‹ Loiseau de proieChapitre 3 sur 31 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

que joue la demoiselle du château, le feu prend à l'orangerie où l'on joue la pièce, est porté au château qui flambe. On lit en frémissant le récit de Chérau, mené avec la science du détail essentiel, la précision de la fatalité inéluctable.

J'indique cette scène qui déploie son feu et ses ruines à la fin du livre. C'est que tout va vers elle, depuis l'impression de terreur imposée à tout le pays par 1' « Oiseau de proie » qui bat de ses ailes nocturnes la nuit verte et bleue de l'immense forêt de pins, le Vendéen Morineau : a apporté la terreur avec lui, sournois et cruel, méchant tueur de bêtes, violateur de femmes, assassin au guet. Par lui, par sa présence dans la cabane d'apparence si honnête abritée entre les hauts fûts des arbres, on connaît le mystère, l'inquiétude, la menace partout, le tressaillement des choses. Par lui. le silence de la lande est terrible, sur tous les points on frémit du feu possible, de la chandelle plantée dans un fagot, parmi les arbres à résine, et qui mettra l'horizon en flammes, comme il arrive au soir afî'reux oii la demoiselle est égorgée, où le château brûle en même temps que la forêt.

Autour de cette canaille, de (( la canaille »

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