La fibre musculaire tend continuellement à se contracter
g. Le système musculaire modifie dans ses dispositions , en raison des besoins et des relations essentielles qu'éprouve chaque animal , sert à la locomotion ; il fait varier les positions des animaux , soit pour attaquer leurs ennemis , soit pour repousser les agressions , soit enfin pour exprimer leurs sentimens d'amour, de haine, de plaisir ou de douleur, de joie ou de tristesse, etc II sert de même à aider l'action de plusieurs fonctions de la vie automatique.
îo. C'est parle pouvoir moteur volontaire que nous exprimons nos émotions et nos pensées an moyen des gestes et de la parole; que nous touchons les différens
objets qui sont à notre portée, et que nous les mettons sous l'action de nos sens.
1 1 . Un excitant applique à un muscle quelconque, ne produit pas une contraction durable, mais bien des contractions et des relâchemens qui se succèdent les uns aux autres.
12. Tous les muscles soumis à l'empire de la volonté reçoivent leurs nerfs de l'appareil cérébro-spinal.
1 3. L'appareil musculaire dévolu aux fonctions de nutrition, et dont le^ nerfs appartiennent presque tous au système ganglionnaire , rend susceptibles de contraction les organes, les cavités et les vaisseaux par le contact des stimulus; et c'est ainsi qu'il préside à tous les mouvemens qui n'exigent point l'acte de la volonté pour s'effectuer.
i4. Tout animal est irritable, et cha-
cun de ses mouvemens est toujours déterminé par une impression quelconque , soit physique , soit morale.
i5. La propriété motrice de la fibre musculaire est plus durable chez les animaux à sang froid que dans ceux à sang chaud.
i6. La fibre musculaire des volatiles, et notamment de ceux de haut vol, jouit, toute chose égale d'ailleurs, d'une force contractile beaucoup plus énergique que celle de tout autre animal.
17. L'intensité de la contraction d'un muscle est en raison composée de la force et du développement de son tissu charnu, et de l'énergie encéphalique.
18. Les muscles les plus exercés sont ceux qui acquièrent le plus de force et de volume ; ils prennent en même temps plus d'aptitude aux mouvemens partiels.
19. Tous les mouvemens musculaires activent puissamment le cours et la distribution de toutes les humeurs.
20. Pendant la contraction d'un muscle, les molécules dont il est composé ont une plus forte cohésion entre elles que lorsqu'il est relâché. Le corps du muscle en se raccourcissant gonfle et durcit.
21. La variété des mouvemens qui déterminent chez les animaux la marche, la course, le saut, la natation, le vol, la raptation, etc., est due à la mobilité intrinsèque de leurs fibres charnues, à la disposition et à l'insertion de leurs muscles, et à la forme des articulations des os que l'on met en action.
2.2, Une action musculaire volontaire et subite, faite immédiatement avant la
i94 LOIS PHYSIOLOGIQUES.
mort, rend les cadavres plus prompts à la putréfaction (i). .
^3. La force contractile d un muscle est en raison du nombre de ses libres; de même que son raccourcissement , ou l'étendue des mouvemens qu'il peut imprimer aux membres, est relatif à leur longueur.
^4- l^GS fibres charnues des muscles fléchisseurs sont toujours plus longues et plus nombreuses que celles des extenseurs : aussi ces derniers sont ordinairement moins forts que les premiers.
^5. Il est dans la nature d'un muscle volontaire d'exécuter plus facilement les mouvemens auxquels il est habitué,
(i) Cette loi n'exclut pas nombre d'autres causes qui peuvent déterminer une prompte putréfaction des cadavres; soit relativement à l'état particulier du cadavre, soit à la nature de la maladie qui a causé la mort. Les cadavres provenant de l'atteinte du choiera et des (lèvres pernicieuses graves sont dans ce cas-là.
Le Trad.
comme aussi d'agir plus promptement avec les muscles et avec les sensations auxquelles il combine habituellement ses actions simultanément ou successivement ( i ).
