphalopodes on rencontre un renflement aortique et deux artères pulmonaires qui simulçntt î^i'^is cœurs. Chez les, insectes et chez les zpophites on ne rencontre point de cœur. in^o,

10. A mesure que les artères s'éloignent du cœur, leur diamètre particulier diminue, et leur nombre augmente. La capacité entière du système artériel croît à mesure qu'il s'éloigne du cœur; car la somme des diamètres de toutes les ramifications artérielles surpasse de beaucoup le diamètre du tronc commun.

11. Le tissu artériel, ainsi que bien d'autres tissus, durcit à mesure que l'animal avance en âge.

12.. La force contractile des parois artérielles est en proportion, plus grande, dans les petits animaux que dans les grands (i).

(i) Les observations de tous les temps et les expériences mal-^ tipliées d'nn grand nombre de physiologistes, notamment de Senac , Willis, Walter, Borelli, Vallis^ieri , Albiuus, Morgagni, Winslow, Monro, Barthez, Laspnne , Hanter, Whytt , Gregory, Sabatier , Krap , Zymmermann , Sœmmering, Leber, Scarpa, Schmid, Vanlembos, IÇraause, Werscbuir , Platner , Vrignaud, Galdani , Bluinenbach, ^ezia, Sottira , Sementini, Darwin, Dnmas, Cuvier,

i3. Les artères contiennent plus de sang que les veines dans le commencement de la vie et moins dans les périodes successives : de sorte qu'il y a pléthore artérielle, tant que la supériorité des forces sur les résistances se maintient ; mais lorsque la rigidité des solides commence à s'établir, il y a pléthore veineuse.

i4- Tant que le corps n'est pas parvenu à son dernier degré d'accroissement, la capacité des vaisseaux, sanguins augmente graduellement dans une plus forte proportion que celle du cœur.

i5. La capacité de tout le système veineux est plus grande que celle du système artériel.

Tommasini, Boyer, Portai, Jacopi , Richerand, Sarlandière, Edwards etc. , suffisent pour réfuter l'opinion de ceux qui regardent le cœur comme le seul et unique moteur du sang dans toute la machine animale, et le système artériel comme absolument passif dans tous les phénomènes du pouls, et comme privé eniièrement d'une contractilité propre. Le Trad.

i6. Les valvules veineuses semblent être spécialement destinées à s'opposer à Teffet de la gravitation du sang et à sa rétrocession.

17. La capacité des veines est en raison inverse de la célérité du liquide qui les parcourt.

18. L'état normal d'un individu quia atteint l'âge mûr, suppose toujours un équilibre entre les pertes qu'éprouve le sang artériel, et les acquisitions que fait le sang veineux.

1 9. La quantité du sa ng qui se distribue à toutes les parties du corps varie dans les différentes périodes de la vie. Elle est, relativement au volume du corps , plus considérable dans l'enfance que dans l'âge adulte.

no. Les vaisseaux de la tête reçoivent , en proportion du restant du corps , plus

de sang dans les premières périodes de la vie que dans celles qui se succèdent.

2.1. Quand la machine animale est arrivée à son dernier degré d'accroissement^ le sang contenu dans les veines augmente constamment en raison directe de la diminution de celui qui est dans les artères.

2.2. Pendant la vie embryonaire il n'y a pas de différence apparente entre le sang artériel, et le sang veineux.

23. Dans le fœtus humain le sang ne contient pas de sels phosphoriques. Après la naissance le sang acquiert des phosphates; il contient plus d'hématosine, il prend une belle couleur rouge, et ac^ quiert une plus grande coagulabilité. Eyaiis l'âge delà puberté, le sang est plus chaud, et a une odeur spermatique , ou analogue à celle de la sueur de l'animal. Dans l'adulte , il est plus consistant et plus riche

en fibrine. Enfin, chez les vieillards, le sang est quelquefois décoloré et très-disposé à former différentes espèces de concrétions, La quantité du cruor relativement à celle du sérum, est en raison directe de âge.

^4 Le sang artériel fournit les différens matériaux des sécrétions , à l'exception peut-être de ceux de la bile. Il est plus chaud , plus rouge, plus oxigéné, plus léger, plus apte à la coagulation que le sang veineux , mais il a moins d'hydrogène et de carbone que ce dernier.

2.5. Le sang veineux est spécialement destiné à recevoir les matériaux capables de réparer les pertes que le sang artériel éprouve continuellement en parcourant toutes les parties du corps. Ce sang est d'un rouge brun, très-avide d'oxigène , d'une température de 3o à 36 degrés de R.

Il contient plus de sérum et plus d'albumine que celui des artères.

a6. La couleur du sang varie dans les différentes classes d'animaux. Il est plus ou moins rouge dans les animaux qui ont un squelette osseux; il est jaune ou blanchâtre dans le plus grand nombre des mollusques et des insectes, et il est aqueux et transparent chez les zoophytes.

^y. Le sang des oiseaux est en général plus rouge, plus coagulable, moins séreux et plus chaud que celui des mammifères. Celui des reptiles et des poissons a une température peu supérieure à celle de l'air ou de Teau dans laquelle ils vivent: chez ces animaux , le sang est aussi trèsséreux, peu coagulable, et fort disposé à devenir huileux.

2.8. Les mouvemens de systole et de diastole du cœur , et du système artériel se

succèdent sans relâche; ils commencent avec la vie , et cessent avec elle. Les passions et les émotions fortes ont aussi quelque influence sur les battemens du cœur, mais jamais assez pour les arrêter.

