LIBRAIRIE LAROUSSE + PARIS VI
17, rue du Montparnasse, et boulevard Raspail, 114 Succursale : 58, rue des Écoles (Sorbonne)
(1810-1857) æÉt
xx décembre 1810. — Naissance d’Alfred de Musset, à Paris. 1819. — Musset entre au collège Henri-IV et y fait de brillantes études. 1824. — Il écrit ses premiers vers, une chanson pour la fête de sa mère. NN … 1828. — Paul Foucher le présente à Victor Hugo, son beau-frère, puis l'introduit ch: Nodier, à l’Arsenal. Musset publie dans un journal de Dijon, le Provincial, ur ballade intitulée Un réve, puis, à Paris, sa traduction de l'Anglais mangeur d'opi de Quincey. mL
1830. — En janvier, il fait paraître les Contes d’Espagne et d'Italie; en juillet les Secri Æ pensées de Rafaël; en octobre, les Vœuzx stériles. Le 1°T décembre, il fait représente Œ la Nuit vénitienne à l'Odéon. SE
1831. — Il publie, dans Ze Temps, la Revue fantastique.
1832. — Mort de Victor de Musset, père du poète (8 avril). Publication d'Un spec dans un fauteuil (décembre).
1833. — Dans la Revue des Deux Mondes paraissent André del Sarto (1°* avril), Caprices de Marianne (15 mai), Rolla (15 août). Vers la fin de l'été commence liaison de Musset avec George Sand, Ils partent pour l'Italie en décembre.”
1834. — Fantasio (Revue des Deux Mondes, 1°* janvier), Musset F pv Venise le 29 ma et rentre à Paris. Il publie On ne badine pas avec l'amour ( des Deux Mondes, 1er juillet), Lorenzaccio (août). Voyage à Bade (septembre),
1835. — Une bonne fortune, Lucie, la Nuit de mai, la Quenouille de Barberine, LC delier, la Nuit de décembre.
1836. — Confession d'un enfant du siècle, Lettre à Lamartine, Salon de 1836 (Reébue Deux Mondes). Il ne faut jurer de rien, la Nuit d'août, Première lettre de D et Cotonet, Stances à la Malibran, Seconde lettre de Dupuis et Cotonet.
1837. — Troisième et quatrième lettres de Dupuis et Cotonet, Un caprice, E (nouvelle), za Nuit d'octobre, les Deux Maîtresses (nouvelle). Liaison avec d’Alton. .
1838. — Frédéric et Bernerette (nouvelle), l'Espoir en Dieu, le Fils du Titien (rc oman Dupont et Durand, Stances Sur la naissance du comte de Paris, Margot (nouvelle), De la tragédie, à propos des débuts de Me Rachel. Musset est nommé bibliothécaire du ministère de l’Intérieur. e
1839. — Croisilles (nouvelle). Musset compose le Poète déchu. Ste
1840. — Silua. Maladie de Musset. Une soirée perdue. L'éditeur Charpentier pu D
les Œuvres complètes d'Alfred de Musset. st
1841. — Souvenir, le Rhin allemand. Passion malheureuse pour la princesse Belgioj
1842. — Sur la paresse. Sur une morte. Histoire d'un merle blanc. Après une Jec
1843. — Treize juillet, Réponse à Charles Nodier, le Mie prigioni.
1844. — À mon frère revenant d'Italie, Pierre et Camille (conte), le Secret de J (conte), Les Frères Van Buck (conte).
1845. — Mimi Pinson (conte), Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. 7. En
1847. — Première représentation du Caprice à la Comédie-Française (27 novemb .
1848. — Première représentation d’Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée (7 a d'Ilne faut jurer de rien (22 Je Musset perd son poste de bibliothécaire.
a’ On ne saurait penser à tout.
1850. — Carmosine.
1851. — Représentation de Bettine.
1852. — Le 12 février, Musset est élu membre de l’Académie française. Il pr son discours de réception le 27 mai. 4 1853. — Musset compose le Songe d’Auguste (poème dramatique), la M ouche }s 1854. — Musset est nommé bibliothécaire du ministère de l’Instruction Lo 1855. — L'Ane et le ruisseau (comédie). EU 2 mai 1857. — Mort d’Alfred de Musset. * K°3 747 On € a FTÉe “A. » je Aljred de Musset avait vingt ans de moins que Lamartine, treize ans Mmnie Le Vigny, douze ans de moins que Michelet, onze ans de moins que Balzac, huit ans de noins que Victor Hugo, sept ans de moins que Mérimée, six ans de moins que a € San que Sainte-Beuve. Il avait un an de plus que Théophile Gautier.
Ce qui se passait en 1834. — EN POLITIQUE : France, Consolidation lente et difficile de la monarchie de fuillet. Gouvernement du Parti de la résistance. Lot contre les associations (mars). Insurrections républicaines à Lyon et à Paris; massacre de la rue Transnonain (14 avril). Mort de La Fayette (20 mai).
tranger : Espagne, Continuation de l'insurrection carliste. Les Cortès déclarent exclus du trône don Carlos et ses descendants. Abolirion de l’Inquisition. — Portugal, Banmissement à perpétuité de dom Miguel. — Grèce, Soulèvement sur divers points du pays. — Russie, Insurrection du Caucase. ;
EN LITTÉRATURE : Balzac fait paraître la Recherche de l’absolu et le Père Goriot; Victor Hugo, Claude Gueux; G. Sand, Jacques; Lamennais, les Paroles d’un croyant; Sainte-Beuve, Volupté; Edgar Quinet, Ahasvérus; Augustin Tmerry, Dix ans d’études historiques. Naissance de Ludovic Halévy, de Palleron.