(i) Tous les mouvemens qui sont souvent mis en action dans le même temps, soit en actions combinées , soit en séries successives, deviennent par le moyen de l'habitude tellement unis que pendant que l'un d'eux se reproduit , les autres lui succèdent. n
Une grande partie de nos mouvemens dans leur origine , est produite en séries successives, comme seraient les contractions des oreillettes et des ventricules du cœur, puis les autres le sont en agrégations unies , comme lés diverses divisions des muscles composant le mollet de la jambe, qui dans leur principe furent excités en actions sjncrones par ce malaise qu'où éprouve en restant long-temps dans une même position. A force de répétitions continues et fréquentes, ces mouvemens forment des associatious qui durent autant que la vie, et même quelquefois au-delà , comme on le voit par le cœur d'une grenouille qui continue à puiser quelque temps quoiqu'il soit arraché de la poitrine : Darwin nou.me celte espèce de mouvement de connexion association irritative , pour la distinguer de celle dite sensitii^'e ou volontaire. Si l'on apprend un art mécanique quelconque, comme la musique, la danse, l'escrime, etc. : les muscles s'habituent à agir conjointement ou successivement, par le moyen des effets volontaires et répétés; cette habitude d'exécuter ensemble les mouvemens se forme par degrés au moyen de plusieurs répétitions, puisque chacun de ces mouvemens peut également se produire par la volonté , comme on l'observe par le temps que les petits enfans eaiploient pour apprendre à courir et à parler; nous éprouvons la même chose quand nous voulons commencer d'apprendre à nager: à cette série d'actions Darwin donne le nom à^ associations volontaires, Voy. Darwin, Zoonomie.
Le Trad.
Î96 XOiS PHYSIOLOGIQUES.
2.6. La disposition du système musculaire est telle qu une partie ne peut se contracter sans que l'autre ne s'alonge et ne se relâche.
2,j. Chaque portion mobile du squelette est toujours entre deux forces muscitlaires opposées.
fâS. Si deux muscles antagonistes, de la miême force, agissent conjointement sur une partie également mobile en tout sens, les forces opposées se détruisent réciproquement , et la partie reste immobile.
29. Lorsqu'un ou plusieurs muscles exécutent un mouvement énergique, il faut que les antagonistes se maintiennent dans un état de contraction tel qu'ils puissent donner à l'articulation mise en activité toute la résistance qu'exige le développement de ce même mouvement.
30. Si les extrémités d'un muscle sont insérées sur deux points également mobiles, ce muscle, en se contractant, les rapprochera l'une de l'autre , en leur faisant parcourir des espaces égaux; si au contraire leur mobilité est différente, les espaces parcourus seront inégaux.
3 1 . Presque tous les muscles du corps humain sont attachés à deux parties différentes, de manière que tous les mouvemens se forment autour d'une d'elles , qui demeure fixe : d'où il en résulte que la force de contraction de chaque muscle doit être double des résistances qu'il a à vaincre.
32. Presque tous les mouvemens musculaires chez l'homme appartiennent à un levier de la troisième espèce ; ce qui favorise la rapidité des mouvemens aux
dépens de la force employée pour les produire.
33. La force des muscles pennif'ormes et des radies égale la somme des diagonales du parallélogramme formé par les fibres qui font angle ensemble prises deux à deux.
34. L'action totale des muscles à fibres parallèles égale la somnie de toutes les actions particulières de ces mêmes fibres.
35. Les extrémités thoraciques et les abdominales peuvent se porter en devant et en arrière , en dedans et en dehors , et peuvent exécuter des mouvemens de demi-rotation sur elles-mêmes en tout sens.
36. Polir se tenir dans une attitude perpendiculaire, et même immobile, la machine animale a toujours besoin d'une ou de plusieurs actions musculaires.
3j. La position de la tête sur le cou et sur la colonne vertébrale détermine toujours la situation ordinaire du corps.
38. La mobilité du cou des oiseaux est en raison de la fixation de leur dos.
89. Chez l'homme et chez les quadrupèdes, la station est uniquement produite par l'action soutenue des muscles extenseurs des articulations.
4o. Le point fixe des muscles est toujours inférieur dans la station, tandis qu'il est supérieur dans la locomotion.
4i. Une station très-prolongée fatigue plus qu'une marche modérée et soutenue pendant un même espace de temps.
4^. L'attitude la plus favorable pour réparer dans l'homme les forces musculaires épuisées par la locomotion , ou par
la Station sur deux pieds, est celle d'être couche sur un plan horizontal.
