‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 208 sur 271 · ACCEPTÉS PAR L’EMPEREUR · texte numérisé non relu

ACCEPTÉS PAR L’EMPEREUR

forme que pour le fond , il les envoya à l’Empereur et au roi d’Espagne, en leur signifiant que si , dans le délai d’un mois , leurs ministres en France n’avaient pas reçu des pleins pouvoirs pour signer les préliminaires, ils devaient compter sur une déclaration de guerre collective des puissances alliées. Mis ainsi au pied du mur, l’Empereur, qui ne se sentait plus disposé à courir les chances d’une rupture ouverte, n’hésita pas à accepter les préliminaires tels qu’il les avait reçus, et ils furent signés à Paris, le 31 mai, par son plénipotentiaire, le baron de Fonseca, avec une telle hâte que la cour d’Espagne ne fut ni avertie, ni consultée. Les plénipotentiaires furent le comte de Morville, Horace Walpole, le baron de Fonseca, le nonce MafTei, et M. Borel, ambassadeur de Hollande *.

1. Ces préliminaires de Paris portaient qu'il y aurait un armistice de sept ans; que, pendant cette période, la compagnie d'Ostende serait suspendue et que, dans quatre mois, on tiendrait un congrès à Aix-la-Chapelle pour arranger tous les différends. Une seconde expédition de ce traité devant être regardée comme originale aussi bien que la première, ayant été envoyée à Menue,

aai L’ESPAGNE FINIT PAR Y ADHÉRER.

La défection de la cour impériale excita, jusqu’au plus haut degré, la colère du roi catholique et le plongea en même temps dans ua Yéritable désespoir, qui produisit en lui degraves désordres au physique et au moral. Cependant la reine d’Espagne, que les artiflces du ministre impérial à Madrid leurraient toujours de la perspective du mariage de l’infant, no pouvait se résoudre à rompre déflnitivement avec Charles 'VI. Mais le roi Philippe, se sentant abandonné par son unique allié, voyant à la fois ses frontières exposées à une invasion française, ses côtes menacées par la flotte d’Angleterre et ses trésors arrêtés en Amérique , se

il s’éleva des difficultés sur la forme de la signiature; elles ne furent levées que le 13 juin. Le ministre d’Espagne signa alors, mais le roi refusa sa ratification à cause de l’article 5, qui assurait aux navires marchanfLs de différentes nations de retourner ea Europe, disposition qui obligeait l'Espagne à restituer un bâtiment anglais pris sur les cUes de la Vera-Cruz, et dont la cargaison était estimée à doux millions do livres slerliug. Philippe V refusa aussi de lever le siège de Gibraltar. Il fallut ime nouvelle négociation, à la suite de laquelle fut signée à Madrid, 1er 6 mars 1128, une convention entre l’Espagne et la Grande-Bretagne; ainsi, les préliminaires de Paris reçurent leur exécution. (F. Sclioell, Histoire abrégée des traités de paix, t. I, p. 244.)

MORT DU fiOl GEORGE I«^ 2»3

trouva contraint d’accepter enfin les conditions déjà obtenues par l’Empereur. Les préliminaires furent signés à Vienne, au mois de juin, par son ambassadeur, le duc de Bournon ville.

Tout paraissait donc sourire aux alliés de Hanovre, lorsque ces horizons brillants se trouvèrent tout à coup singulièrement assombris par la mort subite de George P*“. Ce prince, qui avait conservé pour son pays natal le plus vif attachement, y revenait toujours avec joie, dès que ks affaires le lui permettaient : ce fut en se rendant à Hanovre, pendant un de ses voyages, qu’il fut pris, dans son carrosse, d’une attaque violente, qui laissa à peine le temps de le transporter jusqu’à Osnabrück, où il expira le 30 juin 1727, à l’âge de soixante-sept ans *.

Ainsi finit ce règne , qui avait été moins glorieux qu’utile pour la Grande-Bretagne. Si la personnalité, un peu bourgeoise , du monarque manque de relief dans l’histoire, il n’en est pas moins vrai que c’est à son bon sens, autant qu’à

1. Voir tous les détails de sa mort dans les Mémoires de sir Robert Walpole, t. 11, p. 250.

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