Étranger : Angleterre, Mort de Coleridge, de Charles Lamb. . Carlyle publie Sartor Résartus. — Pologne, Mickiewicz publie
Maître Thadée, poème. — Russie, Gogol publie Tarass Boulba. __ DANS LES SCIENCES ET LES ARTS : France, Paul Delaroche expose la Mort de Jane Grey. Mort du compositeur Boieldieu. Naissance du peintre Degas. Ampère commence l’Essai sur la philosophie des sciences.
Étranger : Allemagne, Naissance du biologiste Feckel — Aie rique, Naissance du peintre Whistler. — Russie, Naissance du compositeur Borodine.
Publication et représentations. — Jules Sandeau avait signalé à George Sand, au lendemain de la Révolution de 1830, un passage des chroniques du Fiorentin Varchi, plein d’une actualité imprévue, C'était le récit de la conspiration républicaine de 1537 contre Alexandre de Médicis, qui échoua, puisqu’elle se termina par l’avènement à Florence d’un autre duc. George Sand se mit avec ardeur au travail, esquissa la pièce (qui fut publiée depuis sous le titre : Une conspiration en 1537), puis se dégoûta de l’entreprise. Cette ébauche est estimable sans plus, les données historiques sont à peu près respectées, et, malgré quelques maladresses dra-
matiques, la pièce se lit facilement. Quoi qu’il en soit, George Sand n’a pas remanié son manuscrit et elle le confia à Musset.
Quel fut alors le travail de Musset? Il recourut aux sources, rectifia des erreurs historiques, et refondit la pièce, au point qu'il ne subsiste plus de l'original que quelques phrases et quelques fragments de scènes. Il ajouta même des traits de couleur locale plus exacts que ceux de George Sand. À ce propos se pose une question controversée : Lorenzaccio fut publié en août 1834; or; Musset a voyagé à travers l’Italie de décembre 1833 à mars 1834, la pièce fut-elle écrite avant, pendant ou après ce voyage? Certains, Paul de Musset par exemple, croient servir la gloire de l’auteur en la lui faisant écrire sur place, d’autres soutiennent qu’une pièce si discrètement florentine ne doit rien au séjour d'Italie, et qu’elle était finie avant son départ. On admet généralement aujourd’hui que la pièce était largement avancée en décembre 1833; et que Musset l’a remaniée à son retour entre mars et août 1834.
La pièce paraît donc en août 1834 avec le deuxième volume des Comédies et proverbes. La première fois qu’il fut question de la porter au théâtre, la censure impériale l’interdit en ces termes: « La discussion du droit d’assassiner un souverain dont les crimes et les iniquités crient vengeance, le meurtre même du prince par un de ses parents, type de dégradation et d’abrutissement, nous paraissent un spectacle dangereux à montrer au public. » En fait, les exigeances de la scène s’opposaient bien davantage à la représentation. Malgré l’avis défavorable de Dumas fils qui la jugeait injouable, Sarah Bernhardt fit retoucher la pièce pour le théâtre par Armand d’Artois, qui la condensa en six tableaux et fit disparaître les deux dernières scènes. La pièce fut jouée le 3 décembre 1896, Sarah Bernhardt jouait elle-même le rôle de Lorenzaccio: Ce fut un triomphe auquel s’associa toute la presse. Il fallut attendre à peu près trente ans pour que la compagnie Falconetti, puis la Comédie-Française mettent en scène la véritable pièce de Musset. Elle a été plus récemment reprise par le Théâtre national populaire.
Analyse de la pièce. (Les scènes principales sont marquées d’un astérisque). — ACTE PREMIER, Florence en 1537. x
SCÈNES I ET 11.* — Les deux aspects de Florence après la restauration des Médicis : les familiers d'Alexandre se permettent impunément toutes les insolences, le peuple cherche à oublier ses.
“LES en s’enrichissant le plus possible et en admirant les fêtes. e loin.
SCÈNE 111. — Le marquis Cibo avant de partir pour ses terres, confie sa femme au cardinal Cibo, son frère.
SCÈNE IV.* — C’est l’entrée en scène de Lorenzaccio. Justement les messagers du pape reprochent au duc Alexandre ses indulgences envers le jeune débauché. Il entre, rabroue les ambassadeurs,
mais feint de s’évanouir à la vue d’une épée nue Au Pun d’eux le provoque en duel.
SCÈNE V. — Après le peuple résigné, le dl en révolte. Un pèlerinage populaire permet de constater la brutalité des gardes allemandes de Charles Quint, et le mécontentement des républicains.
ScÈNE vi. — La mère et la tante de Lorenzaccio Héblocn) ses débauches, tandis que passent sous les fenêtres les suspects bannis par ses conseils.