43, Pour qu'un animal puisse se tenir dans une position verticale, il est nécessaire que toutes ses parties soient disposées de manière à le maintenir facilement en équilibre ; que les muscles aient la force de corriger continuellement les mouvemens d'aberration, et que la ligne de gravité du corps entier tombe sur le plan occupé par ses appuis.
44- Tous les animaux qui se meuvent par des pas marqués ou par des sauts , ont leurs muscles attachés à des parties dures qui leur servent de levier.
45. Tous les mouvemens progressifs que fait un animal pour se transporter d^un lieu dans un autre., exigent quune vitesse déterminée soit imprimée dans une direction quelconque au centre de
gravité de son corps. La progression exige de même l'extension d'un nombre donné d'articulations plus ou moins pliées , dont la disposition soit telle que leur direction se trouve du côté du centre de gravité , et empêchée du côté opposé. Alors la plus grande partie du mouvement a lieu dans le premier de ces deux sens.
46. En descendant par un plan incliné, la jambe, poussée en avant, se trouve toujours plus basse que celle qui est en arrière : le contraire a lieu en montant.
47- Dans la promenade , le centre de gravité de notre corps se meut entre deux parallèles, dans l'espace desquelles il décrit des obliques qui forment un zigzag.
48. Dans la course^ notre corps doit être incliné en avant, afin que le centre de gravité puisse se trouver dans la position nécessaire pour être poussé dans
cette même direction par la jambe postérieure; il faut de même que l'autre jambe soit portée promptement en avant, afin d'éviter la chute.
49. Pour déterminer la course , il faut que le corps s'élance en avant à chaque pas, et que le pied postérieur soit élevé du sol avant que l'antérieur touche terre. Ces impulsions font parcourir au corps une série de petites paraboles.
50. Dans \e pas^ les quadrupèdes portent premièrement en avant le pied postérieur d'un côté , puis l'antérieur du même côté , ensuite les deux pieds du côté opposé de la même manière; et chaque pas se poursuit également (i).
(i) Quoique Barthez et plusieurs autres physiologistes pensent différemment par rapport au pas des quadrupèdes, il est de fait pourtant que son mécanisme se passe ainsi que le dit notre auteur. L'observation oculaire peut à cbaque instant nous garantir des équivoques où la rapidité du pas pourrait nous induire et nous faire tomber dans l'erreur de ceux qui croient que le pas des qua-
5i. Dans le trot^ les quadrupèdes élèvent les pieds deux à deux à la fois, toujours en direction diagonale. Dans le galop lancé, l'animal fait une suite de sauts en avant ; les paraboles qu'il décrit sont plus ou moins grandes , selon la force d'impulsion qu'il imprime à son corps en frappant le sol avec les extrémités postérieures.
52. La vitesse acquise dans la course se conserve et augmente à chaque élan par la nouvelle célérité qui s'y joint: ce qui fait qu'une course accélérée ne peut se suspendre tout d'un coup.
53. Dans le .^(^i^jf, l'homme étend promptement toutes les articulations des membres pelviens, de sorte que l'impression
druplftes se fait par an mouvement en direction diagonale entre un pied et l'autre , ce qpi réellement n'a lieu que par parallèle entre les quatre extrémités. La direction diagonale n'a lieu que dans le trot. Le Trad.
qu il donne au sol en est si rapide et si énergique, qu'il s'en élève plus ou moins.
54. Le corps d'un animal dans le saut doit être considéré comme un projectile qui perd graduellement la vitesse qu'il acquiert en sautant.
55. L'étendue du saut d'un animal dépend de la longueur proportionnelle des os de ses membres , et de la force de leurs muscles ; aussi les animaux qui sautent le mieux sont ceux qui ont les extrémités postérieures très-longues et fort musclées.
57. La durée du saut est en raison de la force d'impulsion employée.
58. Le quadrupède, pour bien sauter , a besoin d'appuyer tout son corps sur ses membres postérieurs ou pehiens bjen plies, et de les tendre rapidement en heurtant le sol avec force et énergie.
