‹ LoïsaChapitre 14 sur 37 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

(Il eutr ouvre la porte de l'escalier dérobé. )

ERNEST

Je n'entends plus rien... conçoit on Kerven, qui me met sur cet escalier dont la porte en bas est fermée? impossible de sortir!.. Je crains d'être indiscret en rentrant... Mais où est-il , Kerven?

LOISA , qui était restée absorbée se lève vivement.

Ciel, quelqu'un !

ERNEST

Quoi! encore là... Quelle est jolie!., et il vous laisse seule? (il s'approche d'uo air familier. ) Ce irost iws aimable à lui!

LOIS A., choquée , reculant.

Monsieur!..

ERiNEST.

Ah ! ah ! notre sévère et sentimental Kcrven se permet de pareilles fantaisies?

Ah! que dit-il?

ERNEST

Et il me met à faire sciitinelle sur l'escalier ? Il mêle paiera... ou plutôt, (il veut lui prendre la main. ) Ma belle enfant, ce sera vous... LOISA, reculant avec fierté.

Prenez carde, Monsieur !

Ea>"EST, riant.

J'aime cet air de colombe effarouchée !.. c'est de rigueur avec le costume villageois, (il la regarde avec insolence. ) Je parie que c'est au bal de Scf aux que vous avez fait sa co.inaissance? ou à la fête de Montmort-ncy?.. li est capaijle d'aller dans tous ces endroits-là, lui !.. Au reste, il en ramène de bien jolies conquêtes... mais... je lui en veux!., des mystères!.. Entro jeunes gens, on se dit tout!., mais il n'y a que nous pour celai..

Et VOUS savez de lui?

ERNEST, riant et s'approcliant.

Que je voudrais bien pouvoir lui enlever une de ses conquêtes pour nie venger...

Est-ce qu'il vous enlève les vôtres?

ERNEST , riant.

11 fait du moins tout ce qu'il faut pour cela !.. juste dans ce niomerit-ci...

LOISA, s'approcliant.

Comment? que dites-vous?

ERNEST, riant.

Aussi, suis je en droit de lui rendre la pareille. (Il veut essnyer de l'enil^rasser ; elle lui échappe; il s'arrête et la regarde de loin en riant. ) Cet elfroi de vertu indignée est tout-à-fait drôle!., et il y aura plaisir à vous apprivoiser, ma bfîlle enfant!,. Vive la beauté qui dit non!., c'est si rare!..

LOiSA, à elle-même, avec effroi et douleur. A peine arrivée... déjà des paroles cruelles ont brisé mon cœur... et d'autres font rougir mon front...

ERNEST

Eh bien !... belle sauvage... vous perdez trop de temps à réfléchir.

LOISA , de même.

Des mécomptes pour l'affection ! des outrages pour lafaiblesse! voilà ce que je trouve ici! N'y sait-on rien respecter?

ERNEST , qui s'est approché, a entendu la dernière phrase.

Ah ! nous voulons du respect? Oh ! oh ! c'est dommage !.. le lieu et la situation y prêtent si peu ! ( Il lui prend la main et l'allire à lui. ) *

AiB de Docbe.

ERNEST

Allons, apaisez vous, ma belle, * Ernest, Lolsa.

Et surtout calmez votre effroi.

Au secours faut-il que j'appelle?

Partez, partez, et laissez-moi !

Oh , laissez- moi I *

Des outrages, mon Dieu ,

M'attendaient en ce lieu ,

Quand, pour chercher Lois ,

J'ai quitté mon pays ?

ENSEMBLE

ERNEST

Vous m'écouterez, C'est en vainque vous me fuirez!

Belle^enfant, vous m'écouterez, A vos genoux lorsque vous me verrez, De mon amour vous me rcmercîrez , Vous me remercîrez !

Oh 1 Monsieur, vous me laisserez, C'est en vain que vous me suivrez !

De vos efforts je me délivrerai, Et malgré vous je vous échapperai , Je vous échapperai !

(Pendant le morceau, en se défendant elle cherche à s'échapper; elle est très ellarcc. Après avoir guetté le moment, elle s'arrête sur la porte, l'ouvre, sort, la referme vivciiieui, et quand il veut la suivre, on l'entend tourner la clé dans la serrure. )

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