‹ LoïsaChapitre 17 sur 37 · AGI,AE · texte numérisé non relu

AGI,AE

Ah ! je crois quelle reprend coiinaissance. KEIWE.N , à Ernest pendant qn'Hermann et Aglaé s'occupent de Loîsa.

Comment étiez-vous ici ?

En.NEST , embarrassé.

Enfermé là... ne pouvant sortir, je suis rentré.

KERVEN, effravé.

Et elle?

ERNEST

Effrayée de quel<îaes plaisanteries, elle s'est échappée en courant.

KEnvf.N , avec colère.

Ah! c'est vous...

AGLAÉ , se rapprochant de Kerven.

Elle se ranime... voyez...

LOISA , qui ne voit pas encore où elle est, se soulève et répond à Herinann, qui a l'air de lui parler.

Je... ne souflre pns... jo ne suis pas bli'ssée !.. merci !

AGLAÉ, désignant Hermann.

C'est à lui que vous devez la vie ! A cheval , près de ma voilure , il a vu le danger et il a arrêté les chevaux!.. Ainsi vous n'avez aucun mal?

LOISA , souriant.

Aucun ! Je ne sens que ma reconnaissance pour vos soins... (Elle regarde autour d'elle, reconnaît le logement de Kerven et fait un mouvement. ) Ah !

AGLAÉ , regardant autour d'elle.

Qu'y a t-il? Ah ! M. de Soisy !.. Mais je me trouve au iniiieu de mes amis '.. tant mieux... Cela me remettra d'une émotion si péniljle... (Elle regarde Lois? qui est très émue. ^ Qu'avczvous donc ?

LOISA , regardant autour d'elle et surtout Kerven. C'est bien ici ! c'est bien lui! c'est le ciel qui le veut! qui me fait revenir près de lui !..

( Mouvement de tous. )

KERVEN.

Dieu !

HERMANN

Que dit-elle?

ERNEST, à part.

L'explication...

AGLAÉ

Vous connaissez donc M. de Kerven ?

Si je le connais ?

ERNEST , riant, à part.

Aïe! aïe!

KERVEN , très effaré.

0 Dieu ! si vous saviez ! LOISA , elle le regarde, fait un geste pour l'empêcher de parler.

Si je le connais !.. mon frère !

(Mouvement de tous.)

AGLAÉ

Votre frère ?

LOISA , prenant peu à peu de la fermeté et passant entre Aglaé et Kerven.

Oui, Madame, mon frère... dont je suis séparée depuis quatre ans... Orphelins tous les deux, et libres de nos actions, nous nous étions promisjadis... de passer notre vie ensemble... Une amie eut besoin de mes soins... je ne l'ai pasquillée; c'était un devoir... Elle n'est plus, et je suis venue... mais j'ai eu tort!.. Dansmon empressement je n'ai pas prévenu... mon frère, je suis arrivée chez lui, ce matin, ce qu'il a blâmé... Moi , je ne suis qu'une simple lille de la campagne... j'ignore les usages et les habitudes des s illes , et je ne savais pas qu'il y eût quelque chose à craindre... Ah ! dans tout le canton de Quimperlé je courais seule sans peur et sans danger... je ne trouvais partout que du respect et tle l'amitié.

AGLAÉ, à Kerven.

Votre sœur est charmante, IVionsieur Kerven ! gracieuse , naïve , et s'exprimant à ravir. KERVEN, à part, étonné.

C'est singulier, en effet.

ERNEST , à part.

Et moi qui tout à l'heure... Ah! je lui ferai mes excuses !

AGLAÉ

Mais votre frère a raison , Mademoiselle... Il est peu prudent à une aussi jolie personne d'être sans appui dans une ville où elle est inconnue: il vous faut une protection... une amie; ie veux dire... Permettez-vous que je sois cette aiuie?

Que vous êtes bonne!

KERVEN , troublé.

Comment !

HERMANN , à part.

Cette prompte amitié pour la sœur...

AGLAÉ

Et puisqu'il n'est pas convenable que votis

restiez ici... veuillez bien venir chez moi !..

KERVEN, avec un mouvement d'effroi.

Oh!

Chez vous. Madame?

AGLAÉ

Vous y verrez chaque jour voire frère; et placée honorablement dans le monde, je puis.. KERVEN , balbutiant.

Certes... elle ne pourrait être mieux ; mais je ne souffrirai pas...

AGLAÉ

Pourquoi donc ? rien de plus naturel ! Votre sœur est charmante... vous êtes mon ami,, elle sera... mon amie... Je vous saurais mauvais gré d'un refus.

LOISA, allant près d'elle.

Et il ne refusera pas!... il me laissera profiter d'une bonté qui me donnera l'occasion de le voir sans aucun des inconvéniens qu'il redoute...

( Elle a (lit cela avec un regard qui le surprend et l'intimide. )

AGLAÉ

C'est convenu ! je l'emmène avec vous, chez moi , et tout de suite... ces Messieurs nous suivront à cheval.

( Après avoir parlé, elle s'est mise à regarder avec intérêt autour de la chambre; elle s'est approchée de la table et touche des papiers. ) ERiNEST, riant.

Charmant!., tout le monde dira: Quelle est cette nouvelle beauté qui connaît ce... mauvais sujet d'Ernest?..

KERVEN, bas, à Lolsa.

Et vous iriez ?

LOISA , bas, souriant.

Si vous l'empêchez, je dis tout...

AGLAÉ , à Kerven.

C'est là que vous travaillez ?

KERVEN, s'approchant.

Et que je pense à vous.

HERMANN , s'approchant. Madame prend un grand intérêt, il me semble...

AGLAÉ, sans l'écouter, regardant le bouquet. Quelles jolies fleurs !

ERNEST , prend vivement le bouquet devant Kerven qui a fait le même mouvement, l'offre à Aglaé. Permettez que j'aie Tlionnonr devons l'offrir.. Moi, je suis connu pour mes bouquets!... charmans, délicieux !.. c'est un de mes mérites. AGLAÉ, * riant prend le bouquet en regardant Kerven, En mémoire de ce jour, de cette visite... je le garderai.

LOISA , est resiée seule auprès de la clieminée; elle regarde tout, puis elle prend la petite branche de clématite.

A moi ce souvenir du passé !

AGI,AÉ.

Il est temps de partir.

( Tom est entré ; tous vont sortir. )

* Ernest, Aglaé, Hcnii,mn. Kcrvcn, Loïsa.

KERVEN, appelant. * Tom... la voiture de Madame est-elle là?

TOM

Oui, Monsieur... on la fait approcher.

AGLAÉ

Parlons !

TOM, à part.

Ah! la petite Bretonne en est!

KERVEN, à Tom.

Vous êtes libre pour la soirée , Tom.

Air de DocLe.

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