59. L'espace que les petits animaux parcourent dans le saut , est proportionnellement beaucoup plus long que celui <jue parcourent les grands; car quand les forces sont proportionnelles aux masses, ^lles impriment à ces dernières des vitesses e'gales; et les espaces parcourus dépendant uniquement de la célérité doivent être presque égaux, tant pour les petits que pour les grands animaux.
60. La direction du saut dépend de la position du centre de gravité, par rapport au membre qui en donne l'impulsion :
c'est pour cela que l'homme et les oiseaux sont les seuls animaux qui puissent sauter verticalement. Les quadrupèdes et les insectes ne peuvent sauter qu'en avant.
61. La natation chez l'homme et chez les quadrupèdes est produite : i° par l'impulsion que les extrémités pelviennes
là
donnent au corps, en le dirigeant en haut et en avant ; ^° par Faction des muscles qui meuvent en bas et en arrière les membres thoraciques. Cette action réciproque cjui augmente en raison de la résistance que l'on oppose à ces mouvemens , fait des efforts pour mouvoir tout le corps autour de la partie supérieure d'une ou de l'autre extrémité du même côté. Il résulte de ces deux mouvemens angulaires combinés un mouvement moyen qui conduit lecorps en avant et en haut.
62. Pour se diriger dans la natation plus d'un côté que de l'autre, il est nécessaire de frapper l'eau avec plus de force ou plus de vitesse du côté opposé à la direction qu'on veut prendre.
63. C'est par le moyen de la vessie natatoire que la plus grande partie des pois-
sons peuvent se mouvoir en haut ou en bas ; car c'est par elle qu'ils augmentent ou diminuent leur pesanteur spécifique.
64- Les poissons qui nagent le mieux sont ceux qui ont le corps alongë et plat.
65. La natation peut s'exécuter dans un plan horizontal , ou dans des directions plus ou moins inclinées.
66. La faculté de se soutenir suspendu dans l'air et de s'y diriger à volonté, n'est donnée qu'aux animaux qui ont des ailes, tels que les oiseaux ^ les insectes , les chiroptères, etc. La vitesse que les volatiles acquièrent en s'élevant est diminuée successivement par l'effet de leur poids; il y a même un instant ou cette célérité est nulle. Si alors ils donnent un nouveau coup d'aile, ils montent avec une nouvelle force qui leur fait parcourir un espace égal au premier. Si les oiseaux c?)î>
tinuent à voler de la même manière ils monteront uniformément; mais s'ils donnent un second coup d'aile , avant d'arriver au point oii cesse la célérité acquise par le premier, ils unissent alors une nouvelle célérité à celle qui leur reste, et ils soutiennent par-là un mouvement accéléré.
67. Quand les oiseaux ne vibrent plus les ailes et que leur vitesse ascendante a cessé, ils descendent avec un mouvement accéléré.
68. Les oiseaux , pour descendre pendant leur vol , n'ont qu'à supprimer ou à diminuer le mouvement des ailes : dans le premier cas , ils tombent avec la célérité des corps graves.
69. Les oiseaux , pour voler verticalement, doivent déployer et battre leurs ailés dans une direction horizontale à la
perpendiculaire de leur gravité. Ils ne peuvent voler horizontalement qu'en décrivant une suite de courbes de haut en bas.
70. Pour voler à droite ou à gauche, il est nécessaire que Faile opposée à la direction du vol se meuve avec plus de force que l'autre, ou avec plus de vitesse.
71. Plus le vol sera rapide, moins il aura d'inflexions : aussi les oiseaux d'une volée précipitée ne tournent que par de grands cercles.
72. Quand les oiseaux volent avec un mouvement égal des deux ailes, la force que leur impriment les muscles grands et moyens pectoraux , les élance en haut et en avant dans une direction moyenne.
73. Les volatiles tourneraient autour de leur centre de gravité, et leur vol dévierait continuellement de sa direction,
âfO LOIS PHYSIOLOGIQUES.
si la somme des forces qui meut leurs ailes et leur queue n'était combinée et modifiée de manière à les conduire dans une direction donnée.
74« La propriété qu'ont les volatiles de diriger à volonté vers leur centre de gravité les puissances résultant de la force des ailes et de la queue, leur donne l'avantage de se transporter et de voler dans toute espèce de direction.
