‹ LorenzaccioChapitre 57 sur 95 · ACTE IV. SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCÈNE III

PIERRE. — Comment dites-vous ? Quel corps demandezvous ?

LES MOINES. — Éloignez-vous, mon enfant, vous portez sur votre visage la ressemblance de Philippe; il n’y a rien de bon à apprendre ici pour vous.

THOMAS. — Comment? elle est morte! morte, Ô Dieu du ciel! (17 s’assoit à l'écart.)

PIERRE. — Je suis plus ferme que vous ne pensez. Qui a tué ma sœur? car on ne meurt pas à son âge dans l’espace d’une nuit sans une cause surnaturelle. Qui l’a tuée, que je le tue? Répondez-moi, ou vous êtes mort vous-même.

LE PORTIER. — Hélas, hélas! qui peut le dire? Personne n’en sait rien.

PIERRE. — Où est mon père? Viens, Thomas; point de larmes. Par le ciel! mon cœur se serre comme s’il allait s’ossifier dans mes entrailles, et rester un rocher pour l'éternité.

LES MOINES. — Si vous êtes le fils de Philippe, venez avec nous, nous vous conduirons avec lui; il est depuis hier à notre couvent. |

PIERRE. — Et je ne saurai pas qui a tué ma sœur! Écoutez-moi, prêtres; si vous êtes l’image de Dieu, vous pouvez recevoir un serment. Par tout ce qu’il y a d’instruments de supplice sous le ciel, par les tortures de l’enfer… Non; je ne veux pas dire un mot. Dépêchons-nous, que je voie mon père. O Dieu! ô Dieu! faites que ce que je soupçonne soit la vérité, afin que je les! broie sous mes pieds comme des grains de sable. Venez, venez, avant que je perde la force; ne me dites pas un mot : il s’agit là d’une vengeance, voyezvous ! telle que la colère céleste n’en a pas rêvé. (J/s sortent.)

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