L'AFRIQUE TROPICALE
Les Longicornes constituent une famille de Coléoptères qui porte le nom de Cérambycides, Linné ayant réuni ces Insectes dans le genre Cerambyæ.
On en connaît actuellement environ quinze mille espèces, répandues dans toutes les régions du globe, à l'exception, bien entendu, des zones polaires; il est probable que leur nombre s'élève à plus de vingt mille.
Sous forme de larves, ils dévorent le bois, circulant sous les écorces ou dans les galeries des troncs, mais ils ne prennent pas de nourriture à l’état parfait. Dans bien des cas ils sont extrêmement nuisibles à l'arboriculture.
Leur nervation alaire, leurs ovaires n'ayant conservé que la chambre vitellogène terminale, leurs testicules compliqués de follicules, les tarses de leurs larves formés d'un seul article, les classent parmi les Coléoptères Polyphages ; la nervure médiane de leur aile inférieure envoyant un rameau récurrent vers la nervure radiale, en fait des Cantharidiformes (LAMEERE, Notes pour la Classification des Coléoptères, Ann. Soc. Ent. Belg., 1900, p. 355, et Nouvelles Notes pour la Classification des Coléopières, Ann. Soc. Ent. Belg., 1903, p. 155). |
Les Longicornes ont six tubes de Malpighi; les arceaux ventraux de l'abdomen extérieurement visibles ne sont qu'au nombre de cinq, le premier et le deuxième ayant disparu ; les tarses sont de cinq articles à toutes les pattes, mais le quatrième article est très réduit, les trois premiers se recouvrant en dessous de semelles feutrées pour l’adhérence aux végétaux, et le troisième étant en général bilobé; les antennes, à deuxième article raccourci, offrent une tendance à l'allongement, cet allongement étant surtout prononcé
chez le mâle,
A l'état parfait, aucun caractère positif ne permet de séparer les Cérambycides du groupe des Coléoptêres Phytophages et notamment des Chrysomélides, mais les larves des uns et des autres sont fondamentalement différentes. |
Alors que les larves des Phytophages sont hypognathes, c'est-à-dire qu'elles ont les parties de la bouche disposées en dessous de la tête, qui est verticale, les larves des Longicornes sont orthognathes : elles ont les parties de la bouche disposées en avant de la tête qui est horizontale; leur COTpS est désoloré, prismatique, tout d'une venue, avec le prothorax élarzi et les pattes très courtes ou nulles.
La classification des Longicornes, c’est-à-dire le tableau de leurs rapports généalogiques, est un problème extrêmement compliqué : dans aucun autre groupe l'on ne voit les caractères les plus importants varier avec une pareille désinvolture ; d'autre part, le genre de vie des larves a soustrait bien des espèces aux causes ordinaires d'extinction des Insectes, de sorte que dans la nature actuelle, à côté de formes très perfectionnées, nous rencontrons des types très primitifs, de véritables fossiles vivants.
Ces Insectes, qui datent probablement du début de l'ère secondaire, sont des plus précieux pour la connaissance de la Géographie du passé et pour la compréhension des caractères de l'évolution.
La famille des Cérambycides doit être partagée en un assez grand nombre de sousfamilles qui descendent toutes indépendamment d'une sous-famille à caractères archaïques, celle des Prionines.
FAM. CERAMBYCIDÆ
D RIONINZ
Hanches antérieures transversales ; languette cornée ; prothoraæ offrant un rebord latéral.
De ces trois caractères, le dernier peut quelquefois manquer chez certaines formes supérieures. :
Comme autres particularités palingénétiques. les Prionines offrent encore : les cavités cotyloïdes intermédiaires ouvertes en dehors; les tibias antérieurs dépourvus de sillon interne; le mésonotum presque toujours sans appareil de stridulation; les yeux nentourant pas la base des antennes; le dernier article des palpes non aciculé ; la tête horizontale; les ailes inférieures montrant ordinairement une cellule sur le trajet de la nervure cubitale.
Le groupe nous offre une évolution remarquable du dimorphisme sexuel.
Chez les formes les plus inférieures, les mâles ont des mandibules très développées, aussi longues que la tête, fort différentes de celles de la femelle, tandis que leurs antennes sont courtes.
Il est à remarquer quune même espèce peut offrir des mâles de deux sortes le mâle major possède des mandibules à développement complet, le mâle minor a des. mandibuies peu différentes de celles de Ia femelle. | |
L'évolution a fait diparaïtre cette exagération de grandeur des mandibules chez le mâle, les types supérieurs ayant les mandibules courtes et semblables dans les deux sexes, mais, par compensation, les antennes se sont allongées chez le mâle.
Entre ces deux formes de dimorphisme sexuel s’en intercale une troisième : le mâle peut offrir sur certaines parties du corps une ponctuation fine, serrée, réticulée, qui donne aux organes qu'elle revêt un aspect mat et corrodé. Cette ponctuation sexuelle n'existe pas chez les formes les plus inférieures, lesquelles montrent un maximum de dimorphisme mandibulaire, et elle a disparu chez les formes les plus perfectionnées, lesquelles offrent un maximum de dimorphisme antennaire.
Les larves, pourvues de pattes, ont la tête transversale, avec les pleures longue-
ment réunies sur la ligne médiane, ensuite déhiscentes et anguleuses en arrière (Scaræpre, De Metamorphosi Eleutheratorum Observationes, Naturh. Tidskr., X, 1876,
Ma Révision des Prionides, en cours de publication dans les Annales et les Mémoires de la Société entomologique de Belgique, fera connaître environ six cents
de ces Insectes.
J'ai vu la totalité des espèces actuellement connues de l'Afrique tropicale, ayant
recu la plupart d’entre elles en communication et étant allé étudier les types uniques à l'étranger.
Tableau pour la détermination des groupes.
a. Antennes semblables dans les deux sexes: rebord latéral du prothorax entier, tibias non dentés extérieurement . . . . ss aa. Antennes du mâle plus longues que celles de la erneile, sinon HAS dontés extérieurement; rebord latéral du prothorax anguleux, épineux ou crénelé. b. Tibias bands ou dentés extérieurement.
c. Tarses à premier article non allongé: tibias non sillonnés extérieurement
cc. Tarses à premier article allongé ; tibias sillonnés extérieurement. .
bb. Tibias ni sillonnés ni dentés extérieurement.
d. Rebord latéral du prothorax offrant trois dents de chaque côté, la dent basilaire parfois effacée, ou bien ce rebord absent en partie, mais alors antennes entièrement mates au côté interne.
e. Rebord latéral du prothorax complet