76. Le plus grand nombre des reptiles et des insectes ne peut r^imper qu en se raccourcissant de la tête à la queue : c'est en fixant la queue au sol , et en alongeant les courbures de leurs parties antérieures jusqu'à la tête, que l'animal avance: alors la tête j pressant le sol , sert à son tour de point d'appui ; toutes les parties postérieures s'approchent; et ainsi de suite l'animal avance en rampant. Les serpens,
LOIS PHTSIOLOGIQDES. 211
ne pouvant se raccourcir, rampent en faisant des zigzag, ou en formant des spirales.
76. Pour saisir ou empoigner un objet commodément, il faut que les doigts soient séparés, libres et flexibles.
77. La force des doigts est en raison de leur peu de longueur.
78. L'extension et la direction des mouvemens qu'exécutent les os, sont proportionnés aux cavités et aux éminences de leurs faces articulaires, ainsi qu'au nombre , à la longueur et rigidité de leurs ligamens.
79. Le nombre et la direction des muscles insérés sur les os déterminent les mouvemens dont ces derniers sont capables.
80. Un os articulé avec un autre par une de ses extrémités ne peut jamais se
mouvoir que par flexion ou par rotation. 8i. Les côtes sont les seuls os du corps dont le mouvement commence en naissant, et finit avec la mort.
82. La saillie des os , ou s'attachent les muscles, est en raison de la force et des mouvemens de ces derniers , les os ayant d'ailleurs une égale consistance.
83. Tous les animaux qui ont une squelette interne, articulé et recouvert des muscles , tels que les mammifères , les oiseaux , les reptiles et les poissons, sont doués aussi d'une colonne vertéJ3rale, de quatre membres au plus, d'un cœur, de poumons ou de branchies , et ils sont tous à sang rouge. Leur cerveau est contenu dans une cavité osseuse, ainsi que leur moelle épiniëre. Presque tous ont cinq sens , deux mâchoires , un foie , un pancréas , une rate, des reins.
LOIS PHYSIOLOGIQUES. 2t3
84. Les animaux sans vertèbres, ou sont entièrement privés des parties dures^ ou ont leur corps et leurs membres enveloppés par des parties écailleuses , articulées les unes sur les autres , ou enfin sont enfermés dans des coquilles particulières.
85. Le système musculaire volontaire , chez les animaux qui occupent les derniers degrés de l'échelle zoologique, est attaché à la membrane tégumentaire. Ce système leur imprime les différens mouvemens qui modifient la forme et les contours de leur corps (i).
(i) La mécanique des animaux se prêterait à un bien plus grand nombre de théorèmes; mais l'auteur s'est borné à en indiquer les plus essentiels; il a cru inutile de marquer tous les njouvemens partiels dont la vaste série des êtres vivans est capable : d'ailleurs, la science possède des traités très-étendus et spéciaux sur la statique animale pour ceux qui aimeraient avoir sur cet argument des détails plus miuutieus.. Le Trad.
GENRE QUATRIÈME
DK tA. VOIX.
De l'organe de la voix, de la parole, du chaut, du soupir, du MilleiDcnt, de réternuœent , de la toux, du rire, des pleurs, du hoquet, de l'halénation, du sucement, des modifications vocales chez les différens animaux.
I. Le larynx et ses dépendances sont les organes principaux de la voix chez les quadrupèdes et chez les reptiles; chez les oiseaux la voix s'exécute dans la bifurcation delà trachée, larynx inférieur.
û. La voix n'est donnée qu'aux animaux
doue's de poumons, tels que les mammi-
. fères, les oiseaux et quelques reptiles.
Le langage n'est, chez les animaux, que
l'expression de leurs besoins.
3. La voix est le résultat des vibrations communiquées à l'air expiré par l'organe vocal en oscillation.
4. La force, la clarté et l'intensité de la voix dépendent de la masse d'air expiré dans une seule fois , du volume proportionnel des poumons, des sacs aériens, et de la plus ou moins grande étendue et vibration des canaux qui la transmettent au dehors.
5. Dans les notes graves , le larynx s'abaisse, et les lèvres, un peu contractées, s'avancent; les cordes vocales se relâchent et la glotte s'élargit. Dans les notes aiguës, le larynx s'élève, les cordes vocales
se tendent , la glotte se resserre , la bouche s'ouvre un peu et se retire en dedans. Dans le premier cas, la langue s'abaisse et s'élargit 5 dans le second , elle s'élève, s'appuie par sa pointe sur les dents, et occupe un plus grand espace.
