‹ Lord Walpole à la cour de FranceChapitre 238 sur 271 · NÉGOCIATIONS DU CARDINAL AVEC L’ESPAGNE · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS DU CARDINAL AVEC L’ESPAGNE

démentirent pas un instant et le faisceau demeura étroitement uni, malgré tous les efforts de ses adversaires pour le rompre. Charles VI, de plus en plus isolé dans le Nord, souffrait de la pénurie d’argent à laquelle l’Espagne ne pouvait plus remédier, et les choses en vinrent à ce point que l’Empereur commença à souhaiter lui-même que la reine Élisabeth se montrât un peu plus traitable.

Depuis longtemps déjà le cardinal négociait secrètement avec le cabinet de Madrid, pour opérer un rapprochement entre les deux cours : il sentait que sa popularité en France était à ce prix. Pour se débarrasser de l’entremise de l’abbé de Montgon, il faisait suivre ces négociations par les nonces du pape à Paris et à Madrid.

Fleury en avait fait part à Walpole, et, pour atténuer la mauvaise impression que ces démarches pourraient faire sur le ministère anglais, il lui avait communiqué les brouillons des lettres de Louis XV au roi et à la reine d’Espagne *. Il

i. Le roi avait écrit uiia lettre à Philippe V, par laquelle Sa Majesté le félicitait sur l’heureux accouchement de la reine

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avait assure en même temps qu’en écrivant de son côté au roi Philippe, il ne lui avait pas dissimulé 1 amitié et les égards qui le liaient à l’Angleterre et sa résolution de rester uni avec elle : il avait même avoué à Walpole qu’il travaillait également à disposer S. M. C. h une réconciliation sincère avec la Grande-Bretagne, et qu’il espérait que cette négociation était en bon train.

« A tout cela, écrivait l’ambassadeur au duc de Newcastle, je n’ai fait aucune objection, en causant avec le cardinal. Il est bien entendu qu’il n yapas là autre chose que l’arrangement d’une querelle de famille : affaire que j’ai toujours eu l’air d’approuver et qui est trop populaire en France pour qu’un dissentiment de ma part à ce sujet n eût pas risqué d’offenser le cardinal. Cette négociation d’ailleurs se traite sans aucune

fl Espagne, qui avait mis au monde, le 25 juillet, l’infant Louis- Antoine-Jacques. Le roi d’Espagne la reçut le 1 1 août, et, après 1 avoir lue, il déclara publiquement que sa réconciliation avec le .;oi son neveu éUit faite. Et en effet, peu de jonni après, le r..i it partir le comte de Rottembourg pour porter le cordon bleu au nouvel infant. (Journal /lülorû/ne de Louis A'I'.)

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