‹ Lorely; souvenirs d'AllemagneChapitre 58 sur 93 · X. — FRANTZ, seul · texte numérisé non relu

X. — FRANTZ, seul

Enfin, je l'ai vue! j'ai tout avoué... j'ai tout dit! elle m'a entendu sans colère... Oh! il y a bien près de son silence à un aveu! Comment ai-je trouvé dans mon âme cette hardiesse inespérée, dont je m'étonne encore? Qui m'a inspiré cette résolution soudaine? à moi si timide jusque-là?... Qui sait? les sons de la musique, l'enivrement de la fête.., Ah! elle avait tout deviné, tout compris! Elle suivait les progrès de cet amour qui s'amassait en moi ; et elle y répondait peut-être avant même qu'il n'eût éclaté. Oh! qui saura jamais le secret de tous ces cœurs de jeunes filles, qui ne peuvent répondre qu'à l'amour qui leur est offert, et qui ont souvent à cacher des préférences qu'on ignore ! Aujourd'hui seulement, je mesure toute la folie de mes espérances d'hier!... Une femme si jeune et si noble d'esprit, et qui devait être gardée de tout amour à l'ombre

d'un nom illustre... Oh ! l'amour, l'amour sincère et tout - puissant n'est donc pas une invention des poètes? L'amour triomphe de tous les obstacles! Il brise, en un instant, ces inégales conventions de la société , qui enchaînent la colombe à l'aigle , la femme aimante à l'homme de marbre!... Oh! je suis heureux! je suis fier! Qu'on ne vienne plus me parler de complots, d'ennemis, à présent : je n'ai plus rien d'amer dans l'âme -, je suis heureux, je suis

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