6. L'âge , le sexe , le tempérament , l'habitude, l'état normal des organes respiratoires, l'état de vacuité ou de plénitude du tube alimentaire, etc. modifient notablement le timbre de la voix.
7. Les parties de la génération ont une influence marquée sur les organes vocaux; car le ton de la voix ne se décide et ne prend un caractère fixe et prononcé que lorsque l'animal est parvenu à l'âge de procréer.
8. Chez l'homme et chez les quadrupèdes, la voix du mâle est plus forte , plus ronde et plus grave, que celle de
la femelle, qui est plus claire et plus douce. Chez les vieillards, la voix est faible, cassée, nasillarde , tremblante, etc.
9. La parole consiste dans l'agrégat de plusieurs sons différemment modifies et répercutés contre le gosier, les narines postérieures, la langue, le palais, les dents et les lèvres ; de sorte que l'on peut dire que l'organe de la parole réside dans l'ensemble de toutes les parties du canal laryngo -buccal.
io< Le chant est constitué par des sons harmonieusement soutenus et combinés, qui se forment plus dans le larynx que dans les différentes parties de la bouche.
II. La facilité de moduler le chant dépend en grande partie de la mobilité des muscles qui agissent sur tous les organes vocaux, c'est-à-dire sur le larynx, le pharynx et la cavité buccale.
12, Le chant est ordinairement l'expression naturelle dessentimens degaîté, d'amour, d'espérance, et de toutes passions ou émotions semblables.
i3. Le soupir est le résultat d'une inspiration lente et profonde , suivie d'une expiration presque égale, accompagnée d'un léger gémissement.
14. Le bâillement est formé par une inspiration lente, soutenue , faite avec la bouche très-ouverte ; inspiration suivie d'une expiration pleine et également lente.
i5. Le bâillement est souvent accompagné de pendiculation : il est déterminé ordinairement par l'ennui, le sommeil, la faim , le froid, l'engourdissement du réveil et le pouvoir de l'imitation.
16. Yléternuinent est formé d'une inspiration lente et ample, qui attire beau-
coup d'air dans les poumons, inspiration succédée d'une brusque et bruyante expiration qui oblige l'air d'en sortir rapidement avec une secousse assez forte.
17. La toux se fait par des mouvemens rapides, bruyans et alternatifs d'inspiration et d'expiration^ accompagnés de l'action du diaphragme et des muscles abdominaux. Elle est spécialement excitée par le besoin de chasser dehors ce qui peut gêner la respiration.
18. Le rire est le résultat d'une pleine inspiration suivie d'expirations interrompues, courtes, sonores, avec expulsion d'air. Il est toujours accompagné d'un épanouissement plus ou moins prononcé des traits de la face.
ig. Dans les pleurs^ les expirations sont courtes , entrecoupées et sonores ; elles sont précédées d'une entière inspi-
ration accompagnée d'un ton plaintif et du larmoiement.
2.0, Le hoquet est indiqué par des inspirations courtes , rapides , souvent répétées et accompagnées de gémissemens entrecoupés.
2.1, \] essoufflement ou l'halénation est produit par plusieurs inspirations et expirations rapides et très-visibles, avec accélération dans le cours du sang, et avec palpitations du cœur.
2.2, La succion est une forte inspiration que l'on fait en appliquant les lèvres au mamelon, ou à un tube plongé dans un fluide faisant un vide , que le liquide remplit.
a3. C'est à la diverse construction du laryux, de l'ouverture de la glotte, de la cavité de la bouche, et des narines, ainsi qu'à la mobilité plus ou moins grande de la lan-
gue, des lèvres , et des joues, que les animaux doivent en général leurs différentes manières de s'exprimer. Le cheval, par le hennissement; l'âne, par le braienient; le bœuf, par le mugissement; le loup par le hurlement ; le chien , par X aboiement ; le lion, par \q rugissement ; le chat, par le miaulement; la brebis, par le bêlement; le serpent et autres reptiles, par le sifflement; les oiseaux, par le chant ^ les grenouilles par le coassement, etc.