‹ Loiseau de proieChapitre 5 sur 31 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

encore davantage. Je loue les indications rapides de l'écrivain, l'évocation brève de l'étendue verte des cimes, sur laquelle on croirait pouvoir marcher, le bruit assourdissant, l'immense clameur des cigales agrippées aux troncs, le bourdonnement aux cimes des frelons et des mouches, le parfum de la résine. Je voudrais la nature plus présente encore. Je voudrais surtout une vision des personnages fixée par leurs statures, leurs allures, leurs gestes, leurs traits, leurs visages, leurs expressions. La couleur d'un regard éclairerait une page, la contraction dun visage rendrait plus vivants encore ces gens qui vivent d'une façon, par moments, si violente. L'art sobre du romancier nous laisse seulement imaginer l'aspect de ces personnages, mais en revanche avec quel art merveilleux il nous donne leur langage, leur langage à tous, selon leur condition, leur âge, leur caractère, leur passion. Il les a entendus et nous les entendons.

Avec cette œuvre double, cet Oiseau de proie ^ que suit le Remous, l'auteur de ces deux autres beaux livres, Champi-Tortu et la Prison de verre, s'empare victorieusement de la forme du roman, qui n'est nullement abolie, puisqu'elle réappa-f

Page 1