DU TRADUCTEUR. - XXV
reculée, il ne s'agit nullement de savoir s'il a adopté ou non les préjugés de son temps ou s'il s'est fait illusion sur son propre mérite : il s'agit seulement d'apprécier jusqu'à quel point il a devancé ses contemporains.
Les fautes que, sous le double rapport des influences du siècle et de la vanité personnelle, on peut reprocher à Bacon, il les partagea avec beaucoup d'hommes illustres auxquels une place est unanimement et légitimement acquise parmi les réformateurs des sciences. Ainsi Kepler croyait aux esprits comme Bacon , et , comme lui, il admettait les rêveries des alchimistes ; Paracelse était presque aussi vaniteux, aussi fanfaron, aussi boursoufflé que Bacon; mais ce qui établit une différence, du tout au tout, entre Bacon et ces deux hommes éminents, c'est qu'en dehors de leurs défauts, ceux-ci se sont éle-