2.8, Chez tous les animaux à sang chaud, la circulation sanguine est d'autant plus rapide, quils se trouvent plus près de leur naissance ; et à mesure qu ils s'éloignent de cette époque , et qu'ils s'approchent de la vieillesse, les battemens du cœur et des artères sont plus lents et plus inégaux.

2g* La vitesse , la force ou la violence du mouvement circulatoire du sang, varient aussi suivant le sexe, le tempérament et l'état de repos ou d'exercice; de veille ou de sommeil ; d'activité ou d'apathie morale; et varient même suivant la

qualité et la quantité proportionnelle du sang.

3o. Les battemens artériels chez la mère et dans le fœtus sont indépendans les uns des autres, car ils ne sont point isocrones, malgré les rapports intimes qui lient leur existence réciproque.

3i. Dans les mammifères et dans les oiseaux, il y a action simultanée entre Toreillette droite et l'oreillette gauche du cœur, entre le ventricule droit et le ventricule gauche; entre l'artère aorte, et la pulmonaire; d'oii il résulte que, pendant que les oreillettes du cœur sont distendues et pleines de sang , les ventricules se trouvent vides et contractés ; les artères sont dans le même temps dilatées et pleines , et vice versa.

32. Dans la circulation sanguine , chez les mammifères, le sang artériel passe

des extrémités capillaires des veines pulmonaires dans les rameaux plus amples , qui le versent dans l'oreillette gauche du cœur; de celle-ci le sang descend dans le ventricule correspondant du même côté, qui le pousse dans Taorte , pour être distribué dans tout le système artériel , jus* qu'à ses plus petites ramifications.

33. La circulation veineuse chez les mammifères commence par le système ca* pillaire général. Le sang passe des racines veineuses aux veines plus considérables; celles-ci le versent dans l'oreillette droite, d'où il va dans le ventricule correspondant, qui, enfin, le transmet par l'artère pulmonaire, et par ses dernières ramifications dans le système capillaire des poumons.

34. La circulation du sang allant des capillaires pulmonaires à toutes les parties

du corps , et de celles-ci aux poumons , démontre que les solides agissent sans cesse sur ce fluide, lui communique une impulsion et le dirige alternativement du centre à la circonférence, et de celle-ci au centre.

35. Durant la circulation artérielle, le sang se dépouille successivement de sa matière nutritive albumineuse et fibreuse ; perd une portion d'humeur aqueuse et de calorique ; se surcharge d'hydrogène et de carbone, et, réduit à l'état de sang veineux, passe enfin dans les veines.

36. Le sang veineux, dans sa circulation, reçoit le chyle , et tout ce que lui apporte le système absorbant ; ainsi il est plus abondant que le sang artériel.

37. Le but principal de la circulation du sang, spécialement dans le système capillaire, est celui de fournir les maté-

riaux des différentes sécrétions , d'entretenir la nutrition de la machine animale, de remplacer , selon le besoin , les pertes continuelles quelle éprouve, et de maintenir enfin une espèce d'excitation vitale dans tout l'organisme.

38. Le cœur des poissons et des reptiles n'ayant qu'un seul ventricule et une seule oreillette, le sang ne s'y porte qu'une seule fois dans la circulation entière.

39. La force et la vitesse du cours du sang , dans une partie quelconque du système vasculaire , sont proportionnées, i ° à la distance qu'il y a entre cette partie et le cœur; !2° à la qualité et quantité du sang ; 3° à la capacité et à la force d'action du cœur et des artères (i)..

(i) Malgré ce que j'ai déjà dit sur la participation active des parois artériell es dans la circulation du sang dans la note page Sg, je prie le lecteur qui pourrait encore partager l'opinion de BicLaty

4o. La circulation du sang dans les veines se fait par un courant continuel, tandis que dans les artères elle est intermittente, ou à saccades; et les jets du sang sont plus ou moins isochrones aux contractions de la cavité aortique du cœur.

4i. Dans la circulation, chez le fœtus humain, le sang que reçoit la veine cave inférieure , passe entièrement dans l'oreillette gauche du cœur en traversant le trou ovale ; de là il est transmis au ventricule du même côté , puis dans l'aorte , et dans toutes ses ramifications. Du sys-

Witringham et autres sur cette question, de lire l'article arteriariim trritabilitas dans la dernière édition de l'ouvrage de Soemmering. De Corpor. Hum.Fabr. Il y trouvera un grand nombre d'expériences et de raisonneiuens qui démontrent évidemment que les tnbes artériels sont très -actifs dans les phénomènes du pouls. Le manuel de physiologie publié dernièrementparle professeur Médici de Bologne, (i 834) contient aussi plusieurs argnmens en faveur de t'ette même opinion. Le Trad.

LOIS PHYSIOLOGIQUES. 6t

tëme artériel, le sang va dans les diverses branches de la veine cave supérieure, entre dans Toreillette droite, puis dans le ventricule du même côté, qui le pousse dans l'artère pulmonaire. Les poumons ne reçoivent qu'une légère portion du sang; car la plus grande partie est transmise, par le canal artériel, à l'aorte descendante. Le superflu du sang traverse les artères ombilicales et va se perdre , en dernier lieu , dans le placenta. 4^. Plus le fœtus approche de l'époque de sa naissance , plus il y a de sang distribué dans les poumons et moins il en passe dans le canal artériel; d'après cela la quantité du sang dans l'artère pulmonaire est en raison directe de l'âge du IJpetus, et elle est en raison inverse, dans le canal artériel.

GENRE TROISIEME

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