‹ Lorely; souvenirs d'AllemagneChapitre 84 sur 93 · VI. — Les mêmes, MARGUERITE · texte numérisé non relu

VI. — Les mêmes, MARGUERITE

marguerite. Vous dites là des choses indignes, monsieur Frantz!... Je vous écoulais, j'attendais cela : vous trompez mon mari, monsieur; vous vous vantez !... vous me déshonorez sans fruit, il ne vous croira pas ! Je vous avais accordé un entretien comme ami, non comme amant !... j'ai eu quelque pitié pour vous, non de l'amour!... vous vous êtes abusé bien tristement. Mon mari sait tout, je lui ai tout dit. Sortez donc, vous n'avez pas le droit d'être ici... Allez attendre à la porte, au coin d'une rue, celui que vous avez mission d'assassiner !

léo. Tu es une noble et digne femme!

marguerite. Votre femme, c'est le titre qui m'est le plus cher.

frantz. Madame!... vous me jugez mal... madame, je voudrais vous dire...

léo. Abrégeons. Demain, à midi, je n'appartiens plus à l'État... Vous pensiez sauver vos amis en nrarrêtant par un duel ; vous vous trompez : à l'heure qu'il est, ceux que vous appelez vos frères sont arrêtés, non comme conspirateurs, mais comme assassins du comte de Waldeck. Je puis témoigner que vous n'avez en rien participé à ce meurtre effroyable, mais vous ferez bien de vous éloigner au plus tôt-, voici un sauf- conduit; partez, quittez le pays.

marguerite. Oui, partez, monsieur Frantz; pardon si, dans un premier mouvement, je vous ai offensé... Partez, oubliez tout ce qui s'est passé, comme on oublie un rêve terrible, et nous... Eh bien ! nous conserverons de vous peut-être un bon et triste souvenir...

frantz. Merci, Marguerite... votre main?

MARGUERITE. La Voilà.

frantz. Adieu, adieu !

marguerite (à Léo Burckart). Oh! mon ami... c'est un homme de cœur pourtant, et nous l'avons trop humilié... (On entend un coup de pistolet.)

léo. Tenez... le voilà qui se relève !

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