JUGEMENTS DIVERS SUR SA POLITIQUE
malgré son aversion pour l’Angleterre, il rend pleine justice au talent diplomatique de Walpole : « Le cardinal de Fleury, qui ne l’était pas encore, mais qui le devint six semaines ou deux mois après, prit doue le jour même les rênes du gouvernement, et ne les a quittées qu’avec la vie, à la fin de janvier 1743. Jamais roi de France, pas même Louis XIV, n’a régné d’une manière si absolue, si sûre, si éloignée de toute contrexdiction, et n’a embrassé si pleinement et si despotiquement toutes les différentes parties du gouvernement ou de la cour, jusqu’aux plus grandes bagatelles. Le feu roi (Louis XIV) éprouva souvent des embarras par la guerre de ses ministres, et quelquefois par la représentation de ses généraux d’armée et de quelques grands distingués de sa cour; Fleury les tint tous à la même mesure, sans consultations, sans voir de représentation, sans oser hasarder nul débat entre eux. Il ne les faisait venir que pour recevoir et exécuter ses ordres sans la plus légère réplique, pour les exécuter très-ponctuellement et en rendre simplement compte, sans s'échapper une ligne au delà et sans que pas un d’eux, ni des princes, ni des seigneurs de la cour, ni des dames, ni des valets qui approchaient le plus du roi, osassent proférer aucvme parole à ce prince, de quoi que ce soit qui ne fût une bagatelle entièrement indifférente
« Il trouva le gouvernement entièrement monté au ton de l’Angleterre, et un ambassadeur de cette couronne bien plus mesuré, mais aussi bien plus subtil que n’avait été Stairs, auquel il avait succédé. C’était Horace Walpole, frère de Robert, qui gouvernait alors principalement en Angleterre. La partie n’était pas égale entre eux : Horace, nourri dans les affaires comme le sont tous les Anglais, mais, de plus, frère et ami de celui qui les conduisait toutes, qui les consultait avec lui de longue main et , qui les dirigeait de Londres, étaient l’un et l’autre des génies très-distingués. » (Saint-Simon, t. XXXI, p. 152.)