‹ LoïsaChapitre 28 sur 37 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ERXEST, de la porte, à haute voix.

Oh ! oh ! oh ! Ceci n'est pns de bon jeu ! Je suis volé... volé comme dans un bois. Ah ! M. Hermann, allez aux élections... faites des brochures politiques, visez à la députation... c'est juste... c'est votre affaire !.. mais la beauté à courtiser, mais les leçons à donner à la naïveté ingénue, ça ne vous regarde pas... il n'y a que nous pour ces choses-là ... Allons donc. HERMANN, Souriant.

Volontiers !.. A tout seigneur, tout honneur.

ERNEST

Puisque c'est moi qui ai formé le frère.

HERMANN, souriant.

Vous lui avez rendu de grands services, vraiment! vous l'avez empêché de travailler, vous lui avez fait connaître M"' de Moranville... vous l'avez habitué à une vie dissipée...

ERNEST

Elégante, aimable et joyeuse ! au lieu d'une vie de pédant.

HERMANN

Ah ! il n'y on a déjà que trop , parmi les artistes et les écrivains de nos jours, qui néglif^ent une gloire véritable pour de misérables vanUés, mettant je ne sais quel sot orgueil à un luxe mesquin qui excite l'envie des pauvres, et fait rire de pitié les riches.

ERNEST, devant lui, les bras croisés.

En vérité , M. Hermann , vous auriez dû vous mettre dans l'instruction publique !..

En vérité, M. le comte... vous me fâcheriez SI... vous ne m'amusiez pas...

ERNEST, riant.

Et S'amuser est tout !.. Parbleu , si vous croyez que j'approuve le luxe mesquin de Kerven ou de qui que ce soit... vous avez tort !.. le mal est là... la parcimonie... etia raison tuent tout !.. lesplus grands seigneurs ont de l'ordre a présentons entendent les affaires; ils sont capables d'administrer les leurs et celles du pays: dans toute la haute noblesse il n'y en a peut-être pas dix qui se ruinent et fassent des folies!., c'est affreux !.. ets'iln'en restait pas quelques-uns comme moi pour garderies bonnes traditions, tout serait perdu!.. Mais heureusement nous sommes là.. . ma beiiè enfant...

(Il fait passer I.oL«a au milieu.)

Al» de rAnil)a»s.i<!,|cr.

LOISA. seule.

Dans l'art de séduire Vous voulez m'instruire, Et v,,us m'allez dire Oueîesi le secret :

Je prête l'oreille Quand on me conseille , Je crois qu'à merveille Monsieur s'y connaît.

Dites-moi bien Qoandonveut plaire.

Ce qu'il faut faire !

Je ne perds rien !

ENSEMBLE

Dans l'art de séduire, etc.

IIEUMANN.

Dans l'art de séduire, Vous voulez l'instruire; Qu'allez-vous lui dire ?

Quels sont vos secrets ?

Moi je lui conseille De fermer l'oreille; Pour faire merveille.

Elle a ses astraits.

ERNEST

Dans l'art de séduire Il faut vous instruire.

Et je veux vous dire Quels sont nos secrets !

Prêtez bien l'oreille; Vous ferez merveille Si je vous conseilie, ( ar je m'y c('nnais.

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